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Titre: Glossaire du patois normand
Auteur: Du Bois, Louis [Louis-Franois] (1773-1855)
Auteur: Travers, Julien (1802-1888)
Date de la premire publication: 1856
Lieu et date de l'dition utilise comme modle pour
   ce livre lectronique:
   Caen: A. Hardel, 1856 (premire dition)
Date de la premire publication sur Project Gutenberg Canada:
   16 janvier 2010
Date de la dernire mise  jour: 16 janvier 2010
Livre lectronique de Project Gutenberg Canada no 458

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       GLOSSAIRE
       DU
       PATOIS NORMAND.




ABRVIATIONS

_Qui indiquent les localits o les mots
patois ont t recueillis:_

       A.      --      Alenon.
       B.      --      Bayeux.
       C.      --      Cherbourg,--Coutances.
       H.-N.   --      Haute-Normandie.
       L.      --      Lisieux.
       M.      --      Manche.
       R.      --      Rouen.
       S.-I.   --      Seine-Infrieure.
       V.      --      Valognes.

_N. B._ Ces _Abrviations_ ne s'appliquent point au SUPPLMENT.

Tir  150 Exemplaires.



GLOSSAIRE
DU
PATOIS NORMAND,


PAR M. LOUIS DU BOIS;


AUGMENT DES DEUX TIERS, ET PUBLI
PAR M. JULIEN TRAVERS.

CAEN,
TYPOGRAPHIE DE A. HARDEL, DITEUR,
RUE FROIDE, 2.

1856.




PRFACE DE L'DITEUR.


La dernire fois que je visitai dans sa retraite de Mesnil-Durand le
savant Louis Du Bois (en octobre 1854), ce laborieux vieillard, plus
qu'octognaire, me montra un _Glossaire du Patois Normand_ qu'il avait
commenc vers la fin du dernier sicle, et me pria de lui chercher un
diteur. Je parcourus ces pages, je les emportai, et bientt un homme
d'intelligence et de got prit  ses risques et prils les frais de
l'impression.

L'auteur n'avait pu y mettre la dernire main, occup qu'il fut toute sa
vie d'autres compositions, et il avait vu avec peine sa publication
devance par le _Dictionnaire du Patois Normand_ que firent paratre, en
1849, MM. dlestand et Alfred Dumril. La douleur qu'il en ressentit le
rendit injuste envers ces philologues si distingus, et il s'attacha,
dans une rvision de son Glossaire,  critiquer durement ce qu'il
prenait pour des erreurs dans leur Dictionnaire. Comme il est mort
pendant le tirage des premires feuilles de son livre, il m'a t
loisible d'effacer  peu prs toutes les traces de son dpit. Que font
au mrite, qu'importent  la vrit les petites taquineries de
l'rudition?

J'avais pens d'abord qu' cela seul se bornerait la rvision du
travail; mais  mesure que je lisais les feuillets pour les envoyer 
l'impression, je m'apercevais des fautes communes  MM. Du Bois et
Dumril, qui avaient rang parmi les mots patois des mots admis dans le
_Dictionnaire de l'Acadmie franaise_, et qui semblaient avoir ignor
une foule d'expressions usites dans toute la Basse-Normandie.
J'crivais celles qui me revenaient  la mmoire; je doublais certaines
pages du manuscrit; j'ajoutais des mots nouveaux sur les _preuves_; je
regrettais, en voyant les feuilles _tires_, des omissions fort graves;
je me rsignais enfin  provoquer, par un travail dont je reconnaissais
toute l'imperfection, des travaux analogues qui grossiraient ces
premires tudes, ces premires collections. Je sentais bien que, quoi
qu'on fasse, on n'arrivera jamais au complet dans ce genre de
nomenclature. Quand la liste de mots patois la plus longue aura paru, le
plus mince colier signalera, en la parcourant, l'omission de mots qui
lui sont familiers. Rsignons-nous  collectionner avec une telle
perspective.

C'est qu'en effet rien n'est peut-tre plus difficile  faire qu'un
Glossaire, sans lacunes, d'un patois usit dans une contre tendue
comme la Normandie. Le propre de cet idiome, sans rgles fixes ou du
moins apparentes, est la mobilit. Pour le saisir dans ses formes
multiples, il faudrait passer des mois, peut-tre des annes dans chaque
canton de la province qui le parle. Plusieurs vies d'hommes n'y
suffiraient pas! Il faudrait l'tudier dans les villages et dans les
hameaux, car il change plus ou moins de commune en commune; il faudrait
comparer les mmes vocables, dont toute la diffrence, si tranche au
premier abord, consiste assez frquemment dans de simples varits de
prononciation; il faudrait remarquer les acceptions nouvelles dues aux
lieux que l'on habite, aux impressions que l'on reoit de la nature
physique, aux formes politiques, aux croyances religieuses, aux
prjugs, aux superstitions de toute sorte qu'imposent les circonstances
et les climats; il faudrait tout voir, tout saisir, tout noter,
puisqu'il est vrai qu'il n'est aucune de ces causes qui n'influe sur le
langage, et que toute pense, tout sentiment veut son expression et la
trouve. Qui donc entreprendra cette tche immense? Et cependant, pour
l'accomplir, des philosophes de bonne volont ne suffiraient pas; il est
besoin, pour de telles recherches, d'hommes de beaucoup de sens et
d'rudition. Que de connaissances en linguistique sont ncessaires pour
vrifier les lments natifs de tant d'agrgats, rouls de rivages en
rivages pendant des sicles, et modifis par tant d'influences, sous
tant de latitudes! Que de sagacit pour en saisir les traits primitifs,
voils sous des transformations successives qui ont altr leur
physionomie et souvent chang leur constitution!

Il ne nous appartient pas d'entrer dans cette voie ardue et d'afficher
des prtentions que rien ne justifierait; mais nous sentons l'importance
des Glossaires patois pour un Dictionnaire historique de notre langue,
et la justesse des rflexions de Gnin sur ces immortelles archives de
la langue franaise comme il les appelle. coutez ce philologue
incisif: Il s'en va grand temps de les recueillir? La civilisation
dissmine par le rseau des chemins de fer entame partout la tradition,
l'crase sous les roues des locomotives, et aura bientt fait d'absorber
et de confondre toutes les originalits locales dans l'ocan de
l'uniformit. Dans un temps donn, il n'y aura plus de patois; il n'y
aura plus que le franais littraire, le franais du thtre et des
romans, compliqu (et non pour une petite dose!) du franais industriel.
Dieu sait ce que c'est, et surtout ce que ce sera! (Prface des
_Rcrations philologiques_).

Dieu sait et nous ignorons ce que sera ce franais du thtre, des
romans et de l'industrie, cette langue future de nos descendants, et peu
nous importe  nous qui serons morts quand on la parlera et qu'on
l'crira; mais nous tenons  son origine et nous dsirons en percer
quelques mystres, en surprendre quelques secrets. Les patois en
reclent, tudions les patois.

Et d'abord faisons d'amples herbiers de cette flore de la linguistique,
pour laquelle, si nous ne nous en occupons, tant d'espces seront
perdues. Htons-nous, car si les anneaux que nous tenons encore
disparaissent, la chane entre l'avenir et le pass sera pour jamais
rompue; il n'y aura plus de tradition.

Heureusement qu'il existe  et l des esprits curieux, clairs,
patients, qui herborisent  leur faon dans des excursions intelligentes
 travers nos villages, au sein de nos foires et de nos marchs o
afflue la population de nos campagnes. En contact d'affaires et
d'intrts, quelquefois mme de plaisirs, avec cette population au vieux
langage, ils en notent tous les mots, toutes les acceptions, toutes les
nuances de prosodie, et amassent, sans autre but que le botaniste qui
fait sa rcolte, de prcieuses nomenclatures, pour l'unique et solitaire
bonheur de les possder.

Pendant que s'imprimait notre _Glossaire du Patois Normand_, alors que
nous arrivions  la lettre M, nous avons rencontr dans un de nos amis,
M. Lepingard pre, ancien chef de bureau  la prfecture de la Manche,
un de ces intrpides et modestes collectionneurs, qui, frapp des essais
de feu Lamarche[1], tait parti de ce premier travail pour se composer
un Dictionnaire, sous le titre simple de: _Notes sur quelques mots
usits  St.-Lo ou dans les environs de cette ville_. En voyant nos
feuilles imprimes, il fut surpris de n'y pas trouver une foule de
vocables qu'il avait consigns dans son recueil.

[Note 1: Jrme-Frdric Perrette-Lamarche, capitaine de vaisseau,
ancien major de la marine  Cherbourg, n  la Meauffe le 20 juillet
1779, mort  St.-Lo le 26 dcembre 1847, s'tait occup, dans les
dernires annes de sa vie, d'un _Dictionnaire du vieux langage ou
patois des habitants des campagnes des arrondissements de Cherbourg,
Valognes et St.-Lo_. Deux _Extraits_, chacun de 185  190 articles, en
ont paru: l'un dans les _Mmoires de la Socit acadmique de Cherbourg_
(1843); l'autre dans les _Notices, mmoires et documents publis par la
Socit d'agriculture, d'archologie et d'histoire naturelle du
dpartement de la Manche_, Ire partie du Ier vol. (1851). Il est
probable qu'il y aurait beaucoup  glaner dans le grand _Dictionnaire
manuscrit_ de feu Lamarche. Ce manuscrit appartient  son neveu, M.
Lemennicier, homme d'un mrite gal  sa modestie, trs-capable de
l'enrichir et de l'diter, et dont nous attendons ce service dans
l'intrt du Patois Normand.]

Sur nos instances, il nous montra ses _Notes_; sur nos instances, il
nous autorisa  y puiser ce qui nous conviendrait, et ds-lors nous
attachmes plus d'importance  enrichir notre Glossaire, et de mots
vieillis ou inconnus, et de mots altrs par la prononciation. Nous
rsolmes de faire un _Supplment_ pour la premire partie de
l'alphabet, et nous mmes ds-lors  contribution, outre la manuscrit de
M. Lepingard, le _Dictionnaire du patois du pays de Bray_, par M. l'abb
Decorde, ainsi que le Glossaire que M. Alph. Chassant a rdig pour _la
Muse Normande de Louis Petit, de Rouen, en patois normand_ (1658),
publi en 1853.

Nous avons regrett de ne pouvoir faire un dpouillement de
l'_Inventaire gnral de la Muse normande_, par David Ferrand (1655), et
du pome intitul: _Le coup-d'oeil purin_, par Gervais (1773). Il y a l
force mots, force locutions, force articulations  recueillir pour le
patois de la Haute-Normandie; car nous en croyons M. Chassant: Le
patois de la _Muse Normande_ est en partie celui du pays de Caux; et,
loin d'tre restreint, comme le pense M. Dumril, aux quartiers
St.-Vivien et Martainville de Rouen, il est parl bien au-del des murs
de cette ville. Un grand nombre de mots et de locutions contenus dans
les posies de Ferrand se retrouvent jusque dans la campagnes de
Louviers. Mais il faut tre de la Haute-Normandie, ou y vivre, pour
faire avec fruit ce dpouillement.--A d'autres ce travail.

Notre tche,  nous, a t de rviser le Glossaire de Louis Du
Bois;--d'en retrancher les mots qui, se trouvant dans le _Dictionnaire
de l'Acadmie_, ne peuvent tre aujourd'hui rclams par aucun
patois;--d'y ajouter ceux qui sont dans MM. Dumril, et que l'auteur
n'avait point admis, malgr l'autorit de ces philologues;--de puiser
largement dans le _Patois du Bessin_, par Frdric Pluquet; dans les
_Extraits_ de feu Lamarche; dans le _Dictionnaire du Patois du pays de
Bray_, par M. l'abb Decorde; dans le _Glossaire de la Muse Normande_,
par M. Chassant; dans les _Notes manuscrites de M. Lepingard pre_;
enfin dans quelques autres sources moins abondantes;--d'ajouter tout ce
que notre mmoire a pu nous fournir de mots patois employs autour de
nous depuis plus d'un demi-sicle, lesquels appartiennent  des idiomes
ou trs-anciens, ou perdus, et qui attestent le passage, ou le sjour,
ou l'tablissement de divers peuples dans nos contres;--de signaler une
foule d'altrations de prononciation, qui ne sont point le patois
proprement dit, qu' la rigueur on en pourrait retrancher, mais qui
semblent en faire partie, et qu'admettent en proportion plus ou moins
grande la plupart de recueils de la nature de celui que nous publions.

Il nous a sembl toutefois que, pour cette dernire classe, qui se
serait dmesurment tendue, si nous avions voulu tout prendre, il
fallait se borner aux mots les plus usits. Pour suppler  des
nomenclatures qui embrasseraient le plus grand nombre de ces
altrations, nous avions fait des remarques sur les changements de
lettres et d'articulations qui se produisent le plus frquemment en
Normandie. Ces remarques se sont tellement multiplies que nous avons
cru devoir y renoncer. D'ailleurs ce qui est vrai dans un canton ne
l'est pas dans le canton voisin,  plus forte raison dans un dpartement
spar d'un autre par un ou deux dpartements.

A dfaut de ces observations qui s'accrotraient indfiniment, si l'on
tenait compte de tous les changements que multiplie, comme  plaisir et
sans motif, le caprice de nos villageois, nous pourrions dire quelque
chose des tymologies qu'on est tent naturellement de chercher aux mots
patois. Mais nous ne connaissons pas de terrain plus glissant, et nous y
avons vu les hommes les plus instruits y faire  l'envi les plus lourdes
chutes. Louis Du Bois s'y tait aventur; nous avons respect son texte.
Pour nous, nous avons rsist  tout entranement, nous souvenant
d'avoir lu, dans la Prface de M. Decorde, ces phrases judicieuses,
copies par lui dans une oeuvre indite de M. Auguste Le Prevost: La
science tymologique est une arme  deux tranchants, qui ne doit pas
tre abandonne  des mains novices. On peut encore la comparer  ces
flambeaux qui jettent de la fume et de l'obscurit sur leur passage
quand ils n'clairent pas. Elle demande non-seulement la connaissance
approfondie et la comparaison continuelle d'un grand nombre de langues,
de dialectes, d'idiotismes, une facult d'observation et de
rapprochement exquise; mais encore beaucoup de sobrit, de loyaut, de
circonspection, dans l'exercice de cette facult; sans quoi l'on arrive
par une pente trs-rapide  faire venir _alfana_ d'_equus_; on se
dcrdite soi-mme, et l'on dcrdite l'une des recherches les plus
piquantes et les plus utiles  la satisfaction de la raison humaine, qui
puisse occuper les loisirs d'un rudit. Nous insistons d'autant plus sur
la ncessit d'une grande rserve  cet gard, que, dbarrass de cette
grave responsabilit, le travail que nous dsirons voir entreprendre
dans chaque arrondissement n'offrira plus qu'une tche facile  chacun
de nos collaborateurs.

Cette tche _facile_ est si longue, si minutieuse, elle demande dans une
localit quelconque tant de patience et de sagacit, qu'tendue  toute
une province comme la Normandie, elle devient pnible, ardue, immense,
et c'est surtout  lui susciter des travailleurs que notre _Glossaire_
est destin. C'est un essai aprs d'autres essais, que d'autres suivront
sans doute pour la plus grande gloire de ces vieux idiome d'o est
sortie  la longue, et par les efforts du gnie de nos pres, cette
noble et limpide langue franaise, la seule  laquelle soit permis
l'espoir de l'universalit. A nos yeux, l'tude des patois a pour
premier et pour principal avantage d'clairer nos origines, et nous
disons, avec Gnin: Ces _Glossaires_ patois avanceraient tout d'un coup
la besogne du _Dictionnaire historique_; l'Acadmie prendrait l ses
lments sur le vif. Tant de mots dpareills, barbouills,
mconnaissables, errant  travers le langage comme des mots sans aveu,
le _Glossaire patois_ fournirait sur-le-champ de quoi leur constituer
une famille, rtablir leur vraie physionomie, et les remettre dans le
monde sur le pied d'honntes et lgitimes citoyens du vocabulaire, sur
le pied de leur naissance, avec restitution de leur antique apanage. Les
crivains du moyen-ge seraient appels  dposer comme tmoins et 
confirmer la possession d'tat par preuves crites et irrcusables. La
langue franaise se trouverait tout--coup restaure: ce serait un
monument simple et grandiose dont chacun pourrait mesurer l'intrieur et
examiner toutes les assises depuis les plus anciennes jusqu'aux plus
rcentes, clair par le flambeau du gnie mme qui a prsid  la
fondation (Prface des _Rcrations philologiques_).

Telle est, en ralit, la principale utilit des patois, le vritable
intrt qui doit exciter  leur tude. Quant  les considrer comme des
langues par excellence, quant  nous associer  l'enthousiasme de leurs
admirateurs plus ou moins rudits, comme un Schnakenburg, un Pierquin de
Gembloux, un Charles Nodier, le bon sens nous l'interdit et nous
tcherons de n'avoir pas d'autre matre. Nous ne dirons pas du patois
avec ce dernier: Presqu'inaltrable dans la prononciation, dans la
prosodie, dans la mlope, dans l'orthographe mme quand on l'crit, il
rappelle partout l'tymologie immdiate et souvent on n'y arrive que par
lui. Jamais la pierre-ponce de l'usage et le grattoir barbare du puriste
n'en ont effac le signe lmentaire d'un radical. Il y conserve le mot
de la manire dont le mot s'est fait, parce que la fantaisie d'un faquin
de savant ou d'un cervel de typographe ne s'est jamais vertue 
dtruire son identit prcieuse dans une variante stupide. Il n'est pas
transitoire comme une mode. Il est immortel comme une tradition. Le
patois, c'est la langue native, la langue vivante et nue. Le beau
langage, c'est le simulacre, le mannequin.

Voil de ces paradoxes comme savait les tourner Charles Nodier, et comme
il aimait  les dvelopper aux Parisiens, qui ne s'inquitent pas assez
du fond quand on les charme par la forme. Quinze  dix-huit pages de ce
style sur le patois font un chapitre assez piquant de ses lgantes
_Notions de linguistique_. Mais quel homme rflchi donnera son
assentiment  de si tranges assertions? La consquence naturelle de ce
bel article et du livre tranchant de M. Pierquin de Gembloux, et de tout
ce qu'crivent ceux qui s'prennent d'un trop vif amour pour les patois,
c'est que les Vaugelas, les Patru et tous les hommes de got qui se sont
consums en utiles et fconds efforts, dans la premire moiti du XVIIe
sicle, pour purer notre langue et donner aux grands hommes un
instrument que leurs chefs-d'oeuvre devaient porter  la perfection, ont
le tort grave d'avoir dnatur des patois qu'ils ont cru polir. Les
patois en effet, dit Charles Nodier, ont une grammaire aussi rgulire,
une terminologie aussi homogne, une syntaxe aussi arrte que le pur
grec d'Isocrate et le pur latin de Cicron.

Et plus loin:

Pour trouver une langue bien faite, et j'entends par l, comme tout le
monde, une langue bien grammaticale et bien syntaxe, qui n'est
inconsquente avec elle-mme, ni dans la dclinaison ni dans la
conjugaison, qui est toujours fidle  elle-mme,  la prononciation
dans le mot,  une forme donne dans la locution, on ne court donc aucun
risque de remonter  un patois. J'irai plus loin, car je ne recule pas
devant les consquences exprimentales: ce serait le parti le plus sr.

Ainsi la langue harmonieuse et pure de Racine et de Boileau est
infrieure  celle des rustres du moyen-ge. Pour la rformer, nous ne
courons aucun risque en remontant au patois; l seulement nous
trouverons une grammaire bien fixe, sans inconsquence avec elle-mme
ni dans la dclinaison ni dans la conjugaison; les sicles de barbarie
sont ceux de la politesse du langage, et les sicles de la politesse des
moeurs et de la civilisation en progrs sont ceux o le langage est
tomb dans la barbarie!

Les exagrations de Grgoire  la tribune de la Convention nationale,
dans son fameux Rapport sur l'extinction des patois et les moyens
d'universaliser l'usage du franais, nous semblent beaucoup plus
raisonnables; car si c'est une croisade strile que celle que l'on
entreprendrait contre la tnacit de certaines populations, attaches 
leur jargon comme  l'air de leurs valles ou de leurs montagnes, il est
dsirable que l'intelligence de notre langue se propage sur tous les
points de notre territoire; l'unit de cette langue importe  l'unit
politique, religieuse, administrative. La fusion d'une foule de
peuplades voisines dans une grande nation n'est complte qu'autant
qu'elles entendent le mme idiome, et l'Assemble constituante qui
ordonna, le 14 janvier 1790, de traduire ses dcrets en dialectes
vulgaires, prit une mesure moins logique que la Convention dcrtant, le
8 pluviose an II (27 janvier 1794), qu'il serait tabli des instituteurs
primaires pour enseigner la langue franaise dans les dpartements o
elle tait le moins rpandue, notamment dans ceux de la Bretagne et de
l'Alsace.

Ces vues patriotiques ont t secondes par les guerres de la Rpublique
et de l'Empire, et, quand la paix est venue, les mesures lgislatives et
les intrts nouveaux des populations ont continu la propagation du
franais dans les provinces. Chaque jour les patois perdent du terrain,
et nous sommes loin de nous en plaindre. Si nous nous montrons curieux
de les recueillir, ce n'est point pour substituer leur indigence  nos
richesses. Nous imitons les antiquaires qui remplissent leurs muses de
vieilleries de toute espce pour l'art, non pour l'usage; et ceux-l
seuls nous blmeraient, qui proscriraient toute recherche sur le premier
des arts, celui de la parole.

Nous tenions  nous expliquer sur l'objet d'un livre que nous avons
grossi des deux tiers, et sur l'intrt qu'il peut avoir aux yeux des
linguistes, intrt relatif, que nous croyons apprcier  sa valeur.
Maintenant nous allons laisser l'auteur du _Glossaire_ parler du patois
et des patois dans une Prface qui est son dernier ouvrage. Il l'crivit
en 1854, quelques mois avant sa mort.

Nous ferons suivre cette Prface de la Biographie de Louis Du Bois.

       Julien TRAVERS.
       Caen, le 25 juillet 1856.




PRFACE DE L'AUTEUR.


 I.

Le sol de la Normandie, son histoire, ses usages, ses prjugs, ses
locutions particulires, ses divers patois devinrent de bonne heure le
sujet de mes recherches et de mes mditations.

A peine sorti du collge, dans les divers emplois que j'occupai, dans
tous les lieux que j'eus occasion d'habiter, je ne perdis jamais de vue
mon objet. Toutefois ce fut principalement en 1795, que je commenai 
recueillir et  classer par ordre alphabtique les mots du patois
normand.

C'est surtout quand j'eus  Alenon des fonctions publiques, que je fis
une ample moisson de mots patois normands dans l'Orne, le Calvados et la
Manche. J'y ajoutai un peu plus tard un trs-grand nombre de mots des
autres dpartements de la province, pendant mes voyages plus ou moins
rpts et mes sjours plus ou moins prolongs sur tous les points de
leur territoire. L, je m'attachai avec un soin scrupuleux  constater
la vritable acception de chaque vocable, l'orthographe propre  en
fixer la prononciation exacte, et j'tablis la ressemblance de ces
expressions avec celles de la langue romane et des principaux patois de
la France.

Ce travail que, depuis 1830, mes divers emplois administratifs
m'empchrent de publier, fut au moment de voir le jour en 1843. Le
libraire Dumoulin, de Paris, annona qu'il le publierait aprs mes
_Recherches sur la Normandie_, qu'il venait de mettre sous presse.

Quelques fragments de l'ouvrage avaient dj paru, en 1807, dans les
_Mmoires_ de l'Acadmie celtique, t. V, et, en 1823, dans les
_Mmoires_ de la Socit des Antiquaires de France, t. IV. En 1829, M.
Qurard en fit mention dans le tome II, p. 601 et 602 de _La France
littraire_.


 II.

La publication de mes patois, suspendue en 1830, le fut de nouveau en
1844, par l'effet de la mise au jour et les soins d'impression de mon
_Histoire de Lisieux_ (2 vol. in-8, 1845) et de ma _Traduction de
l'Agriculture de Columelle_ (3 vol. in-8, 1846).

Depuis ce temps, les vnements politiques et beaucoup d'embarras
domestiques et de chagrins ont d ncessairement absorber les jours que
j'aurais consacrs  mes travaux littraires. J'ai mme renonc  mon
_Histoire de Normandie_, et c'est pour moi une vritable douleur
aujourd'hui que j'ai dpass 80 ans.


 III.

Nos patois, dont l'tude peut fournir tant de secours  la linguistique,
 la philologie, nos patois, tels qu'ils sont conservs dans la classe
ignorante, ddaigns par les classes instruites, rebuts par les
dictionnaires de la langue officiellement admise dans le discours soit
oral, soit crit, sont des dbris des idiomes jadis parls par les
habitants de la Gaule et les peuples qui l'ont conquise, ou qui y ont
pass et plus ou moins sjourn. Ces peuples sont les Celtes ou Welches,
les Romains, les Cimbres ou Kimris, les Burgondes, les Francs, les
Saxons, les hommes du Nord ou Normands, et les Arabes ou Sarrasins.

Les Italiens, qui firent la conqute des Gaules et les tinrent plus de
quatre sicles sous leur gouvernement civilisateur, sont de tous ces
trangers ceux dont on a d naturaliser chez nous la plus grande
quantit de vocables et de locutions. Les Phocens avaient dj, de
Marseille qu'ils fondrent en 599 avant l're vulgaire, import dans le
midi des Gaules beaucoup de mots grecs faciles  reconnatre.

Les conqutes des Francs, des Saxons[2], des Normands, et plus tard nos
relations avec les Orientaux, avec les Italiens, les Espagnols et nos
autres voisins, introduisirent quelques expressions qui se mlrent  la
langue vulgaire, et contriburent  altrer de plus en plus le latin
qui, aprs les modifications qu'il subit, devint le roman et plus tard
le franais.

[Note 2: Les Danois vinrent plusieurs fois en Normandie au secours de
nos ducs Richard Ier et Richard II, pendant les Xe et XIe sicles.]

On pourrait tendre considrablement les recherches  cet gard; mais ce
travail a t tant de fois et gnralement si bien excut, qu'il est 
peu prs inutile de s'y livrer de nouveau,  peine de compiler sans
ajouter ici rien d'important  ce qu'on a dj dit d'incontestable. Au
surplus, c'est l'ouvrage des crivains qui s'occupent de dictionnaires
tymologiques de la langue franaise. C'est une oeuvre spciale et
ncessaire. Ici ce serait une oeuvre de luxe, comme le serait,  propos
des annales d'une ville ou d'une province, l'histoire des peuples
primitifs de divers pays.


 IV.

Quelques savants distingus, tels qu'Etienne Guichard, Court de Gebelin,
Bullet, Bergier, sentaient tellement l'importance des patois et la
ncessit de conserver nos vieilles expressions, qu'ils avaient tmoign
le dsir de voir composer un _Glossaire Patois_ pour chacune de nos
provinces. Ce dsir judicieux a t entendu et a reu un commencement
d'excution.

Les idiomes, avant de descendre au rang de simples patois, rsistent
long-temps  l'envahissement de la langue des conqurants. En effet,
quoique depuis six sicles (l'an 201 avant l're vulgaire), les Romains
eussent conquis la Numidie, saint Augustin fut oblig de se servir
d'interprtes pour se faire entendre, dans son vch d'Hippone, par les
paysans qui ne parlaient encore que la langue de leurs pres. En gypte,
malgr l'occupation des Grecs, des Romains, des Arabes et des Turcs, les
Coptes ont gard, de nos jours encore, l'usage de leur ancien idiome.
Grgoire de Tours assure que, mme au milieu du VIe sicle, peu de
personnes comprenaient le latin, et que le plus grand nombre parlait la
langue rustique. Aussi, dans le VIIe et le VIIIe, les conciles
prescrivirent-ils de traduire en ce langage les homlies latines que les
peuples ne comprenaient pas; et c'est pourquoi, vers l'an 800, on tait
forc d'expliquer dans les glises la vie des Saints.

Ainsi s'avanaient vers leur plus complte dcadence le latin et les
dialectes gaulois absorbs, dans un amalgame croissant, par la nouvelle
langue, appele le roman, triomphant mme du franc-teusch des derniers
conqurants. C'est effectivement en roman que, dans l'anne 842, fut
crit et prononc le serment de l'empereur-roi Louis-le-Germanique[3].

[Note 3: Charles-le-Chauve pronona le sien en langue thioise ou ancien
allemand (tudesque).]


 V.

Quoi qu'il en soit, il existait dans les Gaules divers dialectes du
celtique, ou diverses langues, dont les ruines, les dbris se trouvent
dans nos patois.

A la fin du IIe sicle de l're vulgaire, saint Irne, vque de Lyon,
crit qu'il fut oblig d'apprendre la langue des Gaulois. On voit, par
une ordonnance rendue en 230 par Septime-Svre, que l'on parlait une
langue diffrente du grec et du latin; il l'appelle langue gallicane[4].
Dans le Ve sicle, l'historien Sulpice-Svre[5] distingue la langue
celtique de la langue gauloise.

[Note 4: _Lingua gallicana_. Digest, l. XXXII, t. i.]

[Note 5: Dialogue I.]

A propos de langues parles dans les Gaules, M. Amde Thierry (dans le
tome Ier de son _Histoire des Gaulois_) regarde le basque ou dialecte
no-latin et le bas-breton ou dialecte no-celtique comme des langues
originales, primitives et non importes. Quant au celtique, MM. Pictet,
Eichoff et autres orientalistes ont cru reconnatre videmment l'intime
affinit de ce dialecte avec le sanscrit. Au surplus, suivant M.
Pierquin de Gembloux, qui dit que c'est une vrit acquise (ce qui n'est
pas aussi certain qu'il se l'imagine) le sanscrit, le gothique,
l'allemand, l'irlandais, etc., sont singulirement facilits par les
dialectes de la Bretagne, tandis que le zend l'est par celui de l'Alsace
et de la Lorraine, le grec et le latin par ceux de la Provence et du
Languedoc, le celte par les dialectes de la France centrale et de
l'Armorique, les troubadours par le languedocien, les trouvres par le
picard.


 VI.

Le plus clbre des _Glossaires patois_ est celui que La Monnoye fit, en
1701, imprimer avec ses _Nols bourguignons_[6]. Plusieurs rudits en
composrent aussi pour d'anciens ouvrages qu'ils mirent au jour.

[Note 6: _Noel Borguignon_ de Gui Barosai.]

En 1629, la _Bibliothque bleue_, que donnait  Troyes le fameux Oudot,
vendait un petit dictionnaire d'_argot_, d'aprs lequel Grandval fit un
lexique  la fin de son pome de _Cartouche_, en 1723.

En 1649, un petit pome en vers normands parut  Rouen.

On eut, en 1655, le recueil de Ferrand.

En 1672, Moisant de Brieux fit imprimer  Caen ses _Origines de quelques
coutumes anciennes et faons de parler triviales_.

En 1780, Harduin lut  l'Acadmie d'Arras des _Recherches sur le langage
artsien_.

En 1786, le _Dictionnaire du vieux langage_, contenant aussi la langue
romance ou provenale et la normande, fut mis au jour en deux volumes.

En 1841, les patois et dialectes de la langue d'Oil (bourguignon,
normand, picard et walon) fournirent la matire de plusieurs articles
dans les _Mmoires_ de l'Acadmie de Douai.


Quant  l'origine des patois, le savant Jrme-Jacques Oberlin, qui
composa, en 1775, un _Essai_ fort abrg _sur le patois lorrain des
environs du comt du Ban de La Roche_, reconnut judicieusement que le
patois des provinces de la France, fort diffrent en lui-mme, remonte,
quant  son origine, partout aux changements que la langue latine,
introduite autrefois par les Romains et corrompue ensuite en rustique et
romane, eut  essuyer depuis le XIe ou le XIIe sicle environ.
L'altration du langage des Gaules et l'amalgame de la langue latine
commena bien plus tt, presque ds la conqute, sous l'administration
de Rome, par la frquentation et le mlange des vaincus avec les
vainqueurs. Oberlin qui avait t prcd par Dom Jean-Franois en 1773,
et par Gabriel en 1777, trouva encore  glaner aprs eux en 1794, et
remarqua que les termes les plus obscurs du moyen-ge se retrouvent
dans le langage usuel des habitants de la campagne.

C'est chez les paysans, encore aujourd'hui, qu'il faut surtout aller
chercher, tudier et constater les patois; et c'est ce que nous avons
fait pendant un grand nombre d'annes.

Contrairement au dsir de la Convention nationale en 1794[7], on avait
depuis long-temps, ainsi que nous l'avons dit plus haut, senti la
ncessit de conserver ce qui nous restait de nos anciens patois.
Ronsard, auquel Boileau a prcisment reproch son hellnomanie, Ronsard
suppliait les potes de n'tre plus tant latiniseurs et grcaniseurs, et
de prendre piti, comme bons enfants, de leur pauvre mre naturelle. Le
savant Henri Estienne dit que nous devrions faire notre profit des mots
et des faons de parler que nous trouvons dans notre pays: opinion
trs-sage que Malherbe mit aussi peu de temps aprs.

Les savants lexicographes anglais[8] n'ont pas, comme notre Acadmie
franaise, ddaign les patois de leur pays. Flming et Tibbins les ont
admis dans leur excellent dictionnaire de la langue anglaise; et Burns,
Walter-Scott, entre autres crivains distingus, se sont servi avec
succs de ces pittoresques vocables.

[Note 7: 16 prairial, an 11 (4 juin 1794).]

[Note 8: La langue romane, importe par la conqute de notre duc
Guillaume en 1066, fut bannie des tribunaux anglais, o elle s'tait
maintenue pendant prs de trois sicles, par un arrt du Parlement de
1361.]


 VII.

Enfin l'Acadmie celtique, qui devint l'Acadmie des antiquaires de
France, s'adressa  notre ministre de l'intrieur; il s'empressa
d'crire, le 13 novembre 1807, une circulaire aux prfets pour leur
recommander de faire recueillir et de lui adresser ce qu'il serait
possible de rassembler de mots patois conservs dans leur dpartement.
C'tait rparer le mal fait par le rapport de Grgoire.

L'appel de l'Acadmie celtique et du ministre fut entendu et fit natre
plusieurs recueils de ces termes jusqu'alors ddaigns, tels que le
_Patois roman du pays de Vaud_[9], le _Vocabulaire venden_, etc.

[Note 9: Emmanuel Dveley fit imprimer, en 1824, la seconde dition de
ses _Observations sur le langage du pays de Vaud_.]


 VIII.

Pendant le XVIIIe sicle et au commencement du XIXe, les ouvrages sur
les patois se multiplirent. Nous n'allons citer que les principaux:

1753. _Essai d'un Dictionnaire franc-comtois_, publi par Mme Brun.
Rimprim en 1755.

1756. _Dictionnaire languedocien_, par l'abb De S. (De Sauvage);
nouvelle dition, 1785. 2 vol. in-8.

1777. _Dictionnaire roman, walon, celtique et tudesque_, par Gabriel.

1787. _Dictionnaire walon_, par l'abb Cambresier.

1807. _Dictionnaire lorrain_, par Michel.

1809. _Nouvelles recherches sur le patois ou idiomes vulgaires de la
France, et en particulier sur ceux du dpartement de l'Isre_, par J.-J.
Champollion-Figeac.

1822. _Dictionnaire du patois du Bas-Limousin_, par Bronie; augment et
publi par Vialle.

1835. _Patois de l'arrondissement de Bayeux_, par F. Pluquet; deuxime
dition, 1834.

1826. _Dissertation sur la langue basque_, par Lcluse.

1834. _Dictionnaire rouchi_, par Hcart; troisime dition.

1840. _Tableau synoptique et comparatif des idiomes populaires ou patois
de la France_, par J.-F. Schnakenburg. Berlin.

1841. _Des patois et de l'utilit de leur tude_, par M. Pierquin de
Gembloux.

1842. _Vocabulaire du Berry et des provinces voisines_; seconde dition.

1849. _Dictionnaire du patois normand_, par MM. Dumril.

1851. _Glossaire tymologique et comparatif du patois picard ancien et
moderne_, par M. l'abb Jules Corblet.

1852. _Dictionnaire du patois du pays de Bray_, par l'abb Decorde.


 IX.

Nous ne nous sommes pas born aux simples vocables patois; nous avons
rassembl les diffrentes faons de parler, certains proverbes
particuliers  notre province, divers jurons, beaucoup d'articulations
et de lettres euphoniques ou prtendues telles, que le peuple introduit
parfois au gr de son caprice plutt qu'en vertu de principes fonds sur
l'usage ou la raison.

C'est aprs avoir tudi, dans les diffrentes localits de la
Normandie, le sens de chaque mot employ, que nous nous sommes attach 
en donner une dfinition prcise autant qu'exacte, et  faire connatre
sa vritable acception. Quant  l'orthographe, nous avons tch de
concilier la prononciation reue actuellement avec l'tymologie
vidente, en nous cartant le moins possible de la manire d'crire les
mots franais admis dans le _Dictionnaire de l'Acadmie_.

       Mesnil-Durand, 1854.
       Louis DU BOIS.




BIOGRAPHIE DE LOUIS DU BOIS.


Il faut avoir vcu dans l'intimit de Louis Du Bois, l'avoir, comme
nous, visit dans sa retraite de Mesnil-Durand, avoir reu ses
confidences, parcouru ses manuscrits, feuillet ses livres des genres
les plus divers, chargs de notes savantes, de rectifications
innombrables, d'additions prcieuses; il faut avoir assist, comme nous,
 son inventaire, pour se faire une ide nette de la varit de ses
connaissances et de la multiplicit de ses travaux. Peu d'hommes
tudirent avec la mme ardeur les diverses branches de l'arbre
encyclopdique, et cueillirent plus de fruits sur un plus grand nombre
de ses rameaux. Histoire et antiquits; politique et religion;
agriculture, horticulture et conomie domestique; biographie et
bibliographie, romans et posies dans presque tous les genres; critique,
commentaires, philologie, traductions exercrent tour  tour sa plume
laborieuse et facile, et ses nombreux ouvrages imprims ne font pas le
tiers des ouvrages qu'il avait faits, commencs ou projets. En publiant
l'une de ses oeuvres posthumes, nous croyons devoir esquisser sa vie que
d'autres pourront crire un jour avec plus de dtails.

Du Bois ou Dubois[10] naquit  Lisieux le 16 nov. 1773, et reut les
prnoms de Louis-Franois; mais sa signature ne fut jamais accompagne
que du premier. Fils d'un marchand de frocs qui prouva des pertes dans
son commerce, il avait pour grand-oncle maternel M. de Plainville, dont
la gnalogie remontant au clbre Alpin, compagnon de Fingal, se trouve
dans le treizime volume du _Dictionnaire de la Noblesse_, par La
Chesnaye-Desbois. Cet oncle l'avait pris en amiti; il le recevait
souvent chez lui, et s'merveillait de son got prmatur pour la
lecture et les conversations srieuses.

[Note 10: Il ne fit long-temps qu'un seul mot de son nom; mais comme il
l'crivit en deux mots pendant la seconde moiti de sa vie, conformment
aux anciens titres de sa famille, nous suivrons l'orthographe qu'il
avait adopte.]

M. de Plainville mourut, et M. Du Bois pre, s'tant retir 
Coupesarte, mit d'abord son fils en pension chez le cur d'une paroisse
voisine, chez cet abb Dufresne, qui, peu d'annes aprs, fut dput du
clerg aux tats-Gnraux. L'enfant n'y demeura que quelques mois. Comme
il tait d'une complexion faible, on lui donna un prcepteur; puis il
reut des leons de latin chez l'abb Fougre, vicaire de
St.-Julien-le-Faucon.

Sa mre, passionne pour l'horticulture, lui inspira le got de cette
science, got qui s'tendit  tous les travaux de la campagne, et qui
explique le succs de plusieurs ouvrages de Louis Du Bois, notamment de
son _Cours complet d'agriculture_, dont la quatrime dition est en 9
volumes; et de sa _Pratique simplifie du jardinage_, qui eut six
ditions.

Les dispositions qu'annonait le joli petit Louis, comme on l'appelait
alors, ses essais en vers franais et en vers latins[11], ses
connaissances prmatures en histoire et en gographie, lui firent faire
des offres, et pour entrer dans le clotre, par le prieur de
Ste.-Barbe-en-Auge, et pour entrer dans la diplomatie, par Rosey de
Plainville, frre an de Mme. Du Bois et ami de Gravier de Vergennes,
ministre des affaires trangres. En attendant, le petit Louis fit avec
un succs d'clat sa rhtorique au collge de Lisieux; et la Rvolution,
en lui enlevant ses protecteurs laques et en expulsant les religieux de
leurs couvents, le fora bientt  chercher une autre carrire.

[Note 11: Ds 1786, il avait compos une _Louisiade_ en vers franais,
dont Louis XIV tait le hros, et en vers latins plusieurs livres d'un
pome sur la croisade de saint Louis. Il avait aussi compil,  cet ge
de 13 ans, une _Gographie de la Normandie_, qu'il dtruisit, avec ses
premiers vers, en 1790.]

Ses parents dsirrent qu'il tudit la jurisprudence, et, en 1791, il
devint l'lve de l'avocat Plancher qui joignait,  Lisieux, le got des
vers  la pratique du barreau. Louis Du Bois, qui connaissait dj
l'italien et dont les ides nouvelles et les vnements politiques qui
s'accomplissaient, exaltaient la vive imagination, ngligea ses tudes
en droit pour traduire le _Trait de la tyrannie_, par Alfiri, et se
livrer  la lecture des journaux et des brochures qu'enfantait l'esprit
rvolutionnaire. Cet esprit rformateur s'empara de toutes ses facults.
Les principes gnreux de 1789 n'eurent point de plus zl dfenseur, et
il glissa sur leur pente jusqu'au rpublicanisme des Girondins.

Lisieux avait son club. Un pot-pourri de Louis Du Bois sur
Ancastroem qui assassina, le 13 mars 1792, le roi de Sude, y fut chant
dans l'une des sances, et l'auteur admis avant l'ge de 20 ans. Plus
tard il en devint l'un des secrtaires. Au mois d'octobre il tait 
Paris. Li d'amiti avec Rouget de Lisle, il lui avait fait corriger
deux vers de la _Marseillaise_. Il eut  son tour un moment
d'inspiration et composa le couplet des enfants,  l'imitation du chant
des Spartiates cit par Plutarque. Ce couplet ne s'est plus spar,
depuis, de l'hymne patriotique de Rouget de Lisle.

Une curiosit bien naturelle  son ge lui fit faire un second voyage 
Paris en avril et en mai 1793. Il vit une sance des Jacobins de la
capitale, avec lesquels le club de Lisieux avait rompu, et il revint
indign et plein de l'aversion la plus motive pour le parti Montagnard.
Il reut les proscrits du 31 mai qui se retiraient  Caen, alla les
rejoindre dans cette ville dvoue  leur cause; vit Charlotte Corday
chez sa tante, Mme de Bretteville, et ne souponna pas les projets de
cette hrone, fut perscut pour sa modration, et chappa aux
vengeances des terroristes par sa jeunesse, son tat maladif et le
dvouement de ses amis.

Le 27 janvier 1794, la Convention dcrta que l'on ferait un recensement
des livres enlevs des couvents et des chteaux pour en former une
bibliothque dans chaque chef-lieu de district. Louis Du Bois, qui avait
des connaissances bibliographiques tendues et bien rares alors, fut
l'un des cinq commissaires chargs du travail  Lisieux, et il y
consacra plus de deux annes. Enfin, il consentit  reprendre ses tudes
de jurisprudence, par dfrence pour son pre plus que par inclination,
et ce fut  Alenon qu'il alla les continuer en octobre 1797, sous Le
Fourdrey, de Cherbourg, ancien avocat au Parlement de Normandie.

Peu de mois s'taient couls depuis son arrive  Alenon, lorsque
Louis Du Bois concourut pour la chaire de bibliothcaire de l'Ecole
centrale, place qu'il obtint par un mmoire sur l'histoire littraire en
gnral, sur la bibliographie proprement dite, sur la formation d'une
bibliothque et sur son classement raisonn, mmoire qui runit les
suffrages de Daunou, de Capperonnier, de Clment de Ris, de Garat et de
Ginguen. Nomm le 3 mars 1799, le jeune bibliothcaire remplit ses
fonctions jusqu' la suppression de l'tablissement au mois de mars
1805.

Sa sant s'tait fortifie par l'usage du caf, son ardeur s'accrut avec
elle. En attendant que la bibliothque pt tre ouverte au public, il
professa un cours d'histoire littraire et de bibliographie raisonne
(de 1799  1801); il occupa aussi la chaire d'histoire et de gographie,
pendant que d'autres fonctions retenaient loin d'Alenon M. Post qui en
tait le titulaire.

Louis Du Bois fondait en mme temps une Socit littraire sous le nom
de _Lyce des sciences, des lettres et des arts_, qui devint la _Socit
d'mulation_, en 1802. Il composa pour cette Compagnie, dont il rdigea
les statuts, et qu'il prsida le premier, quoique le plus jeune de tous
les membres, une foule d'opuscules en vers et en prose qui pour la
plupart ont vu le jour, soit dans le _Journal de l'Orne_ (politique,
statistique et littraire) qu'il cra le 24 janvier 1803, soit dans
l'_Annuaire de l'Orne_ qu'il publia de 1807  1812.

Dans le temps qu'il prparait l'ouverture de la bibliothque publique
d'Alenon, o, grce  ses soins, les livres devaient tre reus par la
riche menuiserie que les Chartreux du Val-Dieu (arrondissement de
Mortagne) avaient fait sculpter  grands frais avec le plus beau bois de
chne qu'on puisse trouver en France, Louis Du Bois, sauvait,  Laigle,
de prcieux manuscrits venus de St.-vroult, notamment un autographe
d'Orderic Vital contenant des parties indites de cet historien. A Sez,
il achetait des parchemins venus de la Trappe, et commenait l'histoire
de ce monastre, qui ne parut qu'en 1824. Il imprimait en mme temps le
prospectus d'une publication mensuelle (L'_Esprit des journaux_), auquel
il fallut renoncer, parce que cette ancienne compilation se continuait 
Bruxelles.

A l'poque de la destruction des coles centrales, Louis Du Bois refusa
une chaire de latin  l'cole secondaire d'Alenon, et peu aprs les
fonctions de sous-prfet d'Acqui dans le dpartement du Tanaro. Sa ville
d'adoption avait pour lui trop de charmes. Une liaison de coeur l'y
retenait, et aux jouissances de l'amour il runissait toutes celles de
l'amour-propre; il avait des ennemis, des polmiques (une entre autres
avec l'avocat Laigneau-Duronceray, qui publia ses _Tablettes_ en 1804);
et, reu franc-maon, parvenu rapidement au grade de rose-croix, il
tait charg comme orateur de sa loge, de prononcer tous les discours
d'apparat. Il fut aussi le pote de cette loge, et composa pour dix
solennits dix cantiques imprims  Alenon et rimprims  Paris dans
divers recueils.

Quand le prfet de l'Orne, La Magdelaine, mit sur pied les amis de Louis
Du Bois pour lui faire accepter les fonctions de son secrtaire intime,
il n'prouva point de refus. Le poste tait lucratif, et ses gots
retenaient  Alenon notre jeune et actif crivain. La Magdelaine tait
maladif et paresseux; il remit le fardeau de sa prfecture  son
secrtaire, qui se livra  l'administration avec le zle qu'il portait
dans toutes ses tudes. Un fort volume in-fo. qu'il composa sur la
statistique du dpartement de l'Orne pour rpondre aux dsirs du
Gouvernement, valut au prfet qui ne l'avait pas lu en entier, des
titres et des dotations. Quant  l'auteur, il en tira de bons articles
pour ses annuaires de 1808-1812.

Ces annuaires, le _Journal de l'Orne_ et l'administration n'occuprent
encore qu'une partie de son temps. Une autre tait consacre aux
plaisirs de la socit, une autre  des compositions srieuses ou
frivoles. Ainsi dans l'anne 1810, nous le voyons publier un _Trait des
melons_, 1 vol., et le roman de _Genevive et Siffrid_, 2 vol. in-12. A
l'occasion de ce dernier ouvrage, Mme de Stal lui crivait: Je vous
remercie de m'avoir envoy votre spirituel roman. Il est un peu moderne
pour le VIIIe sicle, et sert mieux  faire connatre le temps prsent
que le pass; mais c'est la manire franaise de tout transporter dans
le point de vue du sicle actuel. Je suis fche que vous demeuriez si
loin de moi: nous parlerions ensemble, et de votre ouvrage, et de ceux
que vous ferez. Deux mois aprs, Boufflers lui crivait,  son tour:
Je trouve, aprs un assez long voyage, le joli roman (si on peut
appeler joli ce qui fait pleurer) que vous avez bien voulu m'envoyer,
avec des vers dont je ne suis assurment pas digne, mais dont je
voudrais au moins tre capable. Autant je dois me dfier de tout ce que
vous me dites de flatteur, autant vous devez croire au tmoignage que
j'aime  rendre  un talent exerc et distingu dont j'ai sous les yeux
une double preuve. A nos yeux, ce roman philosophique et moral est un
des ouvrages les mieux crits de Louis Du Bois. On y trouve un rsum de
ses rflexions personnelles, des systmes les plus chers  son esprit,
qui sentait le besoin de crer quelque chose aprs les ruines entasses
par la Rvolution. Aussi quand, l'anne suivante, le fameux comte de
Saint-Simon, qu'il avait connu prcdemment, vint passer un assez long
temps  Alenon (en apparence pour se livrer dans la solitude de la
province  des tudes sur l'ordre social, en ralit pour inquiter
l'allemand Redern, son ancien associ, qui avait achet le chteau de
Flers), le futur fondateur d'une cole devenue trop clbre eut-il des
entretiens frquents et prolongs avec l'auteur de _Genevive_.
Toutefois l'esprit plus pratique de celui-ci reconnut le vide et le
ridicule des utopies qu'enfantait le comte; il lui prta de l'argent qui
ne lui a jamais t rendu, et ne tarda pas  suivre en Italie, en
qualit de secrtaire intime, le jeune fils du snateur Roederer, nomm
prfet du Trasimne.

Ce dpart ne permit pas  Louis Du Bois de donner suite au projet qu'il
avait conu ds-lors de rappeler ses contemporains  l'amour de notre
vieille Normandie. Plus d'une fois il revendiqua la priorit de ce
retour aux tudes historiques sur notre illustre province, et l'on ne
saurait sans injustice lui en refuser l'honneur. Nous avons, en effet,
sous les yeux un prospectus de 1810 ou 1811 intitul: _Archives
Normandes, ou Rpertoire complet d'ouvrages et d'extraits, imprims et
indits, soit en prose, soit en vers, sur les antiquits, l'histoire
politique, civile et ecclsiastique, la topographie, la statistique,
l'agriculture, le commerce, la navigation, l'histoire naturelle et
mdicale, l'histoire littraire, les sciences, les lettres, et les arts
de la ci-devant province de Normandie; par une socit de gens de
lettres; publies par M. Louis Du Bois, ex-bibliothcaire, etc._
L'ouvrage devait se publier par volumes trimestriels tirs in-12 et
in-8. Les deux volumes _d'Archives_ publis, le premier en 1824, le
second en 1826, en sont une sorte de spcimen.

Quoi qu'il en soit, le dpart de l'auteur interrompit ses travaux sur la
Normandie; il y revint avec bonheur de 1820  1830.

Le sol romain ne fut point sans inspiration pour Louis Du Bois, qui
malheureusement eut peu le temps de s'y livrer  la littrature.
L'agonie de l'empire et la marche des allis le forcrent de rentrer
dans sa patrie; le prfet du Trasimne, nomm prfet de l'Aube, emmena
dans sa nouvelle prfecture son secrtaire intime,  qui l'envahissement
des troupes trangres ne permit pas plus qu' son chef d'arriver 
Troyes. La Restauration le rendit  la vie prive. Mari depuis trois
ans, pre d'une charmante petite fille, il vint philosopher et planter 
Mesnil-Durand, et se prparer cette humble retraite o nous l'avons vu
dans les dernires annes de sa vie.

Le 20 mars 1815 le surprit au milieu des champs. Roederer, rappel  la
prfecture de l'Aube, rappela son secrtaire intime, qui, aprs la
seconde chute de l'empire, se retira deux ans, d'abord  Troyes, ensuite
 Chtillon-sur-Seine. C'est dans cette dernire ville qu'il dita les
_Nols Bourguignons de La Monnoye_,  trs-peu d'exemplaires, uniquement
pour tablir le texte d'une 14e dition de ces posies dont il
s'occupait, et dont l'introduction, les notes et le glossaire furent
malheureusement perdus chez l'imprimeur Jules Didot. Charles Nodier
parle ainsi de ce travail qu'il avait eu entre les mains: M. Louis Du
Bois en a prpar une dition excute avec le soin extraordinaire que
cet excellent philologue porte dans ses moindres tudes. (_Mlanges
tirs d'une petite bibliothque_.)

Au milieu de l'anne 1817, Louis Du Bois revint  Lisieux, et dsira y
fonder un tablissement de librairie. Il voulut mme y joindre une
imprimerie pour le service de la cause librale dont il tait l'un des
plus intrpides dfenseurs. Il tenait surtout  publier une dition de
Voltaire, son auteur favori, plus complte qu'aucune des prcdentes et
enrichie de notes et de commentaires. Il a donn plus tard le prospectus
d'un _Supplment aux diverses ditions des oeuvres compltes de
Voltaire_, qui devait tre en 4 ou 5 volumes, tirs in-4, in-8 et
in-12.

On se demande o notre lexovien-alenonnais avait pu trouver tant
d'oeuvres indites du philosophe de Ferney, de mme qu'on s'est demand
comment il pouvait avoir tant de manuscrits et de livres venus des
couvents. Nous, qui n'avons pas craint de l'interroger, en 1854, sur la
provenance de tant de richesses qu'il avait vendues (il n'tait pas
riche!) et qui furent l'occasion des bruits les plus fcheux sur sa
probit, nous l'avons entendu donner les explications les plus claires
et les plus convaincantes, et rpondre  chacune de nos questions de
manire  ne nous laisser aucun doute sur la lgitimit de la
possession.

La gnration contemporaine ne sait pas assez ce qu'elle doit aux rares
amateurs qui ont arrach aux acqureurs ou aux pillards de 1793  1800
des milliers de manuscrits qui, sans eux, seraient perdus. D'immenses
dpts ont t pendant des annes  l'abandon. Des ignorants y puisaient
pour leurs besoins les plus vulgaires. Le plus beau vlin, conservateur
d'oeuvres rares et prcieuses, tait vendu au poids pour habiller des
grammaires et des psautiers destins aux coles. Louis Du Bois, au fort
de la Rvolution, tait un jeune littrateur en qui l'amour de la
science ne fut jamais touff par les opinions politiques. Il attacha du
prix  ce que tous ddaignaient, administrateurs comme administrs; il
sauva de la destruction une foule d'ouvrages, imprims ou manuscrits,
qu'il trouva presque pour rien chez les libraires de nos villes de
l'Orne, de l'Eure et du Calvados.

Mais les oeuvres indites de Voltaire, comment avait-il pu se les
procurer?--Nous le tenons de sa bouche: il fit, jeune, la connaissance
d'un vieil acteur du Thtre-Franais, qui avait jou les pices de
Voltaire du vivant de l'auteur, dont il tait idoltre. Cet homme de
got avait recueilli une foule de pices indites, de lettres, de
variantes du gnie qu'il rvrait et pour lequel Louis Du Bois
partageait son enthousiasme. Le vieil acteur vendit  son jeune ami ce
qu'il avait recueilli du grand homme, et des corrections et additions
ont t faites, au moyen de ces manuscrits, aux ditions de Voltaire que
prpara en partie Louis Du Bois, savoir celle de Mme. Perronneau en 56
vol. in-12 et celle de Delangle en 96 vol. in-8.

Une fois tabli dans sa ville natale, qu'il ne devait pas tarder 
quitter pour sa petite maison de campagne de Mesnil-Durand, l'ancien
secrtaire de deux prfets de l'empire devint le champion de
l'opposition librale. Ami de Dupont (de l'Eure) et de Bignon, il
imagina la souscription de cent mille francs, au moyen de laquelle le
premier put rester sur la liste des ligibles; il fut le promoteur de la
fte donne  ces deux dputs lorsqu'ils vinrent  Lisieux, en
septembre 1820, poque o Bignon s'y maria.

Une polmique avec l'avocat Lemoinne, qui avait attaqu, dans
l'_Observateur Neustrien_, journal de Caen, une ptition rdige par
Louis Du Bois et signe par 400  500 lecteurs lexoviens; deux
brochures qui ne russirent pas  sauver Monique Sacquet de l'chafaud,
mais qui firent rformer par une loi un article trop svre du Code
criminel; quelques articles de biographie, de littrature et de
politique dans des journaux de Paris, n'empchrent pas notre ardent
libral de revenir  ses tudes de prdilection sur la Normandie. De
1820  1830, il donne une dition d'_Olivier Basselin_, enrichie d'un
choix d'anciennes chansons normandes indites, l'_Histoire civile,
religieuse et littraire de l'abbaye de la Trappe_; les _Archives de la
Normandie_; un _Rsum philosophique_ de l'histoire de cette province;
l'_Itinraire descriptif, historique et monumental_, etc.; la traduction
d'_Orderic Vital_ en 4 vol., pour la collection des Mmoires sur
l'histoire de France, publie par M. Guizot.

L'illustre historien qui, lui aussi, abrite une partie de sa verte
vieillesse dans une campagne de l'arrondissement de Lisieux, parlait
ainsi de l'oeuvre de son collaborateur, dans une notice prliminaire:
L'histoire d'Orderic n'avait jamais t traduite. La version que nous
publions est l'ouvrage de M. Louis Du Bois, de Lisieux, savant aussi
laborieux que modeste, qui s'est vou  l'tude de tout ce qui peut
intresser la Normandie, sa patrie, et dj connu par d'utiles travaux
sur les antiquits et la statistique de cette belle province. L'une des
principales difficults que prsente la lecture d'Orderic Vital rside
dans le grand nombre de petits faits, d'allusions et de noms
gographiques qui appartiennent  la Normandie: il importait donc que la
traduction ft faite sur les lieux mmes, au milieu des souvenirs, et
par un homme capable d'expliquer, dans des notes courtes, mais
multiplies, les obscurits pour ainsi dire locales du texte. M. Du Bois
a bien voulu se charger de ce minutieux travail, etc.

Mais peut-tre de semblables loges paraissent-ils un peu suspects de la
part d'un diteur. Voici en quels termes un juge non moins comptent, le
judicieux Daunou, s'exprime dans le _Journal des savants_ du mois de
mars 1838: Dans la srie des 29 volumes des Mmoires relatifs 
l'histoire de France, publis par M. Guizot de 1833  1828, les 4
volumes d'Orderic nous paraissent les plus importants, soit par
l'tendue de l'ouvrage, soit surtout par les recherches et l'exactitude
que le traducteur, M. Louis Du Bois, s'est prescrites: on peut mme
dire,  beaucoup d'gards, que c'est une publication nouvelle.

Pour presque tous les lecteurs, cette excellente traduction peut tenir
lieu du texte: elle en reprsente avec une fidlit scrupuleuse toutes
les ides, tous les dtails, quoique en les revtant d'une diction plus
pure et beaucoup plus lgante. Elle suppose toutes les corrections
faites et  faire  l'dition latine de 1619; les variantes qui ont
quelque intrt sont indiques dans les notes; les lignes et les paroles
latines dont il peut importer d'avoir quelque connaissance immdiate
sont  la fois transcrites et traduites, particulirement lorsque le
sens n'en est pas trs-certain, ou bien encore lorsqu'il se prsente des
jeux de mots qui ne passent que trop imparfaitement dans notre langue.
Ces remarques sont trs-concises, ainsi que celles qui concernent
l'histoire, la chronologie et plus souvent la gographie. Le traducteur,
qui a visit la plupart des lieux dont l'auteur parle, claircit par des
dnominations actuelles celles qui ne sont plus en usage; et, quand il
ne trouve aucun moyen d'oprer ce rapprochement, il ne manque pas d'en
faire l'aveu. Nous devons ajouter que les manuscrits de St.-vroult et
de Rouen l'ont mis en tat de remplir des lacunes, quelquefois assez
longues, qui existaient dans l'dition de 1619 et qui restaient mme
dans les 200 pages d'extraits, imprims par les diteurs du grand
recueil des historiens de France. Ainsi non-seulement l'ouvrage
d'Orderic Vital est pour la premire fois traduit en franais, mais on
peut dire encore qu'il n'avait jamais t aussi exactement et
compltement publi.

... C'est donc un vritable service que M. Louis Du Bois vient de
rendre aux tudes historiques, en publiant une traduction de cet
ouvrage, plus complte et plus exacte que les ditions du texte.

L'auteur prparait encore l'_Histoire de Lisieux_, celle de _Charlotte
de Corday_, son _Glossaire du patois normand_, interrompu si frquemment
par ses travaux, ses plaisirs et ses voyages. Il mettait sous presse la
premire dition de son _Cours complet et simplifi d'agriculture_
(1825), d'abord en 6 volumes; il collaborait  la _Biographie_ des
frres Michaud,  l'_Encyclopdie_ de Courtin,  des recueils de tout
genre qui rclamaient des plumes faciles et rudites. Au commencement de
1830, il avait trait avec un libraire pour 20 volumes de pices
imprimes ou manuscrites sur la rvolution de 1789. Celle de juillet
vint mettre obstacle  l'entreprise. Les amis de Louis Du Bois prirent
la plus grande part au mouvement; chacun eut sa rcompense: plusieurs
furent ministres, ambassadeurs, prfets; on l'oubliait. Je ne sais qui
s'en souvint, et le fit appeler, malgr ses rpugnances,  la
sous-prfecture de Bernay.

Tant que Dupont (de l'Eure) fut aux affaires, la conduite politique de
Louis Du Bois se trouva naturellement conforme aux principes qu'il avait
professs sous la Restauration. Il n'en dvia point aprs la retraite de
son stoque ami; mais il dut se rsigner  n'avoir aucun avancement. Son
indpendance dplut mme assez pour qu'on l'envoyt  Vitr, au mois de
fvrier 1833.

L, pendant sept ans environ qu'il fut sous-prfet, il dploya un vrai
talent d'administrateur. Au milieu de partis ardents, il se montra
tolrant, conciliant, juste, prudent et ferme. Il eut  soutenir des
luttes de plus d'une espce, surtout des luttes de presse, et sa plume
exerce fit toujours triompher l'administrateur des attaques d'une
opposition plus que libre. Le _Vitren_, feuille hebdomadaire qu'il
fonda et rdigea du 1er septembre 1837 au 3 novembre 1839 renferme dans
ses 114 nos une foule d'articles de statistique, d'histoire et de
littrature sur Vitr et son arrondissement. Nous signalons ces articles
enfouis dans une feuille inconnue, comme nous croyons devoir en signaler
beaucoup d'autres qui sont perdus dans le _Journal de l'Orne_ de 1803 
1812. Assurment les meilleurs sont dignes d'en tre exhums, et tous
mritent qu'on les consulte[12].

[Note 12: _Le Journal de l'Orne_, rdig par Louis Du Bois, se compose de
6 vol. in-8 publis, le premier, en 1803, les cinq autres de 1806 
1812.]

Le 7 juillet 1836, Louis Du Bois perdit l'une de ses filles, marie  M.
Abraham, conservateur des hypothques. Cette mort prmature lui rendit
odieux, ainsi qu' son pouse, le sjour de Vitr. La dcoration de la
Lgion-d'Honneur, qu'il reut le 2 avril 1837, sans l'avoir sollicite,
n'adoucit point sa douleur. Il demanda une sous-prfecture normande, et,
 la fin de 1839, on lui donna celle de Chteaulin. La haine d'un dput
ministriel lui valut cette disgrce qu'il ne voulut point accepter.

Il eut en change, au commencement de 1840, une place de secrtaire aux
Archives du royaume, retraite honorable et d'accord avec ses gots
studieux; mais il fut atteint d'une infirmit incurable (une paralysie
de la vessie); mais sa femme ne pouvait vivre de l'air de Paris; mais sa
seconde fille tait marie  M. Nouvel, de Florensac; mais il avait plus
de 70 ans: il quitta la capitale, avec une retraite de 500 francs, le 27
mars 1844, et arriva le 28  Mesnil-Durand.

L, entre autres ouvrages, il compila ses _Recherches archologiques,
historiques, biographiques et littraires sur la Normandie_; il acheva
l'_Histoire de Lisieux_, commence depuis long-temps; il traduisit
_Columelle_ pour la 2e srie de la collection des classiques latins,
dite par Panckoucke; il ajouta  son _Glossaire du Patois normand_; il
revit plusieurs de ses ouvrages imprims ou manuscrits, et tint la plume
jusqu'aux derniers mois de sa longue carrire. Peut-tre et-il vcu
quelques annes encore; mais l'infirmit qu'il avait apporte dans sa
retraite lui devint fatale. La sonde dont il se servait se brisa, et
tout espoir de le sauver fut perdu. Il vit son tat, et s'y rsigna sans
murmure; il expira, vers huit heures du matin, le 9 juillet 1855.

Nous n'avons pu, dans les pages qui prcdent, numrer toutes les
oeuvres de Louis Du Bois. Dans la liste qu'il nous en remit lui-mme en
1854, il en oublia quelques-unes. Nous ne nous flattons pas d'avoir tout
recueilli; mais enfin nous aurons fort avanc la bibliographie de ses
productions. Nous possdons les moindres opuscules que nous mentionnons
ici; collection rare, peut-tre unique: on laisse si facilement perdre
les bluettes de circonstance!


_Ancastroem_, pome lyrique. Lisieux, 1792, in-8.

_L'existence de l'tre Suprme_, en vers. 1794, in-8.

_Discours publics et programmes  l'cole centrale de l'Orne_. Alenon,
1799 et annes suivantes, in-8.

_Voyage  Mortain_, opuscule en prose et en vers. Alenon, 1800, in-12.

_La Concorde_, ode. Alenon, 1800, in-8.

_La dlivrance de l'Italie_, ode imite de l'italien de Monti. 1801,
in-8.

_La Paix_, ode. 1801, in-8.

_Couplets chants au banquet des membres du lyce d'Alenon, runis pour
clbrer la paix gnrale, 20 germinal an X_ (29 mars 1802). Alenon,
1802, in-8.

_Notice historique et littraire sur Du Frische de Valaz, dput  la
Convention nationale_. Paris, 1802; 2e d., 1811, in-8.

_Du pommier, du poirier, du cormier et des cidres_, etc. Paris, 1804,
in-12, 2 vol., fig.

_Cantique maonnique, improvis pour le banquet du 18 frimaire, an XIII,
et chant dans la Loge de la Fidlit,  l'Orient d'Alenon_. Alenon,
in-8.

_Les Frres, vaudeville maonnique, chant au banquet de la St.-Jean
d't, dans la Loge de la Fidlit,  l'Orient d'Alenon, le 2 messidor
an XIII_. Alenon, in-8.

_Contes en vers_. Paris, 1805, in-8.

_Les triomphes de nos frres d'armes, cantique maonnique, chant le 8
nivse an XIV_ (29 dcembre 1805). Alenon, 1805, in-8.

_Dissertation sur les checs_. 1803, in-8. Rimprim, avec des
additions, dans le _Magasin encyclopdique_ de Millin; 1806.

_Mabile d'Alenon_, romance. 1805, in-32. Rimprime dans le _Journal de
l'Orne_ et dans les _Archives normandes_.

_Rponse de Lucius Dubitator  Laigneau-Duronceray, auteur des Tablettes
littraires,  l'occasion d'un article insr dans le Journal de Paris,
du 21 frimaire an XVI_. 1805, in-8.

_Hommages  Duronceray_ (posies critiques). Caen, 1805, in-8.

_Les Visiteurs, vaudeville maonnique_. Alenon, 1807, in-8.

_Cupidon corrig ou l'Amour devenu franc-maon;--pot-pourri_, 1806,
in-8.

_Les Loges, vaudeville maonnique_. Alenon, 1808.

_Des melons, de leurs varits et de leur culture_. In-12, Paris, 1810.

_Clbration solennelle de la fte de la Fenderie. Chantier de la fort
d'couves_, 26 juin 1808. Alenon, 1808, in-8.

_La Fidlit, hommage maonnique  la loge de la Fidlit (Orient d
Alenon)_. Alenon, 1808, in-8.

_Notice biographique et littraire sur Odolant-Desnos_. Alenon, 1810,
in-8.

_Les Mystres, vaudeville maonnique_. Alenon, 1810, in-8.

_Genevive et Siffrid_, roman. Paris, 1810, in-12, 2 vol.

_Notice sur M. le baron de Maupetit_. Alenon, 1811, in-8.

_Le barde neustrien, hommage potique  Napolon visitant la Normandie_.
1811, in-8.

_L'avenue des Chtelets_, lgie. Alenon, 1812, in-8.

_Dissertation sur les bains de Bagnoles (Orne)_. 1813, in-8.

_Dissertation sur le camp du Chtelier, prs de Sez, considr comme
n'tant pas un monument romain_. 1813, in-8.

_Des moyens de diminuer la consommation des subsistances par l'emploi
conomique des substances alimentaires_. Chtillon-sur-Seine, 1817,
in-12.

_Rponse  M. Lemoinne, avocat  Lisieux_. Caen, 1820, in-8.

_Dissertation sur les chansons, le vaudeville et Olivier Basselin,
auteur des Vaux-de-Vire_. Caen, 1820, in-8.

_Notice sur M. Losier, ancien cur de Moyaux (Calvados), dcd le 15
avril 1820_. Paris, in-8.

_Arrive et sjour  Lisieux de MM. Dupont (de l'Eure) et Bignon,
membres de la Chambre des dputs, depuis le 17 septembre 1820 jusqu'au
24 du mme mois_, Paris, 1820, in-8.

_Notice sur Monique Sacquet, veuve de P.-L. Othon, condamne  mort pour
empoisonnement,  Caen, le 2 dcembre 1820_. Paris, 24 dcembre 1820,
in-8.

_Recours en grce pour Monique Sacquet, veuve de P.-L. Othon, condamne
 mort,  Caen, le 2 dcembre 1820, et dont le pourvoi en cassation a
t rejet le 28 du mme mois_. Paris, 29 dc. 1820, in-8.

_Mmoire sur la ncessit de donner  la route de Rouen et Bernay 
Falaise la direction par la ville de Vimoutiers de prfrence aux bourgs
voisins_. Alenon, 1820, in-8.

_Mmoire sur la ncessit de l'tablissement d'un tribunal de commerce 
Vimoutiers, dpartement de l'Orne_. Alenon, 1820, in-8.

_Addition au mmoire publi, le 12 mai 1820, sur la ncessit de
l'tablissement d'un tribunal de commerce dans la ville de Vimoutiers_.
Paris, 1821, in-8.

_Adhsion des marchands et ngociants des villes de Lisieux et Bernay
aux mmoires de la ville de Vimoutiers pour l'obtention d'un tribunal de
commerce_. Lisieux, 1821, in-8.

_Pratique simplifie du jardinage_. Paris, 1821, in-12; 2e d. 1822; 3e
d. 1824; 4e d. 1825; 5e d. 1828; 6e d. 1846, in-18, revise et
augmente considrablement, fig.

_trennes d'conomie rurale et domestique_. Paris, 1822, in-16.

_trennes librales_. Paris, 1822, in-18, avec le portrait de Dupont (de
l'Eure).

_Histoire civile, religieuse et littraire de l'abbaye de la Trappe_.
Paris, 1824, in-8, fig. et portrait de Ranc.

_Archives de la Normandie, historiques, littraires et statistiques_,
Caen, in-8, 2 vol.: 1re anne, 1824; 2e anne, 1826.

_Rsum philosophique de l'histoire de Normandie_. Paris, 1825, in-18.

_Cours complet et simplifi d'agriculture et d'conomie rurale et
domestique_. Paris, 1825, in-12, 6 vol, fig.; 4e d., 1830-32, in-12, 8
vol., fig.--_Supplment_ ou tome IX, 1843.

_Histoire de Normandie par Orderic Vital, traduite en franais avec des
notes et des corrections indites_ (dans la collection des _Mmoires sur
l'histoire de France_ de M. Guizot). Tire  part. Paris et Caen, 1826
et 1827, in-8, 4 vol.

_Itinraire descriptif, historique et monumental des cinq dpartements
qui composent la Normandie; prcd du Prcis historique et de la
Gographie tant ancienne que moderne de cette province; et suivi_ 1.
_du Dictionnaire de toutes les communes normandes;_ 2. _de la
Biographie alphabtique de tous les auteurs et artistes normands_. Caen,
1828, in-8, 2 vol., cartes et fig.

_L'amateur des fruits, ou l'art de les choisir, de les conserver et de
les employer_. Paris, 1829, in-12.

_Aux mnes de Mme. Caroline Focet, ne Le Bertre_; improvisation
lgiaque. Bernay, 1831, in-8.

_La roche aux Fes, galerie druidique_. Vitr, 1837, in-8.

_Madame de Svign et sa correspondance relative  Vitr et aux Rochers.
Recherches nouvelles sur les lieux, les faits et les personnages dont
elle a parl; suivies de sept lettres qui ne se trouvent pas dans les
recueils de ses oeuvres_. Paris, 1838, in-8.

_Charlotte de Corday; essai historique offrant enfin des dtails
authentiques sur la personne et l'attentat de cette hrone_. Paris,
1838, in-8.

_Essai sur la ville de Vitr et ses seigneurs jusqu' l'poque de la
rvolution de 1789_. Vitr, 1839, in-8.--_Supplment_, 1845.

_Notice sur la ville de La Guerche_. Vitr, 1839, in-8.

_L'enfance et la mort de ma fille_, lgies. Rambouillet, 1842, in-18.

_Recherches historiques et physiologiques sur la guillotine, et dtails
sur Samson_. Paris, 1843, in-8, fig.

_Rponse aux articles de M. Buchon intituls: Dtails inconnus sur
l'affaire du duc d'Enghien, extraits d'une conversation du roi
Joseph-Napolon, lesquels ont t insrs dans les feuilletons du
journal_ La Presse _des_ 9 _et_ 10 _septembre et_ 1er _octobre 1843_.
Paris, 1843, in-8.

_Recherches archologiques, historiques, biographiques et littraires
sur la Normandie_. Paris, 1843, in-8.

_De Mlle Le Normand et de ses deux biographies rcemment publies_.
Paris, 1843, in-18.

_Histoire de Lisieux et de son territoire_. Lisieux, 1845 et 46, in-8.
2 vol., fig.

_conomie rurale de Columelle, traduite du latin_ (dans la collection de
Panckoucke, 2e srie). Paris, 1846, in-8, 3 vol.

_De la conduite de l'vque Jean Le Hennuyer, vque de Lisieux, en
1572_. Lisieux, 1846, in-8, 7e d.

_Notice sur la Marseillaise de Rouget de Lisle_. Lisieux, 1848, in-8.

_Ballades normandes_. 1853, in-12.

_Notice sur le chevalier de Clieu et bibliographie du caf_. Caen, 1855,
in-8.

_Guide du voyageur sur le chemin de fer de Paris  Caen, par Mantes,
vreux, Bernay et Lisieux; avec une notice sur chaque station_. Lisieux,
1855, in-8.


Outre ces ouvrages, Louis Du Bois a donn au public, dans les recueils
priodiques et dans diverses collections, une foule d'opuscules soit en
prose, soit en vers; il a fourni, comme collaborateur, beaucoup
d'articles  diverses grandes publications, telles que:

       Le _Cours complet d'agriculture_, en 1809.
       La _Biographie universelle_ de Michaud, et son _Supplment_.
       Le _Dictionnaire des anonymes et des pseudonymes_ de Barbier. 2e d.
       L'_Encyclopdie moderne_ de Courtin.
       Le _Dictionnaire de la conversation_.


Membre correspondant de beaucoup d'Acadmies et de Socits savantes de
la France et de l'Etranger, il a revu, avec soin, et publi, avec des
observations et des notes:

Les _Fables_ de La Fontaine, nouvelle dition plus complte que les
prcdentes. Paris, 1801, 2 vol. in-12, fig. de Godard.

Les _Nols bourguignons_ de La Monnoye, seule dition complte et
correcte, tire  trs-peu d'exemplaires, pour servir de spcimen d'une
14e. dition de ces posies, dont il s'occupait. 1817,
Chtillon-sur-Seine, in-12.

_Les Vaux-de-Vire_ d'Olivier Basselin, suivis d'_Anciennes chansons
normandes_ soit indites, soit trs-rares, avec des dissertations et des
notes. Caen, 1821, in-8.

_Le duc d'Alenon ou les Frres ennemis_, tragdie indite de Voltaire,
avec un discours prliminaire. Paris, 1821, in-8.

L'_cole du jardin potager_, par De Combles, mise en ordre et enrichie
d'une notice et d'annotations. Paris, 1822, 6e d., in-12, 3 vol.

_Culture du pcher_, par De Combles; avec notice et annotations. Paris,
1822, in-12.

_Lettres sur l'Italie_, par Du Paty; avec notice, notes, corrections et
appendice. Paris, 1824, in-18, 2 vol., 32 cartes et fig.

_L'art de la guerre_, pome de Frdric-le-Grand; avec prface,
arguments, notes et variantes; suivi de pomes sur le mme sujet. Paris,
1830, in-24, 1 vol.

_Projet, rdig par Robespierre, du rapport fait  la Convention
nationale par Saint-Just, contre Fabre d'glantine, Danton, etc.;
manuscrit indit, publi sur les autographes: avec des notes, des
rapprochements et un fac-simile; suivi d'une lettre de Mlle de
Robespierre._ Paris, 1841, in-8.


Louis Du Bois avait recueilli beaucoup de pices indites des meilleurs
auteurs franais. Aussi en a-t-il fourni  Verdire pour ses _OEuvres de
Thomas_;  Brissot-Thivars pour son _Mirabeau_;  Guillaume pour son
_Chnier_;  Renouard,  Mme Perronneau et surtout  Delangle pour leurs
ditions de _Voltaire_;  Jules Taschereau pour sa _Revue
rtrospective_; au _Mercure de France_, etc.

D'aprs une note qu'il nous avait communique, il avait en portefeuille
plusieurs ouvrages, soit termins, soit fort avancs dans leur
composition, soit enfin  l'tat de simple bauche, savoir:

_Origines et histoire des religions chrtiennes_.--_Encyclopdie des
amateurs du caf_.--_Trait du chtaignier, de son bois et de ses
fruits_.--_Trait du sarrasin et de sa culture_.--_Considrations sur la
rvolution de 1789, ses causes et ses effets_.--_Voyage en Italie_ (en
vers et en prose), dont il a paru des fragments dans le _Mercure_ et
dans le _Moniteur_.--_Lydie_, pome en six chants (en vers de dix
syllabes).--Plusieurs petits _Pomes historiques_.--Quatre livres
d'_lgies_.--_Les quatre ges de la femme_, pome en quatre
chants.--_Le bonheur_, pome.--_Ins et Pdre_, tragdie en trois
actes.--_Traduction en vers de petits pomes attribus  Virgile et 
Svrus_.--_Manuel du bibliothcaire et de l'amateur de livres_.--Un
grand nombre de _Fugitives_.

Nous sera-t-il permis,  prsent, de porter un jugement gnral sur tant
d'oeuvres qu'il nous est impossible d'apprcier en particulier, sans
dpasser les bornes que nous nous sommes imposes? Louis Du Bois a trop
crit et sur trop de matires pour n'tre pas sur quelques-unes lger et
superficiel. Ses prjugs ont aussi parfois offusqu son intelligence,
et ses ouvrages historiques sont parfois gts par l'expression de ses
principes, qui se ressentent du milieu rvolutionnaire dans lequel il a
pass ses premires annes. Les religions qu'il avait tudies avec les
prventions de Voltaire, son matre, son pote et son philosophe de
prdilection, en avaient fait un diste consciencieux et tolrant dans
ses relations prives, mais trop dsireux de faire partager ses
convictions et prt  combattre celles d'autrui, la plume  la main. Son
style se ressent aussi de la rapidit de ses compositions. En vers, il
manque souvent de verve et de coloris, et sa prose n'a pas toujours la
correction et l'lgance des crivains suprieurs. Toujours est-il qu'il
se fait lire avec intrt et profit, car il a souvent du trait; il est
instruit, clair et mthodique, et il porte la lumire sur tous les
sujets qui l'occupent. Nous ne croyons pas trop dire en avanant qu'il a
fait honneur, non-seulement  Lisieux, sa ville natale, mais  la
Normandie, sur laquelle il a tant crit, et  la France qui a demand
aux libraires jusqu' six ditions de plusieurs de ses traits.

       Julien TRAVERS.
       Langrune, aot 1856.




GLOSSAIRE.


A.


A: ce, cette. A matin: ce matin. L.

A: elle. Vient-a? Lit-a? Vient-elle? Lit-elle?

A QUANT ET: Avec.

A SEULE FIN; A CELLE FIN QUE: Afin que. On ne trouve _A celle fin_ que
dans nos vieux auteurs.

ABAISSE: table _abaisse_; tablette d'un buffet. Du qualificatif ou
adjectif _bas_. Ce mot n'a pas de rapport avec l'abaisse de la
ptisserie qui est la _base_ des substances culinaires qui composent un
pt.

ABAT: dsordre qui met les choses _ bas_. B.

ABATER: embaucher; raccrocher. A.

ABATTRE DE L'OUVRAGE: faire beaucoup d'ouvrage. Par allusion au travail
des bcherons qui abattent beaucoup de bois.

ABAUBER (corruption d'_baubi_: tonn, surpris). Voyez BAUBE.
_Abauber_, c'est,  proprement parler, tonner quelqu'un, au point de
lui rendre la parole difficile, comme il arrive aux bgues. (Baubes, en
patois.)

ABAUMIR: affadir. De l'effet que produisent certaines substances
odorantes, comme le _baume_. C.

ABELLIR. MM. Du Mril assurent que ce verbe est usit dans le
dpartement de l'Orne. Je ne l'y ai jamais entendu. Suivant eux, ce mot
signifierait: trouver beau, plaire. C'est le sens que Roquefort lui
donne dans son _Glossaire de la langue romane_. En italien _abbellire_
signifie embellir.

ABET: appt, amorce. Suivant MM. Du Mril, _abet_ est tir de
l'islandais _beita_, nourriture. Il est plus vraisemblable que c'est par
mtaplasme qu'on a dit _abet_ pour _appet_, du verbe franais _appter_,
dsirer vivement.

ABTER: amorcer; par extension, tromper.

ABIBOTER un enfant: lui faire _boire_ du lait, au lieu de l'alaiter.

ABINER: mettre en _bon_ tat une culture, une rcolte, une prparation.
En roman, _abienneur_: l'homme prpos  un bien; qui mettait _ bien_
un hritage, dit Roquefort dans le Supplment de son Glossaire. L.

ABIMER: gter. Ce verbe appartient aussi au patois Walon et au patois
Rennais. Au surplus, c'est dans ce sens figur que Boileau a dit:

       Abme tout plutt: c'est l'esprit de l'glise.

ABITER A: toucher . On crivait autrefois _habiter_: tmoin ce passage,
cit par l'abb Carlier dans son _Histoire du duch de Valois_: Le
prtre disait aux lpreux: Je te dfends que tu ne _habites _ aultre
femme que  la tienne.

ABLET: pige. Roquefort dit que l'_ableret_, mot roman, est un filet
pour la pche des petits poissons, tels que les ables ou ablettes.

ABLETTER (verbe rflchi): se laisser aller, cder. C'est,  proprement
parler, tomber dans le pige. V.

ABLOT: petite pice de bois, chantier que le charpentier place sous
l'arbre abattu qu'il quarrit, pour l'lever au-dessus du sol.

ABOFFRER: dprcier, _msoffrir_. C'est l'oppos de surfaire. B.

ABOLIR: humilier; anantir. L.

ABOMINER: dtester, on le trouve dans Nicot et dans les Psaumes de
Marot. Du verbe latin _abominari_.

ABOT: sorte de cadenas que l'on attache au paturon d'un cheval pour
l'empcher de s'loigner.

ABOTER: attacher un _abot_. Par mtaplasme, du grec [Grec: pous], pied;
en changeant le _p_ en _b_.

ABORDER: toucher, heurter. L.

ABOULER: apporter, envoyer. De _boule_, par allusion  la boule du jeu
de quilles qu'on renvoie en la faisant rouler rapidement.

ABRIER: abriter, mettre  l'abri. Roman.

ABRE: arbre. Par syncope, le roman a dit _abre_ pour arbre. On lit dans
le roman de Blanchandin:

       La pucele descent sos l'abre;
       Si le trova froit come mabre.

Un proverbe du moyen-ge, reproduit par M. Le Roux de Lincy, disait:

       Pour l'amour du buisson va la brebis  l'abre.

ABREAU ou ABROT: petit arbre enduit de glu pour prendre des oiseaux.

ABROUTOUT: qui brise tout, qui brouille tout, mauvais ouvrier.

ABSOLUTEMENT: absolument. Ce mot est roman.

ACA; ACARD; D'ACARD: trs-abondamment. La pluie tombe d'_aca_. De
l'islandais _kat_, averse, inondation. On trouve _aca_ en composition
dans _acabasser_, ci-aprs, et dans les verbes accabler et
_accravanter_, mot roman. Voyez CRAC. A.

AA: faites attention  cela. En roman, _aga_, que Roquefort tire du
grec [Grec: aga].

ACABASSER: accabler. Le drapier dit dans la Farce de Pathelin, p. 75:

       Mesmement les bergers des champs
      Me cabassent; ores le mien
       A qui j'ay tousjours faict du bien.

L'auteur de cette Farce emploie plus loin, p. 82, le verbe _cabasser_
dans les vers suivants:

       L'aignelet! maint aigneau de laict
       Tu as cabass  ton maistre.

ACAGNARDIR (S'): devenir paresseux. L'Acadmie crit s'_acagnarder_. En
patois Lorrain on dit, comme en Normandie, s'_acagnardir_.

ACANCHIER: avoir du succs, de la _chance_. Usit dans la Manche, comme
le verbe suivant.

ACATER: acheter.

ACAUCHIER: _causer_ avec quelqu'un; l'appeler. A.

ACCESSEUR: assesseur. L.

ACCIPER: escroquer, prendre, drober. Roman. Du latin _accipere_, d'o
on a tir aussi, par aphrse, le verbe _chiper_ qui a la mme
signification.

ACCLAMPER: attacher, fixer. De l'islandais _klampi_: agraffe, cheville.
Voyez CLAMPIN. A.

ACCLASSER: s'assoupir, _clore_ les yeux. Dans le patois Provenal,
_aclusar_ a le mme sens.

ACCOINTER: frquenter. Roman.

ACCORGER: accoupler, runir deux objets. A.

ACCOTE-POT: petit meuble en fonte de fer que l'on place derrire un
_pot_ pour le soutenir, l'_accoter_. Roquefort s'est videmment tromp
en donnant  acote-pot la signification d'_accoudoir_. L.

ACCOUER: attacher  la queue (en vieux franais _coue_ de _cauda_), en
parlant des btes de somme que l'on attache  la queue les unes des
autres. Voyez COUE. A.

ACCOUFLER (S'): s'accroupir. A.

ACCOUPLE: linge, bas, ou autres effets assujettis par _couple_ ou mme
en plus grande quantit, pour tre blanchis. L.

ACCOUPLER: mettre en accouple.

ACCOURSER: achalander. _Accours_, celui qui est en _cours_ de bonne
vente. A. Du roman _accoursier_, _accoursin_: chaland.

ACCOUT: appui sur lequel on s'accoude. Voyez COUTE.

ACCOUTER (S'): s'accouder. L.

ACCOUVER (S'): s'accroupir comme l'oiseau qui _couve_. On dit en patois
Troyen s'_couver_.

ACCRAVANTER: craser, accabler. Roman.

ACCRUCHE (Madame Sainte-): femme qui a l'habitude de drober, d'attirer
les choses  elle. L.

ACCRUCHER: attraper subtilement quelque chose. D'_accrocher_. Voyez
AGRIPPER. L.

ACERTAINER: affirmer, certifier. L.

ACHE: ver de terre. A. On dit _ache_,  Blois.

ACHOCRE: difficile  vivre; hargneux; obstin. Usit dans le patois
Rennais. Dans la Manche, il a le sens de _maladroit_.

ACHOPPER: heurter. Voyez CHOPPER.

ACHUQUET: obstin; entt. B.

ACCLABOT: acclamation. De _clabauder_. B.

ACCLAS: clas; barrire. Du latin _claudere_: clore. O.

ACCOMICHER: faire en commun. B. Voyez SOUATER.

ACLUFER: accroupir.

ACMODER: accommoder. C'est une syncope, comme _racmoder_ pour
raccommoder. L.

ACO: encore. On dit _aico_ dans le patois des Vosges. Voyez CO.

ACONDIRE. Ce verbe qui, suivant Oberlin, veut dire dans le patois Messin
mettre obstacle aux publications, signifie,  Alenon, _conduire_.
C'est un simple mtaplasme.

ACOQUET: rouge comme la crte d'un _coq_. Voyez COQUET. B.

ACQUITTOIRE; ACQUITTOURE: travail dont on s'_acquitte_  la hte et sans
soin. L.

ACRACO: adverbe. D'occasion; de hasard; de _raccroc_. B.

ACTONNER. Voyez HAQUETONNER.

ACUCER: mettre _ quia_.

ACULER: culer, en parlant des souliers.

ADELAISI: fainant, qui prolonge trop son loisir. A. Se trouve aussi
dans le patois Rennais.

ADENS: sur les dents, en parlant d'un vase mis sur son ouverture, sur
_ses dents_. On dit aussi d'une personne: elle est tombe _adens_. C'est
le mot roman _adanz_, _adens_, _adent_.

ADENTER un vase: le placer sur son ouverture. En roman, _endenter_.

ADET: entirement. A.

ADORMUS (faire des): faire des rvrences multiplies.

ADOULER: rendre plus _douloureux_; tre souffrant.

ADOUS: parures; ornements. Roman. On lit ce vers dans la Chevalerie
Ogier de Dannemarche:

       Tos lor adous furent  or battus.

Du verbe islandais _at dubba_: dcorer, disposer, apprter.

ADRECHIR: adresser. B.

ADRET, adverbe: vis--vis. Du substantif endroit. Voyez LENDRET.

ADREUGER: arranger mal.

ADROGER: ce verbe a la mme signification que le prcdent. Du roman
_arger_, _arroier_: arranger, disposer. A.

AFFAIRE: quantit. J'ai eu une bonne affaire de grain, de fruits, etc.,
etc. On retrouve ce mot avec le mme sens dans le patois Lorrain.

AFFAUTURER: priver. De faillir, faire faute. V.

AFFECTER: s'appliquer; se forcer. B.

AFFETTEMENT: assaisonnement d'un mets. L.

AFFETTER: assaisonner. Dans quelques cantons ce verbe signifie embellir,
nourrir, etc. On trouve ce verbe employ par Wace, dans le _Roman de
Rou_:

       Haubers et helmes afaitier.

AFFICHE; AFFIQUE: branches de clture sche que l'on fiche en terre et
que l'on assujettit au moyen de certaines gaules appeles liures,
serres par des harts.

AFFICOT: petit instrument de buis tourn et trou, dans lequel on appuie
ou _fixe_ une des aiguilles  tricoter. L.

AFFISTOLER. Voyez RAFFISTOLER.

AFFLATRER: renverser, terrasser. Du roman _flatir_, driv du latin
_flectere_. M.

AFFLUBER: affubler, envelopper. Du latin _infulare_, dans la basse
latinit, _affibulare_. On lit dans _le Roman de Rou_:

       La fist d'un mantel afluber.

AFFOLER: devenir fou. Roman. On lit dans le _Roman de la Rose_:

       Il m'a faict, pour mieux m'affoler,
       La tierce flesche au corps voler.

Rabelais emploie souvent ce verbe dans le sens de rendre fou. A.

AFFONGRER: briser, dfoncer. Altration du verbe _effondrer_: enfoncer.
O.

AFFOUER: enflammer, exciter. Du roman _affoer_: faire du feu. M.

AFFOURCHER: enfourcher. Ce verbe, en roman, signifiait: se mettre 
cheval sur un bton pour aller au sabbat, dit Roquefort.

AFFOURRE: fourrage. De feurre, _fodrum_, dans la basse latinit.

AFFOURRER: donner l'affourre aux bestiaux.

AFFRAI: effroi. Du franais affres.

AFFRANCHIR: chtrer. Affranchir, affranchissement, affranchisseur sont
des mots romans.

AFFRANCHISSEUR: celui qui exerce la profession de chtreur.

AFFRIBOURDIR: engourdir de froid. A.

AFFROC (s. m.): frquentation. Voyez HANT. Ces substantifs masculins se
prennent en mauvaise part.

AFFRONTER _une fille_: lui faire l'_affront_ de la sduire.

AFFROQUER (S'): se mettre en _affroc_ avec quelqu'un.

AFFURER: voler, drober. Du verbe latin _furari_; en roman, _furt_
signifie vol, comme _furtum_ en latin.

AFFUTER; RAFFUTER: ajuster, disposer. L.

AFRION: parcelle de pte qui reste aux doigts en ptrissant. O.

AGA, interjection, comme: bon! da!

AGALI, sorte d'interjection ou d'exclamation pour se moquer de
quelqu'un. Ordinairement on prononce ce mot, en se frottant avec l'index
droit le creux de la main gauche. En roman, _agali_ signifie dur. Dans
certains cantons de la Manche, _agali_ signifie _regarde-le_.

AGENOILLONS (A):  genoux. Roman.

AGER; AGIER: suppler l'_ge_; manciper.

AGET: petite coulisse dans une porte que l'on ouvre pour faire le
_guet_. Ce mot s'emploie,  Vire, dans le sens d'habitude, de manire
d'_agir_.

AGETER: acheter. L. Se trouve dans le patois Lorrain.

AGIOS (s. m. pluriel): rptitions ennuyeuses, comme dans les litanies
grecques o le mot [Grec: hagios], saint, est toujours rpt, ainsi que
le mot latin _sancte_ l'est dans les litanies de l'glise romaine. Les
_agios_ signifient aussi dans le patois normand, des faons d'_agir_
crmonieuses et affectes.

AGOBILLES: menus meubles et ustensiles de peu de valeur et d'utilit. Le
rouchi emploie ce mot dans le mme sens.

AGOGONNER: amadouer. Voyez GOGON. A.

AGOHE; GOHE: accueil joyeux et bruyant. Du latin _gaudium_, joie. Du
verbe grec [Grec: Ag], conduire.

AGONIR DE; AGONISER DE: accabler, en parlant d'injures, de mauvais
propos. De la basse latinit _acanizare_, injurier; _acaner_, roman.

AGOSER: se repatre outre mesure. De _gosier_. On dit dans le Calvados
_s'en mettre jusqu'au noeud Gabriel_.

AGOUCER: exciter contre quelqu'un. Du verbe latin _acuere_. Corruption
d'agacer. _Agouc_ signifie aussi refrogn.

AGOUT: assaisonnement propre  aiguiser l'apptit,  relever le _got_.
Du latin _gustus_.

AGOUTER: donner de l'agot, l'oppos de dgot.

AGRACOT (d'). Voyez ACRACO (d').

AGRAT; AGRAP. Voyez GRAT.

AGRATIER: se rendre agrable. Du latin _gratus_.

AGRIOCHES: mines pour se rendre agrable.

AGRIOTTE: griotte, sorte de cerise.

AGRIOTTES: caresses. B.

AGRIPPER; AGUCER; ACUCHER: _aiguiser_ l'apptit. On dit plus souvent
_ragucer_. Voyez ce mot. D'_acuere_.

AGUIANNEU; AGUILANNEU: trennes. Des mots; _au gui l'an neuf, au gui de
l'an nouveau_. D'origine gauloise. L'expression _aguianneu_, avec
plusieurs variantes, appartient  la langue romane. Dans une lettre de
1473, cite par D. Carpentier, on lit: Trouva des varlets qui alloient
querant aguillenneu le dernier jour de dcembre. Suivant une lettre de
Grentemesnil, rapporte par Moisant de Brieux dans ses _Origines de
quelques coutumes anciennes_, on disait  Rouen _hoguignettes_ pour
_haguignettes_, termes qui sont une altration d'au gui l'an neuf. Voyez
HAGUIGNETTES. On a donn une tymologie bretonne, trs-vraisemblable,
d'AGUIANNEU.

AGUILAN. C'est, par apocope, _au gui l'an neuf_. M.

AHAN: effort qui essouffle.

AH-A! interjection. Ah-a! voulez-vous venir. Assa en roman. L.

AHEURT: heurt.

AHONNIR: honnir. Ces A sont l par penthse.

AHOQUER: accrocher, heurter. La Fontaine emploie le mot _hoquet_ pour
heurt, pierre d'achoppement, dans la fable intitule: _Le Pot de fer et
le Pot de terre:_

       L'un contre l'autre jets,
       Au moindre hoquet qu'ils treuvent.

AHOURDI DE FROID: _engourdi_ de froid. M.

AHUBIR; HUBIR: honnir, huer. Crier sur quelqu'un hu! hu!

AIGRAS: verjus. D'_aigre_, employ pour vinaigre.

AIGREDON; AIGLADON: dredon.

AIGRE: vinaigre.

AIGUILLE A EMPAINTER: aiguille d'emballeur.

AILETTE: partie du rouet  filer, appele ailleurs volier. Les deux
ailettes de la tte du rouet sont comme deux petites ailes tournantes
qui portent le fil sur le fuseau. Roquefort a considr le mot _ailette_
comme roman.

AIMER (S'): se plaire. On trouve cette faon de parler dans Molire
(Mlicerte; acte Ier, scne Ire). roxne dit  Tirne:

       Je m'aime o tu n'es pas.

AINCHI; AINCHIN: ainsi.

AINDE: aide; AINDER: aider.

AINGUE: s. m. hameon. Voyez HAIM.

AIRAGE: air, ressemblance.

AIRAI, AIREZ, AIRIEZ: aurai, aurez, auriez.

AIRE: planche de jardinage. C'est aussi la place vide, soit des
appartements de la maison, soit de la grange. D'_area_.

AIRER: arer.

AIRETTE: petite planche de terre dans un jardin, diminutif d'_aire_.

AIRGALTE ou ERGALTE: raboteux. A Vimoutier, on dit _un chemin
airgalte_. Du radical celtique _arg_. Voyez ERGALTU.

AIRIE. Voyez AIRE. C.

AIRIE: quantit. _Airie de toux_, accs de toux.

AIRIRE ou ERRIRE: arrire. _Airier_, en patois messin a la mme
signification. Consultez l'_Histoire de l'Acadmie des Inscriptions_, t.
I et V.

AIRSES. Voyez ERRUSE et ERSE. MM. Dumril se sont videmment tromps
sur l'orthographe et l'tymologie de ce mot, qui ne vient ni de
l'_azers_ des troubadours, ni du latin _erigere_.

AIRURE: faon donne au labour. Du latin _arare_. C.

AJAMBE: enjambe. L.

AJAMBER: enjamber. L.

AJEU: enjeu. A.

ALEINIER: mauvais sujet.

ALMONE: anmone.

ALERME: alarme. Ces six expressions sont de simples mtaplasmes.

ALIPAN: soufflet. D'_alapa_. Voyez JAFE.

ALISE; ALISE: bourbier, ornire fangeuse. V.

ALLLUIA: oxalide (_oxalis acetosella_). Ainsi appele parce qu'elle
fleurit  l'poque o l'glise chante _alleluia_. D'autres plantes
tirent aussi leur nom de l'poque de leur floraison, comme la
Pquerette, la Pentecte. Voyez ces mots.

ALEU: Voyez ALOU.

ALLUCHER: nourrir, lever. D'_alere_. En roman, ce verbe signifiait
planter, semer. On lit dans le Testament de J. de Meung:

       Nul ne doit aluchier mal arbre ne male herbe.

ALLURE: nom donn  une marche particulire du cheval, dans laquelle il
fait entendre quatre battues, et qui diffre du trot et de l'amble. Ce
genre de locomotion, fort usit au moyen-ge pour les chevaux de route,
s'est conserv plus long-temps en Normandie qu'ailleurs, et parat mme
tre spcial  cette contre. (Note communique par M. phrem Houl,
inspecteur des haras.)

ALUMELLE: lame de couteau. Du latin _lamella_. En roman _alemelle_ et
_alemiele_:

       Et l'alemele d'un poitevin acier,

dans la Chevalerie Ogier de Danemarche.

AOEUVR: actif. D'oeuvre, ouvrage. A.

ALOGNE; ALOIGNE: retard. Du verbe loigner.

ALOGNER: alonger. Dans le roman, _alogner_, diffrer, prolonger.

ALOSEMENT: louange. Du latin _laus_; en vieux franais _los_. L.

ALOSER: louer. On lit dans le roman de toute Chevalerie (Biblioth. imp.,
ms. 7,190):

       Jerosme le dict et Solin l'alose.

On dit aussi _loser_, _loser_.

ALOU: travail du journalier, donn  l'entreprise.

ALOUER: donner ce travail  l'entreprise,  forfait.

ALOURDIR: ennuyer, tourdir. A.

ALOUVI: affam comme un loup. En patois venden _aloubri_. L.

ALOVIR (S'): s'endormir. De l'allemand. A.

AMADOUE; s. f.: amadou.

AMAIN. tre plac  son amain, tre commodment plac pour l'exercice de
la _main_.

AMALADIR; EMMALADIR: devenir malade. Du roman. En patois du Berry,
_amalader_, _emmalader_.

AMBRON: essor. Des verbes latins _ambire_, _ambulare_. D'AMBRON: sans
rflexion, tout  coup, de dpit.

AMBRONCHER: prendre son ambron.

AMCHES; AMGUES: cerises acides. On comprend sous le nom gnrique
cerises ce fruit et les griottes, les guignes ainsi que les bigarreaux.

AMELETTE: omelette. L.

AMENIV A: empress .

AMEUILLANTE; AMOUILLANTE (vache): vache avance vers son terme de
gestation et dont la mamelle se dveloppe.

AMEUILLER; AMOUILLER (v. n.): faire de la mamelle, dvelopper sa
mamelle.

AMICE: ami.

AMIDONER: disposer dans l'amidon, empeser.

AMIGNONER: caresser. C'est  peu prs l'_amignarder_, l'_amignoter_ de
la langue romane. De _mignon_. L.

AMIGRANER: bouillir  petits bouillons.

AMIN: ami. M'NAMIN: mon ami. M.

AMOMI DE: fou de, pris de. De _Momus_, dieu de la folie. Voyez MOMON.
A.

AMONTER: gravir un coteau, un mont; arriver  un endroit lev.
_Admont_, en langue romane: plus haut. ROQUEFORT.

AMOROCS, camomille romaine. Voyez AMOURETTE DES CHAMPS. L.

AMORPHOS: absorb dans ses penses, au point d'tre immobile, comme ces
personnages des contes de Fes qu'elles _mtamorphosent_ en statues.

AMOURETTE DES CHAMPS: camomille commune. (_Anthemis arvensis_).

AMOURETTE DES PRS (_Briza media_).

AMPRS; ENPRS: prs, auprs. Cette prposition signifie aussi en
comparaison de.

AMUSER; muser. L.

ANCHIAS: enfant de mauvaise mine, qui n'acquiert pas de forces. A.

ANCIAN: ancien.

ANCINES (Guignes d'): merises noires, propres  faire des ratafias. Ce
nom vient d'_Ancines_, commune du dpartement de la Sarthe, voisine de
la ville d'Alenon, o l'on transporte la plus grande partie de ces
fruits. A.

ANDAIN: intervalle entre deux pas. Du verbe italien _andare_, aller,
marcher. Dans la basse latinit, _andena_ signifie l'espace que
contiennent entre elles les deux jambes cartes. Consultez Nicot,
Monet, Mnage et Furetire. A.

ANDAIN: foin mis en rayons sur le pr o il passe la nuit. Voyez ONDIN.
L'Acadmie dfinit l'andain l'tendue de pr qu'un faucheur peut
faucher  chaque pas qu'il avance. Cette dfinition semble peu exacte.

ANDOUILLE: fuse de terre et de foin que l'on dpose et assemble pour
former un plancher.

ANEMI: ennemi. Alexandre de Bernai a dit, dans le XIIe sicle:

       Des anemis grever...

ANEMI QUE:  moins que.

ANERTER: dfricher, essarter. D'_iners_: oisif. C'est, en effet, rendre
 la culture et  la production un terrain oisif. A.

ANGARIER (v. rfl.): s'garer. C.

ANGE: papillon de nuit, du genre pyrale. B.

ANGE-CHRIST: Antechrist. R.

ANGELOT: sorte de fromage. Dans le moyen-ge, on appela _angelon_, puis
_angelot_, un fromage fabriqu dans le Pays-d'Auge. C'est angelon pour
augelon et mme augeron. On lit dans le roman de la _Rose_:

       Ou de tartres ou de flaons,
       Ou de fromages angelons
       Qu'aussi est se moult bel jouel.

ANGLAGE: ctes et rades d'Angleterre. B.

ANGOISSER: faire prouver des _angoisses_ et en prouver. Montaigne
l'emploie dans le premier sens, et la _Chronique de saint Denis_ dans le
second. M.

ANGOLA; CHAT ANGOLA; LAPIN ANGOLA. Corruption d'_angora_: en effet, ces
animaux  poils longs et soyeux viennent d'Angora (l'ancienne Ancyre),
ville d'Asie, et non pas d'Angola, en Afrique.

ANH: ah! L.

ANHUI; ANI; ANIEUT. En roman _anuit_. Voyez ENHUI.

ANILLE: bquille. Du latin _anus_: vieille femme. Anille se trouve dans
le roman.

ANNELER: attacher un fil de fer dans le groin d'un porc pour l'empcher
de fouir.

ANOUILLRE (vache): vache que l'on n'a pas fait saillir, ou qui n'a pas
conu et qui continue de donner du lait.

ANSERE, s. f.: plantin, _plantago lanceolata_.

ANTENAIS: poulain d'au moins un an, _natus ante annum_.

ANTIVEILLE: surveille. _Anti_ pour _ante_.

AOR; BL AOR: bl dont l'pi se _dore_ et mrit.

AORIBLE; AVORIBLE: prcoce. L.

API ou APIER: ruche. D'_apis_: abeille.

APIGER (S'): prendre _pied_, s'tablir.

APIPER: attirer subtilement, par ruse. _Piper_, tromper. L.

ARGLATRE (s. f.): argile. A.

ARGENT, ARGENTU: pourvu d'argent, riche.

ARGOUME: repu, rassasi. B.

ARGUILLE et ERGUILLE: argile.

ARGUILLON: ardillon. L.

ARISMTIQUE: arithmtique.

ARJETOURE: reginglette, repenelle. D'_arc_ qui _jette_ l'oiseau dans la
boucle de la ficelle o il se trouve pris par les pattes.

ARMELLE: alumelle.

ARMENA: almanach. Ce mot se retrouve dans le patois Troyen.

ARODIVER: ennuyer. En islandais, _at reida_ signifie irriter, fcher. V.

ARQUELIER. Voyez HAIREQUELIER. A.

ARREGARDER: regarder. Brantome s'exprime ainsi dans ses _Dames
galantes_: Parmi les grands, on n'arregarde pas  ces rgles et
scrupules. A la fin du XIVe sicle, on disait _agarder_ pour regarder.

ARRT: dure. Les jours d'hiver n'ont pas d'arrt, ne s'_arrtent_ pas
dans leur marche, n'ont pas de dure sensible.

ARRIAS: embarras, tracas, obstacle. Dans le _Roman de Rou_, Wace dit:

       Pur li grant arias kil reciet.

_Array_, dans l'ancien franais, signifiait occup. D'arrie. _Arrias_
se trouve aussi dans le patois Lorrain.

ARRIE: crte de foss, talus de foss. D'_ore_, vieux mot qui a la
signification de bord, rebord, comme le substantif latin _ora_.
_Arrius_, que nous drivons d'arrie, signifie obstacle, empchement, qui
s'oppose au passage. Suivant Du Cange, l'_aria_ de la basse latinit est
un lieu qui n'est ni labour, ni cultiv. Roquefort drive arrie du mot
latin _restare:_ s'arrter, rsister. On retrouve le radical celtique
_arr_ dans le nom de la ville basque de _Biarritz_ (double roche).

ARROCHER. Voyez RUCHER. A.

ARROLE: arroche. A.

ARROQUER: accrocher. Corruption d'accroquer.

ARROSSIR, en parlant d'un cheval ou de toute autre bte de travail: en
faire une _rosse_, en l'excdant de fatigue. A.

ARROUSER, ENROUSER: arroser. L.

ARROUSSE (s. f): vesce. Voyez JAROSSE.

ARROUTE: quantit de chanvre mise au _routoir_.

ARROUTER: mettre en train de marcher, de faire _route_. Dans le patois
Walon, _roter_ signifie marcher. Froissard emploie _arrouter_ dans le
sens d'acheminer.

ARROUTER: mettre au routoir.

ARROUTOIR: routoir.

ARROUCHER. Voyez RUCHER. A.

ARRUNER: mettre en ordre; arranger. Ce verbe se trouve encore dans
Nicot.

ARSEI pour ARSOIR: hier au soir. _Arser_ en provenal.

ARSELET: vairon, espce d'able. Voyez DARSELET. V.

ARSOUILLE: femme trs-malpropre. Par aphrse, de garse et de souiller.
Ce mot est rouchi. En patois du Berri, _garsouiller_ signifie gter.

ARUSMTIQUE: arithmtique. L.

ASPERGS: goupillon; arrosoir. Du verbe latin _aspergere_. Clment Marot
dit:

                   Il y avoit dedans
       Pour aspergs une rose fenne.

ASSAISONNER; ENSAISONNER: mettre  la saison qui convient, en parlant
des terres labourables. En parlant d'une vache, c'est la faire saillir
en saison convenable. Dans la premire de ces acceptions, ce mot
appartient aussi au patois du Berri.

ASSASIN: assassin, et assassinat.

ASSAUTER: attaquer. D'_assalire_. Ancien verbe du substantif _assaut_,
qui est rest dans notre langue.

ASSAVER; FAIRE ASSAVER: faire savoir; informer.

ASSGRIR: se tranquilliser. Du latin _securus_.

ASSE: ce soir. M.

ASSEMBLEMENT: runion. Roman.

ASSENS; ASSENT: raison, bon sens. B.

ASSICHER; ASSICHER: asseoir. S.-I.

ASSIESSER (S'): s'asseoir. Je m'assiesserais; s'assiessant;
assisez-vous; qu'ils s'assisent. Assiessous, pour assiessez-vous.

ASSOIRANT: approche du _soir_. L.

ASSOLEILLER: exposer au soleil. Antoine Baf a dit:

       Orangers soleills fleurissans y fruitissent. A.

ASSOT; ASSOTEMENT: ennui propre  rendre _sot_. En roman, _asotie_ et
_asotement_ signifient folie, sottise et mme dbauche. L.

ASSOTER: ennuyer profondment. L.

ASSOTIR: mme sens; et, dans le sens neutre: devenir _sot_. L.

ASSOUIR: assommer; tourdir. On dit _assabouir_ dans les patois du Berri
et du Nivernais. B.

ASTHEURE: maintenant. Par contraction, pour _ cette heure_.

ASTICHER; ASTIQUER: taquiner.

ASTICOTER: tracasser, tourmenter, piquer sans relche. D'_astic_, os
creux rempli de suif, dans lequel les cordonniers enfoncent frquemment
leur alne. A.

ATACHER: donner un travail  la tche.

ATELLE: bche. Du celtique breton, _astell_; en roman, _attelle_,
_estelle_. Il signifie aussi bton; d'o le proverbe: _maigre comme une
telle_.

ATIGNOLE: boulette de viande hache que vendent les charcutiers.

ATORI: tach, moisi. B.

ATOUCHER: toucher. L'auteur du Testament de Pathelin fait dire  cet
avocat:

       Jamais  telz gens n'attouche. L.

ATOUT: avec.

ATOUT: coup, blessure.

ATRA: _ travers_. Roman. Roquefort crit _atras_, qu'il dfinit
derrire, et drive de _retro_. C'est une simple apocope.

ATTDIER: affliger. De _tdere_, et non pas de _tepescere_, comme le dit
Roquefort. Employ par Basselin, vaudev. 39e. Nous avons,  ce sujet,
dit dans la note 224 de notre dition de 1821: Ce verbe, dans Nicot,
est dfini ennuyer ou fcher..... Bourgueville de Bras l'emploie pour
signifier fcher (part. I, p. 113).

ATTENDIS (EN): en attendant. On disait en roman: _entandis_ ou
_entendis_, pour cependant, pendant ce temps-l. L.

ATTENTIONN: attentif. A.

ATTICHER: agacer, exciter. On trouve en ce sens _atticier_ dans le
_Roman de la rose_. Voyez ASTICOTER.

ATTICOCHER: corruption d'asticoter. B.

ATTINCHER: agacer. S.-I.

ATTITONNER: caresser, dorloter. A.

AU: avec. Voyez O.

AUBET: aubier. Voyez AUBEUR.

AUBETTE: le point du jour, le commencement de l'aube. Du latin _albus_:
blanc.

AUBEUR: aubier. D'_albus_, parce que l'aubier est plus blanc que le
coeur de l'arbre.

AUBOUFEIN: bluet, aubifoin. De la couleur blanchtre de son feuillage:
_album fenum_.

AUCHE. Voyez OCHE.

AUDIVI: autorit. Se trouve aussi dans le patois de la Corrze.

AUGERON, NE: habitant du pays d'Auge.

AULIRE ou OLIRE: oreille. L.

AULUE: promesse qu'on ne ralise pas, retard.

AULUER ou OLUER: tromper, faire attendre, diffrer.

AUMAILLES: animaux, bestiaux. D'_animalia_. En roman _almle_ et
_amaille_.

AUMIA pour AUMEAU: jeune boeuf. M.

AUNE (Sainte-): Sainte-Anne.

AUQUEMENTER: augmenter.

AUTE: autre.

AUVARE: avarie.

AUVEC: avec. On trouve _awech_ dans la langue romane; tmoin ce vers du
Chevalier du Cisne:

       Awech li ert un des enfans rems. L.

AVALASSE: inondation; grande averse. Du substantif franais _lavasse_.
En patois walon, _walai_ signifie onde, grosse pluie. Dans le patois
des Vosges, _laivasse_ et _laivesse_ ont aussi cette signification.

AVALER; DEVALER: descendre. On lit dans les Essais de Montaigne:
Jusqu' ce qu'un homme de cheval l'alla saisir au corps et l'_avalla_
par terre, liv. III, chap. 6; et dans la 1re scne de l'_Iphignie_ de
Rotrou:

       Quelle prompte frayeur dans le sein me devale!

AVANGER (v. n.): fournir avantageusement. Les lgumes _avangeront_,
produiront beaucoup. En roman, _avenger_ et _avangier_ signifient
avancer, arriver.

AVAS: le long de. Avas le chemin. L. A Bayeux, on dit _avau_. En roman,
_avault_, _avaux_ signifient parmi, dans. En franais, _aval_. Nous
avons cit,  la fin de notre dition de Basselin, p. 233, une ancienne
chanson normande dans laquelle on dit:

       Passemente avaud les gambes
       D'un biau nerfil.

AVEINDRE: atteindre.

AVENAT: balle d'avoine; paille d'avoine.

AVER: avoir, fortune, bien. _Av_, en roman. _Avei_, en patois de
Grenoble. L.

AVER ou AVET: porc. Du latin _aper_. A.

AVRAS: volailles de basse-cour. D'_avis_: oiseau. En roman, _avers_
s'entend des bestiaux et des instruments aratoires. Du substantif de la
basse latinit _averium_, _averia_.

AVERLAND: grossier, brutal. En roman, _averland_ signifie maquignon. De
l'allemand, _haverling_.

AVERNANT: agrable  voir. D'_avenant_.

AVERNON: surnom, sobriquet.

AVERON ou HAVRON: _avoine_ strile.

AVERSAT: fou, dont la cervelle est _renverse_. Du roman, _avertie_:
pilepsie, folie.

AVETTE: abeille. Ancien franais. Du latin _apis_.

AVEUC: avec. Roman. S.-I.

AVEUR: prcoce. Voyez AORIBLE. On dit proverbialement: L'aveur ne doit
rien au tardif.--L'aorible n'a rien  demander au tardif. _Aveur_ vient
d'avant heure, avance.

AVIAS; AVIAUX: oiseaux. D'_avis_. B.

AVISION: invention, bonne ide.

AVISOURE: invention, etc. Du roman _avisoire_. On lit dans les Heures
perdues d'un Cavalier franois: Pardy, je m'avisis hier au soir d'une
bonne avisoire! L.

AVOL: aventurier. Qui a pris sa vole d'un pays vers un autre.
Froissard dit (t. I, ch. 39): Et ceux qui estoient ainsi bannis se
tenoient  Saint-Omer le plus, et les appeloit-on Avolez. B.

AVOLER: faire effort pour lancer loin ce qu'on envoie. S'AVOLER: prendre
son lan. M.

AVOMES (NOUS): nous avons. Roman. A.

AVONDER ou AVONDIR: gorger d'aliments en _abondance_, engraisser.

AVORIBLE: prcoce. Voyez AORIBLE, et AVEUR.

AVOU: o. D'AVOU: d'o.

AVOUER: puiser. A force de bouillir, cette eau s'est _avoue_.

AVOUS: Avez-vous? Dans la Farce de Pathelin, p. 88:

       Avous mal aux dents, maistre Pierre?

AVRILLER (v. n.), IL AVRILLE: il tombe une pluie fine et tide comme en
avril.

AVRONER: apostropher insolemment.


B.


BABINOUX. Voyez BOBINOUX.

BABOTIER: babillard.

BABOUIN. Ce mot se prend en mauvaise part, comme qui dirait: mine de
singe. De _babine_: lvre.

BABOUIN: sorte de statue en neige, que les enfants ptrissent dans les
rues.

BACHEROLLE: vaisseau de bois pour porter de l'eau. Du roman _bachoue_,
_bachole_, tine ou vase de bois propre  transporter la vendange.

BACHEAU ou BACHOT: petite bche pour pcher les crevisses. En roman,
_bagau_.--Dans les marais du Cotentin, un bachot est une petite barque.

BACON: porc sal. De la basse latinit _baco_, cochon.

BACOUETTE: hoche-queue; lavandire. De _bat_, et de _coue_, dont le
diminutif est _couette_. C'est la mme signification, en termes
quivalents, que hoche-queue.

BACUL: traverse de bois pour attacher par derrire les chevaux attels.
Ce mot, dans l'arrondissement de St.-Lo, employ pour dsigner une
personne qui a les cuisses et les jambes courtes, doit s'crire
_bas-cul_, et n'est pas l'exact homonyme de _bacul_ (_bat-cul_).

BACULOT; BAGULOT: petit bton qui sert  jouer. Du latin _baculus_.

BADER (SE): mouiller ses vtements par le bas; se crotter. _Bad, e_,
crott et mouill. De _bad_ (bois, eau), expression celtique, de
laquelle sont venus les noms des villes de _Baden_ en Allemagne, et de
_Bath_ en Angleterre, qui, toutes deux, ont des bains clbres; et mme
le mot _badaud_ appliqu aux Parisiens, parce que leur ville,
naturellement humide, tait frquemment enveloppe dans les brouillards
de la Seine et des marais. En islandais, _bada_, se baigner.

BADINOUX: petit rouet dont le travail trs-facile n'est qu'une sorte de
_badinage_. B.

BADOCHET (s. m.): entremetteur ou entremetteuse de mariages. On
l'appelle aussi _rouche-crote_, parce que ce sont ordinairement de
vieilles femmes (pouvant  peine ronger leurs crotes) qui se chargent
de ce ministre officieux et lucratif. A.

BAFFE: tape, soufflet. Roman. Du mot _paf_.

BAFRE et BAFRE (s. f.): rgal ignoble de gourmands _Bafre_ se dit
galement en patois Lorrain.

BAFRER: faire une bafre. Se trouve aussi dans le patois Troyen.

BAFREUR: qui aime la bafre; goinfre.

BAGLE: bague.

BAGNE (SUER A): suer abondamment, comme dans un _bain_ chaud.

BAGOU ou BAGOUL: fcondit de paroles striles. Ce mot existe aussi dans
le patois du Berri. De _gula_, gueule, _goule_.

BAGOULARD: bavard.

BAGOULER: bavarder.

BAGUER (v. n.): se dit d'une couture qui fronce dsagrablement.

BAHUYER: bahutier.

BAICHIN, NE: nigaud. De _Baissin_, parce que les Baissins sont regards
comme moins civiliss que les habitants de la Haute-Normandie. Voyez
BAISSIN.

BAILLE-LA-GOULE: bavard, sujet  manquer de parole. C'est ce que la
_Farce de Pathelin_, p. 110, appelle

           Des bailleurs
       De paroles en payement
       A rendre au jour du jugement. L.

BAILLOUX: fainant et maladroit, qui semble _biller_ toujours et ne
donner aucune attention  son ouvrage. B.

BAINE (s. f.): mauvais cabaret, o l'on ne peut se procurer que de
mauvaise _boisson_. A.

BAISEUL: partie de la crote d'un pain qui, dans le four, a touch un
pain voisin (l'a _bais_). Dans plusieurs cantons de la Manche, on dit
_du bais_ dans le mme sens.

BAISSE-MINE: sournois; dcontenanc.

BAISSIN: habitant du _pays de Bas_, du _Bas pays_. Ce sont des
manoeuvres qui viennent du Bas-Maine et des arrondissements normands
contigus, pour travailler dans la Haute-Normandie. Ce mot _baissin_ n'a
nul rapport avec le Bessain ou Bessin (le territoire de Bayeux): il a la
mme origine que _baissire_, liqueur qui reste au bas d'une futaille.

BAITE: ivre. A.

BAITER (SE): s'enivrer. A.

BALQUE: bavarde. De _bat_ et de _langue_.

BALIATTE; BALIETTE: petit _balai_.

BALIER: balayer. Se dit aussi dans le patois Lorrain.

BALIURES: balayures.

BALLANNER: rder, ne rien faire.

BALLANT, TE: pendant, les bras ballants. Au figur, fainant. B.

BALLAS (s. f.): commre, fainante.

BALLER: tre pendant. Du roman _baller_, danser. En italien, _ballare_.

BALLIRE: sorte de paillasse remplie de _balle_ d'avoine. Se trouve
aussi dans le patois Lorrain. Voyez PAILLOT.

BALVAUDER: rester les bras ballants. Ce verbe signifie aussi faire mal
un ouvrage; galvauder.

BAMBOCHER: faire des bamboches, de mauvaises farces; se livrer  la
dbauche.

BAMBOLER ou BANVOLER: gesticuler et se balancer d'une manire
dsordonne, comme les cloches que l'on sonne  toute vole.

BANCELLE (s. f.): petit _banc_.

BANLOCHER: balancer, branler.

BANNE (s. f.): grand banneau. Du celtique _benna_. En franais, la
_banne_ est une sorte de panier.

BANNEAU: tombereau; petite _banne_.

BANNELE: ce que contient un _banneau_.

BANNELER: charrier en _banneau_.

BANNIE: enchre publique. De _ban_.

BANNIR: publier solennellement, louer en bannie.

BANON: cuvier pour recevoir le cidre dans le pressoir. On l'appelle
aussi _bleron_.

BANON (DE): en libert de patre aprs la rcolte. Se dit des bestiaux
qui ont cette facult aprs le _ban_, ou simplement aprs l'poque
dtermine par l'autorit. Ce terme de l'ancienne Coutume de Normandie
s'emploie en parlant des bestiaux qui paissent sans tre attachs, 
l'abandon.

BANON: enfant pleureur.

BANONNER: pleurer comme un enfant.

BANQUE: lvation de terre en forme de _banc_; crte de foss.

BANQU, E: celui ou celle dont les _bans_ de mariage sont publis.

BANVOLE: sorte de girouette, d'tendard, de petit moulin  vent, pour
jouet d'enfants.

BAQUER: cder, plier.

BAR ou BARD: forte pice de bois sur laquelle on assujettit un arbre,
pour le scier en madriers ou en planches.

BAR: civire. B.

BARAI; BARAIS: baillerai, baillerais. S.-I.

BARATT: babeurre, liquide qui reste au fond de la _baratte_, quand le
beurre en est extrait. A.

BARATTON: sorte de pilon, avec lequel on fait le beurre dans certaines
barattes. L.

BARBACROC: moustaches qui font le _crochet;_ homme qui les porte.

BARBAUDIER: bavard.

BARBELE (GELE): frimas qui couvrent les plantes d'une sorte de
_barbe_.

BARBISTRAL: barbier.

BARBOT: bourbier. _Barboter_ en vient.

BARBOTTEAU: caparaon.

BARBOUILLER: bredouiller. _Babou_, dans le patois Walon.

BARTE: baratte. L.

BARETE: mesure de cinq dcalitres, demi-hectolitre. Ce mot vient de ce
que le demi-hectolitre offre  peu prs la contenance de la baratte
commune, que le peuple appelle _barte_.

BARETER: baratter; agiter dans une baratte la crme que l'on veut
convertir en beurre.

BARGE (s. f.): foin ou paille empile en forme de cne.

BARGOUILLARD: babillard importun.

BARILLER: barbotter. Valognes.

BARILLIER: fabricant de _barils_; tonnelier. Ce mot se trouve dans la
nomenclature des mtiers du commencement du XIVe sicle.

BARRACAN: bourracan, toffe de poil de chvre. Expression de l'ancien
franais, prise de la basse latinit _barracanus_.

BARRETEL. Voyez BARATTON. A.

BARRETOUX: querelleur, tapageur. De la basse latinit _barra_, bton.

BARRIQUE (AVOIR LA): tre ivre. L.

BASSE: servante. De _bachelette_, jeune fille. B.

BASSE: basque d'habit. C.

BASSETILLE: basque d'habit. Valognes.

BASSICOTER; BACIQUOTER; BACHICOTER: marchander d'une manire mesquine.
De _bassicot_, cage en charpente, au moyen de laquelle on lve les
ardoises du fond de leur carrire. Au propre, _bassicoter_ signifie
tirer  soi; au figur, c'est attirer un objet en l'agitant, en le
tiraillant. C'est ainsi que _tribulation_, peine morale, souffrance de
l'me, vient du latin _tribulum_, machine  battre le bl. Suivant
Borel, baciquoter signifie tromper.

BASSICOTIER, RE: celui ou celle qui bassicote.

BASSIN: renoncule des prs (_Ranunculus pratensis_), parce que la
couleur de cette fleur ressemble au polon de cuivre jaune qu'on appelle
bassin.

BATACLAN: attirail, meubles, ustensiles, bruit confus. _Pataclan_ dans
le patois Troyen. Sorte d'onomatope.

BATIAUX: vieux meubles; vieilles pices de mauvais _bois_.

BATIRE: bt. De [Grec: Bastaz], porter.

BATTAISON: pente ou inclinaison donne  une construction pour la rendre
plus solide. Roman. Val.

BATTELESSIVE: hoche-queue; lavandire.

BATTERIE: lieu o l'on bat les crales.

BATTONER: manger avidement.

BATTU (lait): caill goutt, puis cras avec du lait frais et de la
crme. C'est cette prparation que, dans d'autres parties de la
Normandie, on appelle de la piquette. A.

BAUBE: bgue. Du latin _balbus_; du verbe grec [Grec: Bambain],
balbutier.

BAUBER: bgayer.

BAUCHIER: ouvrier en _bauge_ ou pis. On lit, dans les _Chansons
Normandes_ que nous avons recueillies  la suite de notre dition des
_Vaux-de-Vire de Basselin_, p. 182:

       A la compaignye d'un bouchier
       Venus sommes du Vau de Vire.

BAUDE: engourdi par le froid. Il a les mains _baudes_, comme on dit 
Lisieux: il a les mains _pottes_. C'est le B pour le P, et le P pour le
B.

BAUDOUR: joie; rjouissance. Roman.

BAUME: menthe coq (_Tanacetum balsamita_). Par extension, toute plante
aromatique.

BAVE (s. f.): bavardage. Villon dit, dans ses _Repues franches_:

       Qui savez si bien les manires,
       En disant mainte bone _bave_,
       D'avoir du meilleur de la cave.

BAVE DE COUCOU: cercops cumeuse, insecte. B.

BAVER: bavarder. Le juge dit au drapier, dans la _Farce de Pathelin_:

       Paix, par le Dyable! vous _bavez_.

BAVERESSE: bavarde.

BAVERETTE: bavette au-dessus du tablier.

BAVETTE: petite bavarde.

BAVOL (adv.): filer bavol, filer ngligemment, ingalement. Voyez
BAVOQUER.

BAVOLETTE: bavolet; femme qui porte cette lgante et riche coiffure du
village.

BAVOQUER: filer un fil ingal. C'est  peu prs le verbe bavocher, qui
signifie imprimer grossirement.

BAVOT: partie du fil o il est grossier et ingal.

BAVREULE; BAVROLE: bluet.

BAYON; BION: cuvier du pressoir, dans lequel on recueille le cidre que
la pression du marc fait couler. Cette cuve s'appelle aussi bron et
blon. Du celtique-breton _bol_, cuve.

B: bien. De _bene_. Les Basques disent bey.

BEAUBELLE (s. f.): hypocrisie. Faire la beaubelle, agir en tartufe. De
_beau_, _belle_, qui affecte d'tre beau de caractre.

BEAU-PERDU (OEIL): oeil qui n'y voit pas, mais qui a une belle
apparence.

BBE; BBTE (s. f.): bte malfaisante. Mot enfantin.

BEC DE CORBIN: renoncule des champs (_Ranunculus arvensis_). B.

BCAILLER: bavarder. De bec. Voyez BEQUERELLE.

BCANCIRE: bavarde revche qui, comme on dit, a bec et ongles.

BCANETTE: sorte de chantepleure de bois, ordinairement en sureau;
petite cruche, vase  _boire_. De _bec_.

BCARD: jeune mouton d'un an, dans le patois Bayeusain; de deux ans,
dans le patois de l'Orne.

BCASSON: oiseau le dernier clos de la couve. Voyez CLOCU.

BCHEVCHE: en sens contraire. Voyez BJUEL et TTE-BCHE.

BCHEVCHER; BCHEVLER: mettre en sens inverse, en sens oppos. A.

BCL, en parlant du lait: caill. _Cl_ pour _clair_. Voyez TRUTER. A.

BCO (DE): de plus ou de moins d'un nombre dtermin ou propos. Un gant
de bco: un gant dpareill. Voyez TIPE. Dans le celtique-breton,
_besk_ signifie la privation d'un membre.

BCOT: baiser sur la bouche, de _bec_. L.

BCOTER: donner des _bcots_. L.

BCU: maladroit, malavis. De _besk_, court.

BDANGOUX: bgue. M.

BDANGUER: bgayer.

BEDE (DE): tout  coup; tourdiment.

BEDEIN: jeune veau. Peut-tre du latin _bis_ et _dens_, qui a deux
dents. A.

BDIRE (s. f.): lit, couche. De l'islandais _beder_, de l'anglais
_bed_. Pont-l'vque.

BEDONDON (s. m.); BDONDAINE (s. f.): bedaine. L.

BDOT ou BDROT: le dernier n. B.

BDOU: rouge-gorge.

BGAS: sot, qui ne sait que dire. De _bgue_, sans doute parce que celui
qui bgaie a l'air d'un niais, par l'effet de la difficult qu'il
prouve pour s'exprimer.--On appelle _begas_, dans la Manche, cette
pice de bois portative, o l'on suspend la lampe pour les repas du soir
ou pour les veilles; et _grand begas_, mtaphoriquement, un grand
garon, immobile par btise ou par maladresse.

BGAUD: nigaud. Roman.

BGAUDER: dire des niaiseries; balbutier.

BGAUT: chandelier de bois avec une bobche de fer-blanc,  ressort. A.

BEGU; TRUITE BEGU: truite saumonne.

BEGUER: bgayer.

BEIGE, en parlant des laines: de couleur mlange de noir et de blanc.

BEILLE ou BAYE: ventre  pleins boyaux. De _boille_, gros ventre;
panse. _Beil_, ventre, dans le patois Venden.

BJUEL ou BJUET: en sens inverse. tre couch bjuet se dit des
personnes qui, dans le mme lit, sont couches en sens oppos l'une de
l'autre, comme il arrive chez les paysans pauvres, dans certains
cantons, o l'on tablit dans une mme couche les garons et les filles
de la maison. _Bchouet_, en patois du Jura. Voyez BCHEVCHE et
TTE-BCHE. A.

BLE: berle, ou ache d'eau. Du celtique-breton _beler_, cresson d'eau,
parce que la berle a un peu l'apparence de cette crucifre (_Sium
latifolium_).

BLIANE: canard tadorne. B.

BELIN: blier.

BELLEMENT: grandement. L.

BELOSSE ou BLOCE: fruit du prunellier. A.

BLUETTE: bluette; tincelle.

BELZAMINE: balsamine. Id. dans le patois Lorrain.

BEN: bien. De _bene_. C'est une simple crse qui supprime l'_i_ de
l'adverbe bien, comme ren est celle de rien dans plusieurs patois. A.

BNAMEN: assurment. C'est approuver, en disant: _bien_! _amen_!

BNE: ruche ou panier. De _benne_ ou _banne_, hotte de vendangeur.
Avranches.

BNQUE: oie sauvage. De _bernache_, oie du Nord.

BNI: escargot. Avranches.

BNIR, en parlant du linge: scher un peu; cesser d'tre compltement
mouill.

BENOM: surnom, sobriquet. De _bis nomen_. B.

BQUERELLE: bavarde acaritre et querelleuse. Du roman _becquerelle_,
mauvais propos.

BQUET: petit clou que l'on met sous la semelle des souliers.

BER. Voyez BERS.

BRAT: bec d'un vase, par o l'on verse le _bre_.

BRANGUIER: marchand de fromages et de fruits. A.

BERBIS: brebis. Du latin _vervex_.

BERCA: brebis.

BERDAILLER ou BREDAILLER: bredouiller; faire un bruit importun, en
parlant d'un rouet.

BERDALE: femme de mauvaise conduite. V.

BERDANCIER: inconstant.

BERDANSER (SE): se balancer. De _danse_. A.

BRE: boire. Je brai, tu bras, etc. De mme pour les autres modes de
ce verbe. Je bs, ils bvent. _Bs_ ou _beu_,  l'impratif. Appartient
galement au patois du Jura.

BRE: cidre ou poir. Corruption de boire. C'est une sorte d'euphmisme.
_Mare bre_, _gros bre_: cidre pur et fort.

BEREAU: tuyau de bois ou de mtal, dont on se sert pour dpoter le cidre
et le tirer du tonneau;--broc. On lit ce vers dans Basselin:

       Les pipes, les bereaux pleins de liqueurs vermeilles.

BRE (s. f.): frigilla, sorte d'oiseau. Au figur, _petite bre_,
jolie petite fille, bonne et gracieuse. L.

BERELLE: dispute entre buveurs.

BERGE: estomac des oiseaux. B.

BERGEAS: moutons, brebis. A.

BERLAN: brelan. Id. patois Lorrain.

BERLANDE: cuillre de bois.

BERLICOQUET: jeune coq; cochet.

BERLINGUETTE: petite sonnette. Onomatope.

BERLOQUES: breloques. Id. patois Lorrain.

BERLOT: coq-d'Inde. Onomatope tire de son cri, lorsqu'il fait la roue.

BERLUETTE: bluette, tincelle.

BERNE: berme de chemin.

BERNICLES: besicles.

BERNOUSER ou BRENOUSER: salir par des excrments. Du celtique _brenn_,
son, la partie du grain qui enveloppe la farine. A.

BERNOUX: brenneux.

BEROUASSE; BROUASSE: bruine, pluie fine qui brouille le temps.

BEROUE: broue; brouillard pluvieux. Dans le patois du Jura, broue
signifie une onde. Du latin _pruina_; du celtique-breton _brumen_,
brume, brouillard pais.

BROUETTE: brouette. En patois Walon, _berwette_.

BERQUE (s. f.): vieille brebis. Voyez GERCE.

BERQUER: berger. S.

BERQUERIE: bergerie. S.

BERQUIGNOT: homme mal bti.

BERRICHON: femme dont la toilette est en grand dsordre.

BERRUCHON; BERRICHON: roitelet.

BERS: berceau. On lit dans Cretin:

       Car soubz l'enfant gisant au bers.

Wace avait dit dans le _Roman de Brut_, v. 13, 895:

       Enfans em bers esboeler.

BERTELLES; BERDELLES: bretelles.

BERZOLE: femme tourdie, qui ne songe qu' se divertir. Du
celtique-breton _berza_, dfendre, chmer une fte. Voir le Dict. de Le
Gonidec.

BESCOCER: se troubler. Ce verbe est employ dans le mme sens par
Froissard (_Posies_, p. 338).

BESEAU: l'oiseau dernier clos d'une niche. Voyez CLOCU.

BESER, en parlant des vaches en rut: courir  et l.

BESIN: demi-ivre. B.

BESOT (porter): porter malheur. Parce que le besot, le double-as, est le
plus faible point que puissent amener les ds.

BESTIAL: btail. On a conserv en franais le pluriel _bestiaux_.

BESTOURNER: dranger, renverser. De la basse latinit _bistornare_.

BTAS: mme sens que _bta_: bte; sot; imbcille.

BTASSE (s. f.): grosse bte, imbcille. De l'italien _bestiaccia_.

BTELER (v. n.): cailler sur le feu, en parlant du lait. Voyez
CALEBOTTER, et TRUTER.

BTISER (v. n.): dire des niaiseries, des btises.

BTON: petit sot, petite bte.

BEUCHONNIER: ivrogne qui frquente les mauvais cabarets, les bouchons.
B.

BEUCL. Voyez BCL. A.

BEUGUER: roter. M.

BEURGUER; BURGUER: pousser. B.

BEURRE (soupe  la beurre): panade. L.

BEZOT: le dernier n d'une couve. S.-I.

BIANC: blanc. C'est l'_i_ pour l'_l_, comme en italien aprs A, B, P, V.

BIANCHET: blanchet, sorte de corset. A.

BIARD ou BLARD: sorte de civire pour transporter les morts. De _Bire_.

BIAU (DE): Mettre ses chaussures de biau. C'est les mettre au pied,
auquel elles ne sont pas destines.

BIAUCOUP: beaucoup.

BIBE: bube, petite tumeur survenue  la peau. Du grec [Grec: boubn],
tumeur.

BIBERONNER (v. n.): faire biberonner un enfant, lui faire boire du lait
avec un biberon.

BIBELLE: petite bube  la figure.

BIBET: moucheron. L'auteur d'une des _Chansons Normandes_, que j'ai
recueillies  la fin de mon dition de Basselin, dit, p. 210:

       L'araigne, qui tous les ans
       Fesoit son nid au dedans,
       Avec mouches et bibets
       Qu'elle prenoit dans ses rets.

Voyez GUIBET.

BIBETTE: petite bube. Diminutif de _bibe_. B.

BIBI: bobo; mal lger.

BIBRETEUX: rouge. A.

BICACOIN: en zig-zag; de ct et d'autre. A.

BICLE; BICLESSE; BIGLE; BIGLESSE: louche. Le pote normand, Elis de
Bons, dit  Camus, vque de Sez:

       Que son renom sera universel
       Malgr l'effort de la biglesse envie.

L'Acadmie a conserv _bigle_ et _bigler_.

BICLER: regarder du coin de l'oeil.

BICOIN: de ct et d'autre; en zig-zag. Voyez BICACOIN.

BICOQUET: sorte de coiffure de femme, favorable  la _coquetterie_.

BIDAILLON: mauvais bidet; petit cheval de peu de valeur. L.

BIDOCHE (s. f.): cheval de bois ou de carton, pour les amusements
populaires. Nous en avons parl dans nos _Archives Normandes_ (anne
1826, p. 374),  l'art. _Crmonies des Mariages dans la partie
occidentale du dpartement de l'Orne_.

BIDOQUE (s. f.): vieux cheval, mauvais _bidet_. V.

BIE: cruche; par extension, toute sorte de vase. De _buie_ ou _buire_,
espce de broc pour les liqueurs de table. Ces mots, ainsi que burette
(contraction de buverette), busse, botte, que Du Cange drive du grec,
viennent du primitif celtique _bauc_ et _baot_, qui signifie antre et
gnralement tout ce qui est creux. Bocal, boucaut, et (suivant Bullet)
bouteille, ont la mme origine, de mme que bouche et poche, le dernier
mot ayant chang le _b_ en _p_; ce qui est frquent dans ces sortes de
drivs et de composs. A.

BIEF: biez, canal qui conduit l'eau au moulin.

BIENVENUE. Voyez VENANTISES.

BIRE: fantme chapp de sa bire. Val.

BIEU: biez; ruisseau.

BIEU: bleu. L'_i_ pour l'_l_, comme on a vu ci-dessus dans bianc, etc.

BIGARNOISE (A LA): coiff  la bigarnoise; d'une manire effronte.

BIGNE: tumeur; enflure produite par un coup. Dans le patois Lorrain on
dit _beugne_, et _geugne_. En roman _bugne_, _buigne_.

BIGNET: beignet. Patois Lorrain.

BIGNOCHE. Voyez BIGORGNE.

BIGORGNE (s. f.): partie d'un arbre, ou morceau de bois _biscornu_,
_raboteux_. En franais, la bigorne est une sorte d'enclume qui a deux
pointes ou cornes (de _bis_ et de _cornu_). Au figur, on dit des
lettres bigorgnes, pour des lettres mal conformes.

BIGRE: bougre, juron grossier. Du latin _apiger_ (qui regit apes) on a
fait _biger_, _bigrus_, garde forestier, charg du soin des ruches.
Plusieurs chartes du moyen-ge offrent ces _biger_, _bigrus_ et _bigre_.
Un aveu, rendu en 1479 par le seigneur de Bmcourt au comte de
Breteuil, s'exprime ainsi: Ai droict..., quand on met des mouches en la
dite forest de Breteuil, d'envoyer mon bigre avec les bigres du roi,
lequel doit tre jur devant le chastelain de Breteuil de bien et
fidellement querre les abeilles et le miel pour en faire mon besoing.
On trouve aussi ce qui suit dans un aveu de la seigneurie de Neaufle,
rendu galement au comte de Breteuil en 1465: Et du dict fief
d'Auvergni despend un hostel, appell l'Hostel de la Bigrerie ou Hostel
aux Mousches.

BIGUENETTE: dvote acaritre. De bigotte. A.

BIHAN: rouet. A.

BIHORAGE (s. m.): plantation en dsordre; terrain mal cultiv. A.

BIHOT. Voyez BUHOT.

BIHUTTE: mauvaise cabane. De hutte. L.

BIJAUDER: faire le plaisant. Orne.

BIJUDE. Voyez BIHUTTE.

BILANDER: tre bilent. V. ce mot. A.

BILANGE (s. f.): bande troite d'toffe. De _lange_ ou linge.

BILENT: lent, trs-lent, fainant. De _bis_ et de _lentus_. En Roman
_bilant_.

BILLOT: C'est comme la noblesse du _Billot_; va te coucher, tu souperas
demain! parce que les gentilshommes de cette petite contre de
l'arrondissement de Lisieux taient en gnral fort pauvres, par
comparaison avec la noblesse normande.

BINDER: s'impatienter. S.-I.

BINEL: guignon. Jouer de binel. Orne.

BINET. Voyez BIGNET.

BINGOT: stalle de lavoir. Val.

BINGOT: panier en paille natte.

BINOT: monceau; tas. B.

BIOCHE (s. f.): petite bie; petite cruche. A.

BIONNER: travailler avec redoublement d'efforts. De _bis_. En vieux
argot, _bier_ signifie aller. A.

BIQUETTE: petite chvre; jeune bique, qu'en patois de Courtisols on
appelle _bica_.

BIRETTE (s. f.): verge d'enfant. Du latin _veretrum_. A.

BIRINGUE: rosse; mauvais cheval. A.

BIROQUE: rosse. B.

BIROU; BIRUCHET: roitelet. A.

BIS (s. m.): recoupe de bl.

BISCANTINE ou PISCANTINE: boisson mauvaise et plate. Voyez CLACUSSE. L.

BISET. Voyez BISEUL. A.

BISET (caillou): Voyez BISEUL. A.

BISETTE (s. f.): pain _bis_.

BISETTE: macreuse (_Anas nigra_).

BISEUL: gros caillou; bloc de silex brut. Suivant Bochart, biset, pour
bisec, vient du grec [Grec: bizapion] qui signifie une petite pierre.
Meursius le prouve au mot [Grec: Bizapion]. Les Chaldens disaient
_biseca_. A.

BISIEUTRE (s. m.): calamit, malheur. Orne.

BISQUE (s. f.): poir fait avec des poires jetes simplement avec de
l'eau dans une futaille; par extension, mauvaise boisson. A.

BISQUE (s. f.): haridelle, mauvais cheval. A.

BISQUE ET DE COIN (DE): de travers. Voyez BICACOIN.

BISQUER: prouver du dpit. Comme celui qui boit de la bisque ou bien
est mont sur une bisque.

BISSAQUET (Bourgeois): paysan dcrass qui fait le fier, et semble
oublier qu'il a port le _bissac_.

BITER A: toucher . L.

BITOT: bientt. L.

BLAGUE (s. f.): bavardage de fanfaron. Parce que la blague, proprement
dite, parat une bourse bien garnie, et ne renferme qu'un peu de tabac.

BLAGUER (v. n.): bavarder pour se vanter, hbler.

BLAGUEUR, SE: celui ou celle qui blague.

BLAIS (St.): St.-Blaise. A Alenon, le peuple dit le faubourg St.-Blais.

BLANC: on ne dit plus que six blancs. Le blan ou blanc valait cinq
deniers. Nos six blancs reprsentent donc 2 sous 6 deniers, ou 12
centimes et demi.

BLANC-MUGUET: aphtes qui surviennent  la bouche des petits enfants, et
ressemblent  la fleur du muguet dont ils ont la couleur.

BLAUDE (s. f.): espce de blouse. Se trouve aussi dans le patois du
Jura. On disait dans notre ancienne langue _bliaud_, de la basse
latinit _blialdus_, _bliaudus_, _blisaudus_, et mme _blidalis_ dans Du
Cange. Les Lyonnais en ont fait blauda, les Picards bleude, les Normands
blaude et plaude, les Troyens biaude.

BLEC; BLQUE; BLCHE: mou, molle, en parlant de fruits. En patois
Rennais, _blet_. Ce qualificatif est driv du grec [Grec: blax], qui
signifie mou. _Blque_ en roman.

BLCHIR (v. n.): mollir, en parlant de fruits, tels que la poire, la
nfle, la corme. Les Lorrains disent blessir et blettir.

BLRIE ou BLAIRIE (s. f.): champ couvert du _bl_ qu'on y a sem.

BLESSE (s. f.): blessure produite par l'effet d'une chte, d'un coup
violent ou d'un effort.

BLET (s. m.): image. Avranches.

BLTE ou BLTRE (s. f.): motte de gazon. _Bleite_ en roman signifie
toupet, touffe de cheveux, comme notre blte est une touffe de gazon de
gramines. Dans la langue romane, dit Roquefort, on dsigne par blotte
et bloutre une petite motte de terre renverse par le soc en
labourant.

BLETTER (v. n.): rester immobile comme une _blte_. Val.

BLEU-BLEU: barbeau, _bluet_. B.

BLEUS (s. m. plur.): linges de couleurs qu' la lessive on tablit sur
le cuvier pour les laver les premiers, parce qu'ils n'ont pas besoin d'y
sjourner aussi long-temps que le reste du linge. C'est ce qu' Alenon
on appelle _la tourne_. L.

BLOCHE ou BELOSSE. Voyez BLOSSE.

BLOQUE (s. f.): pice de 2 sous (10 centimes). _Bloquer_ signifie vendre
dans l'argot rcent. A.

BLOQUET: souche, pice de bois, billot. Manger au bloquet, manger sur le
billot.

BLOQUET: fuseau de dentellire. C.

BLOSSE: prune sauvage, fruit du prunellier des haies. Du roman _baloce_,
_belloche_.

BLOSSES: yeux.

BLOUQUE: boucle. C'est une mtathse qui n'est pas particulire  la
Normandie.

BOBAN: luxe, _bombance_. De _pompa_.

BOBILLON, NE: minutieux, mticuleux. En patois Rennais, _bobillon_
signifie bavard. A.

BOBINETTE: loquet, cheville qui ferme la porte. Employ par Perrault,
dans le conte du _Petit Chaperon Rouge_.

BOBINOUX: dvidoir qui sert pour les bobines.

BOBON: bonbon. L.

BOCAIN: paysan du Bocage.

BOCHE: bouche. Puer la bche, avoir l'haleine ftide. Valognes.

BOCHER (v. n.): paratre volumineux, comme s'lve une _bosse_. Voyez
BOSSER.

BOCHET ou BOCHETTE: lvation ou _bosse_ que fait le fil sur le fuseau.
En roman, _bochette_. L.

BOCHU: bossu. Dans le XIIIe _sicle_, on disait bochu pour bou ou
bochu:

       On m'appelle bochu, mais je ne le suis mie,

dit Adam de La Halle, pote d'Arras, qui, vers 1250, donna la premire
comdie franaise et la premire pastorale (_Le jeu de la Feuille_, et
_Le jeu de Marion et Robin_). Voir M. Paulin, Paris, _Cabinet de lecture
du 24 janvier 1836._

BOE: boue. Roman. Gautier de Coinsi dit:

       Boe et venin tout environ
       De totes pars en sailloit fors.

BOEL (s. m.): cour prs de l'habitation.

BOME: il a l'air d'un bome, d'un bomien (bohmien); il a l'air noir
et sale d'un sorcier. En roman, _boem_ signifie sorcier; _bom_,
ensorcel; _boesmien_, vagabond. Les Bohmiens du XVe sicle sont,
suivant le baron de Bock, originaires des Grandes-Indes, et
appartenaient  la caste mprise des Sudders. Le mot bohme est pass
rcemment dans la langue franaise, o il dsigne une portion notable de
la jeunesse parisienne, dont ce mot indique mtaphoriquement les moeurs
relches.

BOGUE (s. f.): hrisson ou enveloppe de la chtaigne. La bogue tire son
nom de sa conformation: elle s'ouvre comme les paupires sur un oeil.
Roquefort n'a pas connu ce mot ni les deux acceptions qu'il a. A.

BOGUES (s. f.): les paupires, et, par extension, les yeux. Du grec
[Grec: bopis], qui a de grands yeux. Le poisson que l'on nomme bogue ne
porte ce nom, suivant l'ichtyologue Rondelet, qu' cause de la grandeur
de ses yeux, du mot grec [Grec: bops]. A.

BOGUYE: chassie. P. R. _Boguille_. A.

BOGUYEUX, SE: chassieux, se. P. R. _Boguilleux_. A.

BOILLE (s. f.): gros ventre. Du vieux substantif franais _boel_, boyau.
En roman, _beuille_ signifie le nombril, et, par extension, ventre; d'o
boillu, ventru. A.

BOIRAILLER: boire  tort et  travers. A.

BOIRE (s. m.): petit boire, cidre ml d'eau.

BOIRE (s. f.): abreuvoir. A.

BOIS-DOUX: rglisse. A.

BOIS A FUMER: clmatite des haies. B.

BOIS-JAN: ajonc, jonc marin (_Ulex Europus_).

BOIS DE MARAIS: reine des prs (_Spira ulmaria_).

BOIS-PIANT ou PUANT: cornouiller, parce que sa sve a une odeur
dsagrable. L.

BOIS-PUANT: douce-amre (_Solanum nigrum_). Dans le patois Lexovien, le
bois-puant est le cornouiller (_Cornus mas_).

BOISE: pice de bois. En roman, _boise_ signifie bche; rondin. De la
basse latinit _boisia_.

BOISETTE: petite boise.

BOISSON (s. f.): cidre pressur avec mlange d'eau, dont on fait la
boisson habituelle. L.

BOISSON (s. m.): poigne ou _bouchon_ soit de paille, soit de foin, dont
on se sert pour fourbir. L.

BOISSONNER (SE): s'enivrer. BOISONN: ivre.

BOISSONNIER: ivrogne d'habitude.

BOTE, et non pas BOUTE: mangeaille pour les cochons, laquelle est
presque toujours plus ou moins liquide. Du verbe _boire_.

BOITE: ivre. Patois Rouchi. En Roman, _tre en boite_, tre ivre.

BOITON ou BOUETON: gros sabot, peu vid, arrondi par le bout. Les
_boutons_ sont convenables pour garantir de la _boue_.

BOL (s. m.): boulette de viande hache. L.

BOLUM (s. m.): couvre-feu. Sonner le _bolum_. L.

BON (DE): srieusement, tout de bon.

BONDAS: bouchon, _bondon_. En roman, _bondail_.

BONDER: bondonner.

BONDERE (s. f.): femme trapue et courte comme une _bonde_.

BONE-BONE: Colin-Maillard, jeu o l'on se couvre les yeux, o l'on se
_bne_.

BONER: masquer, couvrir le visage;  proprement parler, c'est couvrir
les yeux. Du grec [Grec: bops]. A.

BONIAU: sorte de machine en bois tress, pour barrer un ruisseau; pour
_bner l'iau_ (l'eau).

BONIER: fermer. Corruption de bner. Vire.

BONNE (adv.): chrement, beaucoup. Cet objet m'a cot _bonne_, je l'ai
pay _bonne_. L.

BONNE-DA: exclamation, comme bon! dame! A.

BONTIF: bonasse, dbonnaire. On lisait dans l'pitaphe de l'vque Jean
Hennuyer, en 1578, ce vers alexandrin qui emploie en bonne part le
qualificatif _bontif_ appliqu  ce prlat:

       Envers Dieu et chascun _bontif_ et amiable.

BONTIVEMENT: avec simplicit.

BOQUE: coquille de noix, de noisette. De _bois_. Voyez BOGUE.

BOQUET, TE: bocager, non cultiv. Des pommes bquettes. C'est  tort que
MM. Du Mril crivent bauquet. Ce mot vient de _boscus_, bois.

BORAN ou BAURAN: rebord de foss, relev en talus; crte de foss.

BORD: ruban de fil ou de laine qui sert  border on travail de couture.
Voyez LISETTE.

BORDAGE: petit domaine champtre. Du vieux mot _borde_, habitation  la
campagne. On lit dans le _Dictionnaire de Trvoux_ que _bordage_, en
terme de coutume, tait un droit seigneurial d sur une _borde_, loge
ou maison baille pour faire les vils services du seigneur. Dans la
basse latinit, _boaria_, _borda_, _bordellum_, etc. A.

BORDAGER: qui occupe un bordage. A.

BORDER: heurter. Voyez BOURDER.

BOS ou BOSC: bois. On lit le vers suivant dans le _Dict du Cerf_:

       Le cerf estoit par _bos_, par prs, par plaine.

_Bos_ appartient aussi au patois des Vosges. Nous retrouvons _bos_ et
_bosc_ dans la dnomination de plusieurs communes.

BOS: bah! S.-I.

BOSCO: bossu.

BOSQUIER (v. a.): pousser.

BOSSELER: bossuer un vase de mtal.

BOSSER: paratre volumineux, faire saillie comme une bosse,--bossuer.
Voyez BOCHER.

BOTTER: en parlant de la neige qui s'attache aux pieds, comme une botte,
et embarrasse la marche. C'est videmment de ce verbe et de cet accident
que vient le substantif pied-bot.

BOU: bouleau. B.

BOUJOU: bonjour! C'est par l'effet de cette tendance  changer _on_ en
_ou_, que nous disons mouceau pour monceau, la commune de Mouceaux pour
Monceaux, couvent pour convent.

BOUAILLE: anneau, bague. De _bouel_, boyau (creux et rond). Bouailles se
dit aussi pour entrailles. M.

BOUBANE: perruque. Bernai.

BOUBIQUE (adj.): hermaphrodite, qui est  la fois bouc et bique, mle et
femelle. A.

BOUBIQUE (s. f.): cidre fait d'un mlange de pommes et de poires. Voyez
HALBI.

BOUCAN: mauvais lieu, tapage. Le boucan est un lieu dans lequel les
Sauvages et les Flibustiers fumaient leurs viandes pour les desscher et
les conserver. C'est, par consquent, un lieu sale, enfum et bruyant.

BOUCANER: gronder sans mesure ni raison.

BOUCHAS: bondon. Du verbe boucher. A.

BOUCHILLON: pommier ou poirier sauvage. De _boscus_, bois. Voyez BOQUET.

BOUCLE: baie. La _boucle_ de Port-en-Bessin. B.

BOUCL: se dit en parlant du lait. Voyez BCL. A.

BOUDE: bouderie. Faire la boude, bouder. L.

BOUDE: vessie. A.

BOUDIN: boyau, intestin. Du roman _baudan_; en provenal, _baoudan_. Du
latin _botulus_.

BOUDOUFL: boursoufl d'orgueil bless. A.

BOUDRE: bouillir.

BOUDRE: bougre! S.-I.

BOUERQUIN: sorte de muselire que l'on met  la _bouche_ des moutons
pour les empcher de brouter.

BOUESSON: bouchon ou poigne, soit de paille, soit de foin, dont on se
sert pour frotter.

BOUESSONNER: brouiller, mettre en dsordre. B.

BOUESSONNIER: brouillon. B.

BOUFFAILLER: abondance de grosse viande.

BOUFFARD: gourmand.

BOUFFE-LA-BALLE: gourmand qui,  force d'emplir sa bouche, rend ses
joues bouffies comme une _balle_.

BOUFFER: manger avec avidit. En roman, bouffard signifie gourmand. Du
grec [Grec: bouphagos]. Dans notre ancien franais, bouffer signifie
enfler ses joues en soufflant. Ainsi notre verbe patois bouffer voudrait
dire: manger  pleine bouche, de manire  ce que les joues en
paraissent enfles. Au reste, bouffer pourrait bien tre l'altration du
verbe brifer: manger avidement.

BOUFFON: gros morceau de pain qui fournit de quoi _bouffer_.

BOUFFON: sorte de Lychoris dont la fleur rose, trs-double, forme des
touffes _bouffantes_.

BOUFRE: bougre.

BOUGES: culottes.

BOUGIE: vessie. Mortain.

BOUGON: morceau de bois gros et court. L.

BOUGUENETTE (s. f.): maraude, pillage. R.

BOUGUES: terrain sablonneux et mouvant sur le bord de la mer. De
l'anglo-saxon _bog_, marais. Manche.

BOUIAS: boyaux.

BOUILLE (s. f.): boucle faite sur un noeud, soit de fil, soit de
ficelle.

BOUILLON: boue liquide, l'eau qui tombe en abondance et qui fait, pour
ainsi dire, bouillonner le sol.

BOUILLONNIRE (s. f.): ornire, passage rempli de _bouillon_ ou boue
liquide.

BOUL: poigne de verges de _bouleau_ pour fouetter les enfants.

BOUL-BOUL: taureau. De l'anglais _bull_.

BOULE: tte. Perdre la boule: perdre la tte.

BOULEMENT: vertige, qui fait tourner la _boule_, la tte. L.

BOULER: pousser comme une _boule_, dprcier, maltraiter. Envoyer
bouler: envoyer promener. L.

BOULET: bouleau. L.

BOULEUX: gros sabot, dont le bout est rond comme une boule. Voyez
BOITON.

BOULEVARI: tumulte, dsordre o tout est _boulevers_. On dit en
franais hourvari. Voyez HOULEVARI. Boulevari se trouve dans le patois
Lorrain.

BOULIEUX: mangeur de bouillie, comme les villageois de cantons pauvres.
Se prend en mauvaise part.

BOULICOT: petite pelotte de fil bouriffe. Du substantif _boule_ et du
qualificatif _gt_: petite boule gte, difforme. Ce substantif
signifie aussi morceau de bois gros et court.

BOULOIR: terrain dispos pour jouer aux quilles, sur lequel doit rouler
la _boule_.

BOULOT: gros et rond comme une _boule_.

BOULOTTER: quilibrer  peu prs sa dpense avec sa recette.
Vulgairement on dit en ce sens: parvenir  joindre les deux _bouts_. L.

BOUQUET (s. m.): grosse salicoque.

BOUQUET (adj.): par d'un beau bouquet.

BOUQUETS: plantes de parterre, qui produisent des fleurs propres  faire
un bouquet. L.

BOUQUETTE: houpette. L.

BOURBIQUET: voyez BROUBIQUET.

BOURBITON (s. m.): plante crucifre  fleurs jaunes, qui se multiplie
dans les bls. Voyez SENVRE.

BOURDE: sorte de tourte aux poires ou aux pommes. Voyez BOURDELOT;
BOURDIN; DOUILLON.

BOURDELOT: tourte aux fruits. Ce mot, comme bourdin, est roman.

BOURDER: tre arrt par un obstacle. Cette voiture est bourde.

BOURDIN: tourte aux fruits, cuite au four. On dit aussi _chausson_,
_douillon_, etc.

BOURE: cane, femelle du canard. En roman, _bour_, _bourette_,
_bourotte_, signifient aussi bien le canard que la cane. Du vieux
franais _bour_, boue, parce que cet oiseau aime  barboter dans la
_boue_, afin d'y chercher des vers pour sa nourriture.

BOURET; BOUROT: caneton.

BOURETTE: petite boure, jeune cane.

BOURETTE: sorte de gteau ou de petit pain. Probablement parce qu'il
avait la forme de l'oiseau appel boure, bourette. Manche.

BOURGAUT: mauvais sujet. De la basse latinit _burgator_, voleur,
brigand.

BOURGEOLEINE: bourdne (_Rhamnus frangula_). B.

BOURGOGNE (s. f.): sorte de coiffure des filles du Bessin. B.

BOURGUELE (s. f.): feu de joie. C'est ce que dans le Dauphin on
appelle bordaluniri, et dans le Jura beurdifaille.

BOURGUIGNOTTE (s. f.): sommet de la coiffure des filles du Bessin.
Suivant Roquefort, la bourguignotte tait autrefois une sorte de
calotte  oreilles, un ancien casque fort lger.

BOUROT ou BOUREAU: petit canard.

BOUROTER: marcher  petits pas presss, comme font les _bourots_ ou
canetons. L.

BOURRELLE: cruelle. De bourreau. L.

BOURRETTE: toupe. De bourre.

BOURRI: hamac. Manche.

BOURRI: ne. Abrviation de bourrique, qui vient de l'espagnol
_borrico_.

BOURRIER: plantes parasites que l'on enlve par le sarclage. Du latin
_burra_, employ par Ausone pour signifier des riens; d'o sont venus
_bourre_, mauvais poil, et _bourre_, fagot fait de branches de peu de
valeur. Par extension, ordures: c'est dans ce sens qu'on l'emploie en
Bretagne. Dans une de ses stances, Regnier place ainsi le mot bourrier:

       Et cependant tu vas dardant
       Dessus moi ton courroux ardent,
       Qui ne suis qu'un bourrier qui vole, A.

BOURROCHE: bourriche. Roman. L.

BOURROT: flocon de laine qui se forme de celle que les pines des champs
arrachent aux moutons.

BOURSETTE; BROUSSETTE: mche (_Valeriana locusta_).

BOURSICOT; BOURSIQUET: petite bourse. Il se trouve galement dans le
patois du Berri et du Nivernais.

BOURSICOTER: se cotiser, tirer de sa _bourse_. S.-I.

BOURSILLER. Mme sens que BOURSICOTER.

BOUSE: fiente du gros btail faite en une fois.

BOUSER: faire une ou plusieurs bouses.

BOUSET: bouse consistante.

BOUSIN: mauvais lieu, tripot. Patois Lorrain.

BOUSINE: musette. De _buccina_; ou de [Grec: bous], boeuf, parce qu'elle
tait faite primitivement du cuir de cet animal. En roman, _bozine_
signifie trompette.

BOUSSACRE: mauvais ouvrier.

BOUSSACRER: excuter mal un travail.

BOUSTOC: homme ou enfant gros et court. On dit communment un gros
boustoc. De _buste_.

BOUT (tre sur bout): tre debout.

BOUTE-TOUT-CUIRE: prodigue.

BOUTICLE: boutique. S.-I.

BOUTIFAILLE (s. f.): profusion d'aliments.

BOUTIQUER (v. a.): mettre dans un mauvais ordre, dranger.

BOUTRE (v. a.): placer, poser. De bouter: mettre. Se trouve aussi dans
le patois Troyen.

BOUVARD: jeune _boeuf_. Du latin _bovellus_.

BRAGUE; BRAGUETTE: culotte. Du celtique _braya_, d'o est venu le
substantif latin _bracca_. La Gaule Narbonnaise tait appele par les
Romains _Gallia Braccata_, c'est--dire la Gaule culotte,  cause de
cette sorte de vtement dont se servaient les habitants de cette
ancienne province. Brage et braie viennent aussi de _bracca_.

BRAGE; BRAIE (s. f.): instrument pour _broyer_ le lin. Corruption de
broie. A.

BRAIHAUD ou BRHAUD: braillard.

BRAIHAUDER: brailler, crier fortement et mal  propos.

BRAIRE: pleurer fort, crier haut, brailler comme fait un ne. Patois des
Vosges. En patois Walon, _bre_ signifie brailleur.

BRAN: son du bl. Du celtique _bren_. Pline (l. XVIII, c. 7) dit que les
Gaulois appelaient _brance_ une sorte de farine de froment.

BRANG: bte  cornes dont le poil est ray de fauve et de noir ou de
brun fonc.

BRANLE; BRANLOURE ou BRANLOIRE: pice de bois du pressoir, qui sert  en
mettre les roues en mouvement, en _branle_.

BRANN: tach de rousseurs qui ressemblent au _bran_ ou son. Voyez
SONNU. B.

BRANNE: ration de son mouill pour les animaux de la ferme, quelquefois
avec addition d'herbes, de feuillages, etc.

BRASILL (s. m.) galette, cuite au four; elle se fait principalement sur
le littoral du Calvados.

BRASILLER: cuire dans la _braise_ ardente du foyer ou du four. Basselin
emploie ce verbe.

BRASQUER; BRASSETIQUER: bcler; faire  la hte et sans gard  l'ordre.

BRASSAGE: pressurage de fruits, soit  cidre, soit  poir.

BRASSAISON: temps du brassage.

BRASSE-CORPS (A):  bras-le-corps.

BRANCTIQUER: Voyez BRASQUER.

BRASSEYER: marcher les _bras_ pendants.

BRAUDER: enduire de choses sales. L.

BRAVE: bien par; bien habill. Du celtique-breton _brav_, beau,
gracieux.

BRCHE (s. f.): lie, sdiment.

BRDALLER: promener. S.-J.

BREHAIN: strile. Il n'est plus usit en franais qu'au fminin. On
trouve _brehains_ dans Wace (tablissement de la Conception).

BREHAINE: perdrix qui n'a pas encore couv.

BREHOLIRE (s. f.): mauvaise bruyre, mauvais terrain. L.

BRLE (s. f.): bricole pour les btes  cornes. Voyez BREULE.

BRELETTE (s. f.): rosse. Val.

BREMAN: porte-faix faisant partie d'une association, sur laquelle M. de
Formeville a crit un mmoire curieux. De l'islandais _ber_, porter, et
_man_, homme.

BRENCHE (s. f.): petite ordure. De bren ou bran. A.

BRENE. Voyez BRANNE.

BRNES ou BRANNES: mamelles de la truie. Du celtique-breton _brennid_.

BRESI ou BRESIL: bois de Fernambouc. Sec comme bresil. Dans cette
locution, _sec_ s'est chang en _sal_, et l'on dit souvent: sal comme
bresi. Dans le Jura, on donne ce nom  de la viande de vache que l'on
fait boucaner pour la conserver, dit M. Monnier, dans le _Vocabulaire
de la langue rustique et populaire du Jura_.

BRESILLER (v. a.): mettre en pices, craser, pulvriser comme du bois
de Brsil. En picard, _bersiller_; en languedocien, _brsilla_.

BREUIL: nom de plusieurs communes de Normandie. De l'ancien franais
_broil_ (_broilum_, dans la basse latinit), qui signifie bois,
broussaille. Le vieux pote Alexandre de Bernai disait, dans le XIIe
sicle:

       El val de Josaphat y est un brouil foillu.

Thibaut, roi de Navarre, emploie dans ses _Chansons_ le mot _broil_. En
roman, _breuil_ et ses synonymes signifient un bois, un buisson.
_Brogilus_ est employ dans un Capitulaire de Charlemagne (_De villis_,
cap. 46) dans le sens de bois ou bocage.

BREUILLE (s. f.): duvet des oiseaux nouvellement clos. Expression
mtaphorique tire de breuil. B.

BREUILLER: rder dans les bois, les _breuils_. A.

BREULE: bricole. Voyez BRLE.

BREUME: obscurit. De _bruma_. C'est _eu_ pour _u_, comme preune pour
prune, eune pour une, etc.

BRICHE (s. f.): ordure, excrments, tre ou objet de nulle valeur et
mprisable. Roman.

BRICHET; BRUCHET: creux de l'estomac, le sternum. En roman, _brechet_.

BRICOLI: brocoli, jets de choux monts en fleurs. Du celtique-breton
_caul_ ou _col_, chou.

BRICOLIQUE: ramas d'objets divers. Corruption du mot bucoliques.

BRICON: mauvais sujet. En italien, _bricone_. Ds le XIIe sicle, Wace
avait employ ce mot dans son _Roman de Rou_ (v. 4184):

       Blasmez en seriez, et tenu por bricon.

BRIDESAVIAU (s. m.): ruban troit de fil cru. Nicot dfinit par _nug_,
bagatelles, le vieux mot brides--veaux, dont Piron s'est servi dans une
de ses pigrammes.

BRIE: machine de bois pour _broyer_ la pte.

BRI (Pain): pain de pte ferme, _brie_ (broye) et fortement manie.
Brieu en patois Bourguignon. Dans le patois du Jura, brier signifie
presser en foulant aux pieds. En effet, pour brier le pain dont il
s'agit, un homme en presse dans le ptrin la pte sous ses pieds
couverts d'un sac de toile.

BRIRE: bruyre (_erica_), lande.

BRIFFONNIER: marchand de volailles et de menues denres. Du celtique
_dibrif_, manger, ou de _brifa_, manger avec avidit; mots d'o l'on a
tir briffer, briffaud, dbrider. Ainsi le briffonnier est un marchand
de comestibles, tels que volailles, oeufs, etc.

BRIGANDINE (s. f.): planches minces dont on fait ordinairement les
cercueils. B.

BRIGANT: hanneton, mans. Manche.

BRIMBALLER: traner  et l. Du vieux mot _baller_, danser, sauter.
Voyez TRIMBALLER.

BRIMBORIONNER: crire ou parler sans raison. S.-I.

BRIN (s. m.): petite quantit, un petit brin; donnez-m'en un brin.

BRIN (adv.): rien, pas du tout. Je ne vous en donnerai brin.

BRINCANDER: remuer minutieusement _brin  brin_. Orne.

BRINDELLE: brindille, menue branche.

BRINDESINGUES: ivresse gaie.

BRINGE: petite branche. L.

BRING: mme signification que BRANG. B.

BRINGE: bon nombre de coups de bringe. L.

BRINGER: fouetter avec des _bringes_. Ce verbe est roman, ainsi que le
substantif bringe.

BRINGUE (s. f.): brebis. A. Voyez BIRINGUE.

BRINGUES: morceaux, pices brises menu. Mettre en bringues: mettre en
pices. Id. en patois Lorrain.

BRINGUET: boeuf de couleur bringe. Voyez BRANG.

BRINOTTER: mcher lentement, _brin  brin_.

BRISAS: qui _brise_ tout, maladroit. L.

BRISCOT: canard. Mortain.

BRIS (s. m.): jachre rcemment brise par le labourage. B.

BRISION (s. f.): grand _bruit_.

BRISTONNER: divulguer, _bruiter_.

BRIT: bruit. L.

BROCHE: aiguille  tricoter.

BROCHER: se faire jour, pntrer  travers une haie ou des
_broussailles_. De l'ancien franais _brocer_, parcourir les bois, les
broussailles. Roman. En patois Walon, _broki_ signifie fondre sur,
foncer.

BROCHON: bourgeon, bouts de jeunes branches garnis de leur feuillage,
qui tombent briss sous les coups de gaules, lorsqu'on cueille les
fruits.

BROCSON (s. f.): femme grossire et malpropre. Voyez TOCSON.

BRODER: tricoter. A.

BRODURE: broderie. M.

BROE; BROUE (s. f.): cume de la bouche.

BROIL. Voyez BREUIL.

BROILLE (s. f.): gros ventre. Hydropisie chez les animaux, surtout chez
les lapins domestiques. Voyez BOILLE.

BROILLU: qui a un gros ventre.

BRONBRON: rouet. Onomatope. A.

BRONCHAS; BRONCHIOUS: hanneton. Onomatope,  cause du bruit que cet
insecte fait en volant.

BRONDIR: brandir; faire bruire une pierre qu'on lance avec la fronde.

BRONFIOUS: hanneton. De _brou_, feuilles,--parce qu'il dvore le
feuillage des arbres.

BROQUE: broche.

BROQUETTE: pnis d'enfant. M.

BROTER: cumer, jeter de la _broue_.

BROTILLON: broutille.

BROU: feuillages que l'on donne  _brouter_ aux bestiaux; jeunes
feuillages des arbres.

BROUBIQUET: chvre-feuille. C'est la mme ide, puisque _brou_ signifie
feuille, et biquet, chevreau.

BROUE: cume  la bouche.

BROUE: brouillard pais. A.

BROUER: cumer de la bouche, jeter de la _broue_.

BROUER; BROUIR: roussir, _brler_. En patois Walon, _brouler_: brler,
havir.

BROUETTEUX (s. m.): msange  longue queue. B.

BROUSSE (s. f.): terrain inculte, couvert de _broussailles_.

BROUSSETILLES ou BROUSTILLES: menues branches brises. Roman. Du
celtique _broust_, hallier, buisson.

BRUCHET. Voyez BRICHET.

BRULE-BOUT; BRULE-TOUT: binet sur lequel on _brle_ les _bouts_ de
bougie ou de chandelle.

BRULIN: brl. Sentir le brlin, avoir got de brlin.

BRUMAN: nouveau mari. En roman, ce mot signifie gendre.
tymologiquement, c'est l'homme de la bru.

BU: bouleau. Falaise.

BUAN: brouillard pais. Roman. Du celtique _Bu_.

BUCAILLE (s. f.): fourr de bois, bocage.

BUCHER: tailler, couper dans une pice de _bois_. L'Acadmie n'emploie
ce verbe que dans le sens de faire des bches.

BUE: vapeur de l'eau _bouillante_. Lessive. Mnage draisonne
longuement sur l'origine de ce substantif, que Huet fait avec raison
venir du grec [Grec: _bu_], d'o est tir le verbe latin _imbuo_ et le
mot franais _imbu_. En effet, le linge est imbu par la lessive qui
l'abreuve. Dans une de ses ballades, Villon dit:

       La pluye nous a buez et lavez.

_Bua_ en patois du Jura. _Bouaie_ en patois des Vosges.

BUETTE: bchette. Manche.

BUFFE: coup ou soufflet qui fait enfler ou _bouffir_ la joue.

BUFFET DE SERVICE: buffet. L.

BUHOT: sorte de tube en bois pour prendre les taupes. Il est un autre
buhot dont les faucheurs se servent pour placer et humecter la pierre 
aiguiser la faulx. A Vire, on appelle buhot un gros sabot qui ressemble
un peu au buhot du taupier. L.

BUHOTTE (s. f.): petite limace.

BUNE: caprice. B.

BUNETTE (s. f.): fauvette trane-buisson ou fauvette d'hiver (_Motacilla
modularis_). Bunette, probablement pour brunette,  cause de sa couleur.
Dans le patois Troyen, la bunette est la mauviette.

BUOTTE: pige  taupes. Voyez BUHOT.

BUR ou BURE: habitation de village. De la basse latinit _burum_.

BURAS: sorte de bure, toffe.

BURET: porcherie. De _bur_. En Auvergne, on appelle une vacherie buron.
Le bure, en franais, est un puits profond dans les mines. B.

BURET ou plutt BURRET: premire mue des jeunes oiseaux dont la plume
n'est alors qu'une sorte de _bourre_.

BURGUER: heurter brutalement, _brusquer_, pousser rudement. Raynouard
(_Lexique roman_, II, 27) dit que les troubadours employaient le mot
_burs_ dans le sens de choc ou coup.

BUSOQUER: agir en buse, oiseau stupide; perdre son temps  de niaises et
sottes occupations.

BUSOT: poil follet, plumes naissantes; brin de paille, ftu.

BUSSE: petit tonneau. En basse latinit, _bossex_; en roman _bosse_.

BUTAS: homme grossier, lourdaud. En roman, _butau_.

BUTE: butte, cte, chemin montueux et rapide.

BUTER: broncher, comme lorsqu'on heurte avec le pied une petite _butte_.

BUTILLE (EN): en masse. De butte. B.

BUTILLON: panier  tissu clair, et allong en bouteille. V.
_Butiglionus_ dans Du Cange.


C.


CABAGTIS: CABAJITIS: dpt dsordonn de vieux effets, de vieux _cabas_
sans valeur, jets dans un _cabinet_. En patois du Jura, _cajabiti_,
_cajibiti_. De _cage_: _cavea_. A.

CABARET: avant-toit. A.

CABAS: vieux meuble grossier.

CABAS: tromperie. Employ en ce sens par Jean Joret.

CABASSER: tromper. Ancien franais.

CABIET: chat.

CABIN: petit cabinet malpropre. A.

CABINE: ravin.

CABINET: petite armoire. A.

CABLER: fermer bruyamment une porte ou toute autre ouverture. En roman,
_cable_ signifiait un arbre ou une branche que le vent a casse. On dit
dans le patois du Bessin: Cette porte ou fentre _cable_, c'est--dire
est agite bruyamment par le vent.

CABOCHE (s. f.): tte de vieux clou. De _caput_, tte.

CABOT: ancienne mesure contenant un demi-boisseau. Du grec [Grec:
kabos], mesure. Aux environs de St.-Lo, de Bayeux, etc., cabot signifie
tas, monceau. Mettre le foin en cabots, c'est le runir en petits
monceaux.

CABOT; CHABOT: petit poisson de rivire  grosse tte. De _caput_.

CABOURE: mauvaise maison dlabre. B.

CABOUSSAT: soupe au babeure. O.

CABRE: bruit. A. Voyez CABLER.

CABREUX: conducteur de bestiaux. B.

CACAPHONIE: cacophonie.

CACHARD, DE: qui aime  dissimuler; paresseux, qui ne va qu' force de
coups. Bte cacharde.

CACHE: chasse. S.-I.

CACHE-PUCE (chasse-puce): menthe poivre (_Mentha piperita_).

CACHER: chasser devant soi. En roman, _cachier_. Dans la _Dance aux
aveugles_ on emploie l'expression cacher pour chasser. L.

CACHEUX: celui qui _cache_ ou chasse devant lui les btes  cornes aux
marchs. L.

CACHOTTER: faire des _cachotteries_, faire un mystre de choses peu
importantes.

CACHOTTIER, IRE: qui fait des cachotteries.

CACOUARD: frileux, souffreteux. B.

CACOUE (s. f.): roseau  balais (_Arundo phragmites_). B.

CADELER: soigner avec grande affection. En roman, _cadeler_, _chadeler_,
signifient conduire; _cadeau_ et _cadel_, jeune chien. Ainsi cadeler un
enfant, c'est le traiter comme un petit chien chri.

CAFOUIN: caf faible et lger, mauvais caf.

CAGE: plein une cage. Une cage de volailles grasses.

CAGNARD: sorte de rchaud en fonte. L.

CAGNET: paille de sarrasin. O.

CAGNOLLE: nuque. La _Muse Normande_ dsigne sous ce nom la mort. En
islandais, _kenni_ signifie mchoire.

CAGNON (de morue): _chignon_ de la tte de ce poisson sal. Roman, comme
_cagnolle_. Roquefort pense que ces mots viennent du latin _catena_,
chane, parce que la nuque ressemble  un chanon. L.

CAHUHAN: chat-huant.

CAIAMAN: grand coquillage spirivalve. Voyez CALIN. B.

CAIGNOT: petit enfant. De _canis_, chien. On dit, par mignardise,
caignot pour mon petit chien, comme d'autres disent: mon petit chat, mon
minet. A.

CAILLE: ml de blanc et de couleur fonce. Un boeuf caille, une vache
caille; qui a le poil tachet par masses de blanc et de fauve, ou de
noir et de blanc. A Bayeux et dans la Manche, on dit _cailli_ et
_caill_.

CAILLES; CAILLE-BOTTES: grumeaux de lait caill.

CAILLOU: noyau d'un fruit tel que l'abricot, la cerise, etc. L.

CAIMAND, DE. Voyez QUMAND. Roman.

CAIN ou CAHIN (LA SEMAINE): la semaine-sainte. B.

CAINE: chane. Id., dans le patois Picard.

CAINGEON. Voyez CAIGNOT. A.

CAIGNOT: jeune chien.

CAIR: clair. A.

CARAILLER: ne boire que le bouillon de la soupe, que le cair (le clair)
du potage. A.

CAIRE: cure. De _caro_, chair. A.

CALAMISTRER: ajuster, parer avec recherche. Dans la basse latinit,
_calamistrare_.

CALARD, DE: paresseux, poltron. B.

CALEBOTTER (en parlant du lait): cailler. V. TRUTER. Ce verbe, en
parlant des sauces, signifie se coaguler sur le feu en grumeaux, comme
les caillebottes du lait caill.

CAL: bien tabli; solidement riche et remarquablement habill. De
_cale_.

CALE: grande quantit. Valognes.

CALEHEAU: caniveau. La lettre _h_ s'aspire. L.

CALENGER: discuter un prix, stipuler dans un march avant de conclure.
En roman, disputer, quereller. Autrefois _challengier_, que M. Paulin
Paris fait venir de _calumniari_, chicaner, et M. Pierquin de Gembloux
de l'anglais _to challenge_, prtendre, rclamer, verbe qui plus
vraisemblablement fut port en Angleterre par les Normands[13]. Roquefort
dit que le verbe calenger, en Normandie, signifie barguigner, et, avant
M. Paris, il l'a driv de _calumniari_.

[Note 13: La conjecture de M. Louis Du Bois est confirme par ce court
article: callenge, _an accusation_, p. 34 de l'ouvrage prcieux et
rare intitul: _A Dictionary of the norman or old french language..._;
by Robert Kelham. London, 1779; in-8. J. T.]

CALER: refuser un dfi. C'est ce que l'on appelle (figurment aussi)
saigner du nez.

CALESENIER: nonchalant, fainant.

CALEUX: paresseux. R.

CALIBARAUD: entre deux vins,  demi-ivre. Evreux.

CALIBAUDE: feu de fagot ardent et clair.

CALIBORGNETTES: lunettes. Valognes.

CALIBORGNON: qui a la vue trs-basse. L.

CALIBREDA (A):  califourchon. A.

CALIFOURQUETTE; CALIFOURCHETTE (A):  califourchon. L.

CALIMAON et CALIMACHON: colimaon.

CALIN: petit coquillage spirivalve que l'on mange cuit. B.

CALIN et CALUN: suite d'clairs sans tonnerre, qui illuminent l'horizon.
De _calor_, chaleur. B.

CALINER (v. n.): clairer. B.

CALINER: dorloter. L.

CALOBRE: sorte de robe, vtement de drap grossier. De la basse latinit
_colobium_, employ par Orderic Vital, t. I, p. 233. En roman, _calobe_:
vtement long sans manches. Le substantif roman _caltre_ signifie
draperie.

CALORET: petit bonnet de mauvais got. De calotte. A.

CALORGNE: louche.

CALOT: petit trsor, magot.

CALOT: morceau de bois, provenant de dbris des arbres employs  faire
des sabots. _Calots_: gros copeaux. Bale ou son du sarrasin.

CALOT: sorte de bonnet d'enfant. De _calotte_.

CALOTIN: terme de mpris, en parlant d'un prtre qui n'a de
recommandable que sa _calotte_.

CALOTTE (s. f.): coup de la main sur le derrire de la tte, sur la
partie de l'occiput, o les ecclsiastiques placent leur _calotte_.

CALOTTER (v. a.): donner un coup sur le derrire de la tte. Le sens de
ce mot s'est tendu aux claques sur la figure.

CALUCHOT: mauvais bonnet. A.

CALVET: sommet de la tte, qui est le plus expos  la _calvitie_.
Valognes.

CAMAIL: travail  l'extrieur. Cette domestique est peu propre aux
travaux de l'intrieur du mnage, mais elle est bonne pour le _camail_.
L.

CAMBOT: petit enfant dbile.

CAMBOTTES (s. f. pl.): espce de paniers qu'on place sur les cts du
bt pour porter le fumier. A.

CAMBRE: chambre, chanvre.

CAMBROUSE: mauvaise _chambrire_. Ce mot appartient  l'argot ancien.

CAMELOTTE: pacotille, marchandise. Argot rcent.

CAMIRE: camomille (_Anthemis_). B.

CAMIOLE, ou plutt CAMIONNE: charge d'un camion.

CAMIONNER: charrier dans un _camion_, petite charrette  bras, dont le
nom vient du roman.

CAMPOUSTAIN, NE: affect dans sa marche, et qui se _cambre_ pour se
donner bonne grce.

CAMPUNELLE: clochette d'glise. De _campana_, cloche. Voyez TINTENELLE.
En roman, _campanelle_, _campenelle_.

CANAILLON; QUENAILLON: enfant.

CANCHELER: chanceler. Roman. S.-I.

CANCHIRE (s. f.): sillon transversal par lequel on entre dans le
champ. Pluquet.

CANCHON: chanson. S.-I.

CANEBOTTE: chenevotte. De _cannabis_.

CANEON: caleon. Appartient au patois Lorrain.

CANEHOTTE: oie sauvage. Valognes.

CANESRE (s. f.): mlange d'eau et de jus de rglisse, dont se rgalent
les enfants.

CANET: caneton, jeune canard. D'_anas_.

CANETTE: petite boule de marbre avec laquelle jouent les enfants.

CANI. Voyez CHANI.

CANISSURE. Voyez CHANISSURE.

CANIVIRE: chenevire.

CANIVIEUX: chenevis.

CANIVOTTE: chenevotte.

CANJON: petit enfant. A.

CANNE: cruche. Roman. Voyez CHANNE. L.

CANNE-PTOIRE et CANNE-PTOUSE: sorte de tube en sureau, pour lancer
soit de l'eau, soit de menus projectiles.

CANNE: contenu de la canne.

CANNETTE: bobine  rebords sur laquelle on enroule, avec le dvidoir, le
fil pour les toiliers. Du celtique _kanel_.

CANT: ct, _champ_. Dans ce sens, l'Acadmie appelle _champ_ le ct le
moins large des pices carres, soit charpente, soit briques, soit
pierres de taille. De l'islandais _kant_, ct.

CANTER: pencher sur le ct.

CANTET. Voyez CHANTEAU.

CANVERSER: renverser sur le ct.

CAPE; TTE DE CAPE: chaperon noir que les femmes portaient autrefois,
avant que les parapluies fussent devenus communs, et qui couvrait la
tte et les paules. De _caput_, tte. Peut-tre de _capella_, chvre,
parce que ce vtement tait fabriqu avec du poil de cet animal.

CAPENDU: court-pendu. Sorte de pomme trs-bonne  manger.

CAPER: se renfrogner sous _cape_. Valognes.

CAPET et CAPIAU: chapeau. De _caput_.

CAPET-TAGNEUX: bardane (_Arctium Lappa_), parce que les enfants en
jettent dans les cheveux les graines qui s'y attachent comme la
_teigne_.

CAPIFAUT: Colin-Maillard, sorte de jeu qui, couvrant les yeux, fait
_faillir la tte_. S.-I.

CAPINE-CAUCHE. Voyez CHAPIN.

CAPOGNER (v. a.): donner des coups de _poing_ sur la tte de quelqu'un.
En patois Walon, _k'pougn't_ signifie gourmer, battre  coups de poing.
Voir le Dict. de Cambresier.

CAPON: poltron. De chapon, coq rendu lche par sa mutilation.

CAPONNER: agir en poltron, reculer devant tout dfi.

CAPRICORNE (s. m.): le scerambix musqu. B.

CAPUCHER. Voyez CAPOGNER. B.

CAPUCIN: c'est l'insecte appel _Oryctese nasicornis_. B.

CAQUETOIRE (s. f.): larynx, la luette, qui produit le caquet.

CAQUEUX: couteau pour ouvrir, _caler_ les hutres, les extraire de leur
_caque_. B.

CARABAS: mauvaise voiture, vieux carrosse.

CARABIN: sarrasin (_Polygonum fagopyrum_).

CARAPON: sorte de bonnet d'homme, fabriqu avec une peau de renard, de
chat, etc. B.

CARAS: sorcier, dguenill. De la basse latinit _charogus_ et
_charogius_: sorcier.

CARCAN: mauvaise bte, homme mchant qui mriterait d'tre mis au
carcan.

CARDON: nom donn, sur le littoral de Caen,  une espce de crevette qui
s'y pche en abondance.

CARDON-LANIER: chardon  foulon,  bonnetier (_Dipsacus fullonum_).

CARETTE: charrette. Voyez QUERETTE. S.-I.

CARME-PERNANT; CARME-PRENANT: crpe de farine de bl que l'on fait aux
Jours-Gras, lorsque le _carme_ va _prendre_ ou commencer. L.

CARI: rosse. Manche.

CARIMALOT: charivari. Du patois Rouchi _caramara_, masque. B.

CARME: vers, posie. Du latin _carmen_. Employ par Basselin qu'il ne
faut pas citer comme le pseudonyme de Le Houx. On trouve _carme_ pour
vers dans le _Trsor_ de Nicot.

CARNASSIER, IRE: avide; friand. L.

CARNE (s. f.): mauvaise viande, mauvais cheval, charogne. De _carnis_,
gnitif de _caro_, chair. L.

CAROU: lche, corps sans me. De _caro_, chair. L.

CARRE (s. f.): angle d'un carr; bche fendue et prsentant des carrs
ou angles aigus, droits ou obtus.

CARRE: _quartier_ d'une localit.

CARRELET: petit carr de papier. Vire.

CARRIER (v. a.): charrier. S.-I.

CARROSSE: stalle dont se servent les laveuses. Voyez BINGOT; CASSOT. C.

CARRUE: quantit de terre que la _charrue_ peut labourer en un jour. De
la basse latinit _carrucata_. Pont-Audemer.

CARRIEUR: carrier, ouvrier qui travaille  l'exploitation d'une
carrire.

CARSOGNE: demi-boisseau.

CARTE: pinte, quatrime partie de l'ancien pot. Vire. A Caen, c'est la
pinte, d'un litre environ.

CARTEL (Pain), pain d'lite, coup en le ptrissant de manire  offrir
au four plus de crote sur sa surface divise en quatre. B.

CARTER: faire place, s'carter. En patois du Jura, _se carer_.

CARTEYER: c'est le mme sens que _carter_. A.

CAS: chose, affaire, avoir.

CAS: chaud. S.-I.

CAS: fl. Sonner le _cas_, en parlant d'un vase fl. L.

CASCARINETTES: cliquettes. Se trouve dans le patois Lorrain. De l'ancien
franais _cascagnettes_, dont on a depuis fait castagnettes.

CASSE; CASSE A ROT: lchefrite. Dans le patois Troyen, la casse est un
polon de cuivre. Du latin _capsa_ et _cassa_. Voir Du Cange. A.

CASSEAU: tui pour dposer les aiguilles, les pingles. Du celtique
_caezed_, cassette. Dans le patois du Jura, on dit cachet, cachot. A.

CASSE-MUSEAU: sorte de petit gteau, fait avec de la farine, des oeufs
et du lait caill par la prsure. Dans le dpartement des Vosges, le
_casse-museau_ est un pt fait avec des pommes cuites. _Cache-musiau_,
dans un ancien rglement des juges de la cit de Metz. En Roman,
_cachemuseu_. A.

CASSER: fendre. Casser du bois, le fendre en bches. En bon franais,
casser signifie briser, rompre.

CASSERIAU: petit ravin. A.

CASSET et CASSETIER: mme signification que CASSEAU. Voy. ce mot.

CASSINE: maison de peu de valeur. Roman. De la basse latinit _cassina_.
Ce mot se trouve dans nos vieux potes:

       Or voil le trsor de ma pauvre cassine.
                                        Belleau.

CASSOT: stalle en bois dans laquelle s'agenouillent les laveuses et qui
a l'air d'une _caisse_.

CASTAFOUINE: excrments humains.

CASTARAT: cervel, tourdi. Quel castart! L.

CASTILLE: petite groseille; groseille  grappe. Mnage dit qu'en Anjou
on appelle castille la petite groseille qu' Caen on nomme gade. Voyez
GADE; GARDE et GRADE. Rouchi.

CASTILLIER: groseiller  grappes.

CASTONADE: cassonade. Se trouve aussi dans le patois Lorrain et dans le
patois Rouchi.

CASTROLE: casserole.

CASUEL: fragile. Du verbe _casser_.

CAT; CATTE: chat, chatte. De la basse latinit _catus_. Du
celtique-breton _caz_. Roman.

CATAU (s. f.): femme de mauvaise conduite; _catin_. De quelque femme,
nomme Catherine, qui se comportait mal. A.

CATAUD; CATAS: dissimul, sournois.

CATCHIME; CATICHIME: catchisme.

CATFUT: souricire.

CATELINETTE: le grbe hupp. B.

CATERRE (s. m.): convulsions et coliques des enfants. A.

CATICME (s. m): catchisme.

CATIGNER (v. a.): serrer, _cacher_ dans un coin. O.

CATINER (v. a.): flatter comme fait un chat. B.

CATIS: doucereux, _calin_. Manche.

CATONNER: marcher  quatre pattes, comme le _chat_ vers la souris. L.

CATONS (marcher A). Voyez CATONNER. L.

CATRE (s. m.): cadre.

CATTIR (SE): se pelotonner, se blottir, comme font les _chats_. L.

CATUNE (s. f.): sourcil. B.

CATUNER et SE CATUNER: froncer le sourcil et baisser la tte. B.

CAUCHE: bas. Corruption de _chausse_. Roman. D'o _caucher_, chausser.

CAUCHER: chauler. De _calx_, chaux.

CAUCHIN: sable de chausse. Du latin, _calcare_.

CAUCHON: chausson. Roman.

CAUCHURE: chaussure.

CAUDELE: restes de laitages, conservs dans une barrique, pour faire de
la soupe. De _chaudeau_, bouillon. B.

CAUDIOT (s. m.): feu de joie. De _gaudium_.

CAUFFER: chauffer.

CAUFFETTE: chaufferette.

CAUMONI: fan, fltri.

CAUNIR: fltrir. Un visage _cauni_ est un visage devenu livide. De
_canus_, blanc. En Roman, _caurit_ signifie trpass.

CAUQUE-SOURIS: chauve-souris. Voyez SOURIS-GAUDE.

CAUSER (v. a.): blmer. A.

CAUSETTE: petit entretien familier, sans consquence.

CAUT: artificieux, rus. _Cauteleux_. Roman.

CAUTLE: ruse, perfidie. Ancien franais.

CAUTON (s. m.): tige principale d'une planche. Du latin _caulis_, tige.
MM. Du Mril.

CAUVET: espigle, malicieux, dont il faut se dfier. De _cavere_.

CAUVETTE: petite corneille. Au figur, femme babillarde. Du
celtique-breton _kavan_; du roman _kawe_ ou _kauwe_.

CAVEL: dvidoir.

CAVREAU (s. m.): entre de _cave_ recouverte d'une trappe. A.

CAVIN (s. m.): foss. De _cavus_, creux, comme le franais _cave_. MM.
Du Mril.

CME (s. f.): premire crme du lait, crme fine.

CMITIRE: cimetire. En Roman, _semetire_; en patois Walon,
_simitire_.

CEMPLE: mtier  cemple: mtier  fleurir l'toffe. S.-I.

CENAS: grange, grenier: par extension, chambre, cabinet ou lit mal
tenus. De _cellarium_, d'o est venu cellier, celle. En Roman,
_chenail_. En patois Walon, _sinat_ signifie un fenil. A.

CENELLE (s. f.): fruit de l'aubpine, du houx; fruit en baie; prunelle.
On lit dans les fabliaux cynelle, sanelle et cenle.

CENGLES ou SENGLES. Suivant Pluquet, on appelait ainsi de petites rues
qui formaient une ligne de circonvallation autour des faubourgs de
Bayeux. On disait: les sengles de St.-Patrice, les sengles de
St.-Floxel, etc.. De _cingulum_, ceinture. B.

CENSMENT. Il y a _censment_ une douzaine d'oeufs: il est _cens_ qu'il
y a une douzaine d'oeufs. L.

CENTINE (s. f.): centime.

CPIAU. Voyez SEPEAU.

CERGE (s. f.): charge, fardeau. S.-I.

CERNEAU: sorte de couperet recourb par le bout.

CERSIFIS: salsifis (_Scorzonera purpurea_).

CTRES (s. m. pl.): gestes, faons affectes, manires ridicules.

CETTE-LA; CETI-LA: celle-l; celui-l. L.

CETUI-CI; CETUI-LA: celui-ci; celui-l. Roman. Voyez STI-LA.

CHA: a. S.-I.

CHABERNALE: ngligence. Valognes.

CHABERNAU: savetier. Valognes.

CHACOUTER: coudoyer. L.

CHACOUTER: parler bas, _chuchotter_. En anglais, _to chawter_ signifie
murmurer. B.

CHAI: chair, viande. On dit proverbialement: La chai nourrit la chai,
pour dire: la viande nourrit l'homme mieux que tout autre aliment.

CHAI: cher, d'un prix lev. _Pu chai_, plus cher.

CHAIRE: chaise. Id. dans le patois du Jura.

CHAIRE ou CHRE: tomber, _choir_.

CHAIRU: charnu.

CHALETTE: pantoufle.

CHALIT: bois de lit.

CHALOINE: chanoine. Patois Lorrain. L.

CHALON: chalan, sorte de petit bateau plat. Roman. De la basse latinit
_chalonnium_. A.

CHALUMIN: couteau d'enfant A.

CHALUT: sorte de filet. B.

CHAMBRE (s. m.): chanvre.

CHAMBRILLON: petite servante de peu de service, petite chambrire.
Roman.

CHAMPIRE (s. f.): sillon transversal. De _champ_.

CHAMPLEURE; CHAMPELURE: chantepleure. Roman.

CHANDELEUR (s. f.): la galanthe des neiges (_Galanthus nivalis_);--parce
qu'elle fleurit en hiver, vers l'poque de la Chandeleur, 2 fvrier. L.

CHANDELLE (s. f.): pistil, en forme de battant de cloche. Du
Pied-de-Veau (_Arum maculatum_). L.

CHANGLER: sangler. De _cingulum_. S.-I.

CHANI: _chanci_, moisi. On dit aussi _cani_. De _canus_, blanc.

CHANIR: moisir.

CHANISSURE; CANISSURE: moisissure.

CHANNE: cruche. Roman. Dans le Jura, la _channe_ est une mesure de deux
litres, ce qu'en Normandie on appelait un _pot_. Voyez CANNE.

CHANNE: ce que contient une _channe_.

CHANTERONNER: chanter sans soin, ou fredonner quelque refrain. L.

CHANTUSER: chanter dsagrablement quelques vers d'une chanson.

CHAOLORE: paresseuse. Voyez CHOULE.

CHAPE (s. f.): garniture de cuir pour le flau.

CHAPEAU: cume qui a pris quelque consistance et qui se forme dans le
tonneau sur le cidre. L.

CHAPER (v. n.): marcher en allant et en revenant frquemment sur ses
pas, comme font les _chapiers_ pendant l'office religieux.

CHAPIN; CHAPINE-CHAUSSE et CAPINE-CAUCHE (adv.):  bas bruit, tout
doucement. B.

CHAPLEUSE; CHARPLEUSE; CHARPELEUSE: chatte-peleuse. C'est  tort que MM.
Du Mril tirent ce nom de chair velue: il vient de _chatte poilue_,
parce que la chenille dont il s'agit ici ressemble  une _chatte_ 
longs _poils_. En zoologie, on appelle _chatte-peleuse_ la calandre qui
ronge les bls.

CHAPON DE LIERRE: hibou. B.

CHAPPES; BAISSER SES CHAPPES: tirer ses chausses, tirer ses grgues. A.

CHARABIAH: langage inintelligible. On dit: _parler charabiah_. Cette
expression vient, suivant M. Pierquin de Gembloux, du nom de
Scharakiah, ville d'Arabie, qui donna son nom aux Sarrasins.

CHARAIE: purilit, bagatelles. D'o est venu peut-tre _charade_, dont
on ne trouve pas l'tymologie. Roman.

CHARBONNETTE (s. f.): braise.

CHARDRONNET: chardonneret.

CHARGEAGE (s. m.): action de charger. Id. en patois Lorrain.

CHAROUET (s. m.): charrier. De _charre_.

CHARPI (s. m.): charpie. Id. en patois Lorrain. L.

CHARRE: femme dissolue.

CHARRER: babiller, jaser. De l'espagnol _charlar_.

CHARTERIE: remise dans laquelle on met les _charrettes_  l'abri.

CHAS: chaud.

CHAS (s. m.): colle de farine. A.

CHAS: mauvais bouillon. Du vieux mot _chaudeau_. B.

CHAS: choir, tomber. Il va _chas_: il va tomber. Voyez CHAIRE. A.

CHASSE: rut, en parlant des vaches. Cette vache est en chasse.

CHASSE: chemin rural.

CHASSE-PUCE. Voyez CACHE-PUCHE.

CHAT (PETIT): cureuil. D.

CHATEL: biens mobiliers. On lit dans les _tablissements de Normandie_:
Se aucuns est qui n'ait point d'eritage, et il promet  sa fame or ou
argent en dore, quant vendra la mort  s'omme, li dore soit pris del
commun _chatel_.

CHATELET: dvidoir. A.

CHATONNER: mettre bas, en parlant de la _chatte_.

CHATOURNE: taloche, soufflet.

CHATREUX: sorte de mollusque du genre des poulpes. B.

CHAUBERT: rhume. A.

CHAUDET: lit o il fait _chaud_.

CHAUDIN: fraise de veau. L. A Alenon, on appelle _chaudin_ les
entrailles du porc. Nicot et Mnage font venir le chaudeau du latin
_calidus_, parce qu'on le prend chaud. Je crois que _chaudin_ a la
mme origine, parce que c'est un mets que l'on mange _chaud_ et cuit
dans la _chaudire_. En Roman, _chaudun_.

CHAUFFE-PIED: pice d'une maison qui a une chemine. A.

CHAULE (s. f.): renom, rputation, vogue. B.

CHAUSSE (s. f.): bas.

CHAUSSON: tourte aux fruits. Voyez BOURDIN.

CHAUVIR: dresser les oreilles d'un air sournois et malveillant. Chauvir
de l'oeil: regarder en dessous d'un air ironique. Le satirique Regnier
(sat. VIII) rend le _demitto auriculas_ d'Horace par:

       Je chauvy de l'oreille.

Oudin traduit chauvir, en italien, par _chinare dimenando le orecchie_.
A.

CHAVARIN: charivari.

CHEINTURE: ceinture. S.-I.

CHELA: cela. S.-I.

CHEMER: dsoler. S.-I.

CHEMICHER: pleurer  bas bruit.

CHEMINEAU: sorte de petit pain. Voyez QUEMINEL. Roquefort dfinit ainsi
le chemineau: pain qu'on mangeait dans le carme en Normandie. De la
basse latinit _simenellus_. Voici ce qu'on lit dans les _Mlanges
d'hist. et de litt._ de Vigneul Marville (Bon. d'Argonne), t. II, p. 92:
_Siminellus. Panis similaceus, ex simil._ Grcis [Grec: semidalits].
C'est ce que l'on appelle en Picardie _seminiaux_, selon la remarque de
Du Cange,  laquelle on peut ajouter que les Normands, qui changent
aisment _se_ en _che_, disent chemineaux. S.-I.

CHEMISE DE LA BONNE-VIERGE: sorte de liseron (_Convolvulus arvensis_).
B.

CHENIVIEUX: chenevis. Voyez CANIVIEUX.

CHENOLLE (s. f.): nuque, et par extension, le col. Voyez CAGNOTTE du
cou. De _chignon_. A.

CHENT: cent. S.-I.

CHENTUPLE: centuple. S.-I.

CHENU: bon, de qualit suprieure. En franais, ce qualificatif signifie
blanc de vieillesse. Du latin _canus_; parce que l'on se figure qu'en
vieillissant hommes et choses se bonifient, se perfectionnent: ainsi un
bonhomme, une bonne femme, le bon vieux temps.

CHER ou plutt CHEF: botte de chanvre qui n'est pas encore mis au
routoir. De _caput_. B.

CHERBON et QUERBON: charbou.

CHERBONNIER et QUERBONNIER: charbonnier.

CHRE-PICE: qui vend trs-cher sa marchandise. Les _pices_, venant de
l'Inde, taient autrefois rares et _chres_. L.

CHERET: rouet. Du celtique-breton _kerr_. Vire.

CHERFEU: cerfeuil. En Roman, _cherfuel_. Du latin _cerefolium_.

CHRIR: caresser; faire _chre_  quelqu'un; lui faire bonne mine, bon
accueil. Du grec [Grec: kara], tte, visage.

CHERPENTE: charpente. L.

CHERPENTIER: charpentier. L.

CHTRIN: rachitique. De _chtif_. _Chrot_, en patois du Berri.

CHEUX: chez. Roman. Patois Lorrain. L.

CHEUX: ceux. S.-I.

CHEUX-CHITES: ceux-ci. S.-I.

CHEVERNE (s. m.): meunier, sorte de poisson de rivire. A.

CHEVIR: venir  bout. SE CHEVIR: s'aider, jouir de. Roman. Patois
Troyen.

CHVRE: treteau, chevalet pour recevoir le linge mouill.

CHIASSE (s. f.): rebut; scories de mtaux. Du latin _cacare_.

CHIBATRE: troupe ou runion de personnes ou de choses embarrassantes.
On dit  Lisieux: Va que c'est qu'ou va chiboller te _chibtre_
d'fans: o va-t-elle traner cette troupe d'enfants?

CHIBOLER: traner  et l. En patois des Vosges, _quibauler_ signifie
renverser. Voyez GUIBOLE et QUIBOLE.

CHIBOT; CIBOT (s. m.): ciboule.

CHIBOT: personne sale et dgotante.

CHIC: intelligence, industrie, _chicane_. Roman.

CHICON: guignon.

CHIE-VENT: ptrel (_procellaria pelargica_). B.

CHIEURET. Voyez CHURET.

CHIEZ: flau. Avranches.

CHIGNOLLE (s. f.): manivelle. Mauvais couteau. M.

CHIGNON DE PAIN: _quignon_ de pain. L.

CHIMBRE: fantaisie. De _chimra_. S.-I.

CHIMES (s. f.): rejetons de chou. _Cimes_. B.

CHINCHOUX: passable, mdiocre. Se dit aussi des branches que l'on a de
la peine  rompre. M.

CHINELLE: fruit du prunellier. Voyez CENELLE. B.

CHINGRE: chiche, avare. Voyez PINGRE.

CHINQ: cinq. S.-I.

CHINQUANTE: cinquante. S.-I.

CHINTURE-SAINT-MARTIN: arc-en-ciel. De _ceinture_.

CHIOT: jeune chien. Roman.

CHIPE: cpe. L.

CHIPER (v. n.): pousser des rejetons; former une _chipe_.

CHIPER: (v. a.): drober adroitement. Du latin _capere_.

CHIPIE (s. f.): femme acaritre.

CHIPOTET: soufflet de chemine. Blague ou sac  tabac.

CHIPOTTER: marchander outre mesure. Voyez HARIQUOTER. L.

CHIPOTTIER, RE: qui chipotte. L.

CHIQUER: mcher. Chiquer du tabac, mcher des chiques de tabac. _Chiquer
les vivres_: manger. En Roman, manger et mme boire. En Provenal,
_chica_. En patois Lorrain, on emploie le verbe chiquer.

CHIQUETAILLER (_Tailler par chiquettes_); CHIQUAILLER: dchiqueter.
Voyez COUPASSER.

CHIQUETTE: petit morceau, gros comme une chique de tabac. Donner
chiquette  chiquette: donner _chichement_, donner  regret.

CHIRE: chassie. De cire. En Roman, _chire_. L.

CHIROUNE (s. m.): poix dont les cordonniers font usage. De cirone,
empltre dans lequel il entre de la _cire_.

CHIROUX: chassieux. En Roman, _cirons_. L.

CHITE-CI; STI-CHITE; CHEUX-CHITES: celui-ci, ceux-ci. S.-I.

CHITTE (s. f.): saisissement d'effroi. Avoir la chitte.

CHL: mou. Vire.

CHOAN ou CHOUAN: chat-huant, hibou. Ronsard crivait choan (Odes, I.
II):

       Si nous oyons crier la nuit quelque choan,
                 Nous hrissons d'effroi.

CHOINE (s. m.): sorte de ptisserie. En roman, c'est un pain blanc et
d'lite. Du celtique-breton _choanen_.

CHOLER: tourner. B.

CHON: chat-huant.

CHON: grande cuiller de bois. A.

CHONCHONNER (v. n.): oprer ensemble.

CHONETTE: Fanchonette. Diminutif de Fanchon: Franoise. C'est une
aphrse, comme Goton pour Margoton. L.

CHOPE (s. f.): entretien, conversation. De l'anglais to _chop_,
disputer.

CHOPER: broncher. Voyez BUTTER.

CHOQUER: trinquer; _choquer_ les verres.

CHOQUET: petite cruche  large ouverture. Le _coketa_ du bas latin
signifiait un vase de mesure comme pot, pinte, etc. L.

CHORER (v. n.): sommeiller pniblement, en se plaignant. De l'islandais
_korra_, respirer avec peine. A.

CHORER (v. a.): exciter un chien contre.....

CHOU! CHOU!: cri dont on se sert pour exciter un chien. C'est aussi le
cri par lequel on appelle les cochons. On s'en sert dans le Jura pour
chasser les poules. Voyez TIOT.

CHOUAN: chat-huant. En roman, _chouant_, _chouen_. Voyez HUAIN.

CHOULE. Voyez SOULE.

CHOUPPE (s. f.): houppe de bonnet, houppette. A.

CHOUQUARD: entt; qui a la tte dure comme une _chouque_. A.

CHOUQUE: souche. Roman.

CHOUQUET: souchet, petite ente de peu de valeur. C'est aussi le nom
d'une sorte de pomme douce,  chair ferme, tardive, de moyenne grosseur.

CHU: ce, cet. Voyez SU. S.-I.

CHUCHER: sucer. S.-I.

CHUCOTTER: chuchotter.

CHUCRE: sucre. Roman.

CHUE: cigu (_Conium maculatum_).

CHUILER: mnager, conomiser. A.

CHUNTRE (s. m.): sentier.

CHURET: vaurien.

CHUTER: tomber. Du verbe choir, faire une chute. En roman, _cheoiter_.
A.

CHUTRIN: mauvais lit, grabat A.

CIBO: ciboulle. _Cibo_, comme _cive_, est un substantif roman. Du latin
_cpa_, oignon, et de l'italien _cipolla_.

CICOT: chicot. A.

CIDRAILLER: boire du _cidre_  coups rpts. Roman.

CIEURTAIN: certain. S.-I.

CIEUS: chez.

CIGNOGNE: sorte de pte d'orties et de son, pour les canetons et les
dindonneaux.

CINCE (s. f.): fustigation. Donner une _cince_  un enfant: lui donner
le fouet. A.

CINGLE: mme sens que _cince_.

CIRUGIE: chirurgie.

CIRUGIEN: chirurgien. Dans le XIIIe sicle, _cyrugien_.

CITADELLE (Poire de): poire de livre.

CITRE: cidre. Pathelin a dit dans son _Testament_, p. 126:

       Je ne veuil _citre_ ne pr.

CIVE: ciboule; petite ciboule. Appartient aussi au patois Troyen. Du
Roman, _cves_.

CLACASSE ou plutt CLACUSSE: boisson plate et de saveur dsagrable.
Voyez BISCANTINE. O.

CLAI (s. m.): jus, bouillon. De _clair_. L.

CLAIRE (s. f.): ampoule. L.

CLAIRINETTE: clarinette.

CLAMPIN: lambin. Dans le patois Troyen, _clampet_ signifie demi-boiteux.
De l'islandais _klampi_, cheville, attache. Le clampin est en effet lent
comme un estropi, et ne peut pas plus bouger que s'il tait attach.

CLAMPINER (v. n.): agir nonchalamment.

CLANCHE: clinche, bascule de loquet; partie extrieure du loquet, sur
laquelle on appuie pour l'lever.

CLANCHER (une porte): faire jouer la _clanche_ pour ouvrir.

CLANCHON: animal ou enfant qui ne devient pas aussi grand qu'il devrait
tre. Tels sont les oiseaux qui closent les derniers. Voyez CLOCU. A.

CLAPER: gmir, se plaindre.

CLAPOTTAGE: agitation bruyante de l'eau. Au figur, bavardage.
Onomatope.

CLAPOTTER: agiter l'eau mal  propos. En roman, _clabotter_: couvrir de
boue. C'est un de ces mots que les marins normands du moyen-ge,
notamment des XVe et XVIe sicles, ont emprunts  leur langue
maternelle pour les introduire dans la marine.

CLAPOTTIER, RE: tripotier, bavard, brouillon.

CLAPURE. Voyez CLACASSE ou CLACUSSE.

CLAQUARD: bavard. B.

CLAQUARD ou CLAQUE: sorte de grive. Crabe.

CLAQUE: bavarde.

CLAQUE: espce de grive.

CLAQUET: _Rhinantus crista galli_. Voyez FLAQUET.

CLAS: sorte de barrire de branchages lis, _claie_. Du verbe _clore_.

CLATRE: quantit surabondante.

CLAVAU; CLAVIOT: bton pour serrer la corde qui assujettit la charge
d'une voiture.

CLRON (s. m.): espce de sonnette que l'on attache au col du cheval ou
des btes  cornes, pour les retrouver plus facilement dans les bois.

CLIAIS: flau. _Clas_ en patois du Berri.

CLICHE (s. f.): forme  fromages. Du mot _clisse_, autrefois employ.
Voyez FOISSELLE.

CLICHE (s. f.): foire, diarrhe. L.

CLICHER: foirer.

CLIFOIRE (s. f.): petite seringue de sureau, dont les enfants se servent
pour lancer de l'eau. Onomatope. A.

CLIMUCHETTE; CLIMUSETTE (s. f.): cligne-musette, jeu d'enfants. De
cligne-mussette ou cligne-musette: _cligner_ et _musser_ les yeux, ou
_cligner_ le _museau_.

CLINCAILLERIE: quincaillerie. L.

CLINCAILLIER: quincaillier. L.

CLINCHER: clisser. S.-I.

CLINE: brebis en mauvais tat.

CLINQUE: coqueluche.

CLIOCHER: _clocher_, boiter.

CLIOUCIR (v. n.): souffler.

CLIPE: foire. Voyez CLICHE. L.

CLIPE: jet de boue liquide.

CLIPER: jaillir, faire jaillir, en parlant de boue liquide ou d'eau. L.

CLIPER: foirer. L.

CLIPOT: bavardage mdisant.

CLIPOTTIER, RE: bavard, de, qui mdit.

CLIQUETTE: petit poisson de mer, plat.

CLOCHETTE: liseron (_Convolvulus arvensis_);  cause de sa fleur qui a
la forme d'une petite cloche. C'est la plante qu'en patois on appelle
LIOT. Voyez ce mot, et CHEMISE DE LA BONNE-VIERGE.

CLOPOING: sorte de crabe, qui ressemble au _poing clos_ ou ferm. B.

CLOQUER (v. n.): glousser. Du latin _glocire_. Onomatope.

CLOSERIE; CLOUSERIE: petite ferme. De _clos_. A.

CLOSIER: fermier d'une closerie. A.

CLOUQUETER: glousser. Voyez CLOQUER. C'est la traduction plus fidle de
_glocire_.

CLUCHER: glousser. De _glocire_. En Roman, _closser_; en Provenal,
_cloucho_.

CLUCHON: petit clou, clou  soufflet. L.

CMENT ou QUEMENT: comment, comme. _Cment la_, comme cela.

MITIRE (s. m.): cimetire.

CMODE; CMODITS: commode, commodits. L.

CO; ACO: encore. Roman.

CO: col. En roman, _cos_.

COAS (s. f.): corneille. Onomatope. A.

COCALINCOT: coquelicot (_Papaver rheas_). A.

COCANE (s. f.): narine. O.

COCHELIN: fruit de l'glantier. A.

COCHELIN: tourte aux fruits, gteau long. Par extension, un cadeau. Le
coquelin ou la cocheline, dans l'Eure-et-Loir, est une sorte de gteau
pour le premier jour de l'an. Voyez BOURDIN.

COCHNE; COQUNE (s. m.): viorne, que l'on appelle aussi mansienne
(_Viburnum lantana_).

COCHON: cloporte.

COCHONNE: cochonnerie; ordures. A.

COCHONNET: fruit de l'glantier (_Rosa canina_).

COCI. Voyez COSSI.

COCO: oeuf. Terme enfantin.

COCO: mignon. Voil un joli coco: voil un plaisant mignon.

COCO: garon mal fait, mal tourn, sale: quel vilain coco!

COCODRILLE: crocodile.

COCONNIER: marchand d'oeufs. Roman.

COCOPONETTE: ttillon. On dit dans ce sens: c'est un metteur de poules
couver.

COCOTTE: poule. Terme enfantin. De _coq_, dont elle est la femelle.

COCOU ou COUCOU: primevre des champs (_primula veris_), qui fleurit au
retour du _coucou_.

COEUR (JOLI): il fait le joli coeur: il fait l'agrable. Il est comme
joli coeur gote de rien: il fait le difficile, il ne gote d'aucun
mets.

COEURAILLER: prouver des nauses, des maux de _coeur_. Dans le patois
de Grenoble, on dit _corailli_: avoir la corailli.

COEURE: cure, proie, charogne dont l'aspect est propre  soulever le
_coeur_,  faire _coeurailler_. Altration du mot _cure_. Voyez PRAE.
En patois Walon, _cure_.

COEURIAL, E: qui a bonne mine, qui fait plaisir au _coeur_; cordial.

COEURU, E: courageux, qui a du coeur.

COFERT et COFI: meurtri, chiffonn, soulev ingalement, bossu, etc.

COFIN: cornet de papier. Roman. Du grec [Grec: kophinos].

COFIR: meurtrir, craser, se bossuer ingalement. Du grec [Grec:
koptein], frapper. A.

COFFRET: meuble de planches, stalle formant une sorte de petit _coffre_
ouvert, dans lequel les laveuses s'agenouillent pour leur travail, sur
le bord de l'eau. L.

COGER A: dterminer . Roman. Du latin _cogere_. A.

COHAN: pot de terre, dont l'anse est en dessus, est dans la partie
suprieure, comme dans le panier appel _butillon_.

COIMELER: gmir. Voyez CUSSER.

COIS: paquet de chanvre roui. B.

COITE ou COUETTE (s. f.): lit de plume. Autrefois on disait cote,
couate et coute. On lit dans le roman de _Garin-le-Loherain_:

       Li messagiers autres le Flamant vint,
       Iluec trova sur une _coute_ assis.

M. Pierquin de Gembloux, qui a remarqu que M. Paulin Paris n'a pas
entendu le mot coute, n'a pas lui-mme mieux entendu l'expression
couate, qu' ce sujet il dit tre une mesure de capacit trs-connue
dans l'idiome no-celtique du Jura. Nous pensons que la coite, lit de
plume, carreau, oreiller, est un mot qui vient du latin _quies_,
_quietus_, dont nous avons fait coi, se tenir coi; coite, lit de repos;
et coutil, sorte de toile  tissu trs-serr, dans laquelle on enferme
et contient la plume dont il s'agit.

COITI: coutil. De coite.

COLAPHISER: souffleter. Du latin _colaphus_: soufflet. Voyez JAFE.

COLAS (s. m.): corbeau, corneille. Voyez COAS.

COLIDOR: corridor.

COLIFAM: effmin. Corruption de Colin-femelle.

COLIN: sorte de poisson, du genre des Gades. B.

COLIN-FEMELLE; COLIN-FEMMETTE (s. m.): homme minutieux, qui s'occupe de
travaux de femmes. Voyez COLIFAM; NIGON; TATE-MINETTE.

COLLE (s. f.): bourde. C'est une colle; c'est bon pour la colle.

COLLER (v. a.) interloquer, embarrasser, mettre dans l'impossibilit de
rpliquer, comme si on _collait_ la bouche.

COLLETONNER: colleter, lutter, se reprendre au _col_. L.

COLURE: toilette soigne. L.

COMBIEN QUE: combien. Combien que le bl se vend: combien le bl se
vend-il? L.

COMBLER A:  force d'instances dterminer . L.

COMME; COMME A: il m'a dit comme a que: il m'a dit que.--COMME DE
juste; COMME DE raison: comme il est juste, comme le veut la
raison.--COMME PAR LEQUEL: on lui a dlivr un certificat _comme par
lequel_ il a satisfait: certificat attestant qu'il... L.

COMME TOUT: beaucoup. Se dit aussi dans le patois Lorrain et dans le
patois Troyen.

COMMRIAL: affable. Vire.

COMONI: fan, fltri. C'est une penthse. De _cauni_. Voyez CAUNIR.

COMPAGNE: compagnie, socit. Ancien franais. _Vie de Bayard._

COMPRE (s. m.): gilet. A.

CONARD: fou, sot. Il y avait une confrrie des Conards  Evreux, o on
disait:

       Conards sont les Buzots et non les Rabillis;
       _O Fortuna potens, quam variabilis!_

CONDITION: domesticit; place de domestique.

CONFIRE (s. f.): consoude (_symphitum officinale_). En anglais,
_comfrey_.

CONFLEURIE: confrrie. S.-I.

CONFONDRE: gter, dtriorer considrablement.

CONFUSION: abondance dsordonne. L.

CONGNOITRE; CONGNOISSANCE: connatre, connaissance. Roman. Du verbe
latin _cognoscere_. O.

CONRAYEUR: corroyeur. De l'ancien franais _conreur_, _conreur_. L.

CONROI: glaise. A.

CONSQUENT: considrable, de consquence.

CONSOMMER: anantir. Le froid me consomme; je suis consomm de coliques.

CONTEOR: avocat, dfenseur en justice. L'ancienne Coutume de Normandie
s'exprime ainsi: conteor est que aucun establit pour conter pour lui en
cort.

CONTREBOCHE (s. f.): surabondance.

CONTRE DE: contre. Contre de lui: contre lui.

CONTREMONT; CUCONTREMONT: violette de chien, violette inodore.

CONTREPORTEUR: colporteur. L'Estoille employait ce mot, en 1609. Des
Perriers (_Nouv. IV_) crit contreporter pour colporter.

CONTR'HUS; CONTREHUIS: petite porte en treillage ou en lattes, mnageant
l'entre de la lumire et ne permettant pas aux volailles de pntrer
dans la maison; treillage en paille pour garantir du vent.

COQ: renoncule pivoine;  cause de sa couleur qui est rouge comme la
crte d'un coq.

COQ-ANGUILLE: insecte aquatique. C'est l'_Hydrophylus picus_. B.

COQ A DINDES: coq-d'Inde.

COQ A POULES: coq, mle de la poule.

COQCIDROUILLE (s. f.): qui fait l'importante. S.-I.

COQUELOURDE; COUQUELOURDE: julienne (_Hesperis matronalis_). La
vritable coquelourde est l'_Agrostemma coronaria_.

COQUER et non pas CAUCHER: cocher, en parlant du coq ou de toute autre
volaille qui fconde sa femelle.

COQURAN: hermaphrodite. Coutances.

COQUET: cochet, jeune coq.

CORBICHE: cabriole.

CORDER (v. a): cordeler, disposer en corde le bois de chauffage.

CORE: encore. Par aphrse. Voyez ACO.

CORE: fressure. Du latin _prcordia_; de l'italien _corata_. App. au
patois Bourguignon. Voyez HATILLE.

CORIEU: courlis, oiseau de passage. En Roman, _courlioux_.

CORNARD (cheval): cheval poussif, atteint de cornage (sifflement de sa
respiration qui imite le son d'un _cor_).

CORNEBICHET: Bernard-l'Ermite, sorte de coquillage univalve.

CORNEILLE (s. f.): orchis.

CORNICHE: planche ou tablette de chemine. L.

CORNIER: tuile creuse et anguleuse pour les coins des couvertures. Du
Roman, _corne_, coin.

CORNIFLER: pier. Du verbe cornifler.

CORNU (Pain): petit pain blanc, de pte ferme, fendu, en quatre cornes 
sa surface, pour obtenir plus de crote.

CORPORAL: caporal. S.-I.

CORPORENCE: corpulence. L.

CORS: qui a du corps, toff.

CORSE; CURE: _corps_ devenu charogne.

CORSELET: corset. Patois Lorrain.

CORSER: lutter corps  corps. Dans l'ancien franais, _cosser_
signifiait lutter.

CORSIR: racornir. A.

CORSU. Voyez CORS.

CORTINE: rideau de lit. Du latin, _cortina_.

COSSEAU ou COSSET (s. m.): plume  crire non encore taille. B.

COSSI: courbattu, meurtri.

COSSIAU (s. m.): sorte de petit vase, dans lequel les faucheurs placent
leur pierre  aiguiser pour l'humecter. En usage aussi dans le
dpartement de la Mayenne. Du latin, _cos_, nominatif inusit de
_cautis_, pierre.

COSSON (s. m.): sorte de ver blanc, qui ronge les vgtaux; charanon.

COTE (s. f.): ct. _Mettre de cte_: mettre de ct. A COTE:  ct.
PAR A COTE: par  ct.

COTE (s. f.): range.

COTILLAGE (s. m.): terrain en petits _coteaux_. L.

COTIN (s. m.): maisonnette. Employ par Wace. En anglais, _cottage_. De
l'islandais _kot_. En celtique-breton, _koat_, _koad_, signifie bois.
Ainsi, le _cotin_ tait vraisemblablement d'abord une cabane en
charpente, comme on en voit tant en Normandie.

COTIR; FAIRE COTIR: jaillir, faire jaillir.

COTIR (SE): s'chauffer en parlant du bois qui se gte. Du
celtique-breton _koat_, bois.

COTIR. Voyez COFFIR. A.

COTON et non CAUTON (s. m.): nervure d'une feuille ou d'une tige; sorte
de _cte_. De _costa_ et non pas de _caulis_.

COTONNETTE: cotonnade, toffe de coton. L.

COTTER: jaillir. Roman. Voyez COTIR.

COUAILLE (s. f.); COUAILLON (s. m.): queue de jupon ou de robe en
mauvais tat. Du vieux franais _coue_, queue. Par extension, mauvais
chiffon. Voyez LOUPE. A.

COUANNE: couenne. En patois Walon, _koinne_ signifie corne. La couenne,
en effet, a l'air de la substance des cornes.

COUCOU: primevre jaune  grappes. _Cocu_, en patois Troyen. Tire son
nom de l'poque de sa fleuraison, qui a lieu  l'arrive du coucou.

COUE: queue. Du latin _cauda_.

COUE DE PRTRE: bl de vache (_Melampyrum arvense_). B.

COUE (s. f.): queue de jupon ou de robe crotte, ou salie. Expression
de mpris. De _coue_. A.

COUMES (s. f.): crottin de cheval. Du latin _equus_, cheval, dont nous
avons tir curie, cuyer. _Coumes_ pour _coumes_, par aphrse. A.

COUESPEAU: copeau.

COUER: couver.

COUET: ruban de fil. Vire. Voyez LISETTE.

COUETTE: petite queue. Diminutif de _coue_.

COUETTE. Voyez COITE. L.

COUIE (s. f.): sorte de vase en bois, dans lequel le faucheur met sa
pierre  aiguiser. Du latin _cos_, nominatif inusit de _cotis_, pierre.

COUIER: villageois grossier. En Roman, _coullier_, poltron.

COUILLRE: cornet de parchemin servant de tabatire. B.

COUENCHE: sournois, poltron; qui regarde du _coin_ de l'oeil. L.

COUINER: pleurer en criant. Mme signification en Roman.

COUINETTER (v. n.): crier comme un lapin qui a peur. C'est peut-tre
plutt une onomatope qu'un driv du substantif latin _cuniculus_,
lapin; en vieux franais, _connil_. En Roman, _couinner_ signifiait
pleurer en criant. A.

COULAGE (s. m.): gaspillage continu. L.

COULANDAGE (s. m.): gaspillage. A.

COULANDIER, RE: qui occasionne le gaspillage par une mauvaise
administration. A.

COULER (EN): en faire accroire. S.-I. Se dit aussi en patois Lorrain.

COULINE ou COLINE: torche de paille, brandon. Roman.

COUP (A):  temps,  propos, promptement.

COUPASSER: couper maladroitement.

COUPEAU; COUPET: cime, sommet. Le coupeau de la tte: le haut de la
tte. En Roman, _coupel_, _couplet_, hautes branches d'un arbre;
_coupet_, chignon du cou. De _caput_.

COUPER: dcouper, en parlant d'une pice de viande.

COUPRE (s. m.): compre.

COUPLRE (s. f.): pice de cuir qui consolide les chapes du flau.

COUPLE (s. f.): linge attach ou assujetti par _couple_, ou en plus
grande quantit. A.

COUPLER: mettre en couple, accoupler.

COUPLETTE: culbute. Voyez SAUCUBLETTE.

COURANDIER, RE: qui aime  flner,  _courir_ hors de sa maison pour
trouver avec qui parler. A.

COURANTE: diarrhe, _cours_ de ventre.

COURCAILLET: instrument pour appeler les _cailles_; sorte de sifflet qui
imite leur cri.

COURCHER: courir. Voyez COURSER. S.-I.

COURE. Voyez CORE.

COURGE (s. f.): sorte de joug qu'on met sur les paules pour porter deux
seaux.

COURGET (s. m.): escourge, fouet en courroies de cuir; coups donns
avec ce fouet. En Roman et dans le patois du Jura, _courgie_. A.

COURJOT: tige de chou. De _jet_ ou tige de cette plante. Vire.

COURRAIE: courroie.--Voyez COURE.

COURSER: aller, courir sans utilit. A.

COURTIL: jardin potager. De la basse latinit _curtile_. En Roman,
_cortil_. On lit dans _le Roman du Renard_:

       La bone fame du maisnil
       A ouvert l'huis de son courtil.

_Corti_, dans le patois Walon.

COURTIN. Mme signification que COURTIL.

COURTINE (FAIRE): relever devant le feu le bas des jupons, pour se
chauffer les jambes et les genoux.

COUSETTE: mauvaise couturire. L.

COUSINE: belle-mre.

COUSINET: oeilletin. OEillet mignardise. L.

COUSINETTE: passe-pomme. Ailleurs, pomme de Saint-Contest.

COUTAGEUX: coteux.

COUTE QUI COUTE: cote que cote; quoi qu'il en cote. L.

COUTE (s. m.): coude.

COUTE-PIED: coude-pied.

COUTEMENT: cot, dpense. En Roman, _coustement_.

COUTET; COUTIAU: couteau. Du latin _cultellus_.

COUTIBLE: coteux, difficile, pnible. L.

COUTRE: coudre. L.

COUTRE (s. m.): bdeau. S.-I.

COUVERCHE (s. m.): couvercle.

COUVERT: bien couvert, bien habill. On lit dans les _pigrammes de De
Cailly_:

       De ces lieux Philmon partit  demi-nu;
       Bien suivi, bien couvert le voil revenu.

       S.-I.

COUVERTEAU: couvercle. L.

COUVRARGE: couvercle de marmites, de plats.

COUVRE-PLAT: couvercle de plat. Patois Lorrain.

CRABLOT: enfant rachitique.

CRAC: fruit du prunellier sauvage ou pine noire. Sans doute, parce que
son noyau _craque_ sous la dent.

CRAC (A): en grande abondance. Pleuvoir  crac: pleuvoir  verse. Voyez
ACA. Aflac, en Roman, signifie en abondance.

CRACHIN; CRASSIN (s. m.): _crasse_ durcie au fond d'un vase. Du latin
_crassitudo_. L.

CRACHINAGE (s. m.): bruine, pluie fine. Voir CRASSINAGE. B.

CRACHINER: bruiner. Voyez CRASSINER.

CRACOTIN: enfant qui commence  avoir des dents, des _cracottes_. L.

CRACOTTE: dent d'enfant. De _craquet_. L.

CRAHAGNEUX, EUSE: qui chipotte en marchandant minutieusement.

CRAISSET: lampe qu'on accroche. Roman.

CRALE (s. f.): grappe, surabondance. B.

CRAMAIL: la gorge. Prendre ou saisir au cramail: prendre  la gorge.

CRAMPIR (SE): s'attacher , se _cramponner_. En patois du Jura, se
cramper.

CRANCHE (qualificatif): souffreteux; malade. A.

CRANNIRE; CRASNIRE: vieille masure. De l'anglais _cranny_, crevasse.

CRANQUE: crampe. S.-I.

CRAPAS: crapaud. L.

CRAPAUD-VOLANT, ou TTE-CHVRE: engoulevent. B.

CRAPE (s. f.): crabe. Au figur, femme ou fille de mauvaise vie. L.

CRAPOTTER: se traner sur les pieds et les mains, comme un crapaud.

CRAQUE (s. f.): hblerie, mensonge.

CRAQUELIN: cartilage. L.

CRAS: baiser dsagrable. L.

CRASSE: bassesse, lsinerie. Faire une crasse.

CRASSIER: ordures, balayures runies pour engrais. De _crasse_. _Cras_,
en Roman, signifie graisse.

CRASSINAGE (s. m.): pluie fine et serre. De _crassus_. Voyez
CRACHINAGE. S.-I.

CRASSINER (v. n.): pleuvoir  gouttes fines et serres. S.-I.

CRAU: pierre pulvrulente des premires couches d'une carrire. B.

CRAULER: bouillir  l'eau. MM. Du Mril.

CRATURE; CRIATURE: femme. La femme est, en effet, la crature par
excellence. Toutefois, le mot crature, dans ce sens, se prend souvent
en mauvaise part.

CRDENCE (s. f.): petite armoire dont les tiroirs sont au-dessus des
portes. Du verbe latin _credere_, confier. La crdence est le meuble
auquel on confie les objets les plus prcieux. On trouve crdenciers
pour buffetiers dans Rabelais, liv. IV, ch. 64. Roman. De la basse
latinit _credentia_. Patois Rouchi.

CRELLIER: frmir, frissonner. Voyez CRETIR. A.

CREMILLE: crmaillre. De _cremare_, brler. Roman.

CRPIR (SE): se dresser, se raidir, pour paratre grand.

CRPONNER; CRPONSER; CRPOUSSER: presser, ptrir avec le poing.

CRRE ou CRAIRE: croire. De _credere_. Patois du Jura.

CRESSANE: crassane, sorte de poire.

CRESSIR: presser violemment, mourir. Voyez KERSIR.

CRET, E: propre et soign. L.

CRTELER (v. n.): gloucer d'un cri aigu, en parlant des poules. Voyez
CLUCHER.

CRTINE: crue subite d'eaux. De _crescere_. Roman. De la basse latinit
_cretina_.

CRETIR ou CRETER (v. n.): frissonner. En Roman, _craitir_ signifie
scher sur pied.

CRTONS: restes concrets de morceaux de lard que l'on a fait frire, pour
en extraire le saindoux. De _crusta_, crote. Roman. L.

CROUSTILLANT: croquant. Du verbe _croustiller_, ou du substantif
_crote_, _crusta_.

CROUTTE (s. f.): terrain enclos et cultiv autour de l'habitation du
cultivateur. De la basse latinit _crota_. Du vieux franais _cropte_ et
_crotte_. On trouve, prs de la ville de Vimoutiers, une commune appele
_Crouptes_. Dans notre _Itinraire de la Normandie_, p. 435, nous avons
cit les communes de _Croth_, _la Croupte-les-Bois_, etc.

CRUCHE et CRUCHETE (s. f.): ce que contient une _cruche_.

'TUI-CI; 'TELLE-CI: celui-ci, celle-ci.

'TUI-LA; TELLE-LA: celui-l, celle-l. De l'ancien pronom _cettui_.

U: ce.

CU-FOURCH: perce-oreille. Ce mot vient de la pince, en forme de
_fourche_, dont est arm le cul de cet insecte. A.

CU-ROUGE: oiseau, ainsi nomm parce que sa queue est rouge.

CU-TERREUX; CU-TERROUX: qui a de la terre en proprit; fille riche. En
patois du Jura, _cu-tarru_.

CUCONTREMONT. Voyez CONTREMONT.

CUEVER et CUEUVER: fermer la porte.

CUIRASSO: curaao, que l'on prononce curao. Cette liqueur tire son nom
de l'le de Curaao dans les Antilles, o on la fabrique avec des
oranges amres.

CUIROT: sorte de bourse. De cuir. En Roman, _cuiret_. Hugues de Piaucle
dit, dans son _Fabliau d'Estourmi_:

       Je les vois mettre hors du coffre
       Et les deniers et le cuiret.

CUISSE (s. f.): cuisson de pain. Le pain de _cuisse_ est celui que l'on
fait _cuire_ soi-mme. A.

CUISSON (de pain): fourne de pain.

CUISSOT (s. m.): petite cuisse. De _coxa_.

CULES (s. f. pl.): jeu pour lequel on pousse le palet avec le pied.

CULIER (boyau): le rectum.

CULOINER (v. n.): diffrer trop long-temps.

CULOUPE (s. f.): femme laide et de mauvaise conduite. Ce mot a quelque
rapport avec la _charoupa_ de Grenoble, terme patois que M. J.-J.
Champollion-Figeac dfinit simplement: expression injurieuse. L.

CUMBLET (s. m.): culbute, cabriole. Voyez CORBICHE et SAUCUBLETTE. B.

CUREAU: enfant de choeur.

CUROT: empltre. De _cura_, soin, ou plutt de _cuir_, parce que c'est
souvent sur un morceau de cuir que l'on tend les empltres.

CURURE d'un foss, d'une mare: produit de son curage.

CUSSER: gmir long-temps, se plaindre beaucoup. Du grec [Grec: kun],
chien, parce que parfois les chiens poussent de longs hurlements. A.

CUSTAUD: sacristain. Du latin _custos_, gardien. En roman, _custode_.

CUT. Voyez GUT.

CUVE: cuvier pour faire la lessive.


D.


DABE: averse, forte pluie. Du verbe dauber.

DACER (v. a.): donner de gr ou de force. De _daces_, sommes leves
comme contributions; restituer. L.

DADA: cheval. Terme enfantin.

DAILOT et DAILLOT (LL mouilles): doigtier, espce de calotte dont on
enveloppe un doigt malade.

DAIT: doigt. Id. dans le patois du Jura.

DALE (s. f.): valle. Roman.

DALLE: table de pierre creuse, ou construction en briques et ciment,
pour laver la vaisselle. Roquefort dit que en Normandie la dalle est un
vier, un gout, trou par o les eaux s'coulent. Cet gout est ce que
l'on appelle le dallot, le trou de la dalle.

DALLE: flaque d'eau, eau rpandue; puis, comme disent MM. Du Mril,
urine d'un animal, assez abondante pour remplir une dalle.

DALLER: pisser  terre. A.

DALLOT: petit conduit pour diriger au-dehors les eaux de la _dalle_.

DANS. On emploie souvent  contre-sens cette prposition. Ainsi l'on
dit: mettre ses bas dans ses jambes, ses souliers dans ses pieds, ses
gants dans ses mains, etc.; au lieu de: mettre ses jambes dans ses bas,
ses pieds dans ses souliers, ses mains dans ses gants. A.

DANS: sur. Grimper dans un arbre: grimper sur un arbre.

DANSE: vole de coups. Donner une danse. On dit aussi faire danser la
malaise.

DANSPAROU (locut. adv.). Arr. de Valognes. On ne l'emploie que dans la
phrase: _Tout laisser dansparou_, qui signifie: _laisser un ouvrage dans
l'tat o il se trouve, sans rien achever_. MM. Du Mril.

DARD: petit poisson blanc, un peu plus gros que le goujon.

DARDNE (s. f.): pice de 2 liards (deux centimes et demi) en cuivre
jaune. B.

DARNE (s. f.): pice, tranche, morceau. Du celtique-breton, _darn_.

DARRE ou DARE (s. f.): bedaine. D'o est venu _daron_, ventru.

DARSELET: petit dard. Sorte de petit poisson d'eau douce.

DARRER (SE): se heurter.

DASE (s. f.): _tas_, monceau. B.

DATE (s. m.): urine humaine. Roman. L.

DBACLER: ouvrir, en parlant d'une clture. Voyez BACLER. A.

DBAGAGER: dbarrasser. Dbagagez la table: dbarrassez-la des objets
qui l'encombrent. Dans le patois Lorrain, dbagager signifie dmnager.

DBAGOULER (v. n.): crier, bavarder. S.-I.

DBALTAFRISER: voyez DBISLOQUER. (Manche).

DBARBELOTTER: dbarbouiller. Le Drapier dit dans l'_Avocat pathelin_,
p. 71:

       Par le corps bieu! il barbelote
       Ses mots, tant qu'on n'y entend rien.

DBARRAS: dlivrance d'embarras. Du mot Roman _baras_: obstacle; d'o
est venu embarras. Rutebeuf dit dans le fabliau de _Charlot-le-Juif_:

       Qui baras quiert, baras li vient.

DBAUCHER (SE): se dsesprer, se dsoler. Voyez DBAUT.

DBAUT: dsespoir. Il s'est pendu de dbaut, de dsespoir. Du substantif
dbauche.

DBERNQUER: dbarrasser, dptrer. Voyez DPATOUILLER. B.

DBERRIONNER (SE): se dbarrasser. A.

DBESAILL: dbraill, en dsordre.

DBET: dgel (Manche).

DBTER (v. n.): dgeler.

DBTILLER: dbarrasser, dptrer; tirer, disent MM. Du Mril, d'une
position qui rendait bte.

DBIAIS: biais.

DBINE (s. f.): dtrioration, ruine. Argot rcent.

DBINER: dcrier, avilir, dtriorer. Vire. Tomber en dbine; s'en
aller. St.-Lo.

DBISLOQUER: disloquer, dmonter, dfaire.

DBLAI (s. m.): dconvenue.

DBOULER: partir, dcamper. Usit dans le patois Walon. L.

DEBOUT (DE): debout. L.

DBRAGU: mari spar civilement, qui au figur a remis sa _brague_ (sa
culotte)  sa femme.

       Du ct de la _brague_ est la toute-puissance.

DBRAGUER: dculotter.

DBRAGUER (v. n.): se dvelopper, sortir de son enveloppe. Arr. de
Bayeux. _Brag_ signifie, en breton: qui germe, qui fait saillie. Ce mot
ne se dit que d'un cusson qui commence  pousser. MM. Du Mril.

DBRAIGER: dbarrasser, dpouiller. De _braie_. On dit dberger dans le
dpartement de la Mayenne.

DBRAILL: qui a ses vtements en dsordre. De _braie_. Le _Dictionnaire
de l'Acadmie_ n'emploie le verbe se dbrailler que comme signifiant se
dcouvrir la gorge, l'estomac avec quelque indcence.

DBRENQUER: en dsordre. De _bren_. S.-I.

DBREULER: dbricoler. Voyez BREULE.

DBRIDER (v. n.): manger avidement. Du celtique-breton _dibri_. Voyez
BRIFFONNIER.

DBUCHE: fausse couche.

DCABOCHER: marcher lourdement, de manire  arracher les _caboches_
(ttes de clous) de ses chaussures.

DCADUIRE (SE): tomber en ruines. Du verbe latin _cadere_, tomber.

DCADUIT, ITE: dlabr. L.

DCALENGER: calomnier. Voyez CALENGER. B.

DCALOPPER: dcouvrir de sa couverture ou enveloppe. Dcalopper une
noix, un bouton qui s'use.

DCANILLER. Voyez DQUENILLER.

DCAPITER (SE): se dpiter au point d'en perdre la tte (_caput_). L.

DCARMER (SE): manger de la viande pour se refaire des privations du
carme.

DCASSER (SE): se dptrer.

DCESSER: cesser. Se trouve dans le patois Lorrain et dans le patois
Troyen. L.

DCHAFRE: gourmand. Voyez SAFRE.

DCHAIRER: retirer  quelqu'un le sige sur lequel il est assis. De
_chaire_. L.

DCHAOLER: traner  et l, calomnier. Cherbourg.

DCHARBOUILLIR: dbarbouiller.

DCHARGEAGE (s. m.): action de _dcharger_ une voiture ou une bte de
somme. Patois Lorrain.

DCHAUBERT: dsenrhum. Voyez CHAUBERT. A.

DCHIBOLER. Voyez CHIBOLER.

DCHILER: tomber du ciel. B.

DCHIPL: couvert de haillons, dguenill. L.

DCHIPLE-PENDU: mauvais sujet dguenill, qui dshabillerait les pendus
pour se vtir. Peut-tre disciple de pendu; car, en Roman, _dciple_
signifie disciple.

DCLAINCHE (s. f.): diarrhe.

DCLAINCHER: lever la clinche. Voyez CLANCHE.

DCOCTION: maladie imprvue. L.

DCOMMANDER: contremander. L.

DCONNAITRE (SE): tre prsomptueux, affecter un mrite qu'on n'a pas.
L.

DCORSE (s. f.): diarrhe.

DCORSER: donner la diarrhe. En parlant des bestiaux, dire qu'ils sont
dcorss, c'est souvent exprimer l'ide qu'ils ont le ventre vide;
qu'ils n'ont plus le _corps_ rempli.

DCRAPITER (v, a.): dchirer, gratigner. Au figur, calomnier. A.

DCROUER: tomber de haut, dgringoler.

DCULER (v. n.): quitter enfin son sige. L.

DEDANS: mettre quelqu'un dedans, le tromper. Id., patois Lorrain.

DDIRE (SE): se dtriorer; ne pas conserver la bonne apparence qu'on
avait donne.

DDRAGEONNER (v. a.): dtacher les _drageons_, les rejets de l'artichaut
ou d'une autre plante. L.

DDUIT: espigle. Voyez INVECTIF. Manche.

DFAON. Voyez FAON.

DFAIRE: dlayer. Dfaire de la farine dans du lait pour faire de la
bouillie. L.

DFENSABLE (en parlant des bois et des arbres): qui, par sa force de
rsistance, est en tat de se _dfendre_ contre les attaques des
bestiaux.

DFELER: jeter son fiel, dcharger sa colre.

DFERMER: dchoir. A.

DFICELER: dlier, ter la _ficelle_. Patois Lorrain.

DFINER: finir.

DFLUXION: fluxion. Du verbe _defluere_, donn par Nicot.

DFRANER: diminuer, dprir.

DFRIPER (v. a.): rendre uni un linge ou un vtement frip.

DFUBLER; DSAFUBLER: enlever un vtement dont on tait affubl.

DGAIEUX: difficile, dgot. Voyez GAIEUX.

DGALONNER: mettre  mal. Que le diable te dgalonne!

DGANNER: contrefaire quelqu'un dans sa parole ou dans ses gestes. De
_regeminare_, ou plutt de _regannire_. On dit, en patois Bourguignon,
_rejanner_.

DGELE: vole. Dgele de coups de bton.

DGEST: qui _gesticule_, tourdi.

DGOINER (SE): se contrarier, se disputer. A.

DGOIS: caquet. Roman.

DGOSILLER: vomir, rendre gorge, rejeter par le _gosier_.

DGOTT: spirituel, avis, rus. B.

DGOTTER (v. a.): supplanter. Patois Lorrain. Ce verbe signifie aussi en
Normandie dsappointer.

DGOTTER (SE): se dgourdir, perdre de sa gaucherie et de sa timidit.

DGOUGINER: dniaiser. En Roman, _desgougener_, ter les chevilles ou
_goujons_ de fer d'une porte.

DGOULINER: couler goutte  goutte. MM. Du Mril.

DGOUT: point o l'eau tombe goutte  goutte. Du latin _gutta_. En
Roman, _dgoust_ signifie le suc de la viande qui rtit. On lit les vers
suivants dans un _mystre_, ou tragdie de madame Sainte-Barbe (c'est le
bourreau qui s'adresse  son valet, en parlant des seins de cette
martyre):

       Fais les rostir, toi Godifer;
       Trempe ton pain dans le _dgoust_.

DGOUTATION: objet de dgot.

DGRABOLISER: mdire de quelqu'un. B.

DGRAMIR (SE): souffrir  l'aspect d'une chose qu'on dsire et dont on
est priv. L.

DGRAVINER (v. a.): dgraper l'enduit d'un mur. Voyez RAVINE.

DGRLER (SE): se disposer  chanter; chanter, en parlant des oiseaux.
Au figur, en parlant des personnes, chanter avec prtention.

DGRLER ou DGRLIR (SE): s'gayer, se divertir. A.

DGRIOLER ou DGRILLOLER: glisser sur une surface polie comme la glace.
Voyez GRILLER.

DGROUER: dgeler. Voyez GROUE. A.

DGROULER: dgringoler. Du verbe crouler.

DEHAIT: affliction. Du roman _deshet_; du celtique-breton _dihet_.

DEHAUMER: dcoiffer, battre. De _heaume_, casque.

DEILLOT: doigtier. Voyez DAILOT.

DJETER (v. a.): jeter, repousser  et l.

DJUQUER: descendre du _juchoir_. Voyez JUC.

DLABRE (s. m.): mauvais sujet, qui aime  mettre les choses en
_dlabrement_. B.

DLAITER: enlever du beurre frais, par plusieurs lotions successives, le
babeurre dont il recle encore une partie. Ce babeurre s'appelle _lait
de beurre_, parce qu'en effet il a la couleur du lait.

DELANDOUX: teignoir.

DLCHER (SE): se _lcher_ les lvres avec dlectation, quand on a mang
ou bu quelque chose qui flatte le got.

DLIER: dlayer.

DLIGENCE: diligence.

DELLAGE (s. m.): runion de plusieurs delles.

DELLE (s. f.): portion de terre labourable. De l'anglais _deal_, partie.

DLOUSER (SE): se plaindre avec amertume. Du verbe latin _dolere_. S.-I.

DLUR: luron, madr. Id. en patois Lorrain.

DLURER: dniaiser. L.

DMAIN (A). tre  _dmain_, c'est tre mal plac pour l'exercice de la
_main_. A main et  dmain: de tous cts,  tort et  travers. Voyez
AMAIN.

DMANICLAQUER: disloquer. L.

DMARCHER (SE): marcher avec affectation de belles manires. De
_dmarche_.

DMARRER (v. a.): faire quitter un lieu. Dmarrer les bestiaux d'un
herbage, c'est les en faire sortir. Il se prend aussi dans le sens
neutre, et signifie partir.

DEMAUNE: demi-aune. L.

DMENCE: ruine. Ce pont est tomb en dmence.

DMEN ou DMENET: travaux du mnage.

DMENEURES (s. f.): promenoir de petit enfant auquel on veut apprendre 
marcher.

DMEN: dmenti. S.-I.

DMENTER (SE): s'occuper de, se mler de. En Roman, se dmenter
signifiait se tourmenter. Roman.

DEMEUR: paralys. Demeur d'un bras, etc. L.

DMION (s. m.): moiti de la chopine. Roman. Du mot franais _demi_.

DEMOISELLE (s. f.): petite mesure d'eau-de-vie. A peu prs le seizime
d'un litre. L.

DEMOISELLE (s. f.): le grbe hupp. B.

DEMOISILLON (s. m.): jeune fille de peu de consquence, qui affecte les
manires d'une _demoiselle_.

DMON: teignoir d'glise pour les cierges.

DMUCHER: mettre au jour ce qui tait _much_, cach. En roman,
dmusser: cacher, couvrir. Voyez MUCHER.

DPARTEMENT: dpart. On disait autrefois dans le mme sens _dpartie_,
comme dans ces vers de Henri IV:

       Cruelle dpartie!
         Malheureux jour!
       Que ne suis-je sans vie,
         Ou sans amour!

DPATOUILLER: tirer de la boue une personne qui y a enfonc ses _pieds_,
ses _pattes_. Se dpatouiller.

DPERSUADER: dissuader.

DPTRAILLER: dcouvrir sa poitrine avec indcence. Roman. De _pectus_.

DPTRASSER. Mme sens que le verbe dptrailler. On dit  Rennes, tre
dptraill; se dptrasser y signifie tomber de son long.

DPTRONNER un arbre: extirper les rejetons qui ont pouss  son pied.
A.

DPIAUTRER: enlever la _peau_, corcher.

DPICHER: mettre en pices.

DPIT: mpris. Du verbe latin _despicere_.

DPITER: _dfier_. Je t'en dpite: je te dfie.

DPITEUX, EUSE: mprisant, ddaigneux. Basselin dit p. 54:

       La belle alors me respond, despiteuse.

DPOTER: vendre pot  pot du cidre ou du poir; faire passer du cidre
d'un ft dans un autre.

DPOTYER. Mme sens que dpoter.

DPOTYEUR: celui dont le commerce consiste  dpoter ou dpotyer.

DEPUIS (DU): depuis. S.-I.

DQUENILLER: sortir en hte, partir au plus vite, comme les chiens qui
quittent le _chenil_. En Roman, _dcaniller_: dcamper. Dans le patois
Lorrain, dgueniller.

DRACLE. Voyez DRATELE.

DRACLER: dvelopper. Mme sens que drangler.

DRAIN; DERIN; DRIN: le dernier.

DRANGLER: dtailler, dvelopper. S.-I.

DRAT; DRAIL: portions de graisse qui tiennent aux boyaux, et qu'on
_rcle_ pour les employer.

DRATELE: grande quantit rassemble comme avec un _rteau_. Se prend
en mauvaise part.

DRNER (v. n.): ne cesser de parler, raconter. Ce verbe, dans la
_Coutume de Normandie_, signifie se dfendre en justice.

DRTILLER: agiter les membres en mourant, s'tendre convulsivement. L.

DREUNGER (v. n.): ruminer.

DRI: en drive. Du latin _rivus_, ruisseau. A.

DRIS (s. m.): ce que laissent en se retirant les eaux dbordes.

DERLINGUER: faire du bruit, comme la sonnette: derlin, derlin. On dit,
en patois Berruyer, _derliner_, qui vient aussi de l'onomatope.

DROMPRE: cesser, discontinuer.

DROUTER (SE): se dranger, en parlant soit du temps qui devient
mauvais, soit de personnes dont la conduite se dprave. De route,
droute.

DERRAIN. Voyez DRAIN. S.-I.

DERRAINEMENT: dernirement, S.-I.

DERRUNER: dranger. C'est l'oppos d'ARRUNER. Voyez ce mot.

DRUSIONN: fin, espigle, _rus_ (Vire).

DERTRE: dartre. L.

DSERTER: essarter. Du celtique _eyssart_, lieu inculte. En Roman,
_asserter_.

DSHABILL: sorte de robe de femme.

DSOREILLER: enlever l'oreille, essoriller.

DESPUIS; DCEPUIS: depuis. On dit aussi _du depuis_. En Roman,
_dendespey_: depuis le temps.

DESSAISINE (s. f.): grand nombre, troupe. D'_essaim_.

DESSAISONNER: changer l'assolement d'un champ; faire hors de _saison_.

DESSAIVER: dsaltrer, tancher la soif. A.

DESSERGER: dcharger.

DESSEULER: isoler, rester _seul_. Patois Rouchi.

DESSOIVER. Voyez DESSAIVER. A.

DESSOULER: cesser d'tre ivre, ou saoul. En patois Walon, _d'sl_.

DESSOUR: sous, dessous. A.

DESSUR: dessus.

DTAMER: perdre son tamure par l'usage ou accidentellement. Ce vase est
dtam; il faut le faire rtamer. Ce vase a perdu son tamure; il faut
lui en faire appliquer une nouvelle. Id. patois Lorrain.

DT; DTEUL: fruits tombs avant terme, et qui, peu loin de leur
maturit, sont recueillis pour le pressoir. Voyez QUIS. MM. Du Mril
crivent _detteuses_ (sans doute en sous-entendant pommes).

DTEINDRE (v. a.): teindre. En Roman, _desteindre_.

DTEUNER (SE): sortir de sa maison pour prendre l'air. Voyez TEUNE. A.

DTEURD (s. m.): _entorse_. Dteurd de reins, effort dans les reins. A.

DTEURDRE: dtordre, tordre. A.

DTIDIR: tidir. L.

DTOURBER: dranger, troubler dans le travail. En Roman, _destourber_:
troubler, empcher. Dans le _Roman de Rou_, Wace dit:

       Por on se doit li rois pener
       Del dur Willaume _destorber_:
       Qu'il ne puisse plus haut monter,
       Ne en Angleterre passer.

Du verbe latin _turbare_, _disturbare_. L.

DTOURBIER (s. m.): empchement. On trouve dans Nicot, destourber et
destourbier.

DTRAT (s. m.): sentier. Des substantifs latins _stratum_ et _tractus_.
A.

DTRE (A):  droite. Du vieux mot franais dextre; en latin, _dextra_.

DTRUIRE (SE): se suicider. L.

DEUL: peine. Faire deul: attrister, faire peine. En Roman, _doeul_. En
celtique-breton, _dol_. Du latin _dolor_.

DEUMET. Voyez DUMET.

DEVALLE: pente, descente. Roman. Du celtique-breton _deval_. Du latin
_vallis_, valle.

DEVALLER: descendre d'un point lev vers une _valle_. En Roman,
_adevaler_. _Devaller_, en patois Walon. _Avaller_, en patois du Jura.
Regnier (sat. XI) employait le verbe _devaller_:

       Ils contrefont le guet et de voix magistrale:
       Ouvrez de par le roi! Au diable un qui dvalle!

DEVANT QUE: avant que. Encore usit au XVIIe sicle.

DEVANTEAU; DEVANTIAU; DEVANTET: tablier;--parce que ce vtement se place
_devant_ la personne. _Devantie_, _devant_, en patois du Jura. En
patois Walon, _devaintri_.

DEVANTE; DEVANTELE (s. f.): plein un tablier, ou devanteau.

DEVANTELIRE (s. f.): sorte de jupon ample et long, que les femmes
portent  cheval pour ne pas recevoir d'claboussures. De DEVANTEAU. B.

DEVANTIRE. Voyez DEVANTELIRE. L.

DVARUBLE; DVORABLE: qui dchire, use et dtruit ses vtements. De
_varou_. Voyez DEVOURER et VAROU.

DVLER (v. a.): seconder une vache qui vle. L.

DEVIGNON: dessein, projet.

DEVINADE (s. f.): nigme. En langue romane, _devignaille_,
_adevinaille_, _advinal_. En patois Walon, _advinat_. Du latin
_divinatio_.

DEVINAILLE (s. f.). Voyez DEVINADE.

DEVISE (s. f.): borne de champ. Roman. Du latin _divisio_. B.

DEVOURER: dvorer, mettre en pices. M.

DIA: mot dont on se sert pour faire tourner  gauche les chevaux ou les
boeufs de trait. Roman. En patois du Jura, _guia_. Du grec [Grec: dia],
de ct.

DIABLE: poisson de mer, d'un aspect hideux, lequel porte en Normandie
divers noms, tels que livre-de-mer, mollet, et seigneur. B.

DIABLE: le _Cyclopterus lumpus_. B.

DIAIBLE ou DIBLE: diable. S.-I.

DICHENAVANT: dsormais, _dornavant_.

DIDASSER ou DIDACER: redire, rabcher. De _dicere_.

DIEULEVERD. Voyez BADOCHET. Orne.

DIFFAMER: gter, salir. A.

DIGARD: petit poisson de mer, appartenant au genre Gastrostes.

DIGOURE (s. f.): instrument pointu, pe; mot pris en mauvaise part. En
Roman, _digoire_. Voyez DIGUER.

DIGUE; VIEILLE DIGUE: vieille femme dsagrable.

DIGUER: se servir du diguet, piquer, aiguillonner. En Roman et en
Franais, donner de l'peron.

DIGUET: morceau de bois pointu, pour aiguillonner. L.

DINANT (DJEUNER) ou DJEUNER DINATOIRE: djener de prcaution qui
tient lieu de _dner_. Id. en patois Lorrain.

DINDANDERIE (s. f.): dinanderie.

DINDEAU ou DINDOT: dindonneau.

DIOLEVERD ou DIOLEVRE. Voyez BADOCHET.

DIRE: jouer. Faire _dire_ une flte ou autre instrument de musique.
Roman.

DISPUTER (v. a): gronder vivement. M.

DO: avec. Voyez O.

DOBICHE (s. f.): vieille femme dsagrable.

DOBICHER (SE): s'habiller de haillons.

DOCHE (s. f.): patience (_Rumex patientia_). De l'anglais _dock_.

DODEIGNE (s. f.): tte qui branle.

DODINER (de la tte): branler la tte lgrement et frquemment. On
trouve dans Rabelais (l. I, ch. 8): Lui-mesme se bersoit en
_dodelinant_ de la teste. Le Duchat fait venir dodeliner de l'italien
_dondolare_, ou de notre mot _dodo_, parce que, dit-il, on remue le
berceau des enfants, afin qu'ils fassent _dodo_. Dans plus d'un canton
normand, dodiner signifie dorloter. Id. dans le patois Walon.

DODO: lit, terme enfantin. Faire _dodo_: dormir. Du latin _dormire_.

DODO: lambin, paresseux, qui a l'air de faire dodo, de dormir. En Roman,
_dodin_.

DOGUE (s. f.). Voyez DOCHE.

DOGUER. Voyez TOQUER. Roman.

DOLE-LA-BOISE: flatteur.

DONA; DONAS: homme sans esprit, imbcile.

DONAISON (s. f.): donation. En Roman, _donazon_.

DONDON (s. f.): grosse fille. Du qualificatif roman _dond_: gros et
gras.

DONE: poupe. Au figur, fille de mauvaise vie. Du latin _domina_; de
l'italien _donna_, femme.

DONNEUR D'ANTIENNES: homme qui manque souvent  sa parole.

DONRAI (JE): je donnerai. Tu _donras_, il _donrait_.

       Et je vous _donray_, par ma foy!

dit Pathelin, dans son _Testament_.

DORE (de beurre, de confitures, de miel, etc.): tartine ou morceau de
pain _dor_ (mtaphoriquement) de beurre, de confitures, etc. En Roman,
_dore_: tarte, ptisserie. L.

DORER: tendre sur une tartine de pain, soit des confitures, soit du
miel, soit du beurre. Ces deux dernires substances sont de couleur
d'_or_. L.

DOUCIEUX: doucereux, fade.

DOUDOUX: drages, bonbons. Redoublement de l'adjectif _doux_. M.

DOUELLE (s. f.): douve de tonneau; petite douve. Contraction de
_douvelle_, par syncope. De _dolium_.

DOUET: ruisseau, lavoir, lieu o on lave le linge; _conduit_, aquduc.
Du latin _ductus_, ou du celtique-breton _douvez_ et _douez_: foss
rempli d'eau.

DOUILLANT: douloureux, trs-sensible  la douleur. De _dolens_. B.

DOUI: _dou_ ou _douet_, lavoir. M.

DOUILLARD: doucereux, fade.

DOUILLETER: dorloter.

DOUILLON: Voyez BOURDIN. Roman.

DOULIANCHE (s. f.): plainte amre, _dolance_. S.-I.

DOURDE (s. f.): vole de coups.

DOURDER: frapper rudement quelqu'un.

DOUTANCE (s. f.): doute.

DOUVE (s. f.): tang, foss plein d'eau autour d'une habitation. Roman.

DRAGLER: godailler. S.-I.

DRAGONNER: transporter de colre. S.-I.

DRAINER: parler lentement. Du verbe _traner_. B.

DRAIT, E: droit, e. Dret: c'est cela.--Tout fin drait: c'est tout--fait
cela. Patois du Jura. De _directus_.

DROIT (AU): vis--vis, en comparaison de. S.-I.

DRAMER: battre. De _ramus_, branche, verge, ou du breton _dramen_,
poigne de ce que l'on coupe avec la faucille.

DRANGE: drage, bonbon.

DRAS: vtement. Wace dit (Etablissement de la Conception):

       Dras de dolor et de plor prist.

DRAPET; DRAPEL; DRAPEAU; DRAPIAU: linge. De _drap_.

DRENOEUD; DRENOU: _double_ ou triple _noeud_. Ce cordon est nou 
drenou. Dans quelques cantons de la Manche, un noeud  drenou est un
noeud mal fait, et qui se dnoue parfois de lui-mme. Voyez NOU.

DRS: ds. Roman.

DRETTEMENT: directement. S.-I.

DRIRE: derrire; le derrire.

DRIGAN: petite toupie. B.

DROGUER: faire droguer quelqu'un; le faire attendre ennuyeusement;
croquer le marmot. Id. Patois Lorrain.

DROIT EN GOUT: d'un got net et sans mlange, en parlant des boissons
dont la saveur est irrprochable. B.

DROUE (s. f.): espce d'avoine. A.

DRUGER: s'amuser bruyamment; cabrioler; courir  et l. Du vieux
franais _druges_; avoir les _druges_: faire des mouvements dsordonns.

DRUGIR. Voyez DRUGER.

D'S: des. D's asperges; d's hommes: des asperges, des hommes. C'est une
syncope. Patois Lorrain.

DUMER: perdre son poil; muer.

DUMET ou DEUMET: duvet. Du latin _dumatum_. Roman.

DURCEUR (dans le corps): obstruction.

DURER: _endurer_ l'ennui, patienter. De la basse latinit, _durare_. Il
faut _durer_: il faut patienter.


E.


: elle, elles. Ne s'emploie que devant les consonnes.  dit;  disent:
elle dit; elles disent.

ANSER; HANSER: briser l'anse d'un vase.

BARE (s. f.): cri; faire bare: jeter un cri.

BAUBIR: tonner; surprendre, au point de faire balbutier ou bgayer.
Voyez BAUBE.

EBBE: flot montant. Dans les langues du Nord, _ebb_. Moisant de Brieux
rapporte ce vieux proverbe normand: tout ce qui vient d'ebbe s'en
retournera de flot.

BLUER: troubler la vue, donner la _berlue_. B.

BERLUETTE; BERLOUETTE: berlue, blouissement.

BLAQUER: craser comme une poire blche. Voyez BLEC.

BLTER: rompre les mottes de terre. Voyez BLTES.

BLTEUX: sorte de petit maillet  long manche pour pulvriser les
mottes.

BLINER: cobuer.

BLOUIR. Voyez GALIR. O.

BOTER; BOUDINER; BOUINER: craser; triper; faire sortir les boyaux.

BOGUILLER (et non BOQUILLER): blouir, empcher de voir. Voyez BOGUES
et BOGUYE.

BOUQUETER: pointer; casser le _bout_. L.

BOUSSER ou plutt BROUSSER: enlever les feuilles, les fleurs ou les
graines d'une plante ou d'un rameau, en les pressant dans la main que
l'on tire. Du vieux mot _brou_, feuillage. A.

BOUTER. Voyez BOUQUETER.

BRAI: cri aigre et fort. Du verbe _braire_.

BRAIRE (S'): pousser des cris aigres et hauts.

BRAYER (S'): Mme sens.

BRCH: priv d'une ou de plusieurs dents incisives, dont l'absence
fait une _brche_ dans la bouche.

BRSILLER. Voyez BRSILLER.

BRITER: bruiter, divulguer.

BROTT: BROST, brch. (Manche.)

BROYER: _broyer_, craser.

CACHER: craser. De l'ancien franais esquacher. En patois Walon,
_casser_: fouler. S.-I.

CAILLOUER: enlever les cailloux sur des terrains cultivs.

CALE (s. f.): caille d'hutre, de moule; coquille d'oeuf. OEuf 
l'cale: oeuf  la mouillette. En patois Troyen, _cale_ signifie brou
de noix.

CALER: ouvrir des hutres, etc. Par extension, cosser. _Eichallier_,
en patois de Grenoble, c'est dpouiller les noix de leur brou.

CALER (v. n.): clater, se briser avec bruit, avec clat.

CALOPPER. Voyez DCALOPPER.

CALOTTER, ou DCALOTTER. Voyez DCALOPPER.

CAME: barrire de cimetire, souvent ayant la forme d'un chalier,
servant d'une espce de banc o l'on s'assied pour causer en attendant
l'office de l'glise. Du latin _scamnum_.

CAMION: camion, petite pingle.

CANCHON. Voyez CANJON.

CAPPER: chapper. De l'italien _scappare_.

CARBOTTER; QUERBOTTER (en parlant du feu de la chemine): parpiller
mal  propos les _charbons_. En patois de Grenoble, _eicharbota_:
parpiller. Rabelais dit (_Garg._, liv. I, ch. 28), que Grandgousier
avoit au foier un baston dont on _escharbotte_ le feu.

CARBOUILLER: craser et rduire en _bouillie_. Roman. Dans la Mayenne,
on dit _cabouir_.

CARER: impatienter. B.

CAUCHER. Voyez CACHER.

CAUCHETTE (s. f.): casse-noisette. B.

CAUPRER (S'): regagner ce que l'on avait perdu. Ce verbe signifie
aussi se goberger, prendre trop ses aises, se donner des airs. De
_rcuprer_. A.

CHAFOURE: chaufoure.

CHALARD: chalas pour soutenir et protger de jeunes arbres.

CHALARDER: placer des _chalas_.

CHALER: corcer, cosser. Voyez CALER. A.

CHALIER: sorte de petit _escalier_, pratiqu dans une haie pour aller
d'une pice dans une autre. C'est  tort que La Monnoye drive ce mot du
substantif chalas; chalier vient du latin _scala_. L.

CHALOUR ou CHALOURI: chauff. De _calor_, chaleur. A.

CHAMPIR: se dbarrasser.

CHANGER (en parlant du linge): le laver avant de le mettre  la
lessive.

CHANTILLON: dversoir d'un moulin.

CHARDE (s. f.): caille de poisson; petit clat de bois. Dans cette
dernire acception, ce mot est roman. Du grec [Grec: eschara].

CHARDER: enlever les cailles du poisson. _Eichaca_, dans le patois de
Grenoble.

CHAUBOUILLER (S'): s'extnuer de chaleur et de fatigue. C'est, 
proprement parler, _bouillir_ de _chaleur_. A.

CHAUFFAISON; CHAUFFURE, (s. f.): maladie provenant de froid aprs
s'tre chauff[14].

[Note 14: Ce mot se trouve, ainsi que quelques autres, dans le
_Dictionnaire de l'Acadmie_; il n'en appartient pas moins au patois
Normand, puisqu'il y est pris dans un sens diffrent, spcial,
particulier. J. T.]

CHAUGUETTE: gurite, sentinelle. On fondit en 1818,  Lisieux, une
vieille cloche, fondue pour la premire fois en 1285 pour le clocher de
la cathdrale, et connue sous le nom d'_Echauguette_, parce qu'elle
avait t destine aux cas d'alarmes. De l'islandais _gaeti_: pier,
surveiller.

CHAUGUETTER: surveiller, espionner. Du roman _chauguette_, poste
d'observation (en latin, _escubi_). On lit dans le _Roman d'Auberi_:

       Car les eschargaites le voient
       Qui l'est _eschargaiter_ dvoient;

et dans le _Roman de Rou_:

       Aillors deust on hebergier
       Et faire tous _eschargaitier_.

       A.

CHAUMETRER; CHAUMITRER: effaroucher  force de coups. A.

CHELETTES, (s.f.): sorte de petites _chelles_  chelons saillants et
pointus d'un bout, que l'on fixe momentanment au bt d'un cheval pour
transporter des bottes de foin, ou des bourres. L.

CHERDANT, E: envieux, jaloux.

CHRE: jalousie. Avoir chre sur quelqu'un: en tre jaloux.

CHERPILLER: mettre en pices. De charpie.

CHINEUX: sorte de couperet, pour dpecer la viande. Il signifie aussi
un homme qui a une longue chine. MM. Du Mril.

CHOIR ou CHOUER: assommer.

CHOITE: ce qui _choit_ par succession ou par acquisition. _Eschoites_
dans les _tablissement de Normandie_, p. 9.

CLAME, (s. m.): homme chtif et de mauvaise mine, grand et flandrin.

CLICHE: esquille; clat. Voyez CLIPE.

CLINCHER: cliper, clabousser; faire jaillir.

CLIPE (s. f.): petite seringue de sureau. Du verbe _cliper_. L.

CLIPQUE; CLIPET: tiroir latral dans les vieux coffres. B.

CLIQUETTE (s. f.): batte dont se servent les masques en carnaval. De
_cliquetis_: bruit d'armes.

CLOCU: culot, oiseau dernier clos. Ce mot est employ aussi dans la
Mayenne. En Roman, _clocu_, _clocu_. Ce substantif semble avoir quelque
rapport avec le mot du patois Vitren, _querbiton_: avorton.

ECMICHER: excommunier. S.-I.

COCHE (s. f.): grand couteau de bois pour dtacher les menues
chenevottes qui sont restes dans le chanvre que l'on vient de broyer.

COCHER (v. a.): dtacher les dbris de chenevottes avec l'_coche_.

COEURANT: dgotant

COEURER: dcourager, dgoter. En Roman, _acueurer_. Dans le patois
Troyen, _coeur_ signifie dgot. L.

COFFIR. Voyez ESCOFFIER.

COINCETER; COINTER: brcher, casser le _coin_ d'un vase ou de tout
autre meuble.

COMANT: affadissant.

COPIR: cracher, vomir. Voyez RCOPIT.

COQUET, E: rouge comme la crte d'un coq. L.

CORNIFLER (v. a): voler. D'corner; le sens du franais est bien plus
restreint. MM. Du Mril.

COTUAU: oiseau qui a clos le dernier de la couve. Voyez CLOCU. A.

COUDRER: scher  demi. Voyez BNIR. L.

COUMELER: brcher, corner. L.

COUER: couper la queue. Du vieux mot _coue_.

COUESSIN: fourrage compos de paille, d'herbes et de quelques pis de
crales. B.

COUFFE; COUFLE (s. f.): cerf-volant. L'coufle est un gros oiseau avec
lequel a de la ressemblance, pour le vol, ce cerf-volant L.

COUPLE (s. f.): cime d'arbre que l'on abat. De _coupeau_, tte.

COUPELER: couper la cime, le coupeau. En terme de jardinage,
escoupeler: tailler les branches. L.

COURRE; COUTRE: secouer. Du latin _succutere_. En ancien franais,
_escousser_ signifiait battre le bl; _escoussoir_, _escoussour_, flau.

COUSSE (PAR): par intervalle.

COUSSIN: moiti de la botte de foin, laquelle se forme de deux
coussins.

COUTER: attendre.

CRABOUILLER. Voyez CARBOUILLER.

CRASE (s. f.): abondance excessive. Il pleut  toute crase. Voyez CRAC
(A). L.

CREUT:  demi-cuit Voyez GROISEL. B.

CRIRE; CRELLE: petit crustac des ruisseaux, plus petit que
l'_crevisse_.

CRILLER: glisser en marchant.

CRIVACHER; CRIVASSER: crire trs-mal; crire sans raison.

CRIVAILLER: crire  tort et  travers.

CRIVIN: sorte de crabe. B.

CUIRIE: curie. Du latin _equus_, d'o est venu aussi le mot cuyer. A.

CUISSETER: arracher la cuisse. Au figur, ter une branche.

DUCHIR: adoucir, en parlant d'un outil qu'on affile.

FANT: enfant. Roman, ainsi que le mot _afant_. Patois Forsien. Patois
Walon. Patois d'Alais.

FESTOUI: enjou, gai. De fte, qu'autrefois on crivait et prononait
_feste_. A.

EFFABI: ple, dconcert, effront. Vire.

EFFORBIR: reprendre des forces.

FLOQUETER (en parlant de la laine): l'tirer et la nettoyer. Du latin
_floccus_, flocon, anciennement floc. _Floket_, en patois Walon,
signifie noeud, enlacement de choses flexibles.

EFFONDRER: enfoncer. Effondrer une volaille, c'est la vider. Effondrer
une maison, c'est en enfoncer les portes ou les fentres. Roman.

EFFOUCAS (s. m.): homme ou femme vapors, dont l'air est propre 
_effoucher_.

EFFOUCHER: effaroucher, effrayer. Syncope. L.

EFFOUDRER: foudroyer. Au figur, craser. S.-I.

EFFOUILLE (s. f.): bestiaux produits ou engraisss durant l'anne, dans
une ferme, et dont on fait la vente. Cette anne, l'effouille n'a
presque rien produit A.

EFFOUQUETER: effaroucher, battre. L.

EFFRAISER (en parlant du pain): mier. Du roman _effrester_; du latin
_effringere_.

EFFRITER: effrayer. Du mot _effroi_. B.

EFFRIT: dcompos, tout blme, tout dfait.

GACHIR: craser, faire en quelque sorte du _gchis_. A.

GAILLER: parpiller. Egaillez-vous, mes gars! C'tait une locution
familire aux chouans, en prsence d'un danger, et qui signifiait:
Dispersez-vous, mes garons! _Aiguaer_ s'employait autrefois dans le
sens de tremper dans l'eau. D'_aqua_, eau; aigue, en vieux franais, et
encore aujourd'hui aiguire: vase  contenir de l'eau. Ainsi s'gailler
doit signifier se rpandre comme l'eau d'un vase renvers.

GALIR: faire prouver un engourdissement momentan par l'effet d'un
coup. C'est ce que produit le toucher de la torpille, ainsi que la
fracture d'une branche de certains bois, tels que l'rable.

GALUER: blouir. Valognes.

GAMELER; GAMELIR: craser.

GAUGER: _jauger_, chantillonner; vrifier un poids, une mesure.
D'_qualis_, gal.

GLAV: mort de faim. M.

GLU: glu. L

GOHINER: gorger, couper le cou; blesser gravement. Au figur,
maltraiter de propos. D'_gohine_, petite scie. A.

GOULER (S'): s'gosiller. Voyez GUEULER (S').

GRAT: petit endroit dont on a _gratt_ la neige, pour y attirer les
oiseaux.

GRILLAS: dversoir d'un moulin.

GRIMER; GRINFLER: gratigner. En patois du Jura: _graffiner_. On dit
aussi, en patois Normand, _grincher_, _grinfer_, _griffer_. Voyez
GRIN.

GRINFLURE: gratignure. M.

GRIPILLONNER: dbarrasser un arbre de son _gripillon_. Voyez ce mot. L.

GROUGE (s. f.): instrument  un rang de dents, qui sert  sparer de sa
tige la graine de lin. Du verbe _gruger_. A.

GRUGETTE (s. f.): grugeoir.

GUEN: avare; qui est ou a l'apparence d'tre pauvre. D'_egenus_.

GUEULER (S'): s'gosiller. Voyez GOULER (S'). S.-I.

HERNER: reinter. Couteau hern: qui a perdu son ressort. De rein. A
Bayeux, un homme hern ou ren est un homme insolvable. C'est le mot
pris au figur.

JAPPER: aboyer, _japper_. Onomatope. (Coutances).

LAVARE: petite digue pour lever le niveau de l'eau.

LNU: homme mal bti, dcharn, dguenill.

LEXIR: lixir.

LIANOURE; LIENOURE (s. f.): tube de sureau pour lancer de l'eau.
Voyez CLIFOIRE.

LIGNER: laguer. Du mot ligne.

LIMER: user, en parlant du linge.

LINDER: glisser sur la glace, sur le feu. Voyez RINGLER. A.

LINGUE: fronde. De l'anglais _sling_. L.

LINGUER: lancer, jeter au loin. Des vieux mots _eslingueur_,
_eslinguir_.

LOQUETER: mettre en pices, en _loques_.

LOSSER: branler, secouer. Voyez LOCHER. A.

LUGEMENT: ennui caus par de sots propos.

LUGER: ennuyer. Du latin _lugere_. En roman, _lugir_, tre troubl.

LUITE: lite, choix.

LUITER: liter, choisir.

LUN: priv de la vue.

MAQUER: craser. En patois du Jura, _macher_.

MAYER (S). Voyez MOYER.

EMBABOUIN: mal tenu; dont les vtements sont en dsordre et de mauvais
got. De _babouin_. A.

EMBAQUETER: mettre une sorte de bton ou de carcan aux animaux, pour les
empcher de passer  travers les cltures. B.

EMBARLIFICOTER; EMBERLIFICOTER: embarrasser. Du verbe roman
_emberlucoquer_ ou _embureliquoquer_: couvrir la tte, et, au figur,
amuser de vaines paroles. C'est  peu prs _l'emberlicoquer_ ou
_emberlucoquer_ du patois Lorrain, verbe qui signifie coiffer de: par
exemple, au figur: coiffer d'une ide ridicule; au propre:
_embarrasser_ la tte _d'affiquets_.

EMBARNIR (S') (v. n): prendre de l'embonpoint.

EMBARRAS (FAIRE SON): se donner de l'importance. Patois Lorrain. On dit
aussi: faire de ses embarras.

EMBATE: ce que l'on place sur un bt. L.

EMBRIONN: embarrass. A.

EMBERNOUSER: salir avec des excrments. En Roman, _embresner_. Voyez
BERNOUSER. A.

EMBERON: embarras. A.-M. Du Mril crit embront, et le traduit par
essor.

EMBTANT: ennuyeux.

EMBTER: ennuyer.

EMBLAIER: emblaver. Semer du _bl_.

EMBLER: drober, enlever.

EMBOBELINER: envelopper avec grand soin. Suivant Cotgrave, ce verbe, en
Roman, signifie sduire par des mensonges. Dans ce cas, c'est une
expression figure.

EMBOFETER: emboter; faire entrer dans une rainure ou une entaille.

EMBRLER ou EMBREULER: embricoler.

EMBRENINQUER: envelopper et embarrasser.

EMBROQUER: embrocher. S.-I.

EMBROUILLIAMINI; BROUILLIAMINI: confusion, _embrouillement_.

EMBRUNCHIR (S'): s'assombrir, devenir _brun_.

EMEILL, adj. (Orne): inquiet, qui est en _moi_; en vieux franais
_moie_. MM. Du Mril.

EMENER: agiter. A.

MERAS: joyeux, B.

MET: tablier du pressoir, sur lequel on dresse la motte de marc B.

MEULETER ou DMOULETER: dboter une articulation, la luxer. V. et L.

ENCONTRE; A L'ENCONTRE: contre. Je ne vas pas  l'encontre: je ne dis
pas le contraire. Dans la langue romane, la prposition _alencontre_
signifie envers,  l'gard.

ENCOVIR: convoiter.

ENCRPI: invtr. Mains encrpies: mains calleuses, comme si elles
taient enduites d'un _crpi_.

ENCRTIN (moulin encrtin): qui ne peut fonctionner  cause de la
_crtine_, grande _crue_ des eaux. Voy. CRTINE. A.

ENCROUER: accrocher. Rester encrou: rester accroch. Roman.

ENCRUCHER: accrocher. Du Roman _encrouer_. A.

ENDAGN: invtr. A.

ENDAGNER: inviter. B.

ENDMEN: turbulent, dsordonn, vapor. Brantme s'est servi de ce
qualificatif pour dsigner les femmes dont la conduite est reprochable.
(_Dam. Gal._, t. II). Du latin _demens_. A.

ENDVER: endiabler. De l'italien _diavolo_; de l'anglais _devil_, mots
qui signifient diable. On trouve _desv_ pour fch dans les chansons de
Thibaut, roi de Navarre; et le vers suivant dans la _Farce de Pathelin_,
p. 63:

       Il semble qu'il doye _desver_.

Dans la langue romane, _endesver_, c'est enrager, tre gar. Roquefort
drive ce verbe du latin _deviare_.

ENDEVERS: vers, devers.

ENDITER: indiquer, annoncer, faire connatre. Du Roman _addicter_,
dsigner; ou d'endicter, faire savoir. _Enditier_ dans Joinville. L.

ENDORMOIR (s. m.): grande tasse de grs, qui tient le milieu entre la
tasse ordinaire et l'cuelle. A.

ENDREIT; ENDREIT DE: envers,  l'gard de.

ENDREIT; ENDRET: endroit, lieu.

ENFAL se dit des volailles qui n'ont pu digrer les aliments contenus
dans leur _fale_, leur jabot. L.

ENFANTOMER: ensorceler. B.

ENFLE (s. f.): tumeur, _enflure_. L.

ENFLUME: enflure. Du roman _enfleume_, que Borel tire du latin
_inflatio_.

ENFONCER: tromper, faire dupe.

ENFONTUME. Voyez MORFONTURE.

ENFOUILLER: enfouir.

ENFOURSURE: enfonure, fonailles; fond de sangles d'un chlit.

ENFROIDUR: _refroidi_, frileux; qui grelotte. Roman. D'_infrigescere_,
selon Monet. L.

ENFRONTER: affronter. S.-I.

ENGAGNER: irriter, mettre en colre. S.-I.

ENGALU: goulu. Du latin _gula_.

ENGASER (S'): s'embourber. De _vase_.

ENGAVER (S'): se bourrer d'aliments jusqu'au _gavion_. Voyez GAVION.

ENGEL: qui prouve l'effet de la gele. L.

ENGELEAU, et non pas ANGELOT: fromage _engel_, c'est--dire dont le
froid, la _gele_, a empch le srum ou petit-lait de s'goutter
suffisamment.

ENGIGNIER: tromper, user d'engin.

ENGIN: moyen de ruse. Dans la vieille langue franaise, il signifiait
industrie.

ENGOULER: saisir avec sa _gueule_, en parlant d'un animal. De _gula_. L.

ENGROULIR: engourdir de froid.

ENGRUGER: se passionner pour. Roman.

ENGUEUSER: duper.

ENHAIR: _har_, fuir, abandonner: en parlant d'oiseaux qui quittent leur
nid, lorsqu'ils s'aperoivent qu'on l'a visit. Dans le patois Roman, ce
verbe signifie har fortement. L.

ENHANNER: ahanner. De la basse latinit, _ahannare_, _anhelare_.

ENHAS: affair, pris en mauvaise part. Par extension, homme qui fait
l'important; enfl d'orgueil. On trouve ce mot dans Henri Estienne.
Nicot dit qu'il signifie affair. De la particule _en_ et du substantif
_hte_. Ainsi l'enhs serait un homme qui affecte de l'empressement
pour faire croire qu'il a de grandes affaires. A.

ENHATER: _hter_, presser. Du Roman _enhtir_.

ENHARS: enracin, invtr. B.

ENHEUD: fix par des _heudes_, liens pour emptrer. Valognes.

ENHIEU; ENNIEU; ENGNEU: aujourd'hui. Voyez ENHUI. B.

ENHUI: aujourd'_hui_. Roman, ainsi qu'_ennuia_. Des mots latins _in hoc
die_, _hodie_. Dans le _Testament de Pathelin_, ce mot est crit ennuict
(dans cette nuit), quoiqu'il y signifie simplement aujourd'hui:

       Fauldray-je ennuict? Las! quel reproche!

ENLARGIR: largir. En Roman, _enlarger_ signifie tendre, augmenter. L.

ENLEUDER (S'): s'embarrasser, s'emptrer. Voyez HEUDES. A.

ENLEUGIR: allger. S.-I.

ENLISER: embourber. Voyez GLISE.

ENMITOUFLER (v. rfl.): s'envelopper la tte comme avec un _amict_; on
dit aussi _amitoufler_. MM. Du Mril.

ENORDIR. Voyez ORDRE (Mettre en). L.

ENOSSER (S'): avaler un _os_ qui embarrasse le gosier.

NOTER: _ter_ les feuilles, les _noeuds_ d'une branche.

NOULER: moudre grossirement.

ENQURAUDER: ensorceler. Du Roman _caraude_, sortilge.

ENQUERCAUCH; ENCARCAUCHI: emptr. Vent encarcauch ou encarcauchi:
vent qui souffle sourdement dans les arbres comme  l'approche d'un
orage, et qui y semble arrt, enchevtr.

ENQUERVOISER: accrocher.

ENRAUDER (v. a.): ranger en _raude_ les mondes que l'on a coupes. L.

ENROUSER: arroser. L.

ENRUBISQUEUX, SE: amoureux. De _rut_. A.

ENS: cans, dans, dedans. Alain Chartier dit (_OEuv._, p. 532):

       Je pleure ens et me ry par dehors.

ENSANGMLER (Faire): irriter, mettre en colre. Voyez SANG-MLER. B.

ENSAQUER (v. a.): mettre dans un sac. L.

ENSASINEMENT: assassinat.

ENSASINER: assassiner.

ENSEMBLE: assemble. L.

ENTEL: tel. MM. Du Mril.

ENTENTE: intelligence, facult de bien entendre, de bien saisir;
jugement. S.-I.

ENTEUN: enferm chez soi. Voyez TEUNE. A.

ENTEURI. Voyez ENTURI.

ENTICUL: articul. S.-I.

ENTOMBIR. Mot encore en usage en Normandie, dit Roquefort, qui assure
que ce verbe signifie tonner, surprendre.

ENTORS: tortu. A.

ENTOUR: environ,  peu prs. Roman.

ENTREBAT: la partie du _bt_ qui est entre ses deux atelles.

ENTRE-CI-ET: entre ce moment-ci et tel autre; d'ici .

ENTRETENANT (de btiments): btiments runis qui s'_entretiennent_. L.

ENTRETRIPLER (S'): se battre  _triple_ outrance. En Roman, _atribler_
signifie accabler de coups. Dans le patois Walon, _tripl_, c'est
battre les terres afin qu'elles s'affaissent moins, dit l'abb
Cambresier dans son _Dict. walon-franais_. A.

ENTROMPER: mettre le soc en terre; l'y enfoncer.

ENTROUBLIER (S'): perdre la mmoire; oublier. Dans les _Chansons du roi
de Navarre_, _entrobli_ signifie tourdi, troubl. En Roman,
_entroblier_, _entroblir_: suspendre, troubler. On lit dans le _Roman de
Troye_:

       Ki set, et n'ensoigne et ne dit,
       Ne peut estre ne s'_entroblit_:
       Science, qui est bien oe,
       Germe, florist et fructifie.

ENTURI: gt par un long sjour dans la salet. M.

ENVELIMER: envenimer. Voyez VELIN. Roman. Un ancien proverbe disait:

       Paroles rapportes
       Sont envelimes.

ENVIER: envoyer. En patois Walon, _invier_.

ENVIRON: . Il est environ son ouvrage: il est occup  son ouvrage. Des
Perriers (_Nouvelle_ 129, intitule: _D'une jeune fille surnomme
Peau-d'Ane_) dit: Comme elle tait _environ_ ces grains d'orge, ses
pre et mre fesoient soigneuse garde.

PAMI: absorb, interloqu. S.-I.

PANTABLE: pouvantable, monstrueux, trs-gros. En patois Bourguignon,
_ponter_; dans le patois Troyen, _panter_ signifie pouvanter.
Molinet, dans ses posies, semble avoir tir de l'espagnol _espantar_ le
verbe franais _panter_, qu'ilemploie pour pouvanter.

PAPLOURDIR: tourdir, blouir d'un coup inattendu.

PAR: clair, serein. Le temps est par. L.

PARTIR: rpandre, parpiller, repartir. Guil. Guiart dit:

       Ribaces qui de l'ost se partent
       Par les champs a et l s'partent.

       L.


PASSE ou ESPACE (s. f.): pice de la maison au rez-de-chausse, et qui
a une porte de communication avec le chauffe-pied. Voyez CHAUFFE-PIED.

PATER: dtacher un drageon du _pied_ d'un arbre.

PATTE: toupe. Vire.

PAVILLER: disperser, parpiller. D'_pave_.

P; EPEC; EPEU: pivert. Du latin _picus_.

PELLIR: dmler. En parlant de la laine.

PERNE-MAILLE (s. f.): tire-lire. En patois Walon, _spgn'm_. D'pargne
et de maille, petite monnaie. A.

PESTOUI: qui court  et l; tourdi. Voyez PESTER.

PTER: clore, en parlant des ruptions cutanes. L.

PEUFIR: bouriffer. L.

PICOCURE DES PRS: _Cynosurus cristatus_.

PIETTER (S'): se meurtrir les pieds en marchant, au point de ne pouvoir
s'en servir. B.

PIFRA (s. m.) (Orne): clat de bois. MM. Du Mril.

PIGNOCHE; PINOCHE (s. f.): faucet, brochette de bois. Voyez PIGNETTE,
PIGNOCHE. B.

PILER: extirper les broussailles, comme du poil (_pilum_).

PINE (NOBLE): aubpine, pine-blanche. B.

PINE-NOIRE: prunellier.

PINETTE: guimbarde.

RINFLURE: gratignure. L.

RIVIRES: trennes. S.-I.

ERJU (s. m.): ennui. L.

ERJUER: ennuyer, vexer,

ERLIGION: religion.

ERLISER; ERLUISER: briller, _reluire_.

ERMNA: almanach.

RONCE: ronce. Id. en patois Troyen.

RONCER: extirper les _ronces_.

ERQUEMANDER: recommander. S.-I.

ERREN: reint. On lit dans la _Satire Mnippe_: Le sort tomba sur un
pauvre malotru, meneur d'ne, qui, pour hter son misrable baudet, tout
_erren_ de coups et du fardeau, dit tout haut: Allons, Gros-Jean, aux
tats!

ERREUR: diffrence.

ERRIE (s. f.): accs, abondance. Il a t pris d'une errie de toux. B.

ERRIRE: arrire.

ERRUSE; RUSE: essor, vole. Prendre son erruse. Du vieux substantif
_erre_, course, venant d'_errare_: errer, divaguer. A.

ERSAI ou ERSEI: _hier_ au _soir_. En Roman, _erseir_.

ERSE: facilit, espace. Avoir l'erse de.

ERSINCHER: fripier. S.-I.

ERSOURCE: source d'eau. Ressource.

RU; RU: lierre. De _hedera_. L.

RUSSER: effeuiller une branche  pleine main, comme lorsque l'on
cueille les feuilles de l'_ru_, lierre. A.

S: aux, dans les. Roman.

ESBIGNER: tuer. S'esbigner: disparatre, fuir.

ESBROUF: embarras, affectation. Faire esbrouf, de l'esbrouf. Voyez
EMBARRAS.

ESCACHETTE: casse-noisette. Voyez CAUCHETTE. Manche.

ESCANDIE (Sucre D'): sucre _candi_. Voyez SCANDI.

ESCARGAITE ou ESCARGUETTE: sentinelle. Voyez CHAUGUETTE.

ESCARBILLARD: tourdi, vent. Cette fille est coiffe 
l'_escarbillard_. En Roman, _escarbillard_ signifie gai, plaisant, rus.
Dans le patois Toulousain, _escarbilhat_, dispos. En espagnol,
_escarapela_ se traduit par dispute et par noeud de ruban  la coiffure.
On trouve _escarbilhat_ dans la _Nouvelle_ 52 de Des Perriers. En patois
Lorrain, _escarbouillette_, tourderie.

ESCARBOUILLER. Voyez CARBOUILLER.

ESCOFFIER (v. a.): gorger. De l'italien _scuffia_, coffe. C'est une
sorte de litote. Escoffier: dcoiffer, pour ter la tte.

ESCOFFION: nippes de femmes. De _scuffia_.

ESCORNIFLER: cornifler. Id. en patois Lorrain.

ESCOT: promenade; espace que parcourt une sentinelle.

ESCOUER: secouer. Du latin _excutere_. S.-I.

ESCOURRE. Voyez COURRE.

ESCOUSSE. Voyez COUSSE.

SERAIS: _esquille_, clat.

SERGOTER: blesser le pied, les ergots; arracher les ergots. Esergoter
un boeuf, c'est lui blesser le pied, au point de lui faire perdre un ou
plusieurs ergots. Voyez RIGOT. A.

SIQUI: chtif, _exigu_. Du latin _exiguus_.

ESPADRON: espadon.

ESPADRONNER: espadonner.

ESPAIGNER: pargner. Employ par Basselin.

ESPCHE: pingle. De l'islandais _spick_; du latin _spiculum_.

ESPCIAUT: belle apparence. (Valognes.)

ESPRER: attendre. Patois du Midi. L.

ESPRANGNER: dtruire, briser. De l'islandais _sprangia_.

ESPRIT: spirituel. L'Acadmie admet le verbe familier _espriter_ pour
donner de l'esprit. On lit, dans le _Vogage de Chapelle et de
Bachaumont_, ce vers sur Mme d'Osneville:

       Elle est jeune, riche, esprite.

ESQUAINTER: tuer; mettre en pices.

ESQULETTE (s. f.): squelette.

ESQUIPOT: enjeu. Dans l'Acadmie, l'esquipot est la tire-lire.

ESSAIMAGE: action d'_essaimer_ en parlant des abeilles.

ESSART: terrain inculte. Voyez DSERTER.

ESSAVER: corcher l'piderme.

ESSEMER: essaimer.

ESSENILLER (v. a.): disperser, parpiller. A.

ESSENTE: bardeau, petit ais mince dont on couvre les maisons.

ESSERBER; ESSERPER: laguer au moyen de la _serpe_. (Vire.)

ESSIAUX ou ESSAUX: digue par laquelle le trop plein du bief prend son
cours. Du vieux verbe _issir_, sortir; ou bien d'_ais_, planches, parce
que la digue admet dans sa construction plusieurs madriers.

ESSOINE: excuse. MM. Du Mril.

ESSOUDRE ou ESSOURDRE: lever en l'air; s'lever. De _surgere_.

ESSUI ou ESSUYEUX: torchon.

ESTAMPER: fouler, craser. De l'islandais _stappa_.

ESTOMAQUER: fcher. Du verbe anglais _to stomach_, qui vient du latin
_stomachor_, se dpiter. B.

ESTORER. Voyez TORER.

ESTRAGAUCHINES: hypothques. MM. Du Mril. O.

ET PIEUS: et puis, ensuite.

TAMPIR: suffoquer.

TAQUER: peler le gazon.

TAU. Voyez TOUBLE.

TAUDIR: assommer. Voyez ATOUT.

TAUPINER: rabattre la terre des _taupinires_.

TEI: aussi. Du latin _item_. Voyez ITOU. S.-I.

TLET: hirondelle de mer (_Sterna hirundo_).

TERCELET: tiercelet.

TERMINE; TERMAIGNE (s. f.): tat de dprissement. Ce mot vient de ce
que le malade, qui est ordinairement un enfant, reste _indtermin_,
c'est--dire ne crot pas, n'obtient pas de gurison, et de ce que sa
maladie n'augmente pas.

TERSE (s. f.): brosse. Du verbe latin _extergere_, nettoyer.

TEURDRE: manier la pte, la _tordre_. Tordre, en patois, _teurdre_.

TIBOQUER: agacer comme avec un tibot. Voyez ASTICOTER.

TIBOT: petit clat de bois. Arbre rabougri.

TIPE: somme ou pice de monnaie restant au-del d'un paiement effectu,
ou d'une somme ronde. Un liard d'tipe. Voyez SUBRCOT.

TIQUENARD: sorte de canard sauvage (_Anas acuta_). B.

TIQUER: plucher. Voyez EFFLOQUETER.

TOCURE (s. f.): grosse pierre ou maonnerie employe pour _toquer_ une
construction. Voyez TOQUER.

TOMIE (s. f.): squelette. D'anatomie. Dans le patois Walon, _atomeie_.

TOQUER (v. a.): soutenir une construction par une forte pierre, ou par
de la maonnerie.

TOQUER: attacher. S.-I.

TORER (en parlant des noix, des chtaignes: leur enlever leur brou,
leur hrisson). Voyez CALER.

TORER: pourvoir. Dans l'ancien franais, _estorement_ signifiait
provisions, meubles. De l'anglais _stord_.

TOT: racine du chaume.

TOU: aussi. Voyez ITOU.

TOUBLE; TEULE; TAU: chaume laiss debout et dans lequel il se trouve
des herbes rserves aux bestiaux. Dans le patois de Grenoble, on dit
_eitoublo_, chaume. Du latin _stipula_. _Etouble_ appartient au patois
Lorrain; en patois Walon, _stele_. A.

TOUPAS: bouchoir de four. Ce mot vient, par corruption, d'_touffer_ le
four, ou de ce que le bouchoir le ferme comme ferait un bouchon
d'toupes sur toute autre ouverture. En patois Walon, _ristop_ signifie
boucher, fermer.

TOUPER: mettre l'toupas. Ce verbe signifie aussi essarter, couper les
broussailles.

TRAIN: paille. Du latin _stramen_.

TRALLER: taler.

TRAMILLER: parpiller, disperser.

TRAQUER: suivre l'_trat_, la trace.

TRASE: ombre qui ne laisse pas de trace; objet chtif.

TRAT: sentier trac et fray dans la neige. Du latin _stratum_.

TRE (s. m.): btiment. Autrefois on crivait aitres, ce qui se
rapprochait davantage de l'tymologie, puisque ce substantif vient du
latin _atrium_, maison, logis.

TREULER: entasser confusment, craser.

TRILLER (v. a.): arracher en dchirant.

TRIPER: ventrer.

TRIVARD: hargneux. L.

TRIVER: dbattre. Faire triver: taquiner, faire endiabler. Cretin
l'emploie dans le sens de disputer (p. 47):

       A quoi tient-il qu'aujourd'hui n'_estrivez_
       Contre la Mort?

Du vieux mot franais _trif_, dbat. Martin Franc, auteur du _Champion
des Dames_, a compos un trait, en vers et en prose, intitul: _L'trif
ou le dbat de Fortune et de Vertu_.

TROGNER: monder. Voyez PROGNE.

EU: heure. Jusqu' 't'eu: jusqu' cette heure. L.

U (pour _eu_): participe du verbe avoir. UT; USSENT, etc. En Roman
_hu_. En parlant des Gants renverss par Jupiter, Jean Regnier, pote
du XVe sicle, dit:

       Se ne fust Jupiter,  la foudre bruyant,
       Qui tous les desrocha, ja n'_ussent_ garant.

EUCRIRE: crire. S.-I.

EUNE: une. En gnral on dit, en patois: _auqueune_ pour aucune;
_preune_, pour prune; _pleume_ pour plume; _feumer_, _il feume_, pour
fumer, il fume, etc. Id. Patois lorrain. L.

EURE (rivire): il devrait se prononcer Ure, comme dans _gageure_, _nous
emes_; c'est ce que nous avons dit dans nos _Archives normandes_ de
1824, p. 247 et 248.

EURIBLE. Voyez AORIBLE.

VACH: dform, habill ngligemment. Du verbe s'avachir.

VALINGUER (v. a.) (arr. de Valognes): jeter, lancer, _linguer_. De
_af_, en islandais. MM. Du Mril.

VAR: mouvement d'impatience. B.

VARER: pouvanter, rendre _effar_.

VELIS:  demi-us, rp en parlant d'une toffe. Voyez LIM.

VESTOUI, mme sens qu'PESTOUI.

VIPILLON. Voyez VIPILLON.

VRASQUER: arracher en dchirant (Valognes).

EXEMPLE (PAR): vraiment (employ souvent dans le sens d'une opposition
ou d'une rclamation ironiques).

EXPERTISER: procder  une expertise.

EXPOSITION: pril, accident fcheux auquel on est expos.

EXPOSOIR: reposoir.

EXPRS (PAR): exprs.


F.


FABIN: espion, rapporteur. Du latin _fari_, _fabula_.

FACE: boucle de cheveux tortille sur les tempes et que les hommes
fixaient avec de longues pingles noires. Cette mode de la coiffure a
cess, en 1792, d'tre en usage, ainsi que la pommade et la poudre.

FACHON: faon. S.-I.

FACILISER: faciliter.

FAFELU: bouffi, dodu. Employ en ce sens par Des Periers, dans sa 29e.
_Nouvelle_.

FAFIGNER: hsiter, tergiverser. S.-I.

FAGUELIN: _faible_ de complexion. A.

FAGULT: facult. Le _g_ pour le _c_, comme dans ganif pour canif.

FAIGNIANT, TE: fainant, te. Du vieux mot _nyent_; _niente_, en italien:
nant, rien. Dans les actes rapports par Lobineau (_Hist. de Bretagne_,
t. II, p. 769), on trouve souvent _nyent_ pour nant. L'auteur du
_Testament de Pathelin_, p. 121, dit:

       Fut present Mathelin le sourt,
       Attourn de Gaultier _faict nyent_.

FAILLERA (IL); IL FAILLERAIT; IL FAILLIRA; IL FAILLIRAIT: il faudra; il
faudrait. L.

FAILLETTE: feinte.

FAILLIR. Voyez FIAILLIR.

FAIMVALIER: qui a la faimvalle. L.

FAIMVALLE: fringalle, apptit dsordonn. Dans le franais actuel, la
faimvalle est une maladie des chevaux.

FAIS (s. f.): fois.

FAIT: avoir, affaire, effets. Du latin _factum_.

FAIT: fate.

FAITELAIT: lait caill.

FAITIER: fatire, tuile creuse pour couvrir le haut du toit.

FAITURIER: syndic d'une confrrie.

FALE (s. f.): jabot des oiseaux. L.

FALLIPOUX: homme dcharn et de mauvaise apparence.

FALMCHE (s. f.): flammche, tincelle.

FALU: oiseau qui a un gros jabot. Au figur, orgueilleux qui se
rengorge. L.

FALUE (s. f.): sorte de gteau plat, cuit rapidement  l'entre du four,
pendant qu'on le chauffe. De _fale_, parce que cette galette gonfle
l'estomac (la fale, au figur). C'est ce qu'on appelle ailleurs galette
 la foue. B.

FALUMCHE. Voyez FALMCHE.

FAMEUSEMENT: beaucoup.

FAMINOT: pain de sarrasin, pain grossier qu'on n'emploie qu'en temps de
famine. O.

FAMULER: devenir _familier_. O.

FANFLUE: berlue.

FANGUE: boue, _fange_. Du Roman _fanc_.

FANIL: fenil, grenier  foin.

FAQUIN: celui qui affecte de s'habiller avec lgance. L.

FARACHE ou FARAGE (s. m.): communaut d'une chose entre deux personnes
qui en usent comme _frres_. Farage est la corruption de _frrage_. A.

FARAUD, E: celui ou celle qui affecte avec recherche une mise lgante
et prtentieuse. En patois du Jura, _farot_.

FARAUDER: faire le faraud.

FARBALAS: falbalas.

FARCER: se moquer de. Employ dans la _Dance aux Aveugles_.

FARETTE: moisissure sur le cidre ou le vin dans un ft en baissire. B.
Ailleurs, on dit fleurette, mot dont farette est la corruption.

FARS (s. m.): farce pour les prparations culinaires. On trouve ce mot
dans le pome de Pibrac, intitul _Les plaisirs de la vie rustique_:

       Et d'un _fars_ bien menu lui fait un autre ventre,

dit-il, en parlant d'une oie prpare pour la table. Du verbe _farcir_.
En celtique, _fars_ signifiait pte de farine, soit de bl, soit
d'autres crales. En latin, _far_. A.

FATIQUE: fatigue. L.

FATIQUER: fatiguer.

FATRAIN: chanvre chtif. Du franais _fretin_.

FAU; FOUTEAU; FOUTIAU: htre. En celtique-breton, _fao_.

FAUCHARD; FAUCHET: sorte de serpe pourvue d'un crochet pour enfoncer les
affiches dans les haies sches. En franais, le fauchet est un rteau.
L.

FAUCILLON, synonyme de fauchard. L.

FAUQUET; FAUCHET: sorte de serpe. Du latin, _falx_.

FAUQUET: croc en jambe qui fait porter  _faux_ le pied de l'adversaire
et le fait tomber comme d'un coup de fauchet.

FAUTER: manquer, faire une faute.

FAUTIBLE: coupable d'une _faute_. L.

FAUTOISET: mouchet, oiseau de proie.

FAVAT: tige sche des _fves_. De _faba_.

FEILLURE: feuillure.

FEIN: foin. De _fenum_. Ancien franais.

FEINDRE: flchir, s'affaisser.

FEL, E: _faible_, rude, mchant. A Bayeux, ce qualificatif signifie
courageux. De _fallene_; de flon. Dans les _Chansons du roi de
Navarre_, _fel_ est synonyme d'aigre et de dur.

FLER: palpiter dans un membre malade. L.

FNAISON: fanaison.

FNER: faner. Id. patois Walon.--Ce verbe, en parlant du chat, signifie
faire ses ordures. De _fienter_.

FNEUX: faneur.

FERLAMPIER, FRELAMPIER: vaurien, fainant. B.

FERLANDE: mauvaise pice de monnaie. A.

FERLUCHES: copeau lger qu'enlve la varlope. Objet de peu de valeur,
d'o on a form le mot fanfreluches.

FERLUQUET: freluquet. Id. dans le patois Walon.

FERMAIGNE (s. f.): meuble propre  _renfermer_ quelques effets. Par
extension, des meubles. A.

FERMINE, synonyme de fermaigne.

FROUESSES; FROUSSES: jambes; terme de mpris comme croches, fltes,
triques. A.

FERRER (v. a.): carder, en parlant du chanvre et du lin.

FERRET: sorte de tonneau.

FERREUX: cardeur de chanvre et de lin.

FERRIER: grande tonne  cidre.

FERSIR (v. n.): trembloter, transir, frmir. A.

FERTILLON; FEURTILLON: frtillon. Du verbe _frtiller_. A.

FRU: fort et fier. Du celtique-breton.

FERZAIE: fresaie. Belon a dit:

       Le hideux cri de la _fresaie_ effraie.

FESTAMPER: battre, fesser. O.

FESSE-LARRON: houx fragon (_Ruscus aculeatus_). B.

FTRE: espce de panaris. B.

FEUGRE: fougre (_Polypodium filix_). L.

FEUILLON: frlon. B.

FEUILLOT: feuillet. L.

FEUILLOTER: feuilleter.

FEUPERIE: friperie. Voyez PEUFE.

FEUPES: guenilles, propres au fripier.

FEURRER: empailler. Feurrer une chaise, c'est la rempailler. De
_feurre_.

FEUVE: fve.

FVE (petite): haricot (_Phaseolus_). On dsigne, en Normandie, la
vritable fve (_Vicia faba_) sous les noms de grosse fve, et de
gourgane. Voyez POIS. Dans le patois Walon, fve signifie haricot.

FIAH: fi!

FIAILLIR (v. n.): se faner, se fltrir. En patois Walon, _flawi_:
_faillir_, tomber en dfaillance. Dans le patois Rennais, faillir
signifie maigrir, se faner. A.

FIAMBE; FLAMBE: feu brillant et de peu de dure.

FIAMME: flamme. Patois Walon. B.

FIANCE: confiance. L.

FIANCHAILLES: fianailles. S.-I.

FIANT: mouill.

FIARACHE; FIARAGE: communaut; _frrage_. A.

FIAT: confiance, foi. B.

FIAU: flau  battre le grain. Voyez FLOIS.

FIAUT: foi, confiance.

FICET (diminutif de _fils_): fils chri. Manche.

FICHANT: dsolant, ou du moins trs-contrariant.

FICHER et FICHIER: donner, placer. Dans l'ancien Argot, _ficher_
signifie donner.--Ficher le camp: dcamper.

FICHER (SE) de: se moquer de.

FICHTRE! juron. Patois du Jura.

FICHU: dtruit, perdu. Fichu pour: fait pour, capable de. M.

FIDLE: sensible. A.

FIDLION (Faire un): faire un cadeau.

FIE: multitude, abondance. Fie de monde: affluence de monde. B.

FIGE: roseau pour empailler les siges. Voyez LAICHE.

FIELLU: fort, puissant, courageux. C'est le synonyme de _fle_. B.

FIENT (s. m.): fumier. De _fiente_, qui vient du latin _fimus_. Patois
Troyen.

FIRISER: irriter. S.-I.

FIEUR: fleur. A.

FIEUX: fils. Patois Picard. S.-I.

FIFOLLET. Voyez FOLLOT, et FOURLORE.

FIFOTTE (s. f.): frai de poissons agglutin, que la mer laisse parfois
sur la grve. B.

FIGNOLER (v. n.): s'habiller avec recherche; affecter des airs gracieux.
Voyez FION.

FIGNOLEUR: recherch dans sa parure.

FIL (Avoir le): avoir de la ruse, de la finesse. C'est tre comme un
outil bien _affil_. Voyez TRUC.

FIL-EN-TROIS: eau-de-vie. L.

FILANDRE: filament.

FILEBERT, ou plutt PHILBERT: noisette, aveline. Peut-tre du nom de
quelque anachorte, qui faisait de ce fruit sa nourriture; d'o
probablement vient, par ironie, la dnomination de _pt d'ermite_.

FILETTE (du jour): point du jour.

FILEUX: pervier (_Falco nisus_).

FILOIRE: fileuse, ouvrire que l'on emploie  _filer_ le chanvre. A.

FILOTIER: tisserand, fabricant de toile. Du mot fil. A.

FILTER: tiercer ou repiler pour la troisime fois un marc de pommes.

FIN dans A LA FIN DES FINS: enfin.

FINAR: astucieux, fin.

FINASSIER: finasseur, qui finasse, rus, dissimul.

FINER: trouver. De l'islandais _finna_.

FINGUE: foi. Par ma fingue: par ma foi. On dit aussi: par ma finguette.

FINOT: fin-or, sorte de poire d't, jaune comme de l'_or fin_.

FIOLER (v. n.): boire au point de s'enivrer. _Fioula_, en patois de
Grenoble. De fiole.

FIOLER. Voyez FLER.

FION: tournure, bonne faon. Id. en patois Lorrain.

FIQUER: mettre. De ficher. _Fiqu'ous l_: mettez-vous l. Fiquer un
clou: l'enfoncer.

FIRLIT: petit poisson, fretin de mer, dont on se sert pour appt. B.

FIROU (Noblesse  Martin): va te coucher, tu souperas demain: noblesse
indigente, pauvres hobereaux.

FISSET; FISSIA; FISSIAU: petite barre qui sert  fixer (Manche).

FISTEAU: barre de treillage. Fuseau. C.

FISTON (diminutif de fils): petit enfant chri.

FLAFLA: entretien, frquentation. S.-I. Dans d'autres dpartements, on
dit: faire du flafla, pour faire des embarras.

FLAGEOLET: sorte de haricot. Corruption du vieux franais _faseols_. De
_faseolus_.

FLAINDRE. Voyez FEINDRE.

FLAIS; FLAIT; FLET: flau pour battre les crales. Patois Troyen.

FLAMBE: flamme. Roman.

FLAMBE; FLAMBINE: feu brillant de courte dure. L.

FLAMMICHE: pain ou _miche_ mal cuit, comme  une simple flamme. O.

FLANCHET; FLANCHIN (de mouton): pice de cet animal, coupe entre
l'paule et le flanc. L.

FLANER: perdre un temps considrable en causeries, en bavardages.

FLANIER: avare.

FLANIER, RE: qui va flaner.

FLANNER (v. a.): flatter bassement. A.

FLANNEUR: bas flatteur. A.

FLANQUER: donner, appliquer.

FLAQUET: petite flaque d'eau. S.-I.

FLAQUET: digitale dont les fleurs claquent, presses d'une certaine
faon. FLAQUET se dit, dans la Manche, pour CLAQUET. Voy. ce mot.

FLAQUIN: maigre. D'_efflanqu_. A.

FLARIES: rjouissances prolonges. De _frairie_. A.

FLAS. Voyez FLAIS.

FLLER (v. n.): faire du bruit, en parlant d'une porte ou d'un auvent
qui bat avec force. Dans l'arrondissement de Rouen, disent MM. Dumril,
ce verbe est aussi actif; _fller des fruits_ y signifie les _agiter
avec violence_, et par suite les _abattre_.

FLET. Voy. FLAIS.

FLEU: farine; pour fleur de farine. Fleu de pois, fleu de bl. En
anglais, _flour_.

FLEUMES. Voyez FLUMES. B.

FLEURER: flairer.

FLEURETTE: premire crme qui s'lve sur le lait; _fleur_ de crme. L.

FLEURETTE: moisissure sur la baissire d'un tonneau. De fleur,
efflorescence. Voyez FARETTE. L.

FLEURIE: confrairie. S.-I.

FLEUTRIR: fltrir.

FLIAIS: flau  battre le bl. (Manche.)

FLIE; FLION: petit coquillage univalve; la patelle commune.

FLIGER: figer. L.

FLIPE (s. m.): cidre doux, chauff avec un mlange d'eau-de-vie et de
sucre, et dans lequel on met des tartines ou rties. De l'anglais
_flip_, boisson cordiale. Une note sur le _Redgauntlet_ de Walter Scott,
ch. XIII, trad. de M. de Montemont, dfinit ainsi le flip: Boisson
compose de bire, d'eau-de-vie et de sucre, en usage parmi les gens de
mer.

FLIPSAUCER: manger avec voracit.

FLO; FLIO: multitude (Manche). B. L.

FLON: diarrhe pidmique. Vire.

FLONDRE: poisson de la Basse-Seine, et que, dans la mer Baltique, on
appelle _flunder_ et _flundra_. C'est le flez (_Flessus_). S.-I.

FLONER (SE): se pmer de colre ou de surprise. Du Roman _enfelonnir_:
s'irriter. L.

FLONER (v. n.): flaner. A.

FLONEUR: flaneur. De l'islandais _flanni_: dsordonn, dbauch.

FLONISE (s. f.): pamoison par l'effet d'une grande colre ou d'une
surprise excessive. L.

FLOPER, ou plutt FLAUPER: frapper, battre. _Fipla_: battre. En Roman,
_flauber_. A.

FLOQUER (v. n.): vaciller, chanceler, en parlant d'une chose mal fixe.
Onomatope. B.

FLOQUET: incertain, vacillant, indcis. De flot. S.-I.

FLOUEUR: trompeur, escroc, fripon. De l'ancien Argot, _afluer_: tromper;
et de l'Argot nouveau, _flouer_: voler.

FLOUER: voler. Du verbe latin _fraudare_.

FLOUETTE: girouette. Du latin _fluctuare_.

FLUBER: agiter les paules pour les frotter. Voyez FRIPER.

FLUMES: flegmes; glaires; pituite. L'apothicaire Aliborum s'exprime
ainsi dans le _Testament de Pathelin_, p. 133:

       User vous fault de sucre fin,
       Pour faire en aller tout ce flume.

Du grec [Grec: phlegma]; en latin, _phlegma_.

FLUTER: boire avec excs.

FO: fou. Du Celtique _fol_.

FOCHE: fouace, gteau sal et poivr sans autre assaisonnement. Voyez
FOUE. B.

FOCHETTE (s. f.): (_Lotus Corniculatus_). B.

FOICELLE, ou FOISSELLE (s. f.): forme en terre cuite, perce de beaucoup
de petits trous, pour faire goutter le fromage. En patois de Grenoble,
_faicella_ signifie un vase pour faire cailler le lait; en patois du
Jura, moule de bois  faire des fromages. Faisselle, en franais.
Voyez CLICHE. A.

FOIS: moment. Il y a des fois o j'en perds la tte. Patois Lorrain.

FOISIL: briquet, _fusil_ avec lequel on battait un morceau de silex pour
en obtenir du feu. Le _fuisill_, dans Partonopeus de Blois. L.

FOISILLER: remuer la cendre mal  propos. Par extension, dranger. Du
latin _focus_, foyer. A.

FOITER (v. a.): donner, appliquer. Je li foiterais le fouet. Ce mot
semble un adoucissement du mot foutre employ dans le mme sens par les
gens grossiers.

FOLE: filet dont on se sert en haute mer, principalement pour prendre
les raies. B.

FOLE, ou FOLLE: trombe. De _follis_, soufflet de foyer.

FOLIER: tre atteint de folie. _Foloier_, dans les _Chansons du roi de
Navarre_. L.

FOLIO: habillements suranns et ridicules. Elle a l'air d'un folio. De
folle, ou d'un volume in-folio devenu bouquin. A.

FOLLOT: feu-follet.

FOLUMQUE. Voyez FALMCHE.

FONCE: gestation, porte d'une femelle. Voyez FORCE.

FONCER: entrer de force; se jeter brusquement sur. Il a fonc dans la
maison: il a fonc sur moi. L.

FONDELER: brler la terre et la disposer pour l'ensemencement du
sarrasin. C'est,  proprement parler, prparer le _fonds_. A.

FONDELERIE: action de fondeler. A.

FONDRILLE (s. f.): effondrilles, dpt ou sdiment au _fond_ d'un vase.

FONDRILLON (s. m.): petite fondrille.

FONGE ou FONGUE (PAR MA): par ma foi.

FONTAISIE: fantaisie, caprice.

FORANGUE (s. f.): crote sur les lvres d'un malade. B.

FORBAITURE: fourbure.

FORBANNIR: exiler, bannir. De _foras_, dehors, et de bannir. Employ par
Basselin.

FORBU: fourbu.

FORCE: porte d'une femelle qui produit plusieurs petits. Une force de
lapins. De _foras_, dehors. L.

FORCIR (v. n.): acqurir de la force. L.

FORIRE: portion de terre en dehors de la partie laboure. De _foris_.

FORMAGE: fromage.

FORMAT: furoncle, anthrax, bouton, mal extrieur. De _foris_.

FORTAN (fort temps): mauvais temps. Faire avoir _fortan_  quelqu'un: le
faire vexer. On dit aussi: faire porter mauvais temps  quelqu'un.

FOU: enrag. Chien fou, chien attaqu de la rage.

FOU (en parlant du lait): lait fou, lait caill.

FOUADRAILLER: fouailler; faire claquer le fouet  tort et  travers.

FOUAH! fi. Cri de hue et de dgot. B.

FOUAILLE: feu brillant sans dure.

FOUAILLE: fustigation complte.

FOUAILLEUR: libertin.

FOUATIN: tton, qui s'occupe de riens. Voyez NIGON. L.

FOUATINE. Voyez FOUAILLE, FLAMBINE.

FOUATINER (v. n.): s'occuper de riens, de vtilles. Voyez NIGONNER.

FOUATINES: verges. Du verbe fouetter.

FOUATINER (v. n.), se dit de quelque chose que le vent enlve (Orne).
MM. Dumril.

FOUCADE: _fougade_, emportement fougueux.

FOUCADER (v. n.): prouver une foucade.

FOUCARAS; FOUGARAS: cervel.

FOUCHIBLE: facile  effaroucher.

FOUDRER: craser, en parlant du corps, du buste surtout. En patois du
Jura, _effoudrai_: froiss, moulu.

FOUDRER: s'emporter. S.-I.

FOUE (s. f.): feu clair et brillant, fait de branches menues ou de
pailles; feu de la bouche du four. Une galette  la foue est un petit
gteau que l'on fait cuire  la bouche du four pendant qu'on le chauffe.
Des mots feu, foyer.

FOUNE, FOUINE (s. f.): instrument de pche. _Funa_, en patois de
Grenoble.

FOUETTER LE CHAT: donner un repas des restes d'un festin. A.

FOUI: four, fournil. O.

FOUILLARD: feuillage.

FOUILLIS: confusion, dsordre d'objets. C'est le _farrago_ des Latins.

FOUINER (v. n.): fuir lchement.

FOUINER, FOUINETER: fureter. A.

FOUINILLARD: qui _fouine_, rdeur malfaisant.

FOULON: frelon. L.

FOUR: fournil, pice dans laquelle ouvre le four et se trouve la
boulangerie.

FOURBANCER: toucher  tout, comme pour _fourbir_.

FOURC: fourchet. Le _fourc_ (dont on ne prononce pas le _c_) est,
suivant Nicot, toute chose qui fait un angle aigu. Ainsi dit-on le
fourc d'un arbre, des doigts, du chemin, des rues: d'o vient ce mot
quarre-fourc par composition de quarr et fourc. De ce mot sont drivs
fourches, et semblables. On ne l'emploie, en patois, que dans ces
locutions: le fourc du derrire, le fourc d'une culotte. On dit le
fourchet d'un arbre. Du substantif latin _furca_, fourche. A.

FOURCELLE: estomac. En Roman, _forcel_. Sur ce mot, nous avons donn une
note dtaille dans notre dition de Basselin, p. 50.

FOURE (s. f.): foire. L.

FOURE ou FOURRE: filet attach sur les bancs de sable, pour y former
un parc o le poisson puisse venir se _fourrer_.

FOURE; POIRE-FOURE: poire molle. Au figur, qui a la foure, la foire.
Voyez BLET.

FOURER: foirer.

FOURET, TE: petit foireux; petite foireuse. L.

FOURFIRE (s. f.): _fourche_ de fer  deux fourchons ou dents,
longuement emmanche. L.

FOURGOTTER, FOURGOUNER: remuer avec bruit sans utilit. Dans la
Mayenne, on dit fourgner pour fureter. De _fourgon_.

FOURLORE (s. f.): sorte de revenant qu'on croit apparatre la nuit le
long des eaux, sous la forme d'une flamme errante, qui cherche  garer
les passants pour les perdre. Peut-tre de l'ancien mot _frelore_:
vicieux, mchant. Dans Pathelin, p. 60, sa femme lui dit:

       Notre fait seroit tout frelore.

       L.

FOURNAQUER: c'est, comme _fourgouner_, remuer en dsordre et avec un
bruit importun. L.

FOURNIT: babillard.

FOUROLLE: torche. Voyez COULINE.

FOUROUX, SE: foireux, se. L.

FOURQUE: fourche. Altration d'un juron trs-commun dans la bouche des
gens grossiers.

FOURRAIGNE (s. f.): fourrage. A.

FOUTAISE: bagatelle.

FOUTEAU: htre. Patois Rouchi.

FOUTELAIE: lieu plant de htres.

FOUTILLE (s. f.): faine, fruit du fouteau. O.

FOUTIMASSER: faire des niaiseries. Voyez NIGONNER. De fou.

FOUTINER. Voyez FOUATINER.

FOUTINETTE: chose de peu de valeur; bagatelle.

FOUYER: tre, _foyer_. Marot dit, dans l'_pitaphe d'Ortis, le more du
roi_:

       Aussi gris qu'un fouyer cendreux
       Et noir comme un beau diable ou deux.

FRAINVALE (s. f.): boulimie. Voyez FAIMVALE et FRINGALE. B.

FRAINVALIER: qui prouve la frainvale.

FRAISER. Voyez EFFRAISER.

FRAMBYER (v. a.): nettoyer, en parlant des tables; les dbarrasser de
fumier. Nettoyer les petits enfants.

FRAMBIER; FRAMBISSEUX: qui touche  tout.

FRAMBIR, v. n.: fureter. A.

FRAMBOYER. Voyez FRAMBYER. A.

FRANC-LIARD: franc-ral, sorte de poire.

FRARIN: piteux, chtif.

FR ou FREI, FRDE: froid, froide. En patois Walon, _freu_.

FRDURE: froidure.

FREMAILLES: affaires.

FREMEUR: peur, motif de _frmir_.

FRMI (s. f.): fourmi. Patois Bourguignon. _Frumihe_, en patois Walon.

FRNAILLER: faire un bruit agaant.

FRRAGE: association troite. MM. Dumril.

FRREUX (cousin): cousin germain.

FRSER: mier. De _fresus_, moulu.

FRETTE (s. f.): long bton. De _fretus_, appuy. A.

FRETTE (s. f.): bande de toile pour emmailloter un enfant. L.

FRETTER (v. a.): fixer un enfant dans le maillot. L.

FREULE: vole de coups (Vire).

FREULER: _froler_, battre.

FREULIER: garnement. B.

FREUMENT: durement, rudement. B.

FRICAMPOLER: mal prparer un mets. De _fricasser en pole_.

FRICOT: plat de viande, apprt pour un repas.

FRICOTER: faire bombance.

FRICOTEUR: celui qui _fricote_.

FRIGOUSSE (s. f.): mauvais mets. Du mot populaire _fricot_.

FRIME. C'est bon pour la frime: c'est bon pour l'apparence.

FRIMOUSE; FRIMOUSSE: grosse figure. Du vieux mot _flimouse_. Patois
Lorrain. Patois Troyen.

FRINGALE: boulimie. L.

FRINGALIER: qui a la fringale. L.

FRINOT: garon meunier. Du latin _farina_, _farinarius_.

FRIOLER: affrioler; et, dans le sens neutre, avoir grande envie.

FRIOLET: haricot prdome. De _phaseolus_.

FRIPE (s. f.): vtement en mauvais tat, bon pour la _friperie_. Au
figur, le corps. Donner sur la fripe: battre.

FRIPER (SE): se frotter, s'agiter comme les gens qui ont des poux.

FRIPERIE. Voyez FRIPE.

FRIQUENELLE: jeune fille friande et _fringante_.

FRISDU: terre en _friche_.

FRISON (s. m.): ruban _fris_ que produit la varlope. L.

FRISON (s. m.): boucle de cheveux qui _frisent_ par art.

FROE (s. f.): sciure de bois. _Frou_ ou _froux_, en patois Lorrain.

FROLE: pain mi dans du cidre ou du poir.

FROMER; FRUMER: fermer.

FRONTEAU: bandeau ou bourrelet d'enfant. De _front_.

FROU-FROU (Madame): femme ou fille prtentieuse. Frou-frou est une
onomatope comme taffetas (autrefois tafe-tafe), tire du bruit que
produisent les robes de soie. Id. Patois du Jura. L.

FRU, E: avide. A.

FRUSQUIN. Voyez SAINT-FRUSQUIN.

FULON; FAILON; FOULON; FURON: frelon.

FUMELLE: femelle. L.

FUMELLIER: coureur de femelles, de filles.

FUMER (v. n.): tre contrari. Voyez BISQUER.

FURIEUSEMENT: beaucoup, trs.

FURIEUX: gros et fort. On dit d'un enfant qui est fort et gros: il est
furieux et grossier. En patois Rouchi, furieux signifie fort. L.

FURLUCH: hriss, _furieux_, comme un coq en colre.

FURLUFFER (v. a.) (arr. de Rouen): fcher, pousser  bout:

       Chest pour nous faire furluffer.

       FERNAND, _Muse normande_, p. 26.

Peut-tre le mme mot que le prcdent. MM. Dumril.

FUT: blier du pressoir  cidre. Tonneau, barrique.

FUTANT: ennuyant. L.

FUT: rassasi, qui en a son sol. Il signifie aussi avis, rus.

FUTER: fatiguer, ennuyer, rassasier, blaser.


G.


GABASSER: sautiller. Du vieux verbe _gaber_: rire, se moquer. A.

GABEGIE: manoeuvre secrte et astucieuse; intelligence avec quelqu'un
dans un but coupable. On dit aussi _capegie_. Dans le patois Lorrain,
_gabgie_ signifie un profit illicite. Du Celtique-Breton _guap_:
moquerie, et du Roman _gaber_. B.

GABELOU: employ des _gabelles_, malttier; sobriquet des douaniers au
bord de la mer.

GABERIEN: moqueur, trompeur de femmes. De _gaber_: plaisanter, se
moquer. B.

GABLE (s. m.) (arr. de Vire): pan de mur, pignon; _gafl_, en islandais.
MM. Dumril.

GABOTTER: se balancer en dansant. De l'ancien mot _gambe_, jambe. On a
dit d'abord _gambotter_: agiter les jambes. A.

GACHARD: sale, malpropre (Manche).

GACHE: pain grossier, _gch_.--Gteau improvis, cuit  la bouche du
four.

GADE (s. f.): jatte. De l'islandais _jata_. A.

GADE; GARDE; GRADE: groseille  grappes (_Ribes rubrum_). L.

GADELLE (s. f.): groseille  grappes. L.

GADELIER; GARDELIER; GRADEILLIER: groseiller  grappes. L.

GADEUIL: celui qui, sans tre prcisment borgne, ne voit, _ne regarde_
que d'un _oeil_; qui a un oeil vairon. L.

GADOLIER: garnement, vaurien. B.

GAFFE (s. f.): morsure de chien. S.-I.

GAFFER, en parlant d'un chien: saisir brutalement et mordre; manger
avidement.

GAGE: avoir, proprit.

GAGIER: gager, parier.

GAGNE (s. f.): gain. L.

GAI: geai.

GAIEUX, SE: trop dlicat, dgot. Dans le patois de Grenoble,
_gaillosa_ signifie glouton. Voyez DGAIEUX. L.

GAIL: geai.

GALAFRE. Voyez GOULAFRE.

GALAIGNIE (s. f.): ce que peuvent contenir les deux mains runies. Voyez
JOINTE. B.

GALAPIAN ou GALOPIAN: vagabond, galopin. B.

GALAPIAS; GALOPIAS: galopin. B.

GALATINE (tre en): garder la chambre, garder le lit.--Dans la Manche,
_tre en galatine_ signifie fort endolori, mme en tat de pourriture,
ressemblant, en quelque sorte,  la glatine. B.

GALER: contraindre, forcer, maltraiter.

GALES: joie, divertissement. J'ai donn, sur ce mot, une note dans mon
dition de Basselin (_Vau-de-Vire_ LIII).

GALETER (v. n.): trembler de froid; carillonner avec une ou plusieurs
cloches. B.

GALETOIRE: galetire, sorte de pole  frire, sur laquelle on fait cuire
les _galettes_ ou crpes de sarrasin.

GALETTE: sorte de crpe, ordinairement de sarrasin, mal  propos nomme
_galette_ par ceux qui en font usage. La _galette_ proprement dite est
un gteau cuit au four.

GALFRETIER: gourmand, gorge  tout grain. S.-I.

GALIFRE: gourmand, vorace. S.-I.

GALIMOT: crpe de sarrasin. O.

GALIR, en parlant du sarrasin: le _jeter_ sous le flau, pour le battre.
Du Celtique-Breton _gwalen_: flau (Manche).

GALLET: levier. De _gwalen_.

GALLINE (s. f.): jeu d'enfants. Voyez QUILLEBOCHE.

GALLOCHE (s. f.): mme jeu.

GALLOIS, SE: gaillard. De l'islandais _gala_, se divertir.

GALLON: ancien vase ou cruche  large ouverture, contenant environ 4
litres. Port en Angleterre par les Normands dans le XIe sicle. De la
basse latinit _galo_. Voy. Du Cange.

GALLONNE: plein un gallon.

GALMIN: petit valet. De _gamin_. Voyez GOUGEARD.

GALON ou plutt GALOP: rprimande. Donner un _galop_.

GALOT: tourte aux pommes. Voyez BOURDIN.

GALOTTER: carillonner.

GALUE: louche. Voyez BICLE, GALUER.

GALVADAIRE: vagabond. B.

GALVAUDER (v. a): tripoter, ne pas mnager une chose; gcher de
l'ouvrage. L'Acadmie dfinit ce verbe: rprimander durement.

GAMACHE (s. f.): sorte de gutre de coutil ou de toile, assujettie
ordinairement autour de chaque _jambe_ par des cordons. Du Cange drive
ce mot de _campagus_. En italien, _gamascia_: c'est de l que vient
_gamache_. Les Languedociens disent _gamacho_. Je prfre considrer ce
substantif comme une altration de _gambache_, vtement des _gambes_,
jambes.

GAMBE: jambe.

GAMBLER: agiter les _jambes_ presque convulsivement. Voyez GAMBILLER.
B.

GAMBET: croc-en-jambe.

GAMBETTE: petit couteau, dont la forme tait primitivement celle d'une
petite _jambe_.

GAMBIER: pice de bois  laquelle les bouchers suspendent la viande. B.

GAMBILLER (v. n.): remuer dsagrablement les _jambes_ en marchant.

GAMBU: qui a de longues jambes.

GAME (s. f.): cume de la bouche d'un animal. Voyez BROUE. A.

GAME: soufflet sur la joue.

GAN (s. m): gain, bnfice. Voyez GAGNE. A.

GANDOLER: balancer, remuer dsagrablement B.

GANIPION: garnement. En patois de Grenoble, on appelle _ganippa_ une
personne couverte de haillons. Voyez GALAPIAN.

GAPAS: balle d'avoine.

GARCE; GARSE: fille. C'est le fminin de _gars_. Patois du Jura.

GARCETTE: petite fille, fillette. En patois du Jura, _garotte_,
_gachotte_.

GARCHONN: garon. S.-I.

GARONNIRE: fille qui court aprs les garons et les frquente trop. Du
verbe _garonner_: hanter les garons.

GARCU ou plutt GARE-CU: jupe, cotillon.

GARDE-HEURT: borne, appui. De _garder_, prserver, et de _heurt_.

GARDE-ROBE: aurone (_Artemisia abrotanum_); parce qu'on croit que cette
plante loigne les teignes d'une _garde-robe_. B.

GARDE; GARDELLE. Voyez GADE. S.-I.

GARDIN: jardin.

GARDINIER: jardinier.

GARE: de couleur bigarre. Boeuf gare, vache gare. Du latin _varius_,
vari.

GAREAU: boeuf ou taureau gare ou bigarr.

GARGACHE: culotte. Du vieux mot _gargaisse_. V. mes _Chansons
normandes_, p. 233.

GARGOTIER: ouvrier employ au blanchissage des toiles. De _gargote_,
mauvais cabaret, dans lequel ces ouvriers vivent trop souvent.

GARIR; GUARIR: gurir. Ancien franais.

GARISON (s. f.): gurison.

GARREAU: sorte de pain de froment, de qualit suprieure. A.

GARROT: levier. L'Acadmie dfinit ce mot: un bton pour serrer. Le
_garrot_ de nos vieux auteurs est  peu prs le _pedum_ ou la houlette
du berger. A.

GARROUAGE: vagabondage. Ces bestiaux sont en _garrouage_: sont errants
et causant du dommage. Du vieux mot _garrou_, _loup-garrou_ (loup
errant). Voyez VAROU.

GARSAILLES (s. f.): enfants. P.

GAS: garon. De l'ancien mot _gars_, conserv en Bretagne et en
Franche-Comt. A.

GASE (s. f.): vase, bourbier. C'est le _g_ pour le _v_. Voyez ENGASER.

GASPIL (s. m.): gaspillage. A Valognes, on dit _gaspille_ (s. f.); jeter
 la gaspille.

GASTOUSER: couper mal les cheveux. De _gast_, dvastation, et de
_touser_, tondre. L.

GATER: rpandre, en parlant des liquides. Gter de l'eau: uriner.

GATON: levier court.

GATONNER: se servir du gaton pour serrer la corde sur une charrette.

GATTE: jatte. Voyez GADE.

GATTE: marelle, sorte de jeu.

GATTECOFVE: sorte de gteau, autrefois en usage  Dieppe, suivant
Moisant de Brieux (_Orig. de quelques Cout. anc._, p. 65).

GAU: coq. De _gallus_. Dans l'ancien Argot, _gau_ signifie pou. B.

GAUBERGER; GOBERGER (SE): se carrer.

GAUD: niais. De _nigaud_, par aphrse.

GAUDENCES: contes rjouissants. De _gaudere_, se rjouir.

GAUNE: jaune. S.-I.

GAUNETER: perdre son temps  babiller. O.

GAUPAILLER: avaler avec voracit.

GAUPLUM: celui dont les cheveux sont bouriffs comme les plumes d'un
_gau_ (coq); chiffonn. L.

GAURE: grosse femme dsagrable; truie. Les ennemis d'Isabeau de Bavire
l'appelaient la _grande Gaure_.

GAURER: se pavaner avec orgueil. Du grec [Grec: gauros].

GAUSANT: dgotant. O.

GAUT: bois, fort.

GAUTIER: oison, le mle de l'oie. A.

GAVAILLER: gaspiller. B.

GAVAS: brutal. En espagnol, _gavacho_ signifie lche, et _gavasa_, fille
publique. B.

GAVER: gorger. S.-I.

GAVIAU; GAVION: gosier. S.-I.

GAVIGNOLE (s. f.): gat dsordonne, provenant d'une ivresse enjoue.
Du latin _gavisus_, rjoui.

GAVIGNON; GAVIGNOLLE: ivresse folle. Du latin _gavisus_.

GAVILLEUX, SE: mauvais, dangereux. Du celtique-breton _gwall_ (Vire).

GEALE (s. f.): engelure. Dans le Roman, _enjall_ signifie gel.
_Ejall_, dans le patois Walon. Du latin _gelu_, gele. A.

GEALLEUX, SE: qui a des engelures.

GEARSE (s. f.): brebis pleine. Du verbe latin _gerere_, d'o notre
substantif _gestation_. Voyez GERSE. A.

GBE: gale du chat. B.

GGIGNE (s. f.): ventre. De _gsine_. A.

GENCER (v. a.): arranger, disposer. D'_agencer_, par aphrse.

GNISSON (s. m.): gnisse. L.

GENISSON: seneon (_Senecio vulgaris_). B.

GNOTTE (s. f.) (_Bunium denudatum_). B.

GENOTTE (s. f.) (_OEnanthus pimpinellodes_). Voyez JANOTTE. A.

GENOUILLET (_Veronica hederfolia_). B.

GENOUILLONS (A): sur les genoux, comme _ ventrillons_: sur le ventre.

GENS; NOS GENS: mon pre et ma mre. Les gens par excellence. L.

GOTE: arroche (_Atriplex hortensis_). A.

GERGAUD (s. m.): fille qui foltre avec les garons. Voyez SERGAUD.

GERGAUDER: foltrer en gergaud.

GROFLE: girofle (_Hesperis violaria_).

GERQUE: brebis. Du latin _vervex_.

GERSE: brebis dans l'tat de gestation. Voyez GEARSE. A Bayeux, _gerse_:
vieille brebis. A.

GERZIAU (s. m.): espce de lentille sauvage, qui crot dans les bls et
infeste les sillons. A.

GEST: arrang. Il se prend en mauvaise part.

GESTE (s. f.): quantit, abondance. Du verbe latin _gerere_. Voyez
VESTE.

GHROUSELLE (s. f.): groseille  maquereau (_Ribes uva crispa_).

GIBLOU. Le bon Dieu de Giblou: divinit drisoire. On appelait la
Chronique de Sigebert de Gemblours Chronique de Sigebert de _Giblou_. L.

GIVRE: harle hup. Voyez VIAR. B.

GIFE; GIFLE: soufflet. Voyez JAFE.

GIGALER. Voyez GINGLER.

GIGNOSSS: curiosits introuvables. L.

GIGORGNE; GIGORNE: pice de bois trs-noueuse. De _gigot_ et du latin
_cornu_.

GILER; GILOIRE. Voyez JILER, JILOIRE. A.

GIMER: pleurer, _gmir_. Du latin _gemere_.

GINGEOLE (LA): tourdi qui saute et _gingue_. L.

GINGLER; GINGUER: sauter, foltrer. De gigue, gigot.

GINGUETTE: jeune fille qui aime  _ginguer_.

GIPOUTRER, ou plutt JIPOUTRER. Voyez JIFER.

GIRIE: farce, fausset, supercherie.

GIRONNE (s. f.): plein un tablier. Voyez GRONNE.

GIROT, pour GILOT: sot, grimacier. De _Gilles_; _Gire_.

GISIER: gsier. Id. patois du Jura. A.

GITRE; GITE; GITE: madrier, solive, poutrelle.

GLAM (_Frutercula arctica_). B.

GLAM: crpe, carme-prenant. Eure.

GLAM: Guillaume. Contraction du latin _Willelmus_ ou de l'anglais
_Williams_. B.

GLAMET; GLAUMET: logette pyramidale de menues branches pour prendre les
oiseaux. Du nom de quelque individu nomm Guillaume, qui l'aura invent.

GLAMOT: Guillaume. B.

GLANE (s. f.): sorte de bouquet d'ognons, de tiges de bl, recueillis et
lis ensemble. Du verbe _glaner_.

GLATIR: japer, hurler. Du verbe _glapir_.

GLAUDE: dupe, imbcille. De l'empereur romain Claude. Dans le patois du
Jura, _englauder_: duper.

GLEU; GLU: glui, paille de seigle. En Champagne, on dit: _glu_. On lit,
dans une chanson anonyme du XIIIe sicle:

       Robin a d'autruy de mi
         Pris chapel de glui.

GLEUMER: engloutir. S.-I.

GLISE: glaise.

GLONDAT: ajonc (_Ulex europus_). Manche.

GLORER: sommeiller, dormir en ronflant. Onomatope. A.

GLOT: ver blanc, qui attaque la viande et le fromage. Voyez GUILLOT.

GLOT, TE; TERRE GLOTTE: terre mal brise par le labourage. De _glu_.

GLOUTE (qual.): gt. De l'islandais _glata_, perdre.

GNIAF: mauvais cordonnier.

GNIAGNIAN: lambin, tton. De _fainant_ prononc _faigniant_. Dans le
patois Berruyer, _gniogniot_.

GNIAQUE (s. f.): morsure de chien. Voyez GAFFE. Du Roman, _gnac_: coup
de dent. B.

GNIAS: enfant  la mamelle.

GNIEU: oeuf laiss dans le nid pour y rappeler la pondeuse. Voyez
NICHET.

GNIOLLE. Voyez NIOLLE.

GNIOLLER: niaiser; faire ou dire des riens. De _nihil_, rien.

GNIOT: nigaud. Voyez GNIAGNIAN.

GO: essor, lan. Tout de go: d'emble. En anglais, _go_ signifie aller.

GOBANT: gourmand. De _gober_, manger avec avidit. MM. Dumril.

GOBELIN; GOBLIN; GOUBELIN: sorte de revenant ou d'esprit follet, plus
espigle que malveillant. Du celtique-breton _gobilin_: feu-follet,
lutin, etc. Orderic Vital parle du _Gobelin_ dans le livre V de son
Histoire, et le cite comme un dmon qui apparaissait  Evreux. MM.
Dumril drivent le mot _gobelin_ du grec [Grec: kobalos], ou de
l'allemand _kobold_. Je croirais plutt que, comme notre vieux verbe
_gaber_, il pourrait venir de la basse latinit _gabbatina_,
plaisanterie. _Gobelin_ serait tout simplement l'altration de ce mot ou
du _gobilin_ celto-breton. Nous avons parl du _gobelin_ avec quelque
dtail dans le t. I de nos _Archives normandes_.

GOBELOTER: faire les froncements ou plis que les blanchisseuses
impriment au linge fin. Froncer. L.

GOBET: petit morceau de pain, de bois, etc.

GOBINE (s. f.): repas de gourmands. Du verbe _gober_. Voyez GUEULETON.
A.

GOBINER: manger avec friandise. Diminutif de gober. Il signifie aussi se
rengorger.

GOBINETTE (s. f.): petit rgal entre enfants.

GOBINONNER (v. a.): se moquer de. S.-I.

GOCE: aise, aisance. De l'islandais _gots_, richesse. B.

GODAILLER: s'enivrer dans un mauvais cabaret, et en mauvaise compagnie.
L'Acadmie dfinit ce verbe: boire avec excs. De _godet_, vase pour
boire. Peut-tre (comme le pense M. Bastide, de l'Acadmie de Prusse)
godailler vient du mot _goodale_ (_good ale_), bonne bire. Il arrive
souvent qu'en passant d'une langue dans une autre, les mots changent
d'acception et prennent un sens de mpris: c'est ainsi que nous
employons en mauvaise part le substantif hre, qui vient du latin
_herus_, et de l'allemand _herr_, matre; et le mot rosse, quoiqu'en
allemand, d'o nous l'avons tir, il signifie un cheval. L.

GODAN: discours ennuyeux et rebattu; bavardage inintelligible. De _God
dem_, juron anglais qui choquait tant nos aeux, pendant l'occupation du
XVe sicle. _Godan_ signifie raillerie, en patois Lorrain, et vient
probablement du mot latin _gaudium_. Il parat que, dans
l'arrondissement de Valognes, on dit: donner dans le _godan_, pour
donner dans le _gupier_.

GODANDARD: trs-grande scie dont se servent les charpentiers.

GODE: gade, genre de poissons jugulaires de la famille des
Auchnoptres.

GODICHE: nigaud, emprunt. De _gauche_.

GODIONNER: arranger avec beaucoup de soin. Du patois Vitren _godin_,
gentil, lequel emploie _godinement_: doucement, avec mignardise. M. de
Montmerqu, dans une de ses notes sur les _Lettres de Mme de Svign_
(Lettre du 22 juillet 1685), s'est tromp lorsqu'il a dit que godinement
signifiait gament.

GODON: ventru. Dans son XLe sermon de l'Avent, Olivier Maillart crie
beaucoup contre les gros godons, et, dans son XXIVe sermon, il dit: Le
mauvais riche _erat unus grossus_ godon, _qui non curabat nisi_ du
ventre.

GODONNER: jurer. De _goddam_.

GODRON: goudron.

GOGAIL: niais, sot. B.

GOGAILLE (s. f.): repas de gourmands, o l'on se met en _goguette_. L.

GOGON: doux, mignon. Voyez AGOGONNER. A.

GOGUE (EN), expr. adv. (arr. de Mortagne): tre en joie, de _jocus_,
comme goguette. MM. Dumril.

GOGUER: foltrer, en parlant des animaux. De _jocare_.

GOHANNIER: valet qui apporte dans le champ les aliments des
moissonneurs. De l'anglais _go_: aller, et d'_ahan_: peine, fatigue.

GOHE: grande joie, rires bruyants. De _gaudium_. Voyez AGOHE.

GOLEAU: ivrogne _goulu_.

GOMER (s. m.): palais de la bouche; gorge.

GOMION: gourmand, vorace. Dans le patois Troyen, un _rgomion_ est le
reste d'un bon repas. L.

GOMIONNER: manger en gourmand.

GOMIONNERIE: gourmandise.

GORE (s. f.): truie. Du latin _gorretus_. On disait autrefois une
gorrire pour une truie. Court de Gebelin drive ce mot du celtique
_gawri_, crier. Dans le patois du Jura, _gouri_ signifie un petit
cochon, un _goret_. A.

GOREAU: ulcre. De _gore_, mal vnrien. B.

GORER: languir. MM. Dumril lui donnent aussi le sens de regarder manger
avec envie d'en faire autant.

GORGE (GROSSE): gotre.

GORGE-ROUGE: rouge-gorge. Voyez ROUGE-POUQUE.

GORGRE; GORGERETTE; GORGETTE: ce qui sert  attacher la coiffure  ou
sous la _gorge_.

GORIN: goret, jeune porc. De _gore_, truie.

GORNINFLER (v. n.): cornifler. L.

GORRHE; GORE (s. f.): mal vnrien. S.-I.

GOSER: _gaver_, soler. Au figur, ennuyer.

GOSILLER: prouver des nauses; vomir. L.

GOSSE, ou GAUSSE: mensonge plaisant. Du verbe _gausser_.

GOSSER, ou GAUSSER (v. n.): jouer ensemble, en parlant des enfants. Il
signifie aussi donner des gosses. A.

GOSSIER: paille de sarrasin.

GOTTON: Margotton, qui signifie Marguerite, par aphrse. L.

GOUAILLE (s. f.): raillerie de mauvais ton. Patois Troyen.

GOUAILLER: se moquer, railler. Patois du Jura. Patois Lorrain.

GOUAILLERIE. Voyez GOUAILLE.

GOUAILLEUR: plaisant, factieux, goguenard. En patois du Jura,
_gouailloux_.

GOUAPER: jaser, plaisanter (Valognes).

GOUBELIN. Voyez GOBELIN.

GOUBELIN: qui a des visions; qui croit voir le Goubelin ou Gobelin.
(Valognes).

GOUGEARD; GOUJARD: gamin. Petit valet de ferme. De goujat.

GOULAFRE; GOULAFRIER; GOULIAFRE: gourmand. De _gulafer_, dans la basse
latinit.

GOULARD. Voyez GOULIBAN.

GOULE: mchoire; gueule. Du latin _gula_. Dans le dpartement de l'Orne,
le mot goule n'a rien d'offensant. Les nourrices appellent les enfants:
chre goule; ma petite goule. On dit d'une personne friande: c'est une
goule fine. A.

GOULER: vomir; rendre _gorge_.

GOULYANT: apptissant. A.

GOULIAS: goguenard, bavard.

GOULIBAN: gourmand. B.

GOULICHONNER: baiser indcemment sur la bouche. A.

GOULIMAUD. Voyez GOULIBAN.

GOULINE: sorte de bonnet de femme, qui enveloppe le bas de la figure, la
_goule_. A.

GOUNELLE: cotte, jupe. De l'ancien franais gonelle, et gone: robe.

GOUORFOULER: meurtrir. Voyez GOURFOULER. B.

GOURAS: gourmand. L.

GOURCIR: craser. De _gourd_. _Gourcir_, c'est _engourdir_  force de
coups, ou par une violente pression.

GOURER: tromper. C'est le verbe dont le substantif _goureur_ est dans le
Dictionnaire de l'Acadmie.

GOURFOULER: presser; fouler au point de meurtrir. B.

GOURGOUSSER: faire du bruit dans la gorge; gargariser. Par extension,
bouillir  bouillons gros et sourds.

GOURMACHER: mcher malproprement, en gourmand. A.

GOURMAND; GOURMAS: goland. B.

GOURMELER (v. n.): grommeler.

GOURMITON: gourmand.

GOUROUFE; GOUROUFLE: sorte d'insecte (_Blatta orientalis_). B.

GOUSPILLER: houspiller, maltraiter. L.

GOUSPIN: gamin.

GOUSSON: gousset.

GOUSSON: gratte-cul, fruit de l'glantier.

GOUVILLER (v. n.): se moquer de quelqu'un en face.

GOUVILLON: sorte d'anneau, de bague. Du Roman _govion_.

GOUYRE: petite mesure pour la crme. (Pont-Audemer).

GRAANTER: accorder. De la basse latinit _graantare_. Roman.

GRABOTTE: tte du silique de graine de lin. A.

GRACIER: remercier, rendre grces.

GRADE: petite groseille. S.-I. M.

GRADLE: petite groseille. B.

GRADELIER: groseillier  grappes. B.

GRADILLE: petite groseille.--A St.-Lo, _gradille_ signifie oseille,
selon MM. Dumril.

GRADILLIER: groseillier  grappes.

GRAFFINER: gratter lgrement. On trouve ce verbe dans Rabelais.

GRAILLONN: sal, malpropre; qui sent le _graillon_. MM. Dumril.

GRAILLOT: miette, reste.

GRAINIR: grener; monter en graine.

GRAISSET: sorte de lampe en fer. Ferrand dit, dans sa _Muse normande_:

       De malheur je n'avions ni graisset ni candle.

GRANCHE: grange. Du latin barbare _granchia_, dans une charte latine de
1294, rapporte par Vallois (_Notit. Gall._, Prf., p. 17).

GRAND, E: grand-pre; grand'mre. _Mon grand_, pour mon grand-pre.

GRANMENT: _grandement_, beaucoup.

GRANGE (s. f.): pice de toile, sur laquelle on bat le sarrasin, dans le
canton de Carrouges. A.

GRANGETTE: sorte de cage ou de pige pour prendre des oiseaux.

GRAPE FRANCHE: crabe de la meilleure qualit. B.

GRAPE ENRAGE: crabe commun. B.

GRAPPER (SE): s'attacher . B.

GRASSE-POULETTE (_Chenopodium album_). B.

GRAU (s. m.): boue liquide. Voyez BOUILLON. B.

GRAV, en parlant des effets de la petite vrole: marqu de petite
vrole.

GRAVOIS: gros gravier.

GREC, QUE: avare, rus. B.

GRECQUERIE: trait d'avarice. B.

GREDIL: gril. Du latin _craticula_. S.-I.

GREDIR: frissonner. Voyez CRTIR.

GREDIN: avare, ladre.

GREDINER: faire les choses avec une excessive mesquinerie. _Gredinerie_
en est le substantif.

GRDOLE: branche sche tombe d'un arbre. M.

GRGE (s. f.): affinoir. (Manche.)

GRGIR: froncer.

GRLAIRE: malheureux. De grle, _gracilis_. S.-I.

GRL (de petite vrole). Voyez GRAV.

GRL: ruin comme un champ que la grle a dvast.

GREMIR: craser. Peut-tre de _grain_. Alors l'origine de ce verbe
serait la mme que celle d'un _Lithospermon_ qu'on appelle _gremil_, et
que Mnage drive de _granum milii_: grain de mil ou de millet. En
effet, _gremir_ c'est, pour ainsi dire, rduire en grains aussi petits
que ceux du mil. En patois du Jura, _gremer_. A.

GRENONS; GUERNONS: moustaches. De _crinis_.

GRESILLE (s. f.): grsil; petite grle. A.

GRESILL DE: tout couvert de.

GRSILLON: grillon.

GRSIR (v. n.): grelotter de froid. L.

GRESSET: petite grenouille verte, qui monte sur les arbres.

GRETTE (s. f.): chenevotte. De _cannabis_, chanvre. A.

GRVE: grive. B.

GRIAU (s. m.): ce qui reste du lard, dont on a fait fondre et extrait la
graisse. Voyez CRETON et RILE.

GRIBICHE (s. f.): grigou fminin. Voyez GRIPI. L.

GRIBICHON: mme sens que GRIBICHE.

GRICHE (s. f.): grimace de mcontentement. Du verbe _grincer_. B.

GRICHER: faire la griche; tmoigner du mcontentement par une attitude
boudeuse.

GRICHET; GRINCHET: grincement de dents, pour exprimer la moquerie.

GRICHEUX: grondeur.

GRICHIR: pleurer. (Manche.)

GRICHU, E: dont la figure exprime la mauvaise humeur. B.

GRIFFER: gratigner. De _griffe_. Voyez GRIMER; GRINFLER.

GRIGER: froncer. Voyez GRGIR.

GRIGNE (s. f.): partie de la crote du pain qui est la plus brise et la
plus savoureuse. En patois du Jura, _gregnon_: croton. Voyez BAISEUL.

GRIGNER: grincer.

GRILLER (v. n.): glisser.

GRIMAUD: refrogn, e; de mauvaise humeur. Dans notre franais actuel,
grimaud est un terme de mpris, que l'on applique ordinairement aux
coliers paresseux. Furetire le drive de _grammaticus_, lve de
grammaire. Mnage, qui ne s'arrte pas en si beau chemin, dit que
l'italien _grimaldo_, qui vient du latin _rimari_, chercher, est la
source du mot franais _grimaud_. Je ne partage pas ces opinions. Comme
le grimaud est refrogn, se ride le front, je pense qu'il faut en
chercher l'tymologie dans le substantif italien _grimo_, ride, d'o
vient aussi grimace, etc.

GRIMELIS: mlange, fouillis.

GRIMELOTE (s. f.): oeufs brouills. On dit aussi des oeufs  la
grimelote.

GRIMELU, E: marquet de petite vrole. C'est ce qu'en Suisse on appelle
_cretu_ (voir la _Nouvelle-Hlose_, part. IV, lettre 8). _Grimm_, en
celtique-breton, signifie grimace, et a donn naissance au _grimo_ des
Italiens. C'est de _grimm_ que nous avons tir notre vieux mot
_grimelin_, qui voulait dire un polisson; mais, comme notre mot patois
_grimelu_ ne se prend pas en mauvaise part, il y a lieu de prsumer
qu'il vient du celtique-cossais _gram_ (en composition, grim), qui
signifie raboteux: tel est, en effet, le visage marqu de petite vrole.
En patois du Jura, _gremoulu_: raboteux, couvert d'asprits. A.

GRIMER: gratigner. De _grin_, ci-aprs.

GRIN: griffe; ongle. Enfoncer ses grins dans: enfoncer ses ongles dans.

GRINCHER: gratigner; donner des coups de grin.

GRINDEAU: tourne-pierre (_Strepsilus interpres_). B.

GRINGALET: homme chtif de corps et d'esprit. Patois du Jura.

GRIPER: grimper. Par syncope. Patois Walon.

GRIPI: la femme du Diable; mchante femme. De _grip_, l'une des filles
du gant Girrod, dans la mythologie scandinave.

GRIPILLON (s. m.): touffe de petites branches provenant d'une vgtation
extravase; branches chiffonnes qui se forment en bouquet dans le
poirier et dans le pommier,  peu prs comme fait le gui.

GRIPONNER: voler, drober. S.-I.

GRISON: quartz; caillou d'une excessive duret.

GRIVELOT: grivel, tachet de blanc et de roux ou de noir, comme la
grive. L.

GROBIS: important, fier (_bis grossus_). MM. Dumril.

GROC; GROG (s. m.): asprits que prsente la boue durcie par la gele,
qui rendent le chemin raboteux et la marche difficile. A.

GROISEL: demi-cuit, en parlant d'un fruit. A.

GROISELLE: groseille, fruit du groseillier pineux; groseille 
maquereau. Marot a dit:

       De ses traits non valant deux groiselles.

GROISELIER: groseillier pineux.

GROLLE (s. f.): corneille; corbeau. _Grailli_, dans le patois de
Grenoble.

GROLLER: tousser; expectorer; remuer.

GROLLES (s. f.): mauvais souliers. Ce mot est usit en Savoie.

GROMACHER; GROMENCHIER; GROMENCHER: grommeler.

GRONNE: plein un tablier. De _giron_. En patois Lorrain, on dit
_gironne_. Syncope. L.

GROS, en parlant du cidre: pur, sans addition d'eau. L.

GROSSET: rondin.

GROSSIER: gros et fort.

GROU: eau ftide, eau bourbeuse. Du bas latin _groua_, marais.

GROUAIGE. Voyez GARROUAGE. A.

GROUCER: rprimander;--remuer lgrement _Groa_, disent MM. Dumril,
signifie  la fois _mettre en mouvement_ et _se mettre en colre_.

GROUE: gele, glace. Voyez GROC. A.

GROU; GUROU: gel en parlant de linge mouill qu'a frapp la gele.
On dit aussi la boue est _groue_.

GROUE (s. f.): fruits  pressurer, tombs avant leur maturit et que
l'on recueille. Voyez DT et TUIS. S.-I.

GROUER: grainer; faire tomber les fruits d'un arbre. De _crouler_.

GROUET; GROUETTE: gros gravier. Terre de grouette: terre mle d'une
grande quantit de gros gravier.

GROULONNER: rencler. (Manche.)

GROUSSER; GROUCER: murmurer, gronder. C'est dans ce dernier sens que
l'emploie l'auteur de la _Danse aux aveugles_. Du latin _glocitare_,
glousser. L.

GROUSSER: remuer lgrement B.[15]

[Note 15: C'est le mme mot que nous avons mis plus haut: GROUCER. MM.
Dumril et Louis Du Bois diffrent ainsi quelquefois par l'orthographe.
J. T.]

GRULE: bouillie de gruau d'avoine. A.

GUAI: grivois. S.-I.

GUAI: glui. Voyez GLEU.

GUAITER: soigner, s'occuper de. S.-I.

GUANCHER (v. n.): dvier; aller de travers; broncher.

GU, E: ruin, e. De gueux. A.

GUD: farci, rempli de, gonfl. B.

GUDER (SE): se mouiller et se crotter. Voyez BODER, GUN, VADELER.

GUDINER, ou plutt, GRDINER: frissonner de froid. Voyez CRTIR.

GUDOT: porc; qui aime  tre _gud_ de nourriture.

GUN: crott et mouill. Voyez GUD.

GUNER (SE): se crotter et se mouiller. A.

GUENETTE: femme ou fille de mauvaise vie. Du franais _gouine_.

GUENIPPE: femme dguenille. De _guenon_.

GUNONNER (v. n.): se morfondre; croquer le marmot. L.

GUERBIRE: bouche dmesurment grande, dans laquelle on pourrait faire
entrer une gerbe.

GUERDONNER: rcompenser. Joinville crit _guertedonner_. Basselin
(Vau-de-Vire IV de mon dition) dit:

                 Fi de beaut
       Qui son amant de desplaisir guerdonne!

GURIGAT (s. m.): gat folle; rut des animaux. L.

GUERMENTER (SE): se mler de. Voyez DMENTER.

GUERNE (s. f.): poule. Employ dans un vieux recueil d'anciennes
chansons normandes indites, que nous publimes, en 1821,  la suite des
_Vaux-de-Vire_ de Basselin (p. 155-196). Du latin _gallina_. Voyez GAU.

GUERNEMENT: garnement S.-I.

GUERNIR: garnir. S.-I.

GUERNOTTER; GRENOTTER: grelotter.

GUEROUE: gele. Voyez GROUE.

GUERPEL: qui a peu de cheveux; qui n'est _gure poilu_. Homme de
mauvaise mine.

GUERV: gruau. (Vire.)

GUSETTE: fillette inconsquente et lgre, de conduite quivoque,
courant partout. Du celtique-breton _ghezett_, jument.

GUESTES: faons prtentieuses. De gestes. L.

GUESTIER, RE: faonnier prtentieux.

GUTRUER: gazouiller. (Manche.)

GUEU: Dieu. De _got_, dans les langues du Nord.

GUEULATION: repas de gourmands voraces. De _gula_. L.

GUEUSARD: mauvais sujet; homme sans probit. De _gueux_.

GUIAFFE: soufflet. En patois Lorrain, _gaffe_ et _giffe_. Voyez JAFFE.
L.

GUIAFFER: souffleter; donner une GUIAFFE. L.

GUIAMAIS: jamais. L.

GUIBET: moucheron. _Wibez_, en Roman. Voyez BIBET. A.

GUIBOLE: jambe mal faite. A.

GUIBRAIE (s. f.): cadeau venant de la foire de _Guibray_.

GUICHON: sorte de tasse ou de bol, soit en terre cuite, soit en bois de
htre: cette dernire est une jatte. B.

GUICHONNE: quantit contenue dans un guichon.

GUIDOT: sorte de filet.

GUIE: diarrhe. Voyez JILE. A.

GUIENLEU: trennes. C'est la corruption des mots druidiques: Au gui l'an
neuf.

GUIFRE (s. f.): bouche, gueule. S.-I.

GUIGNE (s. f.): but o se place celui qui guigne au jeu de
cligne-musette. L.

GUIGNER: regarder du coin de l'oeil. Le verbe _guigner_ signifie se
cacher les yeux aux jeux de cligne-musette et de Colin-Maillard. Du
vieux verbe _cuigner_: regarder du coin de l'oeil; du latin _cuneus_,
coin. On trouve _cuin_ dans Nicot. Voyez BONER, et GUINCHER. L.

GUIGNER: jeter des pierres. (Valognes.)

GUIGNETTE (s. f.): obscurit. Marcher  guignette; flner  guignette.
Du verbe _cligner_.

GUIGNEUR; GUIGNEUX: qui se moque, en regardant du coin de l'oeil.

GUILDROU; GUILLEDOU (Courir le): courir les mauvais lieux. En patois du
Jura, _guilledru_.

GUILE: averse. De _gler_: jaillir.

GUILER: crier d'une voix perante. Voyez VIPER.

GUILLEMUCHE, GUILLEMUCHETTE: le jeu de la _climusette_ ou
_cligne-musette_. L.

GUILLER: crier d'une voix perante. A.

GUILLOT: ver blanc qui attaque la viande, le fromage et quelques fruits.
A.

GUIMBELET: gibelet; vrille.

GUIN: pou. A.

GUINCHER: regarder du coin de l'oeil; cligner. Dans l'Orne, le verbe
_guincher_ exprime l'action de lancer ridiculement des oeillades
amoureuses. En patois de Grenoble, _guinchi_ signifie viser pour tirer
un coup de fusil. Voyez GUIGNER.

GUINCHOTTER: guincher frquemment.

GUINE (s. f.): croton. Voyez GRIGNE. B.

GUITIS; GUITUS: gosier.

GUT; CUT (s. m.): cligne-musette, jeu d'enfants. Le but o il faut se
rendre. Du Roman _cute_: cachette, lieu secret. A.


H.


H. L'aspiration rude de cette lettre est employe mal  propos dans
quelques cas. Par exemple: _c'ment hla_; _donne-moi hla_: comment cela;
donne-moi cela.

HA: haut. En patois Walon, _hais_. Villehardouin crivait: _halz murs_
et _haltes teres_. L.

HACHET: petite barrire dont les barreaux sont perpendiculaires. Voyez
H.

HAGER: dchirer, dtriorer, gter. De _hacher_.

HAGNETTE: bquille. D'_anus_, vieille femme. Il signifie aussi mauvais
couteau. B.

HAGUE (s. f.) (arr. de Valognes): fruit de l'aubpine, qui s'appelle
_hgan_, en breton. C'est aussi le nom que l'on donne  l'extrmit du
Cotentin, o les pirates normands s'taient fortifis au moyen d'un
foss dont les restes sont connus sous le nom de _Haguedik_. C'tait,
comme on sait, leur usage: Normanni, devastata ex maxima parte
Hlotharici regni regione, prope fluvium Clyla, loco qui dicitur
_Lovonium_, sepibus (more eorum) munitione capta, securi consederunt.
_Annales Fuldenses_, anne 891, dans Du Chesne, _Scriptores
Normannorum_, p. 18.

       Rous ne li suen qui od lui erent,
       Defenses firent e fossez
       Granz e parfunz e haux e lez,
       Clos environ cume chastel.

       BENOIS, _Chronique rime_, l. II, v. 3442.

Voyez aussi Dudon de Saint-Quentin, l. II, dans Du Chesne, loc. cit., p.
77; Guillaume de Jumiges, l. II, ch. 10, _ibid._, p. 228, et le _Roman
de Rou_, l. I, p. 64. Selon Ihre, l'islandais _hagi_ aurait signifi
haie; nous ne le connaissons qu'avec le sens de pturage, mais
probablement _clos_; au moins le vieil allemand _hag_ et l'anglo-saxon
_hacg_ nous portent  le croire. La racine de _haie_ pourrait mme tre
celtique; car dans le patois de l'Isre, _agi_ signifie haie, buisson;
dans celui des Vosges, _haigis_ signifie bosquet, et le vieux franais
_haie_ avait le plus souvent la signification de bois: la Haie de
Valognes, la Haie d'Ectot, St.-Germain-en-Laye, etc. MM. Dumril.

HAGUIGNTES; HOGUIGNTES: trennes. C'est la corruption de: Au gui l'an
neuf. Dans le XVIe sicle, on chantait  Rouen:

       Donnez-moi mes haguigntes
       Dans un panier que voici.
       Je l'achetai samedi.
       D'un bonhomme du dehors.
       Mais il est encore  payer.
               Hoguinelo!

Ce refrain est  peu prs le mme que celui de cette autre chanson du
mme cr et de la mme poque:

       Si vous veniez  la despence,
       A la despence de chez nous,
       Vous mangeriez de bons choux;
       On vous servirait du rost.
             Hoquinano!

HAGUIGNOTER: couper mal  propos par petits morceaux. De _hacher_.

HAHI-HAHA; MOITI HAHI, MOITI HAHA: d'un sexe quivoque. _Virago_.
Homme effmin et qui a une voix grle.

HAI. Voyez, H et HEISE.

HAIE; HAIE-CI: va; va par ici (en parlant  un cheval). On dit  un
mauvais cheval: hae-ci, quatre sous! Et va donc! Il semble qu'on
devrait crire: aille! aille-ci! c'est--dire qu'il aille!

HAILOCHER: marcher en se balanant. Du verbe locher.

HAIM ou AIN: hameon. Du latin _hamus_. Le _h_ de haim ne s'aspire
point. L.

HAINGEUX: mchant, remuant, _hargneux_. B.

HAINGRE: malingre; souffreteux. D'_ger_, malade.

HAION (s. m.): broussailles disposes pour clore la brche d'une _haie_.
A.

HAIR (s. m.): chevelure. De _hure_. (Vire.)

HAIRE et non pas HRE. Voyez HURE.

HAIRE: hargneux, hargneuse. L.

HAIREQUELIER: mauvais sujet avec lequel il est difficile de traiter;
fainant. Des substantifs haire et querelleur. En langue romane,
_arquellier_ et _harquelier_. Ces mots dsignaient, dit Roquefort, un
homme gag par un religieux pour le mener faire la qute. Comme ces
mendiants voyageaient loin de la surveillance de leurs suprieurs, ils
se comportaient parfois assez mal pour exciter de justes plaintes.
Aussi, dans le moyen-ge, on donnait le nom de harquelier ou
hairequelier aux vagabonds et aux vauriens. Comme, pour la mme cause,
on parlait mal des plerins, parmi lesquels se mlaient des fainants,
des dbauchs et des pillards, on fit le proverbe: Je connais le
plerin; c'est--dire: ce vaurien, ce faux plerin ne me trompera pas.

HAIRGANE ou ERGANE: hargneux. B.

HAS (Je); tu HAS; il HAT: je hais, tu hais, il hait.

HAISET (s. m.): partie infrieure d'une porte coupe en deux. Du bas
latin _haisellus_. En vieux franais ainsi que dans l'Orne, _haise_:
Comme Pierre Playart... vouloist mettre en une cour de la maison o il
demeuroit, une _haise_ qu'il avoit faite pour obvier que le bestail de
la ville n'entrast en sa court. _Lettres de grce_ de 1371, cites dans
Du Cange, t. III, p. 616, col. 1. On dit proverbialement des amoureux:

       S'ils n'entrent par le haiset,
       Ils entrent par le viquet.

Ce mot signifiait sans doute originairement une petite porte comme
l'_huiselet_ du vieux franais. MM. Dumril.

HAISIER ou plutt HEISIER: ridelle. Voyez H.

HAITER (v. n.): travailler  une haie.

HAITER: plaire.

HAITIER (s. m.): galetire pour frire les crpes de sarrasin.

HALABRE: homme dguenill et de mauvaise mine. Du latin _helluo_,
gourmand.

HALAISER: respirer avec peine. D'_haleine_. B.

HALAS: hlas! M.

HALBATT: vapor; mauvaise tte.

HALBI (s. m.): liqueur compose de pommes et de poires pressures
ensemble. De l'anglais _half_, moiti, et du latin _bibere_, boire.

HALER: tirer  soi; exciter. Haler un chien sur quelqu'un: le lcher et
l'animer contre quelqu'un.

HALER (en parlant des animaux): tre essouffl; avoir l'_haleine_
embarrasse. Voyez HALAISER.

HALSER: trembler de peur. De l'interjection _halas_! pour hlas!

HALFESSIER: mauvais sujet, de mauvaise mine; qui tire ou trane, ou
_hale_ le derrire (les _fesses_).

HALIPRE: gerure des lvres, produite par le froid ou par le _hle_. B.

HALITRE. Mme sens que HALIPRE. L.

HALITR: gerc par le _halitre_. L.

HALLIER: moissonneur lou  la halle.

HALMCHE: dispute. B.

HALOT: petit garon de campagne. Voyez HANNOT.

HALOTTER: remuer le crible, de manire  amasser la paille sur le
devant. C. Voyez HALER. A.

HALUMEAU: groupe. Un _halumeau_ de fruits. L.

HAMBIN: boiteux, paresseux, _lambin_.

HAMBINER: marcher ou travailler comme un clopp; boiter. On dit aussi
_hambouiner_. Voyez GAMBILLER. L.

HAMME: cpe.

HAN: fantme.

HANAP; HANAR: vase  boire. Une commune, prs d'Alenon, s'appelle
Vingt-Hanaps. Par extension, un vase quelconque. En patois Walon,
_henat_. A.

HANE (s. f.): vieille femme.

HANNEAU ou HANNOT: jatte. De _hanap_.

HANGUERLINE; HANGRELINE (s. f.): mauvais habillement, haillons.

HANELLE: branches menues dont on se sert pour faire les bourres.

HANILLE (s. f.): branche de bois, propre  faire le charbon des forts.

HANNE (s. f.): culotte, pantalon. P. R.

HANNEBANE; HANNEBONNE: jusquiame (_Hyosciamus niger_).

HANNEQUIN: petit enfant mal bti. De _hinnulus_, petit mulet.

HANNEQUINER (v. n.): travailler avec peine. Du vieux mot _ahan_. En
patois Walon, _halkin_ signifie tergiverser.

HANNOT: petit garon. De _hanne_. Sans doute parce qu'il est depuis peu
vtu d'une _hanne_, d'une culotte.

HANOCHE (s. f.): forte asprit sur les arbres; bois raboteux. On dit,
en patois Walon: _henne di boi_, pour une bche. Patois Rouchi.

HANOCHE (s. f.): fve de marais (_Vicia faba_).

HANON (_Centaurea nigra_).

HANSARD: couperet.

HANT: frquentation, accointance.

HANTE (s. f.): verge de fouet; manche de faux; _hampe_. En Roman,
_hanste_.

HANT: frquent par de la canaille, en parlant d'une maison o se
runit un mauvais _hant_. On dit aussi d'un lieu qu'il est _hant_,
c'est--dire qu'il y vient des _hans_ ou fantmes.

HANTIER (s. m.): butte. B.

HAPPE (s. f.): capture, prise. On dit: la bonne ou la belle happe, par
drision, dans le sens du mot fameux de Ninon de Lenclos: Ah! le bon
billet qu'a La Chtre!

HAPPELOPIN: pauvre diable qui, mourant de faim, se jette sur ce qu'il
peut attraper.

HAQUEMASSER (v. a.): tourmenter. Espce d'onomatope, comme micmac,
trictrac. A.

HAQUENAILLER: marcher lentement et pesamment comme une mauvaise
haquene. Voyez HAMBINER. A.

HAQUETER: caqueter.

HAR: sorte de chien de mer. Voyez HAS. L.

HARANGUET: petit _hareng_. C'est ainsi que parle Pluquet sur le patois
bayeusain. Je crois qu'il faut crire _hareng gu_ ou _hareng gueux_,
comme on appelle  Lisieux le hareng qui n'a ni oeufs, ni laitance, qui
n'est ni _oeuv_, ni _lait_.

HARASSE (s. f.): sorte de grand panier  claire-voie.

HARASSE: prparation de chtaignes ou de marrons dans une harassoire.
Ce que contient cette harassoire.

HARASSER (des chtaignes): les torrfier dans une harassoire. Suivant
Lancelot, ce verbe vient du grec et signifie agiter, remuer; ce qui se
trouve d'accord avec l'acception commune.

HARASSOIRE (s. f.): sorte de pole  frire, perce de plusieurs trous,
dans laquelle on grille ou torrfie les chtaignes.

HARD; HARDEL: qui n'a pas de coquille. Ces mots se disent des oeufs
sans coquille, pondus par les coqs. L.

HARDELLE: jeune fille. Ce substantif, employ par Basselin, et rest en
usage  Courtomer dans le voisinage d'Alenon, appartient  l'ancien
franais. Un hardeau tait une jeune branche, un scion: il venait de
_hart_. Depuis on a dit, au figur, un hardeau pour un jeune garon, et
une hardelle pour une jeune fille. Cette tymologie, tire de Nicot, fut
suivie par Monet, et plus tard par La Monnoye. On peut consulter  ce
sujet les _Contes et nouvelles de Bonaventure des Perriers_ (Nouv.
17e.), et la note 144 de mon dition de Basselin (Vau-de-Vire XLIV).

HARDER (v. a.): troquer. MM. Dumril citent,  l'appui de ce mot, un
vers de Le Houx.

       Que de bon cueur mes livres harderois.

J'avais imprim ce vers, d'aprs les manuscrits, dans mon dition de
Basselin:

       ... Que de bon cueur mes livres arderois.

Je ne sais si les savants auteurs du _Dictionnaire du patois Normand_
ont trouv cette leon quelque part, ou si elle n'est qu'une conjecture.
Nous l'admettrions volontiers dans une nouvelle dition d'Olivier
Basselin. J. Travers.

HARDOUINE: vieille, entremetteuse de mariages. Voyez BADOCHET et
DIOLEVERT.

HARE: averse de pluie. Du Celtique-Basque _vria_. En Roman, _orez_. L.

HARER, sans doute pour haler: exciter (Vire).

HARGAGNEUX: hargneux.

HARGOTER. Voyez HARIQUOTER.

HARGUIGNER, et non pas arguigner: agacer, rendre hargneux. (Manche.)

HARICOT: haricot pris en vert. On appelle mal  propos le haricot sec,
petite fve, pois de mai et pois blanc. L.

HARIGACHER: disputer; taquiner; provoquer. B.

HARIGNEUX: rtif, indocile. De hargneux.

HARILLEUR: homme dont la conduite est suspecte.

HARIN: petit cheval de peu de valeur. De haridelle. A.

HARIPOULOT (A LA):  la boule-vue, au hasard, sans ordre.

HARIQUE (s. f.): haridelle.

HARIQUOTER: tracasser; marchander outre mesure. Disputer.

HARIQUOTIER: homme avec lequel on traite difficilement, comme avec la
_harique_ qu'on ne saurait faire marcher. A Bayeux, ce mot signifie, en
outre, un marchand de bestiaux dans les foires.

HARIVELIER: marchand de bestiaux. B.

HARLAN; HARLENT; HERLENT: tracassier. Voyez CHIPOTTER, BASSICOTER et
HARIQUOTIER. S.-I.

HARMONER: gronder. B.

HAROUSSE (s. f.): haridelle. _Harotte_ en patois Walon.

HARQUELER: marchander  l'excs; chicaner.

HARRACHES (s. f.): tiges du chanvre, brises en menues chenevottes. A.

HAS: chien de mer. Voyez HAR. B.

HASI: chtif (Valognes).

HAT, E: haut, haute.

HATE (s. m.): ctelettes de porc frais, runies en une seule pice que
l'on sale et que, peu de jours aprs, on fait rtir. Du substantif latin
_hasta_, broche  rt. Dans le patois Walon, ainsi que dans ceux du
Nivernais et de la Lorraine, on appelle hte cette broche. Dans le
_Roman de la Rose_ et dans nos vieux crivains, le hterel tait le col
que, dans les animaux gorgs, il faut se _hter_ de faire cuire, parce
qu'il se corromprait promptement  cause du sang extravas dont il est
rempli. Dans les cuisines royales, le _hteur_ est charg du soin des
broches et des rts. A.

HATELET. Voyez HATE. L.

HATELLE: bche. Voyez ATELLE. Du Cange dit au mot HASTELLE: ... Tenant
une busche de bois, qui se nomme au pays (de Normandie) une hastelle.

HATI: haine. De l'Islandais, _hata_: har.

HATILLE (s. f.): fressure. _Astille_, en Roman, signifie tranches de
viande grilles. Voyez CORE. Dans ses _Notes sur Rabelais_
(_Pantagruel_, liv. IV, chap. LIX), Le Duchat rfute Mnage, et dit
qu'on appelle _hte_, _htereaux_ et _htille_ les intestins, le foie et
les poumons, et qu'il croit que ce nom leur vient de ce qu'ils se
corrompraient promptement, si l'on ne se _htait_ de les manger. On
lit aussi, dans le _Pantagruel_: Panurge lui-mesme feit les nopces 
belles testes de mouton, bonnes _hastilles_  la moutarde. L.

HATIVET: orge _htif_.

HAUBE (s. f.): buse, oiseau de proie. D'o est venu _hobereau_. L.

HAUCHIER; HAUCHIR: hausser; lever.

HAULE ou HOLE: fosse, valle troite. De l'islandais _hol_.

HAUT: avanc. Cette femme est haut-grosse: avance dans sa grossesse.
Notre vache est haut-pleine: est prs de vler.

HAUTAINET: hauteur. Se trouve dans Montaigne.

HAVENET: filet pour prendre les oiseaux.

HAVERDA. Voyez HAVET. L.

HAVERON: folle avoine.

HAVET: sorte de petit instrument de fer, de fourche pour attiser le feu.
En patois Walon, ce substantif signifie un croc, soit de fer, soit de
bois. En Normandie, le _havet_ offre une fourche par un bout, et un croc
par l'autre. L.

HAVET (arrondissement de Vire): femme malpropre; c'est une figure; havet
signifiait, en vieux franais, ustensile de cuisine qui tait sali par
la fume..... HAVET (BTE) (s. f.) (arrondissement de Valognes): bte
imaginaire dont on fait peur aux enfants pour les empcher d'approcher
de l'eau. MM. Dumril.

HAVINAGE: blme rpt, fait  demi-voix, trs-fatigant pour celui qui
en est l'objet.

HAVINER: exercer l'action indique par le _havinage_.

HAVIR; HAVRIR: desscher, en parlant d'un rti, pris de feu ou trop
cuit.

HAVRON (s. m.): folle avoine; _hafrar_, en islandais; _habaro_, en vieil
allemand; _wild haber_, en allemand moderne. _C'est havron et pois
perc_ est une locution populaire, qui signifie: _L'un ne vaut pas mieux
que l'autre_. MM. Dumril.

HAZET: marcage, terrain bourbeux. A.

HBT: tourdi. A.

HBTR: ennuyer.

HBEURGIR (v. n.): s'agiter avec bruit, en parlant des bestiaux qui se
menacent ou se battent dans l'table ou l'curie o ils sont _hbergs_.
A.

HBRAIT: cri clatant. De _H!_ et de _braire_.

H; HEC: porte ou petite barrire de lattes ou de palissades, ou de
jeunes branches. Du vieux mot _huis_, porte. Pice du pressoir, compose
de pices assembles comme un _huis_. Voyez HUS.

HDRIR. Voyez HOUDRIR.

HECQUET: ridelle de charrette. Voyez HEC.

HECQUETER: bgayer.

HGUIR: har (Avranches).

HEISE (s. f): la mme chose que le _hec_.

HEISET: petite _heise_.

HLASER: soupirer. De l'exclamation: hlas! A.

HME (s. f.): tapage, grand bruit.

HMER (v. a.): faire semblant de vouloir frapper.

HMORUITES: hmorrhodes. L.

HENQUER: bgayer; hsiter.

HNU (s. m.): brouillard pais.--Tournis des oiseaux.

HNUER: tournoyer, tergiverser; balancer.

HRASSER: peiner; chicaner; _harasser_.

HRENG: hareng.

HERBAILLES: herbes de rebut; sarclures de jardin.

HERBE A LA COULEUVRE: orchis.

HERBE A PICOT: mille-feuilles (_Achillea millefolium_). De ce que les
feuilles de cette plante servent  nourrir les picots ou dindons. B.

HERBE A ROBERT (_Geranium Robertianum_). Voyez ROBERDE.

HERBE AUX FEUILLONS (_Bugula reptans_). Voyez FEUILLON: frelon. B.

HERBE ROYALE: mche (_Valeriana locusta_). Voyez BOURSETTE. L.

HERBE SAINT-JEAN: armoise (_Artemisia vulgaris_).

HERBE SURE: (_Ara cespitosa_).

HERBE TERRE: (_Glecoma hederacea_). B.

HERBIRE (s. f.): planche de jardinage.

HERBIERS: herbes parasites, qu'il faut arracher. L.

HERCAHA: nez--nez; vis--vis; de trs-prs. A.

HERCANSER: chicaner; badiner grossirement avec les filles.

HERDRE (v. a.): garder.

HERDRE: possesseur intress; avare.

HRE: d'humeur difficile.

HERGNE: hargneux.

HRI: livre. Mot islandais.

HERLAN: tracassier.

HERLINQUIN: arlequin. Orderic Vital (liv. VIII) appelle _Herlechinus_ un
chef des dmons de la bande noire, qui effraya, en 1091, le prtre
Gauchelin  St.-Aubin-de-Bonneval, dans l'arrondissement d'Argentan.
C'est videmment de ce Herlequin qu'on a plus tard fait le mot
_Arlequin_, donn  un personnage thtral,  figure noire, comme on
reprsente le Diable. Cette tymologie nous semble bien prfrable 
celles qu'ont donnes Mnage et Roquefort.

HERMONER: remuer  tort et  travers (Manche).

HERNUER: remuer; changer, en parlant du temps qui va devenir pluvieux.
A.

HERNUEMENT: temps embrouill que les paysans ont mal  propos cru
arriver aux changements des phases de la lune; ce qu'ils appellent aussi
le dbat de la lune. A.

HERPER (v. a. et n.): saisir de feu; cuire trop vite. B.

HERPIN: fripon. S.-I.

HERQUELER; HERQUELIER: tracasser.

HERQUELOT: chtif (Manche).

HERQUER: heurter; accrocher.

HERQUETTE: rateau. De herse (Vire).

HRU (adj.): mal peign; qui a les cheveux comme du crin (Orne). _Har_,
en islandais. On dit aussi _hrup_. Voyez HUR. MM. Dumril.

HET: gat, plaisir.

HETER. Voy. HAITER.

HET: coiff de, au figur. Je ne suis pas _het_ de cet homme: je ne
suis pas bien prvenu en sa faveur.

HEUDE (s. f.): bricole pour retenir un animal; entrave.

HEUDRI: chauff; gt, en parlant du bois. L.

HEULARD: souffreteux, maladif.

HEUMAS: opinitre.

HEUNAS: ttu, opinitre.

HEUNE: tte.

HEUQUET: hoquet. L.

HEUREUSET: bonheur. De l'ancien mot _heur_.

HEURU: qui a les cheveux hrisss. De _hure_.

HEUSE: botte. On avait surnomm le duc de Normandie Robert,
Courte-Heuse. Du Celtique-Breton _heuz_.

HIDRE: hre, malheureux. S.-I.

HIE: joie. D'hilarit, par apocope.

HIRE; HIERRE: lierre, autrefois _li erre_. De _hedera_.

HIGNER (v. n.): crier par intervalle, comme font les petits enfants.
Voyez PIGNER.

HIMER: gmir, pleurer, _gimer_.

HINCHE: haine.

HIVERNAGE; LIVERNAGE (s. m.): plantes cultives en champ pour nourrir
les bestiaux, durant l'_hiver_.

HLA: cela.

HO! interjection pour faire arrter les btes de somme ou d'attelage. En
patois Walon, _hoo_ ou _hra_!

HOBER (des fruits): les gauler. A.

HOCLASSER: travailler avec quelque peine.

HOCTONNER ou HAQUETONNER: bgayer, balbutier en lisant. MM. Dumril
citent ACTAIGNER dans le mme sens. A.

HO (s. f.): houe.

HODINER: remuer, _dodiner_. B. S'amuser niaisement M.

HOELLAND: valle profonde. De _hol_ et de _land_: basse terre.

HOGU: hautain, arrogant. Comme nos mots _hogue_ et _hougue_, _hogu_
vient du _haug_ des langues du Nord, qui signifie pointe, lvation. A.

HOGUIGAGNS. Voyez HAGUIGNTES. B.

HOIGNE (s. f.): fcherie, murmure, ainsi que nous l'avons expliqu, dans
une note de nos _Chansons normandes_,  la suite de Basselin, p. 177.

HOIMBREUX: ombrageux; qui hennit inquiet.

HOLBLEU! HOLBLAU--HOLBLEU! interjections dont on se sert pour engager
les boeufs ou les vaches  boire.

HOLOS! cri jet  l'occasion d'une douleur physique.

HOLINER: hocher la tte. Voyez HODINER.

HOMICIDE DE: cause de. Je n'en suis pas l'homicide: je n'en suis pas la
cause.

HOMME: mari. Mn'homme: mon mari. En patois Walon, on dit: _om_.

HOMME (s. f.). Une homme de pr est l'tendue que peut en faucher un
homme, dans un jour. A.

HONER: chanter en touffant sa voix.

HONTEUX: timide. L.

HOR: venu  temps,  son _heure_. C.

HORGNE: horion, coup sur la tte.

HORGNER: donner une _horgne_.

HORION: gros rhume.

HORION: pidmie; fivre cause par les marcages. Roman. B. Voir les
_Chroniques de Monstrelet_.

HORIQUE (s. f.): maladie rgnante. B.

HORSAIN; HORZIN: tranger, homme du _dehors_.

HOSTIER: mendiant, qui assige les portes. D'_ostium_, porte.

HOTTU: vot; un peu bossu, comme quelqu'un qui porterait une _hotte_.
L.

HOUAILLER: crier haut. Des interjections: ho! oh!

HOUALER: appeler. Du verbe hler. A.

HOUBILLE (s. f.): mauvais habillement; guenilles. A.

HOUC (s. m.): poussire cre du chanvre et du chenevis. B.

HOUDRI: transi. M.--HOUDRIR: tacher; moisir. B.

HOUESNEVILLER: se faire inquisiteur de la conduite d'autrui.

HOUHOU: hibou ou chat-huant. De son cri, comme le nom du coucou est une
onomatope en grec, en latin et en franais.

HOUHOUTER: appeler, hler en imitant le cri du hibou.

HOUINER: geindre. En anglais, _to whine_ signifie se plaindre. _Houiner_
se dit aussi du cri des chevaux ardents, qui s'appellent.

HOUIVET: habitant du Bocage. Voyez OUIVETTE. B.

HOULER: hurler; lancer; exciter; _hler_. B.

HOULET: ouverture, brche.

HOULETTE: nid ou gte de lapins. De _houler_.

HOULEVARI: tumulte. De _houle_: vague, flot. Voyez les mots BOULVARI et
VOULEVARI.

HOULOTTER: soigner ngligemment, comme des lapins dans une _houlette_.
A.

HOUMARD: homard. A.

HOUQUER: drober. De l'anglais _hook_, croc. B.

HOURDER: enduire ou garnir soit d'argile, soit de ciment.

HOURET: homme malpropre.

HOURI; HOURIN: petit cheval de peu de valeur. Voyez HARIN.

HOURTICOT; HOURTIGUAU: bourriquet. L.

HOUS, E: effront.--HOUSSER: mordre. S.-I.

HOUSTA (s. f.): virago, femme hommasse. B.

HOUTER: appeler de loin; hler. Onomatope. (Vire.)

HOUVE: houe. En ancien allemand, _houwa_.

HOUVER: employer la _houve_; piocher. Au figur, donner  regret.

HU! HUIO! interjections pour faire tourner  droite les btes de somme
ou de trait. En patois Walon, _huot!_

HU (s. m.): moue, abattement dont les signes sont visibles.

HUAIN: hibou, chat-huant. L.

HUANT: hibou. Aphrse de chat-huant.

HUARD: lutin, farfadet occup  _huer_. B.

HUBIR: huer, injurier. Ce verbe a, dans l'ancien franais, une
signification bien diffrente. Nicot, Monet, Oudin l'interprtent par:
gouverner si bien une chose qu'on en vient souvent  bout.--_Se hubir_,
se hrisser en se dfendant.

HUCHER: _jucher_, percher; placer en haut; se drober aux recherches.
Dans l'ancien franais, hucher signifiait crier comme un chien qu'on
blesse.

HUE: fi! interjection de blme.

HUGUENOT: solitaire, qui fuit la socit, comme les protestants
lorsqu'ils taient proscrits et perscuts.

HUGUENOTTE (s. f.): sorte de fourneau ou de rchaud en fonte. Par
allusion aux protestants, ou _huguenots_, qui,  cause de leurs opinions
religieuses, taient livrs au feu et brls vifs, dans quelques pays.

HUHAN: chat-huant. Voyez HUAIN et HOUHOU. B. Mtaphoriquement, ce mot
dsigne un homme qui fuit la socit et qui vit solitairement comme un
hibou.

HUHO! HUIO: terme de charretier, pour faire aller les chevaux  droite,
tandis qu'on dit DIA! pour leur faire prendre la gauche. Dans le patois
Walon, on dit _har_ pour _dia_, et _hote_ pour _huo_. Au lieu de ce
dernier mot, on se sert de l'interjection _hurhaut_ dans quelques pays.

HULER; HEULER: huer. Du latin _ululare_. Onomatope.

HUNAUD: qui fuit le monde comme un _huhan_; taciturne.

HUPER: appeler quelqu'un en criant haut et de loin. De hu! hu! A.

HUPET (s. m.): distance  laquelle peut parvenir la voix de celui qui
_hupe_. A.

HUP: fier, riche.

HURE: peau de loup, de chvre ou mme de mouton, dont les paysans
croyaient que le loup-garou se couvrait, dans ses courses nocturnes.
Nous en avons parl dans nos _Recherches sur la Normandie_, p. 296.

HUR; HUREP: bouriff, hriss.

HURI, en parlant d'un oiseau malade: hriss.

HURIF, VE: prcoce. Voyez AORIBLE. A.

HURLUF; HURLUP: bouriff. S.-I.

HURON: sauvage, tourdi qui ne respecte ni les usages ni les
convenances; qui est toujours _hur_. MM. Dumril.

HURT; HUET; HEURT: petite saillie de terre, petit promontoire contre
lequel les vagues viennent se _heurter_.

HUS (prononc U): porte. Du vieux substantif _huis_, d'o nous avons
conserv le mot _huissier_, plac  la porte des audiences pour faire
faire silence. Du latin _ostium_.

HUT: chapeau. De l'anglais _hat_.


I.


I: il, ils. I court, i marchent, etc.: il court, ils marchent. Il
s'emploie expltivement: _ch'est-i-me?_ est-ce moi?

IAN: gland. Par aphrse. Voyez ENS.

IANS; IAS: eaux. C'est comme _taurias_ pour taureaux. On trouve cette
sorte de pluriel dans nos vieux crivains; par exemple, dans le fabliau
du _Tonneau_ que La Fontaine a imit dans son conte du _Cuvier_, on lit
ces vers:

       Au valet vint, et li proya
       Qu'une partie li prestast
       De sa maison, et li gardast
       Ses dix _toniax_ en son celier.

Dans ses _Dictons du XIIIe sicle_, Crapelet rapporte ces questions
(page 76), faites en Normandie: _Qui estiaus?_ _o aliaus?_ _dont
veneaus?_ orthographies ainsi dans les meilleurs manuscrits: _o
aliax?_ _que quriax?_ _dont veniax?_

IARD: liard.

IAU: eau.

IAU DE MOURET: jus de fumier; parce qu'il a la couleur des morets ou
baies d'airelle. (Manche.)

IAULOUX: plein d'_eau_, trs-humide, marcageux. (Vire.)

IAUSSIR: pisser.

ICHIN: ici. B.

ICHITE: ici. S.-I.

ICI: ci. Ce temps ici pour ce temps-ci.

IDLO (D'): d'ici, de l. (Avranches.) Voyez ILO.

IDOUX, SE: maladif, qui prouve de frquentes douleurs.

IBE: gale du chat.

IETTE. Aphrse de liette. Voyez LIETTE.

IEU! IEU! cri dont on se sert pour appeler les cochons. Voyez TIOT.

IEUCOLIER: colier. S.-I.

IEUTUDIANT: tudiant. S.-I.

IEUN: un. S.-I.

IEUX: leur,  eux. S.-I.

IGNAU; IGNOT (adv.): sans crmonie. A.

IGNORE (s. f.): ignorance d'une chose. tre en _ignore_: ignorer. A.

IGRE (s. f.): griffe, ongle. Voyez INGRE. A.

ILA: l. Martial d'Auvergne dit:

       Quand les conducteurs _il_ virent.

ILEC (adv.): ici, l.

ILET: lot, petite le. Mtaphoriquement, pt de maisons, groupe
formant une sorte d'le.

ILEU: l. B.

ILO: l. B.

IMMENSE (s. f.): trs-grande quantit. J'en ai une immense pour j'en ai
beaucoup. L.

IMPORTUNATION: importunit.

IMPOTHQUE: hypothque.

INBERLIAN: Irlandais. Du latin _Hibernia_: Irlande. B.

INDE: terne, noirtre, de couleur bise ou sale.

       Ne fleur inde, jaune ne blanche.

       (_Rom. de la R._)

INDITER: indiquer, instruire. Voyez ENDITER.

INDOINE: priv d'aptitude. _In_ ngatif. C'est l'oppos d'_idoine_.

INDUQUER: duquer.

INEL: alerte. Du Roman _isnel_. Brunetto-Latini a dit, dans le XIIIe
sicle: D'un home pereceus je dirai: ce est une tortue; de un _isnel_,
je dirai: ce est un vent. A.

INGRE: griffe. Voyez IGRE.

INNOCENT: idiot, fou. Walter-Scott, dans son _Waverley_ (t. I, ch. 9),
dit qu'en cosse on donne aux fous le nom d'_innocents_.

INN'TOUT: non plus; pas davantage.

INSOUFFRABLE: insupportable, qu'on ne saurait _souffrir_.

INT; INTEL: tel, pareil, semblable, gal.

INTERGIE (s. f.): lthargie, S.-I.

INTERGODER ou INTERGOUDER: interloquer, intimider. S.

INTERMINE. Voyez TERMINE. A.

INTRODUIRE (v. a.): interrompre. L.

INTROPIQUE: hydropique. L.

INTROPISIE: hydropisie. L.

INVECTIF: vif et remuant. De _invectus_: emport. L.

IORD: sale. De _ord_. Voyez ce mot.

IOU (prononc _i-iou_): o, en quel lieu.

IOUSOUX: aqueux, en parlant des fruits et des lgumes.

IOUSQUE: o.

IQUEUL, E: quel, quelle.

IRAGNIE; IRAIGNE; araigne.

ITIEUL (TOUT): tout d'un coup, tout entier. A.

ITOU: aussi. De l'adverbe latin _item_. _Too_, en anglais.

IU: pice de rapport qui fait disparate avec l'toffe sur laquelle on
l'applique. (Coutances.)

IVRER; S'IVRER: s'enivrer.

IXE (s. m.): chevalet pour scier le bois  brler.


J.


J'; JE: nous. _J'l'erons_: nous l'aurons.

JACA: paille de sarrasin. A.

JACASSE: bavarde. Dans le patois Rennais, _jacasse_ s'entend d'une femme
dont le caractre est contrariant.

JACASSER: jaser  tort et  travers. De l'italien _gazza_ (pie), d'o
nous avons tir notre vieux mot _agace_, que La Fontaine a employ dans
la fable de _l'Aigle et la Pie_:

       L'agace eut peur; mais l'aigle, ayant fort bien dn,
       La rassure et lui dit: Allons de compagnie.

JACQUEDALE; JOCQUEDALE: imbcile, jocrisse.

JACQUET: cureuil. De _Jacques_, petit Jacques. Ces noms de saints
donns aux animaux ne sont pas rares dans nos usages, comme _Margot_
(Marguerite),  une pie; _Samsonnet_ (petit Samson),  l'tourneau et au
maquereau; _Richard_, au geai; _Martin_,  l'ne; _Coco_ (Jacquot), au
singe. On dit: _ds le ptro_ ou _ptron Jacquet_, pour: _ la pointe du
jour_.

JADE (s. f.): jatte. A.

JAFFE (s. f.): soufflet. Voyez GUIAFFE et GUIAFFER.

JAFFER: souffleter. L.

JALET; JALE: propos inconvenant, bavardage. De l'islandais _jula_:
crier  tort et  travers.

JALOUSIE: oeillet de pote (_Dianthus barbatus_).

JAMAIS (A): beaucoup. Il a des fruits, des cus  jamais:  n'en finir
_jamais_.

JAMBILLER: remuer les _jambes_ convulsivement, les agiter outre mesure.

JANOTTE: bulbe du _Bunium bulbo-castaneum_. En Roman, _anote_.

JANGLER: habler, mentir, railler, plaisanter. Du vieux franais
_jangler_, _joculari_. Voyez le _Glossaire de Roquefort_.

JANNIRE: plant d'ajoncs. Voyez BOIS-JAN et JION.

JANS: dedans. B.

JAP; JAPE: babil, bavardage. De japper. Dans le patois Lorrain, on dit
de la _jappe_. S.-I.

JAR: langage, _jargon_. S.-I.

JARD: cailles de poisson. Voyez CHARDE.

JARDIAU. Voyez GERZIAU. A.

JARDRIN: jardin. A.

JARNICOTON. Juron.

JARNIDIEU. Juron. C'est--dire: je renie Dieu. L'auteur de _Pathelin_,
p. 62, dit:

       Il a mon drap, ou je r'gnie Dieu.

       B.

Dans les jurons, pour attnuer l'normit de l'expression, on dit _bleu_
et _di_. D'o parbleu, morbleu, jarnidi.

JAROSSE; JAROUSSE (s. f.): vesce, gesse cultive (_Dathyrus sativus_),
qu'Olivier de Serres appelait _jarrus_. Dans la basse latinit,
_jarrossia_. Les cultivateurs du dpartement du Gers donnent le nom de
_jarosses_ aux diffrentes espces de vesces. (_Annuaire du Gers pour
l'an XII._) A.

JARRETELER: attacher les jarretires. P. R.

JARRETER: se heurter les mollets en marchant. O.

JALOT: baquet, petit cuvier.

JARROTIN: jarret de veau. Terme de boucherie. A.

JAS: jars, oison. C'est le mle de la _pige_. Voyez ce mot. _Jas_, par
suppression de l'_r_, comme dans gas pour gars.

JASCARDER: jaser mal  propos, bavarder. A.

JASPINER: babiller, taquiner, jaser, plaisanter.

JASSETOISER: jaser sans mesure. L.

JAT: gentil. B JAT: bien gentil. L.

JAU: coq. De _gallus_. Voyez GAU.

JAUNET: renoncule des prs (_Ranunculus pratensis_). Voyez BASSIN.
L.--Un peu jaune.--Pice d'or. H.-N.

JAVOTER: jaboter, jaser, babiller, caqueter.

JAVRELINE: javeline, dard. S.-I.

JE pour nous. _Je_ ferons; _je_ sommes arrivs. Patois Walon. Voyez ONS.
L.

JEAN-QUIN: mlange de caf, de sucre et d'eau-de-vie. Voir sur l'origine
de ce mot le Dict. de M. l'abb Decorde.

JEMENT: jument.

JENNE: Jeune.--JENNESSE: jeunesse.

JNOTTE. Voyez JANOTTE. A.

JENS! mot exclamatif. S.-I.

JERGIR: sarcler. Du latin _sarcire_.

JERGONNER: jaser, babiller. De jargon.

JERQU: perch, juch, plac dsagrablement.

JSUET: hypocrite. De jsuite. L'abb Furetire pronona ainsi sur la
question de savoir si on devait crire _jsuiste_ ou _jsuite_: Il faut
dire jsuite, comme on dit hypocrite, sodomite. B.

JSUITE: dindon; parce qu'on attribuait aux _Jsuites_ l'introduction de
cet oiseau en Europe. L.

JETER (v. n.): suppurer. En patois Walon, _jet  matire_. L.

JEU (FAIRE SON): jouer son rle, paratre, figurer. Voil une belle
robe, elle fera son jeu  la prochaine fte.

JEU D'EAU: jet-d'eau. Patois Lorrain. L.

JEUN (A COEUR):  jeun. L.

JEUNDI: jeudi. A.

JEUNESSE: jeune fille.

J'VA; J'VAL: cheval. L.

J'VEU: cheveu. L.

JIFAILLER: foltrer mal  propos. Voyez JIFER.

JIFALIER, RE: qui aime  jifer. L.

JIFER: jouer en foltre. L.

JIFFE: soufflet.

JIFFER: donner une _jiffe_, jifle ou soufflet.

JIFLE (s. f.): soufflet. Patois du Jura.

JIFLER (v. a.): souffleter.

JILE, s. f.: diarrhe des animaux. L.

JILE (s. f.): eau ou tout autre liquide qu'on a fait jaillir.

JILER: lancer, faire jaillir un liquide. A.

JILOIRE: petite seringue de sureau. Voyez CLIPE. A.

JION (s. m.): jomarin (_Ulex Europus_). A.

JOB (BATTRE LE): perdre son temps, ne rien faire.

JOCER: se moquer, _jaser_, niaiser. Du latin _jocari_.

JODANE (s. m.): sot, niais, jocrisse. B.

JODU: sourd, au propre; inintelligent, au figur. De _j'ous dur_:
j'entends ferme. M.

JOE: joue.

JOFIN: poupe ou mannequin que l'on met par amusement dans un lit, pour
faire croire qu'une personne y est couche. Du latin _jocus_, jeu. A.

JOGANE: espce de coiffure d'enfant compose d'un fond et d'une passe
sans papillon. Comme la jogane laisse la joue (la _joe_)  dcouvert,
c'est du mot patois _joe_ qu'elle tire sa dnomination A.

JOJO: cheval. Comme _dada_. De _jo_ et de _jor_ des anciennes langues du
Nord.

JOLET: jeu, mouvement. O.

JONFIEUX, SE: oppress, e. Du verbe patois _jonfler_. _Jonfieux_ pour
jonfleux, comme _bieu_ pour bleu, _fieur_ pour fleur.

JONFLER: respirer avec peine; _ronfler_; souffler de l'haleine en
expirant l'air. Probablement de _sufflare_, comme le conjecturent MM.
Dumril.

JONQUERAIE: terrain o l'on fait crotre du jonc.

JONQUETTE: fleurs qu'on jette dans les ftes et dont on _jonche_ la
terre. C.

JONQUIRE: terrain o le jonc crot spontanment.

JORER: se parer avec luxe, avec affectation.

JOSTER: joter, foltrer, plaisanter. De _jocus_, jeu.

JOSTEUR: gai, amusant et farceur.

JOUBIBOT; JOUBJEOT: tasse de caf. De _jou_: gure, et de _bibere_:
boire. O.

JOUCET: soufflet, claque sur la _joue_. O.

JOU (adv.): gure, peu. Cet homme n'a _jou de pommiau_, gure de gras
de jambe. Voyez POMMIAU. A.

JOUG-A-COUE: joug double pour deux boeufs attels cte  cte  une
charrue. Ce joug tient  la charrue au moyen d'une longue pice de bois,
nomme coue (queue) et cheville dans le joug.

JOUGLER: gambader. Se dit des chevaux reposs qui sortent de l'curie en
gambadant.

JOUGUET: petit joug pour un seul boeuf.

JOUIR DE: venir  bout de. On ne saurait jouir de cet enfant indocile:
on ne peut en venir  bout. Voyez CHEVIR.

JOUJOUTE (FAIRE): se jouer.

JOUQUAY; JOUQU: juch, perch. S.-I.

JOUR-FAILLI (A): au soir.

JOURNAL (de terre): ce qu'on peut labourer de terre pendant une journe
de travail. A.

JOUSTE; JOUXTE: auprs de, attenant . Du latin _jaxia_.

JOUTER: toucher . Cet herbage _jote_  la rivire.

JOUVEUX, SE: aquatique. L.

JUC (s. m.): perchoir du poulailler. En Roman, _joc_. Ce mot, qui vient
de _jugum_, perche, se trouve dans Des Perriers (_Nouvel._ 16 et 31). L.

JUDAS (BRAN DE): taches furfuraces qui paraissent, surtout au
printemps, sur le visage de certaines personnes. M. Decorde.

JUGAIN: jomarin. Voyez JION. A.

JUIF: espce d'hirondelle, le martinet.

JUIS: juif, isralite. De _judus_. Dans le _Pdant jou_ de Cyrano de
Bergerac (acte II, scne 3), Matthieu Gareau s'exprime ainsi: Ous
quiais un vrai _jui_ d'Avignon. L.

JUPE: courte distance. Interrogs sur la distance d'un lieu  un autre,
les paysans rpondent souvent au voyageur: Il n'y a qu'une _jpe_. La
jpe peut varier d'un  cinq ou six kilomtres.

JUPER. Voyez HUPER. A.

JUPET. Voyez HUPET.

JUQUER; JUQUIER: percher, jucher.

JUQUOUX: juchoir. Sembler tomber du _juquoux_: paratre tout tonn.

JUS (adv.):  terre.

JUS D'OCTOBRE: liqueur prpare avec un mlange d'eau-de-vie et de poir
doux, rduit en sirop. L.

JUSE (de fumier): liquide qui s'coule du fumier, en forme de _jus_.

JUSER: sortir par compression, en parlant des fruits.

JUSEUX: juteux, en parlant des fruits. L.

JUSSE: juste. H.-N.

JUTER: produire du jus.

J'VA: cheval. J'VAS; J'VAUX: chevaux.


K.


KAFIGNONS: corne qui se trouve  l'extrmit du pied des animaux qui
l'ont fourchu, tels que la vache, le porc, le mouton, etc. M. l'abb
Decorde.

KAINE: chane.

KALIPTE: sorte de bonnet de nuit, qui couvre les joues des femmes, et
qu'elles conservent le matin jusqu' ce qu'elles fassent leur toilette.

KARAS: berger.

KARUE; KAIRUE: charrue.

K: quoi. _B de k_: bien de quoi! se dit ironiquement pour peu de
chose.

KERDER: carder.

KERMINNE: charogne.

KROIX: croix.

KERSIR: mourir. Voyez CRESSIR. A.

KEVRON: chevron.

KIA VALET! KIA VALET! Cri pour appeler les porcs  la mangeoire. C'est
la corruption de _tiot_, qui est l'abrviation par aphrse de _petiot_,
diminutif de petit. Voyez TIOT.

KIEF: pice de bois  laquelle on assujettit le soc de la charrue.

KIEN: chien. Du grec [Grec: chyn].

KIGNE-EN-COIN (DE): d'un coin  l'autre.

K'MINAIE: chemine.

K'MINSE: chemise.

K'VA: cheval.

K'VILLE: cheville.


L.


L': le. _L'bout_: le bout. _L's_: le soir.

LA: elle.

LABIT: douleur, peine. S.-I.

LABITER; SE LABITER: pleurer; se plaindre; tourmenter. De _lacrymari_.
S.-I.

LABOUOROUX: laboureur.

LACHERON: laiteron.

LACHET: lacet.

LACHON; LAON: lacet pour prendre le gibier.

LAGNE (s. f.): bois de cotret, rondin de bois pelard. Ce mot signifie
aussi mauvais bois. De _lignum_.

LAGUE (s. f.): espce, qualit, acabit. B.

LAICHE: glaeul (_Gladiolus communis_). Du Celtique _hesk_, mot auquel
on a runi l'article, comme dans lierre, _hedera_.

LAICHE (s. f.): l, du latin _latus_. V. LCHE.

LAID (FAIRE): faire la moue; tmoigner  quelqu'un qu'il dplat.

LAIDURE (s. f.): fille ou femme _laide_. L.

LAIQUER; LQUER; LIQUER: lcher.

LAIRON; LAIROT: loir.

LAIRRAI; LAIRRAIS; etc.: laisserai, laisserais. Ancienne manire de
conjuguer le verbe laisser. Maleville disait encore, dans le milieu du
XVIIe sicle:

       Si mes forces, Daphnis, galoient mon courage,
       A tes discours flatteurs je me _lairrois_ tenter. A.

_Lairroient_ est employ par Descartes dans le _Discours de la mthode_.
Il est vrai que les diteurs modernes corrigent Descartes. C'est une
fantaisie qu'ils se passent et qu'on a tort de leur passer.

LAIS: tmoignages de mcontentement. Faire des _lais_: grogner; agir de
mauvaise grce; bougonner.

LAISANDER: faire le _laisant_. V. LAISANT.

LAISANT: oisif, paresseux. Voyez LAISI. R.

LAISE (s. f.): l d'une toffe. P.

LAISI: loisir. S.-I.

LAISSE-TOUT-FAIRE (s. f.): fille de mauvaise conduite. A.

LAIT BATTU: lait de beurre.

LAIT DE BEU (lait de boeuf): mystification. Donner du lait de _beu_:
mystifier; faire des promesses mensongres; dire des absurdits.

LAIT DE BEURRE: babeurre.

LAIT (GROS): lait caill. Voyez CAILLES; CAILLE-BOTTES. L.

LAIT DE PIE (_Euphorbia sylvestris_). B.

LAITICHE (s. f.): belette  poil blanc. On dit  Alenon _laitice_,
sorte de revenant qui apparat sous la forme d'un petit animal blanc
comme du _lait_. De _lait_, et non pas de _ltitia_, joie. B.

LAITON; LAITERON: veau ou poulain qui tte. De _lait_.

LA-LOIN: ici prs. A Bayeux, on dit _l-lain_. On lit ds le XVe sicle,
dans les _Cent nouvelles antiques_: Ma foi, dit-elle, vel sa place
_l-loing_ montrant le bord du lit. A.

LAMPE (s. f.): boisson prise  grandes gorges et en grande quantit.
Du verbe _laper_. L.

LAMPER: prendre des lampes. L.

LANCEMENT: lancement dans une partie du corps.

LANON ou QUILLE: petit poisson de mer (_Ammodyta Tobianus_).

LANCRET: gamin, vaurien. B.

LANDES (f. pl.): jomarin. Voyez JION et JUGAIN.

LANDON: cordon. B.

LANDON: rabchage, bavardage. L.

LANDONNIER: bavard, rabcheur. L.

LANDONNER: agir lentement;--rabcher, bavarder. Les Bretons disent
_randonner_, _randonneur_. L.

LANDORE: endormi, fainant, lambin.

LANDORER: lambiner, _s'endormir_ sur le travail. B.

LANER: corcher, arracher le poil, comme le _lanneur_ tire la _laine_ du
drap. S.-I.

LANEUX: ouvrier qui fait ressortir la _laine_ du drap. S.-I.

LANFAIS; LANFOIE: filasse fine. Boivin et de Brieux drivent ce mot de
_lanificium_, expression qui dsigne toute matire propre  tre file.
Il s'emploie mtaphoriquement pour langage entortill, difficile 
saisir, ou abondant et strile. M.

LANFRONAGE: linge lav ou savonn  la hte. A.

LANFRONER: laver sans ncessit et sans soin. A.

LANGET: _lange_ d'enfant au berceau. L.

LANGREUX: chtif, valtudinaire.

LANGUE DE BREBIS (_Ranunculus flammula_): petite douve. B.

LANGUE D'PEC ou DE PEC (Pivert) (_Carex glauca_). B.

LANGUET: landier.

LANGUETER: bavarder. De _langue_. A.

LANGUETEUR, SE: bavard, e. A.

LANIER: lambin, paresseux. De _lent_.

LANRAIT. Voyez LENDRET.

LANTIPOUNER: marchander. S.-I.

LAPIER: rucher. Incorporation de l'article au mot _apier_, du latin
_apiarium_, rucher.

LAQUE: tique, sorte de pou des animaux.

LAQUER; LAQUIER: lcher.

LAQUEULLE: laquelle. B.

LARCI (FAIRE) ou plutt FAIRE LA RESSIE. Voyez RESSIE.

LARD: chair de porc. Le _lard_ n'en est que la partie grasse. L.

LARD (s. m.): sorte de pt gras, de forme semi-circulaire.

LARMER: rpandre des _larmes_, larmoyer.

LARMETTE (s. f.): petite quantit de liqueur, goutte. De _larme_. L.

LAS-D'ALLER: fainant, nonchalant. Un des personnages de _Gargantua_
s'appelle Las-d'aller (liv. I, ch. 38). Nachor dit au valet Maucourant,
dans la _Passion  personnages_, p. 139:

       a, hau! saoul-d'aller.

Ce _saoul-d'aller_ est le synonyme de _las-d'aller_.


LASSON: lacs, filet pour prendre les oiseaux. De _laqueus_. En
bas-breton, _lacz_; en italien, _laccio_; en espagnol, _lazo_.

LATINEUX: latiniste. S.-I.

LATINIER: colier qui tudie la langue latine. Dans l'ancien franais,
_latinier_ signifiait interprte. Wace (_Roman de Rou_) dit que
l'archevque de Rouen

       A Rou et  sa gent par latinier parla. L.

LATON: laiton.

LATUSE: tre fantastique, dont on menaait les enfants pour arrter
leurs cris ou leurs pleurs.

LAUDE (s. f.): vole de coups. A.

LAUDER (v. a.): frapper, battre. A.

LAUFFRE: repas copieux d'un animal. Du vieux mot _luffre_, vorace.
Rabelais appelle _lifrelofres_ les gourmands.

LAUMER: regarder de travers.

LAUNER: avoir l'esprit paresseux; fainanter; dire toujours la mme
chose; radoter.

LAURETTE (s. f.): Daphn Laurole (_Daphne Laureola_). B.

LAUSANGIER: donneur de louanges, flatteur.

LA-VA (adv.): l, aux environs. Il se promne _l-va_. On dit aussi
_l-ava_.

LAVECHINER: laver mal, ou peu, ou des objets de peu de valeur.

LAVERIE: pice prs de la cuisine, o on lave la vaisselle.

LAVETTE: gros linge emmanch pour laver la vaisselle.

LAVIER: vier, got de cuisine.

LAVOUX: lavoir.

LAVURER: laver mal. Voyez LANFRONER. A.

L: elle. De l'italien _lei_.

L: les.

LCHARD. Voyez LCHEUR.

LCHE (s. f.): petite quantit. Une _lche_ de pain. En patois de
Grenoble, _leichi_ signifie un morceau de pain long et mince. Patois
Rouchi.

LCHERIE: friandise. Du verbe lcher. A.

LCHETTE (s. f.): friande.

LCHEUR, SE: friand, e. Dans la _Nef des fols du monde_, les gourmands
sont appels _lichards_. Du vieux mot roman _lechor_. A.

LCHOUX; LICHOUX. Voyez LCHEUR.

LEICAN: nigaud.

LGUME: importance. C'est de la grand'lgume: c'est une personne
d'importance.

LMAGES (s. m.): fourrage de plantes lgumineuses, telles que vesces,
pois. B.

LEMAN; LEMAU: vaurien, bandit.

LENDEDMAIN: lendemain. L.

LENDRET; LENRET: ici. C'est l'altration de la locution romane _l
endroit_, _l endret_: l directement, prcisment l. L.

LNIER: doux, patelin, intrigant. De _lenis_.

LENVERS: envers. _Le lenvers_: l'envers. Du latin _inversus_.

LEREBOURS (A):  rebours, au rebours.

LERME: larme. Il se prend dans le mme sens que goutte. _No n'y vait
lerme_: on n'y voit goutte.

LERMER. Voyez LARMER.

LERRU; LIERRU: lierre.

LS: les. Trs-ferm, dans certaines contres, devant une consonne.

LESANT (arr. de Mortagne): pesant, tardif. MM. Dumril.

LESSIVEUSE: femme qui conduit une lessive et celle qui la lave.

LESSIVIRE. Voyez LESSIVEUSE. L.

LET: lit. De _lectum_.

LETICE: me d'un enfant mort sans baptme, qui parat la nuit sous la
forme d'un animal d'une blancheur clatante; en islandais, _lda_
signifie fantme. MM. Dumril. Voyez LAITICHE.

LTISSE (Orne): enfant espigle, amusant. Du latin _ltus_. _Ib._

LEU: lu, participe pass de lire.

LEUC: lieu. D'o _ileuc_, le lieu o vous tes.

LEUMIER: flandrin, efflanqu.

LEUX: leur,  eux. S.-I.

LI: lui.

LIAGE: couverture de chaume _lie_ avec des harts.

LIAINIER; LINIER: mendiant qui affecte un ton plaintif en demandant
l'aumne.

LIAIS: flau. Voyez FLAIS.

LIAN: gland. Par aphrse.

LIANNE: glane.

LIARD D'UN SOU: pice d'un sou (5 centimes). A.

LIAU; LIOT: liseron (_Convolvulus albus_). L.

LIBODEUX; LIBODOUX; LIBOUDEUX: gluant. B.

LIBOREUX; LIBOUREUX: gluant, visqueux. De _lie_. L. Voyez LIVARDEUX.

LICHER: faire festin; manger avec sensualit. Voyez LCHERIE.

LICHOINER: embrasser amoureusement. De lcher. O.

LICHOIRE (s. f.): bouche, langue; facilit d'locution.

LICHON: leon. S.-I.

LICO: licol, licou.

LIDER: glisser. De l'islandais _lida_. Vire.

LI: elle. Ce pronom ne s'emploie que comme complment: par exemple,
_Chest por li_: c'est pour elle.

LINARD; LINOR: Lonard; Lonor.

LIPARDE: animal imaginaire qui hante les carrefours pendant la nuit.
Peut-tre est-ce une corruption de lopard.

LIERD: liard. Un rouge lierd: un misrable liard. L.

LIERRUT: lierre. B.

LIET: lit.

LIETTE: layette; petit coffret, tiroir. On trouve ce mot dans la 48e.
_Nouvelle_ de Des Perriers. En patois Walon, _lietta_.

LIETTE: petit lien, ou cordon qui serre la ceinture d'une culotte, une
chevelure de femme, etc. L.

LIEURE: liure, cble de charrette, etc.

LIEU DE (EN): au lieu de. L.

LIEUTRIN: lutrin. L.

LIEUX: leur,  eux. L.

LIVRE DE MER. Voyez DIABLE. B.

LIGER; LIGIER: lger. L.

LIGOCHE (s. f.): limace. A.

LIMAGES. Voyez LMAGES.

LIMAS: limaon. A.

LIME: foss plein d'eau qui borne souvent les herbages de bas-pays et
leur sert de limite. Du latin _limes_.

LIMER: pleurer  demi; crier sans rpandre de larmes, comme font les
enfants contraris. A.

LIMONIRE: ornire. De _limus_: limon, boue. O.

LIMOUSINE: manteau de roulier, en poil et en grosse laine.

LIN: rut de la brebis.

LINCHARD: lanc, grand, mince, effil.

LINETTE: graine de lin.

LINGARD: efflanqu. Voyez LINGUER.

LINGUE: langue.

LINGUER: parler; jaser. S.-I.

LINOTIER: ouvrier qui peigne et prpare le lin ou le chanvre.

LIONE: chvre-feuille; parce qu'il se lie aux arbres. Voyez VIONE.

LIOPE (s. f.): bande de toile pour assujettir les enfants dans le
maillot. Du verbe _lier_. A.

LIOPER (v. a.): employer les _liopes_ pour assujettir les petits enfants
dans le maillot. B.

LIOT: enveloppe de gluis dont on abrite les ruches.

LIOTROPE: hliotrope (_Heliotropium Peruvianum_). Aphrse. L.

LIPE (s. f.): grosse lvre. Faire la lipe: faire la moue. L.

LIPU, E: qui a de grosses lvres. L.

LIQUE-PLAT: lche-plat, parasite.

LIQUER; LIQUIER (v. a.): lcher. L.

LIQUERET: friand. De _liquer_. B.

LIQUETTE: loquette; petite loque, lambeau.

LIQUEUREUX: liquoreux.

LIQUIFOIR: Lucifer.

LIRE (s. f.): cane. Lire! lire! est le cri dont on se sert pour appeler
les canards. L.

LIRETTE (s. f.): petit caneton. L.

LIRLAS: lilas.

LIROT (s. m.): caneton. De l ce cri pour appeler les jeunes canards:
_lirotes! lirotes! lirotes!_ L.

LIROT: mauvais couteau.

LIROTTER: couper pniblement avec un mauvais _lirot_. O.

LIS; LISET: lisire d'toffe.

LISA: lisa.

LISE: portion de grve, de marais, etc., o le sol dliquescent n'offre
aucune rsistance.

LISETTE (s. f.): ruban de fil. Du substantif lisire, parce que ce ruban
sert souvent  border. Voyez BORD. A.

LISETTE: couteau d'enfant. A.

LISSEAU de fil: peloton de fil. L.

LISOUX: liseur.

LIT (PAIN): pain dont la pte a mal lev. (Valognes.)

LITOINE: nonchalant, paresseux. C.

LITRANTAN: niaiseries, balivernes. De l'article _li_ ou _le_ et de
_trantran_. (Vire.)

LIU: _glu_, glui.--LIU: lieu.

LIURE (s. f.): branche ou gaule, souvent fendue en deux et qui, dans les
cltures sches, sert, au moyen de harts,  contenir les affiches et 
consolider la haie. Voyez AFFICHES.

LIVARDEUX, SE: gluant, visqueux. A.

LIVERNAGE: pour l'hivernage. Voyez HIVERNAGE.

LIZAIS: lisers. S.-I.

LO: l.

LOBER: sommeiller. A.

LOBET. Voyez GOBET. De _lopin_.

LOCATIS (s. m.): cheval de louage; homme de peine.

LOCHER (v. n.): vaciller, menacer de tomber.

LOCHER (v. n.): secouer, en parlant d'un arbre dont on veut faire tomber
les fruits. Du Roman _eslocer_; _eslochier_: agiter, remuer.
D'_elocare_.

LOCLASSER: peiner, souffrir en travaillant. Voyez HOCLASSER.

LOD: mouill. Du latin _lotus_.

LODER: marcher. De la basse latinit _lobia_ ou _lodia_: promenoir,
galerie.

LODER: marcher; se mouvoir; se traner avec peine.

LODORIE (s. f.): supriorit. Avoir _lodorie_ sur quelqu'un: lui tre
suprieur en force. A.

LOGANE (s. f.): chaumire. De _loge_. B.

LOISER: tre permis. Ce verbe neutre a pour adjectif _loisible_, qui est
rest dans notre langue.

LOJAIS: lger. S.-I.

LOLO: lait.--LOLO: veau, et, par extension, grand garon qui a des
manires enfantines.

LONER: rabcher. Voyez LAUNER. B.

LONGIN; LONGIS: lambin.

LONGUE: longe.

LOQUE: l. S.-I.

LOQUETS: petites portions de laine qui tombent  terre,  la tonte des
moutons. M. Decorde.

LOQUETONNER: agiter le loquet dans la serrure; _clancher_ coup sur coup
sans succs.

LORINER; LORCINER: diriger. La _Muse normande_ dit:

       Devant u quai je lorine mes pas.

LORIOT: bouton qui s'lve sur les paupires; sorte d'orgelet.

LORIQUE; LORIQUETTE: loque, petit lopin. O.

LOSENGIER: adulateur. Du vieux mot _los_: louange. Du latin _laus_.
Voyez ALOSER.

LOSSER: jaser. Du grec [Grec: glssa]: langue. Par aphrse. A.

LOSTRE (arr. de Mortagne): sale, malpropre. MM. Dumril.

LOT A FRRE, en parlant de l'ancien partage des successions normandes.
Elle a _lot  frre_: elle a galit de lot avec son frre.

LOUCE ou LOUSSE (s. f.): mensonge, tromperie. Peut-tre du vieux mot
_lobe_, qui a la mme signification dans le glossaire qui est  la fin
de l'_Histoire de Bretagne_ de Dom Morice. Wace, dans le _Roman de Rou_,
emploie _leusse_.--LOUSSER se dit pour mentir.

LOUCHE (s. f.): cuiller  pot ou  potage.

LOUCHET: sorte de bche, en forme de _louche_, ou cuiller  pot. C.

LOUDIER; LODIER: courte-pointe de lit.

LOUPE (s. f.): chiffon us; mauvais lambeau d'toffe. L.

LOUPIAUX; LOUIPIAUX: oreillons; sorte de maladie des oreilles. Pour
_oripeaux_. Voyez ce mot.

LOUIS DE SIX FRANCS: pice ou cu de six livres tournois; parce que,
comme le louis d'or, cette pice de monnaie portait l'effigie du roi
Louis. A.

LOUISOT: Louis.

LOULOU: loup. Mot enfantin.

LOURD: grossier, brutal. De _balourd_. A.

LOURDER (v. n.): tre balourd: dire des balourdises.

LOURE (s. f.): cornemuse, musette.

LOURER: pleurer lchement. (Vire.)--Chanter. S.-I.

LOUSSE. Voyez. LOUCE.

LOUSSE: vesse. Du celtique-breton _lou_.

LOUSSER: vesser.

LOUSSET: soufflet.

LOUSTER (v. n.): s'insinuer frauduleusement.

LOUSTRE; LOSTRE: sale personnage. O.

LOUVETTE: tique, ainsi nomme parce que cet insecte attaque souvent les
loups.

L'QUEUL: lequel.

L'S: les, devant une voyelle ou une H muette.

L'SIVIRE. Voyez LESSIVIRE. L.

LUBIN: lupin.

LUBINS: sorte de loups-garoux. De _lupus_.

LUBRE: difficile  manier,  travailler; compacte. Voyez RUFLE.

LUE: lieue.

LUEURE: lire.

LUGAN: homme bizarre, boudeur, sournois. _Luganner_ se dit des premires
gouttes de pluie qui annoncent le mauvais temps.

LUIRE: lire. S.-I.

LUMELLE: allumelle, par aphrse.

LUNER; LEUNER: lorgner; regarder de travers.

LUNETIER: homme qui porte des lunettes dont il n'a pas besoin.

LUQUE: luth. S.-I.

LUQUE: lampe. (Manche.) De _lux_, lumire.

LUQUER (v. a.): reluquer, regarder. Du latin _lux_. Souvent _lquer_
emporte l'ide qu'on regarde de ct, en vitant que l'on s'en
aperoive. De l sans doute le sens de _loucher_, qu'il a dans M.
Decorde.

LUQUERNE: lucarne.

LURASSER. Voyez LURER.

LURE (s. f.): vers ou refrain d'une chanson, rpt jusqu' satit. De
_loure_: musette. On l'emploie, au figur, pour signifier des promesses
que l'on ritre souvent et qu'on ne tient jamais. La _lure_ alors est
une _leurre_.

LURER: fredonner; rpter la mme chose; rabcher; grommeler. L.

LURETTES: fredons, rptitions de chansonnettes sans suite.

LUREUX, SE: qui grommle, qui rabche. L.

LURIER: homme qui dit des sornettes. B.

LUROTIER. Voyez LUREUX. A.

L'Z: les. Courir _l'z_ uns aprs _l'z_ autres.


M.


M': ma; me. L'_a_, l'_e_ disparaissent parfois devant une consonne.

MA; MAS: mal; maux.--MA (s. m.): sas, tamis.

MACABRE: inepte. De la fameuse _Danse macabre_, dont les personnages ne
savent que rpondre  la Mort qui les entrane.

MACAILLE: nourriture, ce qu'on mche.

MACELET; MACHELET: groupe de fruits tenant au mme pdoncule. Un
_macelet_ de noisettes.

MACHACRE: massacre. M.--Viande. S.-I.

MACHACRE: ouvrier maladroit.

MACHET (s. m.): mchoire.

MACHICOTER: mcher en tournant et retournant ce qu'on a dans la bouche,
sans l'avaler.

MACHIN; MACHINOT: _machine_; chose; objet dont on cherche le nom. Patois
Lorrain.

MACHIS (s. m.): aliment mch.

MACHON: maon. Au figur, ouvrier inhabile.

MACHOQUER: bossuer.

MACHOTER: mcher lentement et avec une sorte de rpugnance.

MACHU (adj.): en forme de massue. M.

MACHUE: massue. On disait _macue_, dans le XIIIe sicle: ce mot est
employ par le roi de Navarre dans ses _Chansons_. Tte de _machue_:
entt, opinitre. L.

MACHURER: noircir, dcrier.

MACOT: cachette; l'argent qu'elle contient. A.

MACRIAU: maquereau. En patois Picard, _macrieu_.

MADELEINE (POIRE DE): poire de Cuisse-Madame; parce qu'elle mrit vers
la fte de sainte Madeleine (22 juillet).

MAFONGUE. Mme sens que _Par ma fingue_. Voyez FINGUE.

MAGNAN; MAGNEN; MAIGNEN: chaudronnier ambulant, dont on faisait peur aux
enfants comme du prtendu Croquemitaine. Du vieux mot _maignen_:
chaudronnier, et de l'italien _magnano_. Nicot et Monet crivent
_maignen_, comme dans le moyen-ge. En patois Bourguignon, _maigni_.
_Magnin_ en patois Walon. On prononce aussi _maan_.

MAGOSSE (s. f.): amas d'argent; petit trsor. Voyez MACOT. A.

MAGOT. Voyez MACOT. L.

MAGOUANER: mcher lentement et dsagrablement. A.

MAGOUSSE (s. f.). Voyez MACOT.

MAGROLLE (s. f.): somme d'argent. A.

MAGUE (s. f.): estomac de veau, dans lequel on prpare la prsure pour
faire le fromage. L.

MAGUE: gros ventre; bosse. S.-I.

MAHON: coquelicot.

MAHON: qui parle avec difficult; bgue. O.

MAHONNER: parler avec difficult; balbutier; bgayer. Voyez BAUBE.

MAI: moi.

MAIGNETS ou MGNETS: petits enfants. Du celtique _man_: homme.
_Maignets_ est le diminutif de _man_, d'o viennent aussi _manant_ et
_manoir_, etc. Le vieux mot _meignie_, ou plutt _maignie_, signifiait
maisonne, toutes les personnes d'une maison. Dans le patois Gascon, on
dit _maynat_ pour un petit garon. A.

MAIGRASSIER: grand, mince et approchant de la maigreur.

MAIGRIER: maigre.

MAILLOCHE (s. f.): petit maillet.

MAILLOT: maillet.

MAINDRE: moindre. S.-I.

MAININE: petite main.

MAINS; MEINS: moins. S.-I.

MAIN-TACHE:  peu prs, au hasard, sans que l'on compte. Prendre, donner
_ main-tche_.

MAINTAIN; MAINTI: manche de flau. O. et M.

MAIRERIE: mairie. Voyez MARIE. A.

MAIS: plus; jamais. _Mei_, en patois de Grenoble. De l'adverbe latin
_magis_. Je n'en peux mais: je n'en peux plus.

MAIS DE CE TEMPS: dsormais. L.

MAISI PLUS: dsormais.

MAISON: la cuisine d'un paysan. C'est en effet la pice importante, la
pice par excellence de son habitation.

MAIS QUE: lorsque; aprs que; pourvu que. Employ par le roi de Navarre,
dans ses _Chansons_, et par L'Estoille, dans son Journal.

MAIS QUE (POUR): lorsque. L.

MAITE: matre.

MAITIA; MAINTIEN: pain compos de bl et d'orge, par moiti; cidre
pressur avec de l'eau, par moiti. Voyez MITOYEN.

MAITRE-CIDRE: cidre pur.

MAITRE-PIERRE: pomme  couteau, qui se conserve trs-long-temps.

MAITRIAL, E: imprieux; qui agit en matre arrogant. L.

MAL DE L'AN: coliques et convulsions des petits enfants. Voyez CATERRE.
A.

MAL (HAUT): pilepsie; mal caduc.

MAL (PRENDRE): mourir. Pris de mal: atteint de maladie. Il lui a pris
mal: il est tomb malade. L.

MAL (TOMBER DE): tre attaqu d'pilepsie.

MALAISE (A):  plus forte raison. H.-N.

MALAISE (DANSER LA): recevoir une vole. Voyez DANSE. L.

MALANDRE: pustule, ulcre; coup, blessure.

MALANDRIN: malade ayant des _malandres_.

MALARD: canard, mle de la cane. L.

MALAUCOEUREUX; MALAUCURIEUX: dgotant; dgot. L.

MALE: marne.

MALE; MALAIS: fumier consomm, et plus particulirement celui des btes
 cornes.

MALEMENT: mal, mchamment, avec malice,  tort. M.

MALENDURANT: difficile  vivre. Du verbe _endurer_. L.

MALENDURER: souffrir impatiemment.

MAL-EN-HIE ou HIS: mal portant, souffrant; mal en gat, de mauvaise
humeur.

MALENTENTE (s. f.): mal-entendu.

MALER: engraisser avec de la marne.

MALER: fatiguer, extnuer. De _malum_: mal.

MALGR QUE: quoique. Patois Lorrain.

MALIRE (s. f.): fosse dans laquelle on dpose les mles ou fumiers pour
qu'ils s'y consomment. C.

MALIN: petit poisson de rivire. B.

MALINE: maligne.

MALON; MALUN: escarre, crote qui se forme sur la peau lorsqu'une plaie
se gurit; cicatrice. De _malum_.

MALHERBE; MALLE-HERBE: mauvaise herbe, qui donne le vertige et empche
de retrouver son chemin.

MALHEUR: malheureux; homme  qui il arrive un malheur.

MALHEURET: malheur, accident. On dit aussi _malhur_; _malhuret_.

MALHUR: malheur.

MAL INCOMMODE: fort incommode. H.-N.

MALONNER: se former en malon.

MALPIT: qui a de mauvais pieds; inhabile aux longues marches.

MAL St.-MEIN: crotes laiteuses des enfants. L.

MALUSER: msuser.

MAN: larve du hanneton (_Mlolontha_).

MAN: mon. Man kien: mon chien.

MANCHE: nid de lapins; leur terrier o sont dposs leurs petits. De
_manere_: demeurer.

MANCHERON; MANCHON; MANON; MANQUETIN: manche de charrue.

MANDALE (s. f.): soufflet sur la joue, sur la mchoire, les
_mandibules_.

MANDRE: moindre. S.-I.

MANDRILLE: espce de manteau vieux et en mauvais tat.

MANET: manoir; habitation distingue, infrieure toutefois au chteau;
gentilhommire. L.

MANETTE: Marie-Anette; diminutif de Marie-Anne. A.

MANGEARD: dpensier, prodigue qui gaspille. L.

MANGER L'ORDRE: oublier. Patois Lorrain.

MANGRIAU, au pluriel MANGRIAS: gens du fisc, sangsues du peuple. S.-I.

MANGERIES: vexations fiscales.

MANGE-TOUT (DES): petites fves qui se mangent en entier, lorsque le
grain commence  se former.

MANGEUX DE FOIN SUR LE BAT: parasite.

MANGNER; MANGNIER: manger. Mangniez donc! vous ne mangniez pas; gnia que
me qu'mangne: mangez donc! vous ne mangez pas; il n'y a que moi qui
mange. L.

MANGNIETS. Voyez MAIGNETS.

MANGUER: manger.

MANIERS ou MANIETS. Voyez MAIGNETS.

MANIFACTURE: manufacture.

MANIFIQUE: magnifique. Patois Lorrain.

MANIQUET: selle de femme, couverte d'une peau de mouton. H.-N.

MANJURE: dmangeaison. J'ai _manjure_  la tte. H.-N.

MANJURIAU. Voyez MANGRIAU. L.

MANJUSSER; MANJUCER: manger. B.

MANNETTE: petite manne. L.

MANSAIRE; MANSRE: misrable; dguenill; mal vtu.

MANSEL: manoir, habitation. Du latin _mansio_.

MANTAIN: manche de flau.

MANUYENGE: possession, jouissance.

MAQUAILLE (s. f.): aliments mal prpars. Du verbe _mcher_.

MAQUE-PAIS: goinfre, gourmand. H.-N.

MAQUER; MAQUIER: mcher dsagrablement.--Manger. S.-I.

MARAILLER: se salir dans l'eau bourbeuse. De la basse latinit _mara_:
mare. A.

MARAS ou MARAT: maraud, mauvais sujet. Du grec [Grec: maros]: sclrat,
qui a produit _marrans_, vieille expression qui signifiait juif. En
patois Walon, _marae_ signifie canaille. L.

MARCACHA: gamin; petit homme mal bti. On disait autrefois _margajat_:

                     Que nous ririons tretous
       De voir un _margajat_ fagott comme vous.

dit Boursault en parlant d'Esope. Parler _margajat_. Voyez CHARABIAH.

MARCAPI: raisin. (Manche.)

MARCAU; MARCOU: matou, gros chat mle. O. En patois Walon, _markou_; en
patois Troyen, _marcoux_.

MARCELOTTE: petite masse au bout d'un bton. Corruption de _masselotte_:
petite massue. Voyez RABOTTE. A.

MARCHQUE; MARCHESSE (s. f.): fte de la Notre-Dame de _Mars_
(l'Annonciation). _Marcesche_, dans une charte de 1407. On dit
proverbialement, en parlant des veilles pour le travail:

           La bonne veilleresse
       Commence  la septembresse
       Et finit  la marchesse.

Voyez SEPTEMBRESSE. L.

MARCHER: parcourir. _Marcher_ une proprit.

MARCIRE (s. f.): dpt de marc dans une fosse. (Manche.)

MARCOU. Voyez MARCAU.

MARCHAL: oiseau de l'ordre des passereaux. B.

MARE (s. f.): flaque d'eau. De _mare_. L.

MARE (s. f.): denre. Porter la _mare_ au march. L.

MARETTE: petite mare.

MARGANE (s. f.): sche. Du celtique-breton _morgaden_.

MARGANNER. Voyez DGANNER.

MARGAS, ou MARGASSE (s. f.): petite flaque d'eau bourbeuse. Du
substantif _mare_ et du verbe _gter_. Au figur, embarras. Le
substantif _margane_ (excrments humains) du dpartement
d'Ille-et-Vilaine pourrait bien avoir la mme origine. Dans le patois du
Jura, _gouillat_ et _gouille_ signifient boue et le lieu o elle
sjourne. De l, _margouillis_. Voyez ce mot. A.

MARGASSER (SE): se salir dans un _margas_. A.

MARGAU: fille de mauvaise vie.

MARGOT (s. f.): pie. On dit Margot pour une pie, comme Richard pour un
geai, Martin pour un ne, etc. La Fontaine dit (Fables, XII, 11):

       L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie.

MARGOT (s. f.): fourche. Du latin _merga_.

MARGOT-PINTON: femme ivrogne. On dit proverbialement:

                       Margot Pinton,
       Qui aime mieux sa _pinte_ que son demion.

Voyez DEMION.

MARGOTTE: marcotte.

MARGOTTER: marcotter. C'est le G pour le C, comme _ganif_ pour canif.

MARGOUAIS: fond de carrire, de marnire. Du celtique _marga_ (marne),
que le naturaliste Pline (liv. XVII, ch. 4) cite comme un excellent
engrais.

MARGOUILLER: bredouiller; manger malproprement; salir.

MARGOUILLIS. Voyez MARGAS.

MARGOULETTE: mchoire (terme de mignardise); petite bouche. En Roman,
_gargate_. Dans le patois Walon, _gargolette_: gosier, gorge.

MARGOULINE: bonnet de femme. Voyez GOULINE.

MARGR: malgr. S.-I.

MARGUITE: Marguerite.

MARIANNE: Marie-Anne. Voyez MANETTE.

MARICAUDER: noircir le visage, les habits. H.-N.

MARICHAL; MARICHA: marchal. L.

MARIE: mairie. La rue de la _Marie_. A.

MARIE-SOUILLON (s. f.): femme malpropre. On dit aussi _Marie-Salope_;
_Marie-Torchon_.

MARIE-SURELLE: femme acaritre. De _surelle_, oseille.

MARINGOTE (s. f.): sorte de charrette que l'on commena  employer peu
aprs notre clbre victoire de Marengo, en 1800.

MARINGOUIN: cousin, sorte d'insecte.

MARIN-ONFROY. Nom d'une espce de pommes dont l'introduction, d'aprs
Pluquet, est due  Marin-Onfroy, seigneur de Veret et de
St.-Laurent-sur-Mer, qui apporta des greffes dans le Bessin, au
commencement du XVIIe sicle. Cette espce s'est propage dans le
dpartement de la Manche, et on la prise beaucoup aux environs de
St.-Lo, o l'on comptait encore, il y a peu d'annes, plusieurs familles
des noms de Marin et d'Onfroy. La _tisane de Marin-Onfroy_ est le cidre
_gracieux_ qu'on obtient de l'espce de pommes dont on vient de parler.
Le fruit est gnralement petit, dur; il mrit trs-tard. Son aspect est
loin d'tre sduisant comme le got du cidre qu'il produit. M.
Lepingard.

MARION: Marie. C'est de l qu'est venu le mot _Marionette_, diminutif de
Marie. L.

MARJOLET: lgant. De joli. L.

MARJOLLES: caroncules qui pendent sous le bec des coqs et des poules;
et, par mtaphore, le double ou le triple menton des personnes
trs-grasses.

MARMIONNER; MARMONNER: murmurer sourdement; mal prononcer.

MARN. On appelle  Vimoutiers pain marn celui qui n'est pas
compltement blanc. De _marne_, terre de couleur blanc-gristre.

MARNET: le grand guillemot, oiseau de mer. B.

MARONNER: grommeler.

MAROTTE: Marie. Le nom de la _marotte_ de la folie vient de ce
diminutif. L.

MAROUAU: matou. Voyez MARCOU.

MAROUILLAGE (s. m.): eau bourbeuse. De _mare_. A.

MAROUILLER: agiter de l'eau bourbeuse; se salir dans le _marouillage_.
Voyez VAROUILLER. A.

MARPAS: sale, bas.

MARQUE-A-LA-VIELLE: iris, arc-en-ciel. (Coutances.)

MARRINE: marraine. L.

MARRUBLER: meurtrir fortement. Peut-tre de marrube (_Marrubium
vulgare_), plante mdicinale que l'on crase. L.

MARTAFLU. Voyez MASTAFLU.

MARTE; MATTE: petite boulette de terre cuite, pour jouer, comme avec la
canette et les osselets. L.

MARTINET: grimpereau. L.

MASCAPI: raisin de poires ou de pommes. B.

MASS: _masure_. De la basse latinit.

MASSACRANTE (HUMEUR): mauvaise humeur; humeur trs-bourrue. Patois
Lorrain.

MASSAIS (s. m.); MASSE (s. f.): argile ptrie avec du foin, pour faire
les planchers. B.

MASTAFLU, E: gros et mal bti. De l'ancien qualificatif _maflu_. La
Fontaine a dit (Fable III, 17), en parlant d'une belette:

       Grasse, _maflue_ et rebondie.

MASTAPIN: gros, bouffi.

MASTAS: homme trs-replet. De _masse_. Voyez TARIBONDIN.

MASUR, E. Terre masure: terre pourvue de btiments d'exploitation et
d'habitation. De _masure_.

MAT: flche. S.-I.

MATE (ENFANT DE LA): escroc, filou. Du nom d'une place de Paris
frquente par les voleurs, suivant Moisant de Brieux, p. 15 de ses
_Origines de coutumes anciennes_.

MATE: lait caill. S.-I.

MATE; MATRE (s. f.): extrmit de l'os du tarse du mouton, de la brebis.
Le _jeu de mtes_ se compose de ces petits os qu'on jette sur une table.
Les _mtes_ qui sont tombes sur le ct, doivent tre redresses par le
joueur dans l'intervalle de temps qu'une balle ou tout autre objet,
qu'il a lanc en l'air et qu'il doit recevoir, met  retomber dans sa
main. M. Lepingard.

MATEREAUX: matriaux. De _matire_. Patois Lorrain. L.

MATES (s. f. pl.): lait caill. En patois Lorrain, _maton_. S.-I.

MATHIEU-SAL: Mathusalem. Vieux comme _Mathieu-sal_.

MATIRE (s. f.): pus. Patois Walon.

MATIFAS: mortier de chaux, de sable et de bourre, pour enduire.

MATRASSER: assommer. De _matras_, sorte de trait qui ne perait pas,
mais meurtrissait cruellement. Du latin _mactare_. B.

MAUFAIT: mal fait, contrefait.

MAUGONNER: mcher, mordre, ronger vilainement. Au figur, grommeler. A.

MAUGR: malgr.

MAUGREBLEU. Juron. De l'arabe _maghrabi_. Dans le midi de la France,
d'o _maugrebleu_ nous est venu, et qui fut quelque temps au pouvoir des
Sarrasins, on dit _magrabiou_, qui est plus rapproch de son origine.
Peut-tre _maugrebleu_ vient-il de malgr Dieu.

MAUGREN: maudit. Quelle _maugrene_ affaire!

MAUMIN: blme, qui a mauvaise mine. A.

MAUPAS: mauvais passage, lieu dangereux, soit par la difficult du
passage, soit par le danger des rencontres. Ce nom a t donn  des
lieux,  des gus de rivire, etc., qui n'offrent prsentement aucun
danger.

MAUPITEUX: souffrant, malheureux. De mal et de piti. S.-I.

MAUTALENT: ignorance; mauvais _vouloir_; disposition  mal faire. Ce mot
est dans Montaigne.

MAUTE (s. f.): fresaie.

MAUT: mchancet. L.

MAUTURE (adj.): mchant, malin, espigle, vaurien, d'une probit
suspecte.

MAUTURE (subst.): blessure grave; plaie considrable, tenant en gnral
au vice du sang.

MAUVAISET: mchancet. Dans Nicot, _mauvaisti_.

MAUVE: mouette, oiseau. B.

MAUVI; MAUVIARD (s. m.): mauviette. En patois Walon, _mvi_ signifie un
merle.

MAXI; MAXIS: mchant. B.

M: moi.--M: maintenant.

MCANIQUE: souffrant, faible, d'une sant dlabre; d'une chtive
constitution;--insuffisant.

MCHANT: pauvre, digne de piti. Ce _mchant_ enfant; cette _mchante_
petite bte. Une paysanne dit: J'ai eu tant  faire, que je n'ai pas eu
le temps de peigner ma _mchante_ tte.

MCHANT: difficile. Terre _mchante_: terre difficile  travailler.

MCHE: moiti. De _mche_: de moiti. Argot.

MCHE: moyen, possibilit. Il y a _mche_, ou: il n'y a pas _mche_: on
peut, ou: on ne peut pas.

MCHER: pocher. (Vire.)

MCREDI: mercredi. Patois Lorrain. L.

MDIN: mauvaise couche. O.

MGAUGIER (v. a.): dsappointer. D'gayer; mgayer: mal gayer.

MGUE (s. m.): serum, petit-lait. De _mesga_, dans la basse latinit. On
appelle aussi _mgue_ l'agglutination qui se forme au fond d'un vase par
les dpts du cidre, du vinaigre, et autres liquides.

MJAMBI; MJAMBIER: qui a les jambes en mauvais tat, couvertes
d'ulcres en suppuration.

MEILLE; MLE: nfle. On lit, dans Cretin, p. 205:

       Raisins, pruneaux, pommes, poires et _mesles_.

MEILLER: nflier. En latin, _mespilus_.

MLAN: merlan.

MLE: flocons mucilagineux au fond des bouteilles de cidre, suivant
Pluquet. On dit ailleurs: _mre_. V. MGUE.

MLE: merle.

MLEAU; MLO: paquet de fil, de laine, de soie, _ml_.

MELER (v. n.): s'altrer. Se dcomposer, en parlant des pommes. De
_malus_: pommier, et de _malus_: mauvais. La pomme _mele_ est celle
dont la chair trop mre a pris  sa surface une teinte brun-clair et une
consistance molle. En patois Walon, _melaie_ signifie un pommier.

MLIER; MESLIER: nflier. En anglais, _medlar-tree_.

MLIEU: milieu.

MLIMLOT: mercuriale (_Mercurialis annua_). B.

MLI-MLOT: objets confus, mls, en dsordre.

MELLE (s. f.): anneau d'une chane. De _maille_. L.

MELLETON: prunelle, mauvais petit fruit. De _malum_.

MLURE: petites herbes qu'on _mle_  la salade pour l'assaisonner.

MMARCHURE: entorse. De _marcher mal._ L.

MEMBR: membru. Patois lorrain.

MENACHE; MENACHER: menace, menacer.

MNAGRE: femme de campagne. De _mnage_. En patois Walon, _menadzira_.
Voyez CRATURE.

MENDRE: moindre.

MNESTRIEUX: mntrier. S.-I.

MNOM: sobriquet; surnom. De _m_: mauvais, et de _nom_.

MNOMMER (SE): prendre un nom qui n'appartient pas.

MENOUX: menin, conducteur, cicerone.

MENT: comme, comment. _Ment hla_: comment cela? _ment tout_: comme tout.
De _comment_, par aphrse. Voyez C'MENT. L.--A Pont-l'vque,
_mentche_ pour comment est-ce?

MENUISE (s. f.): petit plomb pour tuer les oiseaux. De _minutus_.

MNUIT: minuit. L.

MQUI: moiti. L.

MQUIER: mtier.

MERC; MERQUE (s. m.): _marque_ sur la peau; lentille ou petite verrue;
borne en pierre qui marque les limites dans les champs. B.

MRE: dpt glaireux dans le vieux cidre; substance que l'on croit
propre  faire natre le vinaire ( en devenir la _mre_).

MERELLE: cidre dans lequel on a mis beaucoup d'eau. B.

MRIAISE: merise.

MRIENNE: mridienne. Par syncope. Sieste, sommeil de _midi_. Faire
_mrienne_: faire la sieste.

MERLUS (s. m.): sorte de petite morue sche; _merluche_.

MERNUCHON. Plante; la _stella media_ des oiseaux.

MEROLLE: brebis. O.

MROTTE: petite-mre. L.

MERQUE: marque. MERQUIER: marquer, tracer, etc.

MESANGLE; MESETTE: msange.

MSAISE: gne, au propre et au figur.

MSAIS: qui est dans le _msaise_. Ne se dit qu'au figur: _msais_
dans son commerce.

MSHUI: aujourd'hui, tantt, dsormais, dornavant. Dans le _Testament
de Pathelin_, p. 131:

       Ne viendra _meshuy_ Guillemette?

MESEAU; MEZEL: lpreux.

MESCHIEF: malheur.

MESCHEOIR: chouer, ne pas russir.

MESCHEU (part. pass de _mescheoir_). Il en est _mescheu_: il en est
arriv malheur.

MES: atteint d'une lpre appele mselerie. Mtaphoriquement,
insensible.

MESHAGN; MESHAIGN (l'S ne se prononce pas): estropi, mutil.

MESHAING: mutilation, malheur, accident, mcompte.

MESIGUE: msange.

MESIRAGNE; MESIRAIGNE: musaraigne.

MESIRE: merise.

MESIRETTE: petite musaraigne.

MESIRIER: merisier.

MESM'ORAINS: mme nagure. H.-N.

MESNIE: maison, maisonne, famille.

MESNIL: maison dans la campagne et champ y attenant.

MESSINE; MCINE: espce de coussin en foin ou en paille, dont les
paysans garnissent la partie suprieure de l'entre des sabots, pour
qu'ils ne blessent pas le coude-pied.

MESSIONAL: qui a lieu pendant les vacations, fixes anciennement au
temps de la moisson. De _messis_.

MESURE: convenance, sagesse. C'est la _mesure_: c'est ce qui convient.
Dans le XIIIe sicle, mesure signifiait sagesse, bont. C'est le _quid
deceat, quid non_, d'Horace; et l'emploi qui en est fait dans les
_Chansons du roi de Navarre_ et le _Glossaire_ de La Ravallire. En
Roman on disait _amesur_, pour sage; en Provenal, _amesurat_. L.

MESURETTE (s. f.): huitime partie de l'aune. L.

MET (s. f.): huche, ptrin, _maie_. On trouve _met_ dans les vieux
fabliaux. Du verbe _mettre_. _Met_ tait encore en usage dans le XVIe
sicle. En effet, Du Bartas dit, dans le second jour de sa _Semaine_, v.
1129:

       L'un sur un ais flottant hasardeux se commet;
       L'autre vogue en un coffre, et l'autre en une _met_.

_Me_, en patois Lorrain; _mai_, en patois Walon. Dans le patois de
Grenoble, _mata_ signifie ptrir, faire du pain.

MTANT: moiti du boisseau; environ 20 litres.

MTIER:  propos, urgent, important, ncessaire. Il tait mtier d'agir:
il tait important d'agir; il n'y avait pas de temps  perdre. Il en
avait mtier: il en avait besoin. C'est un idiotisme normand.

MTIR (SE): s'amollir en schant; se fltrir comme les plantes coupes,
les fruits moissonns, etc.

MTI: moiti. L.

MTOYEN: mitoyen. Cidre tremp de _moiti_ d'eau pendant le pressurage.
L.

METTEUX DE POULES A COUVER: qui s'amuse  des riens. Voyez
COLIN-FEMMETTE. L.

MEU, E; mr, mre.

MEULER: beugler, mugir. L.

MEULON: tas de bois, de fagots, de bourres, etc.

MEURDRE: meurtre. MEURDRI: contusionn.

MEURDRIR: meurtrir. En patois Walon, _moudri_. L.

MEURISON; MEURISSON: maturit qui s'effectue.

MEURON: maturit avance. Des fruits perdus de _meuron_ sont des fruits
passs.

MEU; MEUR; E: mr, e.

MEUX. Mme signification.

MEUSA. Voyez MURAS.

MIAILLON (s. m.): enfant. De _mion_ qui, en Roman, signifie plus petit.
Du grec [Grec: main].

MIANDER; MIANER: miauler. Onomotape tire du cri du chat. A. L.

MIANDOUX: hypocrite.

MIAU: morceau.

MIAULE: mlange de pain et de lait, ou de cidre, ou de vin, etc.

MIAUTE: petit morceau, petite partie d'un _miau_.

MICAMAU (s. f.): mlange de caf et d'eau-de-vie.

MICHEL-FILLETTE. Voyez COLIN-FEMELLE.

MICHER: pleurer. De _pleurmicher_ pour pleurnicher.

MICHETTE: sein de jeune femme. De _miche_, pain. L.

MICHOTTER: chiffonner les _michettes_. L.

MICHOTTIER: celui qui michotte. L.

MIE: point.

MIE; MIE. Mme sens que MIAULE.

MIELLE: terre sablonneuse sur le bord de la mer. Cherbourg.

MIRE: mdecin. C'est une manire de prononcer le mot roman _mire_,
mdecin.

MIET (s. m.): petite quantit; _miette_. De _Mica_.

MIETTE (UNE): un peu.

MIETTE: pas, point. Particule ngative. Je ne suis _miette_ content: je
ne suis pas content, nullement content.

MIGAUT; MIGOT; MIGEOT: fruiterie; rserve de fruits pour l'hiver. On
trouve _migt_ dans le _Formulaire des lus_ du prsident de La Barre.
Voyez MURAS.

MIGEOTER: faire bouillir doucement,  petit feu. S.-I. A Bayeux,
_migeoter_ signifie dorloter.

MIGNARD, E: plaintif avec mignardise. L.

MIGOTER: mrir dans le fruitier.

MILGRET (s. m.): _Calamagrostis arenaria_. B.

MILGREUX: sorte de jonc qui crot dans les sables. Dans Du Cange,
_Melogarium_. _De Crescentiis_, ch. 26. Voyez MILGRET.

MILICE (TRE): tre la dupe. M. l'abb Decorde.

MILLAUD: mendiant A.

MILLAUDER: mendier. A.

MILLAURAINE ou MILLARAINE (s. f.): sorte de loup-garou. (Valognes.)

MILLE-SOUDIER: homme dont la richesse est inpuisable. De mille et de
sou.

MIMI: chat. Voyez MIANDER. _Mira_ signifie une chatte dans le patois de
Grenoble.

MIN: mon.

MINABLE: qui a la mine hideuse, l'aspect sinistre. Patois Lorrain.

MINCE (s. f.): mche de fouet. O.

MINCE: choses coupes _mince_. Une _mince_ de choux: choux coups en
petits morceaux et mls avec du son et du lait caill pour
l'engraissement des porcs.

MINCER: rduire ou briser en petits morceaux (_minces_). A.

MINDRAILLE: menue monnaie; chose de peu de valeur.

MINDRE: moindre. S.-I.

MINDRER: amoindrir, mincer, couper en petits morceaux.

MINDRE: masse d'objets mincs, rompus, crass menu.

MINE (GRANDE-): mesure de 8 boisseaux. La petite mine est de 6. H.-N.

MINEAU; MINON; MINOT: minet, chat.

MINEAUX; MINOTS: fourrures. De minet.

MINET, TE: joli petit garon, jolie petite fille. Mtaphore de minet:
petit chat.

MINETTE: _Lotus corniculatus_. B.

MINGRELET; MINGRELIN (corruption de _maigrelet_): maigre et chtif.
_Mingrlin_, dans le patois Troyen.

MINGROLLE (s. f.): moustache de chat. De _minet_ et de _grouin_, pour
museau.

MINIEUT; MIGNIEUT; MESGNIEUT: minuit.

MINON: chat.

MINS, E: mis, mise. S.-I.

MINUTE: patience! attendez un peu!

MIOCHE (s. m.): petit enfant qui ne mange encore que de la _mie_. L.

MIOCHE; MIOLE; MIOTE: pain _mi_ dans du cidre, du poir ou du lait.

MIONNER: manger avidement.

MIOT: gros morceau de mie; oiseau dernier clos. Du vieux mot _mion_:
plus petit. Voyez CLOCU.

MIOTS: miettes.

MIQUER: ajuster. B.

MIRE: vue, regard, exposition. Mettre en _mire_: exposer aux regards, 
la vue,  l'attention.

MIRABOULIA FECI (IL A L'AIR DE): hableur. Sans doute de _mirabilia
feci_: j'ai fait des merveilles.

MIRETTE (s. f.): germe de l'oeuf--Petit miroir.

MIREUX; MIROUX: miroir.

MIRLIFICH: enjoliv minutieusement. _Mistifris_, dans le patois Walon.

MIROTER: ajuster avec un soin minutieux.

MIROTER (SE): se mirer long-temps et avec coquetterie.

MIROUX: merveilleux. De _mirus_. B. Voy. MIREUX.

MISRABLE (s. m.): le quart d'un petit-pot d'eau-de-vie, la
trente-deuxime partie d'un litre. L.

MISRER: macrer, rendre misrable; le devenir par excs de travail ou
de privations. _Misrer_ son corps.

MISERETTE: musaraigne. En patois Walon, _misuette_ signifie un
souriceau. B.

MISTANFLUTE. Terme d'amiti trivial et un peu ddaigneux.

MISTANFLUTE (A LA): de travers. Patois Troyen.

MISTAU: jeune garon de belle venue. O.

MITAINES A QUATRE POUCES: objet qui sert  plusieurs emplois. L.

MITAN: milieu, moiti. De _medietanus_.

MITER (v. a.): user, gter. O.

MITEUX: chassieux. Voyez BOGUYEUX.

MITON: chat; MITON: morceau de mie.

MITONNE (s. f.): panade.

MITOURIES (s. f. pl.): crmonies, faons. Que de _mitouries_!
c'est--dire, que de crmonies! que de faons! que d'embarras! Les
Dieppois appelaient _Mitouries_ (des mots _mi aot_) une procession
solennelle fonde, en commmoration de la victoire signale remporte
par eux, le 14 aot 1443, sur les Anglais, aprs 23 ans passs sous leur
domination. Comme ce jour tait la veille de la fte de l'Assomption,
quelques personnes ont cru que les _Mitouries_ taient uniquement en
l'honneur de la Vierge. L.

MITOYEN: cidre pressur avec de l'eau par moiti. L.

MITTON: petit morceau. De miette.

M'N: mon. _M'n_ ami: mon ami; _m'n fant_: mon enfant. Devant les
voyelles, au lieu de _m'n_, on dit _man_. Voyez MAN. On dit aussi _m'n_
pour m'en. Je _m'n_ allais: je m'en allais.

MOCHE (s. f.): petit pain. On dit aussi une _moche_ de beurre. De
_motte_.

MOCHE: paquet de vers pour pcher l'anguille; agglomration de.

MOCHI-MORA: pas trop, suffisamment.

MOCHON: grumeau, morceau de pain. Dans le dpartement de la Mayenne, on
appelle _mottons_ les grumeaux qui se forment dans la pte ou dans la
bouillie.

MODEUSE (s. f.): modiste, marchande de _modes_. A.

MOGNON: moignon.

MOIGNEAU: moineau.

MOINDREMENT (LE): le moins, trs-peu, la _moindre_ quantit.

MOINE: poisson de mer. B.

MOI-S'EN: m'en. Donnez-_moi-s'en_; donnez-m'en. L.

MOISILLON: paysanne qui singe la demoiselle de ville pour sa toilette.

MOISON: maison. L.

MOISSE: ce qu'on trait d'une fois.

MOISSERON: pinon. O.

MOISSON (s. m.): moineau. Voyez PASSE. L.

MOISSON D'ARBANIE: moineau friquet. B.

MOLLACHE: mollasse, mou. De _mollis_.

MOLLAIN (s. m.); MOLLIRE (s. f.): terrain marcageux et mou, o l'on
peut s'embourber. Voyez EMMOLER. L.

MOLLE: botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les
cercles sont plus grands. M. Decorde.

MOLLET. Voyez DIABLE. B.

MOLLETTE: couverture de molleton pour lit.

MOLLETTEMENT: trs-mollement. L.

MOMON: farceur qu'on introduit le jour des noces dans l'assemble pour
amuser la socit. Voyez BIDOCHE. A Dijon, les _momons_ sont des
farceurs masqus durant le carnaval. A.

MONCHAIS; MONCHE; MOUCHE: monceau.

MON: moi. Donnez-_mon_; coutez-_mon_: donnez-moi; coutez-moi. Dans les
_Nouvelles_ de Des Priers XVII et XLVIII, on lit: Regardez-_mon_,
pour regardez-moi. A.

MONCORNE: mlange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sme au
printemps. H.-N.

MON DIEU (TRE HORS DES): n'tre ni beau ni laid.

MONE ou MONNE (s. f.): quantit de grain livre au _monier_ (meunier)
pour tre convertie en farine. M. Dureau de La Malle s'est tromp en
crivant _monnaie_ et en partant de l pour expliquer savamment ce mot
qu'il n'a pas entendu.

MONER: hsiter, tre irrsolu. Du grec [Grec: monos]: seul.

MONGNAN: chaudronnier ambulant. Voyez MAGNAN.

MONGNE: soufflet, taloche, coup.

MONGNER: donner des _mongnes_.

MONIER: meunier;--cheverne, poisson de rivire qui se plat dans le
voisinage du moulin.

MONT: tas, monceau.

MONTAIN: verdier, oiseau. B.

MONTARDE: moutarde.

MONTEUX (PIED): pied gauche du cheval, du ct qu'on _monte_.

MONTON: mouton.

MONTOUS: montez-vous? Contraction.

MONTOUX: escabot pour monter, chemin en pente.

MONSIEUR: cochon. Antiphrase qui se trouve dans le patois du Vendomois
et du Berry, o cet animal est appel _un noble_. Dans l'arrondissement
de Cherbourg, on dit _un monsieur de Trauville_, et dans presque toute
la province, _un vtu de saie_. C'est sans doute une allusion satirique,
faite par la classe des travailleurs  la vie oisive des gentilshommes
et des habitants des villes. MM. Dumril.

MOQUE (s. f.): bol, vase de terre plus grand que la tasse.

MOQUE: mouche. _Mohc_, en patois Walon.

MOQUE; MOQUIE: le contenu d'une _moque_.

MOQUET: lumignon, petite lampe; partie calcine de la mche. M.

MOQUETONNER: donner un baiser  la manire des vieillards, en ayant
l'air de mcher. Ce verbe a la mme origine que le verbe _moquer_. A
proprement parler, _moquetonner_, c'est donner un baiser ridicule, qui
excite  la _moquerie_.

MOQUETTE: tromperie par plaisanterie. De _moquer_.

MOQUOUS: moquez-vous. Contraction.

MOQUOUX: moqueur.

MORC: morceau.

MORCUI (mort-cuir): _peau_ calleuse et _morte_, soit aux mains, soit aux
pieds. L.

MORDIENNE (A LA GROSSE): _grossirement_;  la hte; sans soin; vaille
que vaille.

MORDURE: morsure.

MOREL: noir. Cheval _morel_: cheval dont la robe est noire.

MORELLE: le jeu de la _merelle_. A.

MORET; MOURET: airelle ou myrtille (_Vaccinium myrtillus_), ainsi que la
mre de la ronce, qui en effet est noire ou moresque. On appelle aussi
_moret_ cette partie de la paille brle qui est noire et lgre, et qui
est, en quelque sorte, le charbon de la paille.

MORFILER (v. n.): dcliner, dcheoir. Corruption de _mal filer_, ou,
comme on dit vulgairement, _filer_ un mauvais coton.

MORFLON (s. m.): la _Centaurea nigra_.

MORFONTURE (s. f.): maladie occasionne par refroidissement, que les
paysans de l'Orne dsignent aussi par le nom d'_enfontume_.

MORGUE; mine. Bonne _morgue_: bonne mine. S.-I.

MORHENN: fort triste; fort abattu.

MORIAUCHEMIN: marrube blanc. B.

MORIGINER: morigner.

MORINE (s. f.): ruche abandonne de ses abeilles. B.

MORINE; MOUAURINE (s. f.): mouches  miel qui sont mortes dans les
ruches lorsqu'on en a extrait le miel.

MORMULER: _murmurer_, grommeler.

MORNIFLE; MORNINFLE: soufflet sur le _nez_. Dans le patois Troyen,
_morniau_ signifie museau.

MOROSIF: morose, sournois.

MORS DE PAIN: morceau de pain. Du verbe _mordre_. Patois Lorrain.

MORT (A): beaucoup,  l'excs. Charger _ mort_. Il y avait du monde _
mort_.

MORTIR: se faner, en parlant d'une plante ou fleur.

MORVAILLON: petit morveux, enfant.

MORVELI: petit morveux. S.-I.

MORVETTE: petite morveuse, enfant.

MORZIEU: mordieu! Juron.

MOTTIER: grossier, matriel comme une _motte_. (Vire.)

MOTTIN: pain.

MOU: poumons d'un animal.

MOUAURETER; MOUAUTRER: montrer.

MOUCEAU: monceau.

MOUCHE (s. f.): guimbarde;  cause du son de cet instrument, lequel
ressemble au bourdonnement des mouches. On l'appelle aussi _mque_, nom
patois de la mouche.

MOUCHE D'EAU (_Geris paludosa_). B.

MOUCHE DE MARS (_Crysops quadratus_). B.

MOUCHE (s. m.): monceau.

MOUCHET: monceau.

MOUCHE TANTALIQUE: Cantharide (_Cetonia aurata_, et non pas la
_Cantharis vesicatoria_). L.

MOUCHETE: plein un mouchoir.

MOUCHETTE (s. f.): petit mouchoir d'enfant, que l'on pend ordinairement
 son ct.

MOUCHEUX (s. m.): mouchoir, fichu.

MOUCHEUX DE CO: mouchoir de cou, cravate.

MOUCHIAU: monceau. S.-I.

MOUCHIER: moucher.

MOURAUQUE: chrysanthme des champs.

MOUETTE (s. f.): chardonnoir. L.

MOUFINER: remuer les babines, en parlant des lapins.

MOUFFLE (s. m.) (arrondissement de Valognes): gros gant fourr sans
autre doigt que le pouce, dont on se sert pour couper les broussailles.
MM. Dumril.

MOUFLE: visage gros et rebondi.

MOUFLER: faire la moue. De mufle.

MOUFLU se dit d'un pain ou d'un gteau bien lev. M. l'abb Decorde.

MOUGEAILLE: mangeaille.

MOUGIER: manger. _Moujussez_ donc: mangez donc. En patois Walon,
_moudzi_.

MOUILLASSE: mouillure dsagrable. C'est une augmentatif de mpris, de
mme nature que ceux des Italiens: _casaccia_: mauvaise maison;
_salaccia_: vilaine salle, venant de _casa_ et de _sala_. A.

MOUILLASSER: mouiller mal  propos. A.

MOUILLE (s. f.): bouillon. N'avoir ni soupe ni _mouille_.

MOUILLES: moules.

MOUISSON; MOISSON: moineau.

MOUJUER: manger. Voyez MANJUSCER.

MOULANT: garon meunier.

MOUL: imprim en lettres moules, en caractres d'imprimerie.

MOULE: sciure de bois.

MOULE (s. f.): quantit de grain, ordinairement la charge d'un cheval,
ou deux hectolitres, livre au _moulin_ pour tre convertie en farine.
C'est aussi la quantit de farine et de son qu'on en rapporte.

MOULE (s. f.): excrments de petit enfant qui ont pris de la
consistance.

MOULETIER: marchand de _moules_.

MOULETTE: moule, coquillage. Porter  _moulette_: porter sur le dos un
enfant (qui s'y tient  califourchon) comme on porterait une hotte de
moules.

MOULINAIRE: fabricant de moulins.

MOULINER: tre toujours en mouvement, comme les ailes d'un _moulin_.

MOULT: beaucoup.

MOUNIER: meunier.

MOUQUE ou MOQUE: mouche, guimbarde.

MOUQUE ou MOQUE A MI: abeille.

MOUQUER: moucher. S.-I.

MOUQUERON: moucheron.

MOUQUET: petit bout de chandelle ou de bougie, qui ne vaut pas la peine
d'tre _mouch_. Peut-tre de l'italien _moccolo_, bougie.

MOURBCHE (s. f.): ronce (_Rubus fruticosus_). A.

MOURE (s. f.): mre de la ronce.

MOURET: fruit de l'airelle myrtille, petit arbuste qui crot dans les
bois. On donne aussi ce nom au fruit de la ronce. Vient peut-tre du
latin barbare _mourellus_, noirtre. En effet, ces deux espces de
fruits sont noirs, et noircissent les lvres et les dents quand on les
mange. Feu Ragonde.

MOURILLE: morille.

MOURINER: brler si lentement que le feu semble toujours prs de
s'teindre.

MOURMAUD: morose, sournois.

MOURME: morose, indolent, insensible.

MOURON (s. m.): salamandre dont le ventre est tachet de jaune et de
noir.

MOURONN: tachet de diverses couleurs, comme l'est le ventre du mouron
ou sourd. L.

MOURONNET (s. m.): mouron (_Anagallis_).

MOURUE: morue.

MOUSE: gueule, langue. S.-I.

MOUSETTE: petite fille mal leve, impertinente.

MOUSSIEU: monsieur.

MOUSSINER: s'agiter de dsir ou de convoitise.

MOUSTILLE (s. f.): excrments. De l'ancien Argot _mousse_.

MOUTE (CHASSE-): garon de moulin, qui va chez les pratiques chercher le
grain  _moudre_.

MOUTE. Voyez MOULE.

MOUTE; MOUTE-MOUTE: chatte douce comme un _mouton_. Au figur, _petite
moute_: jolie petite fille bien douce.

MOUTON: grosse pice de bois mobile d'un pressoir. La poutre
correspondante, qui est immobile sur le sol et sur laquelle on lve ou
l'on abaisse le _mouton_, s'appelle _brebis_.

MOUTURE: orge ou avoine, moulus grossirement pour les animaux 
l'table.

MOUVER (actif et neutre): mouvoir, agiter, remuer. _Mouvous_ de l:
tez-vous de cet endroit. De _movere_.

MOUVETTE (OEUFS A LA): oeufs brouills. Voyez GRIMELOTTE. L.

MOUVETTE: petite fille qui est toujours en mouvement.

MOUVETTE: cuiller de bois pour la cuisine.

MOYENNER: faire en sorte. Employ en ce sens dans la _Danse aux
aveugles_.--tre en mesure de procurer un rsultat.

MOYEU: noyau de noix, de cerises, etc. S.-I.

M'S: mes. _M's fants_: mes enfants.

MUCER: murmurer.

MUCHE (s. f.): cachette. L.

MUCHE-POT (A): en cachette, en parlant du cidre et des autres liqueurs
que l'on dbite en fraude. L.

MUCHER; MUCHIER: cacher. Du vieux verbe _mucer_ ou _musser_. Joinville
dit que Louis IX se _mussait_ de sa mre.

MUCHETTE: cachette. Voyez GUILLEMUCHE.

MUCRE: moite; un peu humide; expos  _moisir_; moisi. _Muck_, en
anglais. L.

MUCREUR (s. f.): lgre humidit. L.

MUCRIER: avare qui laisse tout _mucrir_, moisir, plutt que d'y toucher.

MUCRIR: devenir _mucre_; prendre odeur ou got de mucre.

MUE: cage o l'on engraisse la volaille.

MUE: mieux.

MUGAS: vaurien, _mauvais gas_. B.

MULARD: boudeur, entt, qui _mule_.

MULER: bouder; garder rancune.

MULETTE: estomac des oiseaux; gsier. Estomac du veau, dans lequel on
prpare la prsure pour faire le fromage. Voyez MAGUE.

MULON (s. m.): meule de foin qui vient d'tre fan.

MURAS (s. m.): fruiterie; fruits conservs pour l'hiver; fruits placs
pour qu'ils _mrissent_. Peut-tre du vieux mot _mure_: fourrure; parce
que souvent ils sont placs dans un lieu fourr de paille, qui les
prserve de la gele. Voyez MIGEOT.

MUREUR: maturit. Ce fruit est pass de _mureur_: ce fruit est trop mr.
L.

MURISON: maturit. S.-I.

MUSE (s. f.): prison. De _musser_. S.-I.

MUSEL; MUSET: museau, figure. S.-I.

MUSEMAN: retard, dlai. S.-I.

MUSIQUER: faire de la musique, jouer d'un instrument.

MUSIQUOUX: musicien.

MUSOTER: muser; perdre son temps  des riens.

MUSSE: argent; loge pour les oies; chenil. Malgr ces significations
diffrentes, c'est probablement un seul mot qui vient de _mucher_, et
signifie ce que l'on cache et l'endroit o l'on cache. MM. Dumril.

MUSSOTIER; MUCHOTIER: qui aime excessivement  _musser_,  cacher. Voyez
CACHOTTIER.

MUYEU: meilleur.

MYRTRE: myrthe (_Myrthus communis_).


N.


NA: . On lit, dans le _Coup-d'oeil purin_:

       J'avonn d'qu sifler deux pots d'cidre
       N la sant d'not parlemann.

       S.-I.

NA (particule comme _da_). Je n'en veux pas, _na_! C'est moi, na! L.

NAFLARD: nasillard.

NAFRE; NAFREURE: blessure considrable. Du verbe roman _navrer_:
blesser. Wace se sert du mot _nafre_ dans le _Roman de Rou_ (t. II, p.
257). _Nafra_, dans le patois de Grenoble. B.

NAGRE: tratre.

NAH! juron affirmatif, susceptible de bien des nuances par le ton et par
l'accent.

NAIT: nativit, naissance, origine.

NAIER (un lit, quand on le dresse): le border par le repli de la
couverture pour le contenir avec les draps.

NAIN. Voyez HAIM. L.

NAMPS (m. pl.): gage, nantissement.

NAN PUS: non plus; pas plus. S.-I.

NANAN (s. m.): bonbon, friandise, etc.

NANETTE; NANNON (s. f.): Anne. L.

NAPERON: essuie-main. De nappe. L.

NAPIN: petit garon.

NAQUETER (v. n.): grelotter; claqueter des dents; frissonner de froid.
Onomatope. _Naques_, en patois Remois, signifie les dents.

NAQUETS: yeux.

NAR (A):  cru. Monter un cheval _ nar_.

NAR: rus. Voyez FINAR. L.

NARER (v. n.): se morfondre dans l'attente.

NARIAU: mouchoir. De _nares_, les narines.

NARREUR, SE: parleur prolixe.

NAS (s. f.): fourgon; torchon attach au bout d'un long bton pour
nettoyer le four. Au figur, fille de mauvaise vie. En patois Walon,
_nahi_ signifie fouiller, et fourgon.

NASIAUX: naseaux; narines des chevaux, des boeufs, etc.

NATER: nettoyer.

NATRE: avare. Voyez NAGRE.

NAU: feuille de plomb ou de zinc, qui se place  l'angle rentrant d'une
couverture en ardoises, pour servir de gouttire. M. l'abb Decorde.

NAU: partie centrale de la portion du pressoir qu'enceint l'auge
circulaire dans laquelle sont crass les fruits, sous les meules que
soutient un rayon, partant d'un pilier dress au milieu du _nau_. C'est
dans le _nau_ que l'on dpose les fruits pour les verser dans l'auge, au
fur et  mesure du pilage. M. Lepingard.

NAUNON: Nanette, Anne.

NAVE: charge d'un navire, d'un bateau. Ce mot est fort employ, sur les
bords de la Vire, pour la charge de tangue que porte une _gabare_.

NAVIAU: navet. S.-I.

NAVIRE: champ de navets.

NAYER: noyer.

NE TOUT: non plus. De _non_ et d'_itout_.

N; NCHE; NER: noir. De _niger_, ou de l'italien _nero_.

NFILE; NEUFILE (s. f.): ruban de fil.

NELLER (v. a.): calfeutrer.

NENNIN: _nenni_, non.

NENTILLE (s. f.): lentille (_Ervum lens_). Patois Lorrain.

NQUIER; NTIER; NTIR: nettoyer.

NERCHIBOT: moricaud.

NRET (s. m.): ordure noire.

NRET: lgrement noir; noirtre.

NERFIL: cordonnet. Dans les chansons anciennes que j'ai recueillies  la
fin de mon dition de Basselin, p. 233, on trouve ce couplet:

       J'avais une belle gargache (culotte)
               D'un fin coutil,
       Passemente avaud les gambes
               D'un biau nerfil.

NERPIN, E: dsagrablement noir, moricaud. L.

NERVENT: vent froid par un temps couvert. De _noir_ et de _vent_.

NET: et.

NTIER; NTIR: nettoyer. _Nttie_, en patois Walon. L.

NEU: neuf.

NEUCHE; NEUCHER; NEUCHIER: noce, nocer. S.-I.

NEUCHERON: le personnage principal de la _neuche_; le nouveau-mari.

NEUCHOUX: noceur, dissipateur.

NIACOTER: mchonner; presser avec les dents sans broyer.

NIAFFE: savetier.

NIAN: rien. De _nant_.

NIANMOINS; NIANMAINS: nanmoins.

NIAU. Voyez NICHET.

NIC: nid. _Nic--rats_: mauvaise habitation. L.

NICHET; NICHEUX; NICHOT: mauvais oeuf, ou pain de craie en forme d'oeuf,
ou mme un bout d'os arrondi, que l'on place dans le _nid_ de la poule
ou des autres oiseaux de basse-cour, pour les engager  venir pondre
dans le mme endroit. En patois Walon, _niau_.

NICHOT: nigaud.

NIMAINS: nanmoins.

NIER (v. a.): noyer.

NIET; NIEU. Voyez NICHET.

NIEUCHE: nice. S.-I.

NIEULE (s. f.): nielle. B.

NIEUT: nuit L.

NIFE: clair. Cidre _nife_; vin _nife_.

NIGAISE: Nicaise. S.-I.

NIGE (s. f.): neige. De _nix_.

NIGEOTTER: s'occuper de bagatelles. De _nugari_.

NIGER: nicher, cacher comme dans une _niche_.

NIGON, NE: qui s'amuse  des niaiseries; lambin, ttillon. Dans l'Orne
et en Bretagne, on dit _nigeon_. Du latin _nuga_. Autrefois, _niger_:
badiner. _Nige_, _nigeon_, _niger_, dans la Mayenne. L.

NIGONNAGE: travail minutieux. L.

NIGONNER: s'amuser  des riens; niaiser.

NIGUE A NIGUE: but  but A.

NIGUEDOUILLE: niais, _nigaud_. _Nicdouille_, en patois Troyen;
_niquedouille_, dans le patois des Vosges.

NIJOTER: vtiller, _nigonner_. Voir ce mot.

NIO; NIOLE: niais, timide, nonchalant.

NIOLLE ou GNIOLLE: niaiserie. Au figur, taloche, tape. Aphrse de
_tourniolle_. Voyez ce mot.

NIOT: nigaud.

NIQUET: dlicat.

NITOUT: non plus.

NIVELER: niaiser; faire des nivelleries.

NIVELLERIE: travail minutieux, consacr  des bagatelles.

NIVELOTER: s'amuser  des riens.

NIXE: non pas!

NO: nous; nos; notre. Les paysans disaient autrefois: Noblesse _no_
blesse. _Nos_, en patois Walon.

NO: on. _No dit_: on dit; _no-s a_: on a.

NOBLE (s. m.): porc. Ancienne expression moqueuse des paysans, parce que
le porc n'est bon qu'aprs sa mort. On disait aussi: Notre gentilhomme;
notre vtu de saies.

NOBLIAU: pauvre _noble_; gentilltre.

NOC (s. m.): conduit pour l'coulement de l'eau. Suivant Pluquet, le
_noc_, dans le Bessin, est un espace form par l'auge circulaire des
pressoirs  cidre. _Noc_ signifie encore pale d'un moulin.

NOCE: morceau. Couper son pain par petites _noces_.

NOCER: faire des bombances.

NOCEUR: qui fait des bombances.

NOE; NOUE: sorte de gouttire, forme par la rencontre de deux pans de
couverture, et par laquelle s'coulent les eaux des toits de btiments
situs dans des directions diffrentes. M. Lepingard.

NOEUD GABRIET: le cartilage tyrode, que quelques personnes appellent la
pomme d'Adam, avec autant de fondement qu'elles prtendent que l'homme a
une cte de moins que la femme.

NOIRCHIBOT: petit homme moricaud. _Chibot_: ciboule. Voyez NERCHIBOT. B.

NOIRET; NOIROT: tirant sur le noir.

NOIRQUIN: celui dont le teint est un peu noir.

NOLE (_Avena precatoria_). B.

NOMBLE (s. f.): ventre des btes  cornes. Du latin _ombilicus_,
nombril. Par penthse. L'Acadmie entend par _nomble_ la prominence
qui se trouve entre les cuisses du cerf. A.

NOMBLET: filet de porc. A.

NOM-DES-OS! Juron. M. l'abb Decorde.

NOMMANCE: baptme d'un enfant. De _nom_.

NON FAIT; NON FERA: non pas. Locutions elliptiques.

NOQUE (s. f.): flche du timon d'une charrette; entaille  un bton;
coche.

NOROLE; NUROLE (s. f.): sorte de petite brioche. L.

NORRETURE: nourriture. De _nutritio_. A.

NORRETURIAU: jeune porc sevr et qu'on nourrit avec soin. Dans le Berry,
_nourrin_. V. GOURIN, au _Supplment_.

NOSTRUM (PERDRE LE): ne plus savoir o l'on en est de ce qu'on fait. M.
Decorde.

NOT'E: notre.--NOT'E: ma. _Not'e_ mari; _not'e_ femme.

NOU: on. _Nou_ fera: on fera.

NOU; NOUC; NOUD: noeud. _Nouk_, en patois Walon.

NOUE; NOE: rigole, vallon troit. Du Celtique-Breton _naoz_: canal. Du
latin _navis_.

NOUETTE (DRAPS A LA): draps d'un l et demi.

NOUIS: noix.

NOULER. Voyez ANNELER.

NOUQUE; NONQUE: impair. _Pair_ ou _nouque_: pair ou non.

NOURRITURE: btail que l'on lve.

NOURTIER: veau qu'on achte pour l'engraisser.

NOURTURE: nourriture.

NOUSILLARD: espce excellente de chtaigne, qui n'est gure plus grosse
qu'une noisette (_nousille_). A.

NOUSILLE (s. f.): noisette. En patois Walon, _nsille_.

NOUTE: notre. A.

NOUVELLIRE: femme qui fait et rpand des nouvelles.

NOUVIAU: nouveau.

NU (FIN FRAIS): compltement nu. Il est tout _fin frais nu_.

NU: nul. L.

NUEURE: nuire; NUEUSIBLE: nuisible.

NUILE; NEUEULE; NIEULE: charbon du bl; _nielle_.

NUIL; BL NUIL: bl _niell_.

NUISANCE: ce qui peut nuire.

NUIT (SE METTRE A LA): s'anuiter. L.

NUNNE PART: nulle part.

NU-NU (s. m.): niaiserie; bagatelle insignifiante. Il ne s'emploie gure
qu'au pluriel. De _nuga_.

NUNUE: chose nulle; riens dont on s'occupe par absence ou bizarrerie
d'esprit.

NYANT: nant, rien.


O.


O; OL: elle. O devant une consonne, _ol_ devant une voyelle.

O: avec. On lit dans plusieurs vieux auteurs _o_ pour avec; les deux
vers qui suivent sont tirs d'une romance du XIIIe sicle:

       Dont moult me tarde
       Qu'il m'ait _o_ soi.

O: o. _O_ allez-vous?

OBICHE: habilet, intelligence.

OBLIER: oublier.

OCCIS: gauchi, en parlant d'un vase de terre cuite. Dans l'ancien
franais, _occire_, _occis_ signifiaient tuer, et tu. L.

OCHE (s. f.): coche, entaille, brche faite  un outil. Du Roman
_ouche_, pris du Celtique _ask_. L.

OCHER: brcher, en parlant d'un outil. L.

OCHETTE: bossette de fil sur le fuseau. Voyez BOCHET.

OCORE: encore.

OCQUER; OQUER: tuer. Du vieux verbe _occire_, tir du latin _occidere_.

OECONOMIQUE (s. f.): quart de tasse de caf. L.

OEILLE; OEILLIE: coup-d'oeil  la drobe.

OEU: oeuf.

OEUVRE: tissu en lin, chanvre ou coton; habillement travaill; pice de
table fabrique en haute ou basse-lice.

OHI: dfaut. B.--OHIN. L.

OHIER: souffrir de; tre contraint ; supporter. La femme est oblige
d'_ohier_ des dfauts de son mari, et le mari de ceux de sa femme.

OIE BUNETTE: espce d'oie sauvage. B.

OIGNE. Voyez HOIGNE.

OIN: oui.

OINSIGNOLEMENT: bruit que produit l'agitation de pices mal assembles,
mal jointes ensemble.

OINSIGNOLER: produire l'_oinsignolement_.

OIR: oie mle;--OIRESSE: oie femelle.

OISEAU DE SAINT-MARTIN: martin-pcheur.

OISET: oiseau. C'est aussi le nom d'une planche sur laquelle les maons
mettent leur mortier.

OISIAS; OISIAX: oiseaux.

OLIBRIUS: bavard, vantard, orateur fanfaron. Du nom d'un personnage de
_Mystre_, ou souvenir de l'empereur Olybrius.

OLUE; OLUS: subterfuge, dlai. Il me mne d'_olus_ en _olus_. De
_dolus_.

OMBRETTE: ombrelle. De l'italien _ombrella_.

OMES pour ONS,  la premire personne du pluriel de quelques verbes,
comme _j'aviomes_: nous avions. A.

OMOBILE: immobile.

ONBLIER: oublier.

ONCHE: once.

ONCHET: bout de paille qui sert  jouer au jeu des onchets ou jonchets.

ONCORE: encore. S.-I.

ONDIN: andain; range d'herbe, de froment, de trfle, etc., coupe avec
la faux. Du latin _unda_, onde. Voyez ANDAIN. L.

ONGLET: ongle; grand froid aux mains ou aux pieds.

ONGUES: ongles.

ONIRE; OSNIRE: ornire. L.

ONNI: uni.

ONS: nous. _Ons allmes_: nous alimes. Voyez JE.

ONZIN: runion de onze gerbes.

O Q'C'ET: quelque part; _o que c'est_. Je l'ai mis _o q'c'et_, mais je
ne le trouve pas. M. Decorde.

ORBIAU (s. m.): planchette attache devant les yeux d'un animal pour
l'empcher de voir devant lui, et de faire du mal. Du latin _orbus_.

ORBILLON (s. m.): bouton sur la peau. Du latin _orbis_,  cause de sa
forme arrondie.

ORD, E: sale. Les reptiles surtout sont appels _ordes_ btes. De
_sordes_, par aphrse.

ORDEMENT: salement.

ORDIR: salir. Le substantif _ordure_ est rest.

ORE: crte de sillon; entre. De _ora_. Voyez ARRIE.

ORFANT: moulu de fatigue.

ORGAGNE: rcalcitrant, difficile. L.

ORGERI: champ o l'on rcolte de l'orge.

ORGUEIL (TENIR EN): tenir  distance; interdire. Appliqu aux objets
matriels, le mot _orgueil_ signifie arc-boutant.

ORGUYEUX: orgueilleux.

ORIBUS (s. m.): chandelle de rsine de mlze. Mnage dit que poudre
d'_oribus_ se dit, par raillerie, au lieu de poudre d'or. Chandelle
d'_oribus_ pourrait bien avoir la mme signification railleuse,  cause
de sa couleur d'or terne et de son peu de valeur. Voyez PTOCHE. A.

ORIRE: bord; lisire d'un champ, d'un bois.

ORIGNE: sorte, espce. Crse d'_origine_.

ORILLER: oreiller.

ORINER: prter l'_oreille_; couter.

ORIPEAUX; ORIPIAS; OUPIAUX: maladie des _oreilles_; oreillons. Voyez
LOUPIAUX.

ORMOIRE: armoire. Patois Rouchi.

ORO (N'AVOIR NI REPOS NI): n'avoir ni repos ni trve. _Oro_, de _hora_:
heure de relche.

ORTHOGRAPHER: orthographier.

ORTILLER: frotter avec des orties.

ORTILLONS: doigts des pieds. Diminutif d'_orteil_.

ORVRE: orvet (ophidien homoderme).

OS: vous. _Os_ tes bien curieux. M. Decorde.

OSCUR; OSCURIT: obscur; obscurit.

OSQUIN (s. m.): argent, monnaie. A.

OSSAILLES: os de rebut. L.

OSSET: osselet.

OSTELLER; HOSTELLER: loger; hberger.

OSTINATION; OSTIN: obstination; obstin.

OSTOGRAPHE: orthographe.

OT: eut--OT; OIE: coute.

OTOUT: avec. Il est parti _otout_ ou _dotou_ un tel.

OTURE (s. f.): espce, acabit, nature.

OU: elle.

OUAICHE: aille. Il faut que j'_ouaiche_: il faut que j'aille.

OUBLIANCE: oubli.

OULET: ourlet.

OUTCHE: o est-ce?

OU QUE C'EST: o c'est; o est-ce?

OU QUE C'EST QUE: o est-ce que? L.

OU SINON: sinon. L.

OUICHE: oui, par drision; par tonnement, etc.

OUIN: non; oui ironique et ngatif.

OUINCHER: grommeler.

OUINER: crier, en parlant d'un chien. Au figur, se plaindre; gmir.

OUIVETTE; OUYVETTE: jeune fille tourdie. De _huvet_, sorte de coiffure
recherche.

OUL: elle, devant les voyelles, comme _ou_ devant les consonnes. _Ou_
mange; _oul_ arrive: elle mange; elle arrive.

OUS: vous. _Vl'ous_: voulez-vous? _parl'ous_: parlez-vous? _part'ous_:
partez-vous? L.

OUSQUE: o. _Ousque v's allez_: o allez-vous? L.

OZ ou OS: eus. _Oz-je grand poux_: j'eus grand peur.


P.


PACADET (s. f.): sorte de pigeon dont les yeux sont bords de rouge. De
_bagdadala_.

PACAMMENT: en pacant, lourdement.

PACAN: paysan grossier. De _paganus_. Patois Walon. L.

PACHOT: pas des gros bestiaux empreint profondment dans le gazon L.

PAER: balayer (Cherbourg). C'est le _p_ pour le _b_.

PAGE; PAGIE: espace entre deux colombes, que l'on remplit d'argile,
dans les constructions en bois.

PAGNE (adj.): bte  cornes,  poil blanc et fauve.

PAGNIANT: lourdaud. Voyez PACAN.

PAGNOLE: luzerne (_Medicago sativa_). B.

PAHOUR: lourdaud.

PAICRE: aigre.

PAIE (s. f.): dbiteur. D'une mauvaise _paie_ on tire ce qu'on peut.

PAILLE: balle des crales. Balle d'avoine.

PAILLETOT; PAILLOT: petite paillasse remplie de balle d'avoine, 
l'usage des petits enfants. En patois de Grenoble, suivant
Champollion-Figeac, la paillassire est un lange dont on enveloppe un
enfant nouveau-n.

PAIMPALETTE (EN) (locution adverbiale). Lorsqu'un enfant est plac sur
le dos d'une personne, de manire que ses mains entourent le cou de
cette personne, et que les mains de celle-ci, tournes en arrire,
retiennent, en se croisant, les jambes de l'enfant, l'enfant est port
_en pimpalette_. Feu Lamarche.

PAIN DE COUCOU: Allluia (_Oxalis acetosella_). Patois Walon.

PAIN DE CRAPAUD: sorte de champignon. B.

PAIN-M'NIT: pain bnit. M. l'abb Decorde.

PAINE (s. m.): quartier de lard qu'assez gnralement on suspend au
plancher, et dont on coupe des morceaux au fur et  mesure du besoin.

PAIR (s. m.): pis de la mamelle. _P_, en patois Walon.

PAIRE: poire. L.

PAIRER: galiser. L. De pair, qui vient de _par_.

PAIRIER; PRIER: poirier. _Per_, en patois Walon. L.

PAIROTTER (v. a.): pairer minutieusement; arranger avec une symtrie
recherche.

PAIS: pays. Le bas-_pais_: le bas-pays.

PAISSER: poisser; enduire de poix, de rsine, etc.

PAISSON: poisson.

PAISSU: pu. Du verbe patre.

PAITER: bouger. O.

PAITIS: ptis. Du latin _pascere_.

PALEDI (interj.): parle, dis! pardieu!

PALE: plein une _palle_; pellete.

PALER: parler. En Roman, _ampallerie_ signifiait fonction d'avocat;
action de parler. S.-I.

PALET (s. m.): petite pice de bois d'environ 30 centimtres de longueur
sur 3 centimtres de diamtre, qu'on place sur les rouis pour supporter
le _massais_ ou la _masse_ dont on garnit les planchers. M. Lepingard.

PALETTE: petite pelle; pelle  feu.

PALLE (s. f.); PALIS (s. m.): pelle.

PALEUX: parleur. _Biau paleux_: orateur. S.-I.

PALMAN: empan (Cherbourg). De _palma_, paume.

PALME; LAURIER-PALME (s. m.): laurier-cerise (_Cerasus_,
_Lauro-Cerasus_). A.

PALOT: ami, camarade. S.-I.

PAMI: fltri par dfaut d'eau, en parlant des fleurs et des plantes.
Dans le patois de Grenoble, _paimo_ signifie accabl de fatigue. A.

PAN! (interj.). Onomatope. Se dit  propos d'une explosion bruyante, ou
d'un coup appliqu.

PANAGER: ngliger; soigner mal. C'est le contraire d'_apanager_.

PANCHE: panse.

PANCHE (S'en donner une): manger avec excs.

PANCHU: qui a une grosse _panche_.

PANE: pan d'un habit. H.-N.

PANE (s. f.): foie de porc. Peut-tre parce que ce foie, tant cuit,
s'mie comme le _pain_; peut-tre parce qu'il offre la forme d'un petit
pain; peut-tre aussi cette expression vient-elle d'_offa penita_, qui
tait un ragot de porc, mentionn dans Festus. A.

PANETTE: tache de rousseur.

PANI. Le bois _pni_ est le bois mort, arriv  une sorte de pourriture
sche. En cet tat, il projette dans l'obscurit une lueur
phosphorescente.

PANLAIRE; PANLRE: fainant, lche. M. Dumril dfinit ainsi ce
qualificatif: double voleur; du vieux franais _pan_: vol, et _lre_
(latro): voleur. Ajoutons qu'en Celtique-Breton _lar_ signifie larron.

PANNAS; PENNAS: plumeau, _penne_ de volaille. Ce mot se retrouve dans
les divers patois de la France.

PANN: ruin.

PANNET; PANNEAU: sorte de bt ou de selle. Du vieux franais _pennel_;
du latin _panellus_.

PANNETE: plein un panier.

PANTOISE (s. f.): terrain marcageux dont la surface parat solide. A.

PAPER: ouvrir la bouche pour respirer, en parlant des poissons.
Onomatope.

PAPI: coquelicot (_Papaver rhas_). B.

PAPIN: bouillie pour les enfants.

PAPOT: groin de cochon. De l'onomatope _pap pap_, bruit que fait cet
animal quand il prend quelque liquide.

PAPOTER: donner un baiser bruyant, d'une manire dsagrable.
Mimologisme qui exprime bien cette action. Le simple mouvement des
lvres rend le son: _pap pap_. C'est pour cela que le premier mot
qu'articulent les enfants est papa; cette expression purement labiale
n'exige l'emploi que du plus agile des instruments vocaux. A.

PAPOUTE (s. f.): soupe bouillie que l'enfant reoit en faisant _pap
pap_. La _ppoute_ se nomme _pana_, en patois Bourguignon. Nonnius,
citant Varron, se sert du mot _papa_.

PARTIR: expdier; envoyer. L.

PARTIR (EN): venir de faire. J'en pars: j'en viens.

PAS: marche d'escalier. A Valognes, on dit: _pret_ ou _pasret_.

PASCARADE: carotte, panais. De _pastinago_. Du Celtique-Breton
_pastounadez_.

PASCRIRE: prescrire; frapper de prescription. Au figur, _pascrit_:
perdu, ananti, mort. L.

PAS-DE-CAT: lierre terrestre;--gaffe  trois dents.

PAS-DE-LION (_Ranunculus repens_). R.

PAS-FILS: fils d'un premier lit. Expression dont se servent le beau-pre
et la belle-mre. Jacques est le pas-fils de Louis: Jacques est sorti
d'un premier lit de la veuve que Louis a pouse. Ailleurs on dit
_filltre_. A.

PAS GURE: fort peu.

PAS MOINS: cependant. L.

PAS PLUTOT: au contraire.

PASQUENADES: carottes. L'expression: _tirer des carottes_ mne de
_pasquenades_  _pasquinades_.

PASSAGER, RE: o l'on passe frquemment. Rue _passagre_.

PASSE (s. f.): moineau. Du latin _passer_. Apocope de passereau.

PASSE-DIABLE: espigle; malin; qui surpasse le Diable en malice. L.

PASSE (s. f.): passage.

PASSE (s. f.): cellier prs de la cuisine.

PASSER (v. n.), en parlant du fromage: se parfaire. En patois Lorrain,
on dit, dans le mme sens, que des fruits sont _passs_, pour signifier
qu'ils sont mrs et bons  manger.

PASSIER (s. m.): _passage_ devant la maison.

PASSIER: paille pourrie et devenue fumier devant la maison et les
btiments d'exploitation.

PASTOU; PATOUR: ptre, berger.

PATAFIOLER. On dit proverbialement: Que le bon Dieu vous _patafiole_!
C'est  peu prs, mais ironiquement: Que le bon Dieu vous bnisse!

PATARAPHE (s. f.): paraphe.

PATARAUD: vaurien, coureur.

PATARD: sou. _Grospatard_: deux sous. Ancienne monnaie.

PATARER: marcher; courir dans l'eau, dans la boue.

PATARET (s. m.): espce de soupe faite avec des pommes. Dans la Manche,
c'est une soupe de pain et de lait caill, bouillis ensemble.

PATAST: pataud, lourdaud.

PATATRAS! PATACLAN! Cette interjection est une onomatope pour exprimer
le bruit d'une chute avec fracas. On dit, dans le Midi, _pataflasc!_ et,
dans le patois des Vosges, _patafr_ et _patatra!_ Regnard, dans ses
_Folies amoureuses_, fait dire par Lisette  Albert:

       Je n'y fus pas longtems qu'aussitt, patatras!
       Avec un fort grand bruit voil l'esprit  bas.

PATAUDE: mlange d'aliments runis sans plus de faon que pour un
chien.

PATAUDER (SE): s'enivrer ignoblement, comme un _pataud_.

PATAUT ou PATAUD: pied. De patte. Au figur, _lourdaud_. Les Chouans
donnaient aux patriotes le sobriquet de _patauds_ par une sorte de
calembourg. Au surplus, pris dans son acception usite, ce sobriquet
appartenait plus exactement aux Chouans, gnralement _lourdauds_,
grossiers et brutaux. A.

PATEGAUD; PATIGAUD: secret. VENDRE LE PATIGAUD. On dit ailleurs: vendre
la calebasse. C'est  peu prs la mme chose que: dcouvrir le pot aux
roses. A.

PATENOTES: patentres. De _Pater noster_.

PATENOTRICE: amas d'objets sans valeur.

PATERONNER: manier malproprement. De _patte_.

PATICHON: qui aime  _patichonner_.

PATICHONNER: porter sans cesse la main ; caresser incessamment.

PATIGOUSSER: patauger. Voyez PATOUILLER. O.

PATIRAS (s. m.): souffre-douleur. Du latin _pati_. A.

PATOCHER. Voyez PATERONNER.

PATOIRE (s. f.): ptis. Du latin _pascere_, patre.

PATOUF: _pataud_, lourdaud.

PATOUILLAGE (s. m.): action de _patouiller_.

PATOUILLE; PATROUILLE: torchon mouill, fix au bout d'un long manche,
et qui sert  nettoyer le four.

PATOUILLER: patauger; marcher dans la boue liquide. _Pag'di_, en patois
Walon. Voyez CLAPOTTER. L.

PATOUILLIS (s. m.): boue liquide.

PATRAFIAS: bruit d'une chute. Voyez PATATRAS.

PATRAILLE: quantit surabondante.

PATRAILLER (v. n.): travailler pniblement; se donner beaucoup de peine.
C'est peut-tre une altration de _batailler_, dans les luttes de la
vie.

PATRAQUES: paperasses.

PATRASSER: tomber bruyamment. De _patatras_.

PATRE: farine dlaye dans de l'eau pour garnir le _viquet_ d'un
tonneau, et empcher le liquide de fuir.

PATTE-D'OIE (_Heracleum Spondilium_). B.

PATTE DE RAINE (_Ranunculus repens_). On l'appelle aussi pied-de-chat.
L.

PATT: pattu, dont les pattes sont garnies de plumes.

PATURE: entrave qu'on met au pturon des animaux, pour les retenir.

PAUCHE: chausse.

PAULE (s. f.): longe de cuir, forte courroie pour contenir une charge.

PAUPER (v. n.): perdre son temps  attendre; tomber de fatigue.

PAUPILLES: cils, paupires.

PAUPILLER: agiter les _paupilles_.

PAURE: pauvre.

PAUT ou POT: pteau. Id., en patois Walon.

PAUTONNER: manger avec gloutonnerie, en rservant toutefois des aliments
pour le lendemain; en emporter mme chez soi. M. Lepingard.

PAUVERT: pauvret.

PAVAT: collier de harnais fait de glaeul, ou iris des marais.

PAVE (_Iris pseudo-acarus_).

PAVOT: nnuphar (_Nympha alba_). A.

PAYS D'AMONT: la plaine de Caen et la Haute-Normandie. B.

PAYS DE BAS: le Bocage et le Cotentin. Voyez BAISSIN. L.

PEC: but; point de dpart. B.

PEC; PECQUE: acaritre, qui a _bec_ et _ongles_.

PCAILLE (s. f.): mauvais petit poisson. Du Celtique _pesk_: poisson. Du
latin _piscis_. L.

PCANCIRE. Voyez BCANCIRE. L.

PCAUDER, ou plutt PATAUDER: mettre les mains (les _pattes_) dans le
plat.

PCHARD: gris tirant sur la couleur de la fleur du _pcher_.

PECQUE: cheval de rebut.--Vieille brebis;--vieille femme de mauvaises
moeurs.

PECQUIER: mesurer; se mettre au point,  la distance dtermine. As-tu
_pecqui_: as-tu mesur? _Pecque-toi_: mets-toi  la distance voulue.

PCUN (s. m.); PCUNE (s. f.): argent, monnaie. Du latin _pecunia_. On
lit, dans une ballade du XVe sicle:

       Or est ainsy que, durant ma pcune,
       Je fus trait comme amy prcieux. A.

PELE: pole de cuisine.

PELIER: fabricant de _peles_.

PELON: petite _pele_; polon.

PEIGNE (s. m.): cardiaire des prs (_Dipsacus pratensis_).

PEIGNE (s. f.): coups donns  quelqu'un; batterie. Patois Lorrain. L.

PEIGNER (v. a.): battre; maltraiter. L.

PEINE. J'ai eu peine de: j'ai t oblig de. L.

PEINER: donner la peine de faire; affliger.

PIOT (s. m.): ligne dormante. B.

PEISSON; PEISSONNERIE: poisson; poissonnerie. L.

PEISSONNIER, RE: poissonnier, poissonnire.

PELAUDER; PELOTTER: battre; secouer la peau. De _pellis_.

PELE: ce qu'on peut porter sur une pelle.

PLERON (de l'paule): l'omoplate.

PELETTE, ou PELLETTE (s. f.): morceau de peau de mouton, garnie de sa
laine, que l'on place sur les sabots pour garantir le coude-pied, et
tenir les pieds chauds. L.

PELEURE: pelure.

PELEUTRE. Voyez PLEUTRE.

PELICHE: petite peau; portion de gazon. Enlevez _c't'e peliche_ de
terre.

PELICHON: petite _pelette_ pour le sabot.

PELLE: bche; parce qu'en effet la bche est une sorte de _pelle_.
_Pale_, en patois Walon. A.

PELLE-FERRE: pelle de bois, garnie de fer. Voyez TRUBLE. L.

PELLE-FRUTIRE; PELLE A MARC: pelle en bois d'une seule pice, qui sert
 remuer les grains, les fruits et le marc du pressoir. L.

PELLERESSE: la forbicine, insecte qui ronge le papier.

PELOTTER (FAIRE) une chienne: la faire couvrir.

PELOT: palet.

PELOUQUE (s. f.): perruque de laine.

PELLOUE: sorte de houe; cobue pour peler le gazon.

PELUET (s. m.): le derrire, les fesses. A.

PELUNE: lgre chiquenaude sur le nez.

PELURER: _peler_; enlever la _pelure_ d'un fruit, d'une branche.

PENDANTE. Voyez EMPANDANTE.

PENDRE QUE DE (NE): rester  faire. Exemple: La table est servie, il _ne
pend que de_ dner. M. Decorde.

PENTECOTE (s. f.): _orchis_ fleurissant vers la fte de la _Pentecte_.

PENT'OREILLES: _pendants d'oreilles_; boucles d'oreilles. En patois
Lorrain, _pend'oreilles_. L.

PENTOIR (s. m.): perche fixe  une fentre pour y attacher du linge 
scher. L.

PEPIN-FAVART: pomme  couteau, espce de Calville.

PPINIER: ppiniriste.

PPION: excroissance de chair fongueuse.

PQUE (s. f.): bec.

PQUE; PQUER; PQUEUX: pche; pcher; pcheur.

PQUE (s. f.): chiffon.

PQUENCER: bavarder.

PQUER; PQUIER. Voyez PECQUER.

PQUIRE (s. f.): femme qui ramasse les chiffons. B.

PRANCUNE (s. f.) (_Hypericum androsmum_). B.

PERCE: trou dans le linge. Ce vtement n'a ni trou, ni _perce_. Du verbe
percer. On dit aussi: il y a de la _perce_ pour il y a des trous.

PERCE-POUQUE (s. f.) (_Scandix pecten_). B.

PERCETTE: vrille. De _percer_.

PERCHOUX: fainant; immobile comme l'oiseau sur son perchoir.

PERCIES (s. f. pl.): grand dner, donn  tous ceux qui ont aid  faire
la moisson.

PERCOT: petit perchoir.

PERDRIAS (s. m. pl.): pertes de jeu et autres.

PERDROLE (s. f.): perdrix. A.

PRE: poire.

PER, ou PR: poir.

PRMONIE; PERMONIE: pulmonie. L.

PRMONIQUE; PERMONIQUE: pulmonique. L.

PERFAIT: parfait. De _perfectus_. S.-I.

PRI: pril.

PERICAUCHE: paresse. B.

PERJOU! Juron. C'est un reste de paganisme. _Per Jovem_: par Jupiter. B.

PERMINS: permis. S.-I.

PERLICOQUET: objet plac sur un point lev et dtach, o il se balance
 la moindre secousse, et semble y tre plac par coquetterie. _Le
vais-tu l-ht, affouorqui su c'te branque, comme un perlicoquet_? M.
Lepingard.

PERLIFICOQUET. C'est le superlatif de _perlicoquet_.

PERNE: perle. C'est l'_n_ pour l'_l_, comme dans _nentille_ au lieu de
lentille.

PERNE-MAILLE (s. f.): tire-lire. D'pargne maille. A.

PEROSINE: poix-rsine. B.

PERQUE: perche.

PERR; PERREI; PERREY: lieu plein de pierres; chausse pave de pierres.
Beaucoup de voies romaines ont conserv le nom de chemin _perr_.

PERRETTE: femelle de l'oie.

PERRETTE: femme dont saint Pierre est le patron. _Perronelle_.

PERRYEUR: ouvrier qui extrait de la pierre et qui la taille.

PERRIRE (s. f.): carrire de pierre. _Periro_, dans le patois de
Grenoble.

PERROQUET-DE-HAIE: le dur-bec.

PERSIR: presser. Dplacement de consonnes. _Persir_, c'est _pressir_
pour presser.

PERSIN: persil.

PERSONNERIE (s. f.): association, communaut de _personnes_. A.

PERSOU; PERSOUX: pressoir. Par mtathse. (Vire.)

PERTU: trou, _pertuis_. _Pertuisier_, en patois de Grenoble, signifie
_percer_.

PSACHIS: semailles et rcoltes de pois, vesce, etc.

PSAS; PSAT: tige sche des pois. De _pisum_. L.

PSERI: champ o l'on a rcolt des pois.

PESROUETTE: fillette vapore. (Vire.)

PESTER (v. n.): courir sans raison.

PTEPETUN (s. m.): cri et nom de la caille.

PTER: mesurer. S.-I. MM. Dumril.

PTERELLE: tincelle qui jaillit du feu qui ptille.

PTRIAS (s. m. pl.): sauts et gambades des animaux dans les herbages.

PTRIAU; PTERON: rejetons du _pied_ d'un arbre.

PTEUX: pteur; mal lev; poltron.

PETIOT; PETIOTE: petit, petite;--peu.

PETIOTIN, E: tout petit, toute petite. On dit mme: PETIOTINET, et
PETIOTINETTE.

PETIT (UN): un peu.

PETIT-HOUX (_Ruscus aculeatus_). Voyez VERGANDIER.

PETOCHE (s. f.): chandelle de rsine de mlze. Se dit mtaphoriquement
de toute lumire qui claire mal. De la basse latinit _petiuncula_:
futilit; peu de chose. En effet, la _petoche_ est un objet de peu de
valeur. Voyez ORIBUS, et ROUSINE. A.

PTOIRE. Voyez CANNE-PTOIRE.

PTONNIRE. Voyez CANNE-PTOIRE.

PTOUIN: cause de souci, d'inquitude. On dit: Un bon _ptouin_ donne un
bon _tintouin_.--PTOUINER: tre agit d'inquitude.

PTOUIN: carrisseur, corcheur.

PTRA; PTRAS; PTRAT: villageois grossier. _Ptra_ est le nom d'une
ancienne ouverture  la partie postrieure de la ceinture des culottes
et des pantalons, ouverture munie d'un cordon qui permettait de
l'agrandir ou de la diminuer.

PTRE: paresseux; qui ne se meut, ni ne s'meut. De _piger_. Peut-tre
de _petra_, pierre.

PTRON-JACQUET; PTRON-MINET: aube du jour.

PTRO; PTROT; PRTROT: rossignol de muraille. Ce sont aussi les noms du
pistil, fait comme le battant d'une cloche, du pied-de-veau (_Arum
maculatum_). L.

PETUN: tabac. C'est l'ancien nom de la _Nicotiana tabacum_. A.

PEU: moins. Un liard _peu_ de 2 sous: 2 sous moins 1 liard. Un cu _peu_
de 100 fr.: 97 fr. Un _petit peu_: trs-peu.

PEUFFE; PEUFFRE: friperie; boutique de fripier. De l'islandais _pelf_:
dpouilles.

PEUFI: fltri, frip.

PEUFIER; PEUFRIER: fripier. L.

PEUFRIE; PEUFERIE: commerce de la _peuffre_.

PEULIE: gauche, maladroit, dcontenanc. De _peu_ et de _lie (ltus)_:
joyeux.

PEUPLE: peuplier. H.-N.

PEUS; PEUX; POUX (s. f.): peur. L.

PEZET: toupe.

PHB (s. m.): pcule, bien. Peut-tre de l'islandais _f_: troupeau,
qui avait pris la signification d'argent, parce qu'on ne connaissait pas
d'autre richesse. MM. Dumril.

PHILOMIE: physionomie. L.

PHLIPOT (s. m.): bouton d'or champtre;--Philippe.

PHLIPS (s. m.): sorte de punch, compos d'eau-de-vie, de cidre et de
sucre, bouillis ensemble.

PHORMACIEN: pharmacien, apothicaire. L.

PIACRAS: aliments mal apprts, indigestes; boue paisse. De _pltras_.

PIAFFEUR, SE: qui se pare avec recherche.

PIANCHE; PIANCHON: enfant, fillette.

PIANER: crier, en parlant des dindons. Onomatope.

PIANOPIAN: _piane-piane_, lentement.

PIANT; PIANTEUR; PIANTIR: puant; puanteur; devenir puant.

PIAR (s. m.): prcipit rouge de mercure pour tuer les poux. Rouge comme
_piar_.

PIARD (cheval): blanc et noir, comme la _pie_.

PIAU: peau.

PIAUC: couch. MM. Dumril.

PIAUCER: pleurer; piailler; crier;--corcher; enlever la _piau_ d'un
animal.

PIAUCER (v. n.): embrasser avec force accolades.

PIAULARD; PIAULER: pleurnicheur; pleurnicher;--glousser.

PIAUME; PIOMME: pivoine.

PIAUSSER (SE): se mettre au lit. De _piau_ ou _piot_, lit, dans l'ancien
Argot. A.

PIAUTER (en parlant d'une fleur): l'effeuiller ptale  ptale. A.

PIAUTRE: chenil. Va-t-en aux _piautres_: va te coucher.

PIC (PAR) ET PAR MIC: par petites pices donnes  regret. De _mica_,
miette. B.

PIC (OEUFS AU): oeufs  la mouillette. L.

PIC. Voyez PIQUETTE et PIQUOIS.

PICANE (s. f.): bruyre, lande. (Pont-Audemer)

PICANIRE (s. f.): mauvais terrain inculte. L.

PICARDE: espce de coiffure de femme.

PICAUDE (s. f.): mauvais mets mal prpar, bon pour la _pie_. Du latin
_pica_.

PICHET: petite cruche de terre cuite pour servir le cidre ou le poir.
Du Celtique _picher_. _Pitcher_, en anglais. A.

PICHETER: boire  coups redoubls. A.

PICLER: parler aigu. Voyez VIPER.

PICOT: coq-dinde. De son cri _piau!_ _piau!_ L.

PICOT: espce de pholade, qui _pique_ dans la pierre calcaire pour s'y
creuser un trou. B.

PICOT: filet pour prendre les poissons plats.

PICOT: poisson plat, du genre des plies. De quelques points colors dont
la peau de son dos est tachete, _picote_.

PICOT-DINDON: imbcille; bte comme un _dindon_, un _picot_. L.

PICOTTE (s. f.): femelle du _picot_;--imbcille.

PICTRIE (s. f.). Ce mot ne s'emploie que dans la phrase: tre dans la
_pictrie_, qui signifie tre ivre. MM. Dumril.

PIE (s. f.): tourte aux fruits. Voyez BOURDIN.

PIEA: depuis cela, depuis long-temps.

PIE-CRUELLE: pie-griche. B.

PICE; PICHE: nul, aucun;--point. L.

PIEDSENTE: sentier par lequel on ne passe qu' _pied_.

PIGNER; PIGNIER; PIGNIR: peigner. L.

PIENCE; PIENCHE: fille ou femme maligne, hargneuse, etc., que l'on
qualifie par cette pithte, souvent renforce d'une seconde.

PIRE; PIRE: pire.

PIERRER (v. a.): jeter des pierres .

PIERROT: espce de coiffure de femme.

PIT: pourvu de pieds. _Malpit_: qui a de mauvais pieds. _pit_:
dont les pieds ne peuvent continuer de marcher.

PITRE; PITRESSE: boiteux; boiteuse. De l'ancien franais _pitre_;
mesquin. Il s'entend ici d'un individu qui a le _pied_ contrefait au
point d'tre forc de boiter. Argot. A.

PIF; PIFE (s. m.). Voyez PIFRE.

PIFFET, TE: qui aime trop la parure. De _piaffe_. A.

PIFFETER (SE): piaffer; s'habiller avec prtention.

PIFFETEUSE ou PIFFETTE. Voyez PIFFET. A.

PIFRE (s. m.): gros nez dsagrable.

PIFUS; PIPHUS: trone.

PIGACHE (s. f.): pointe de terre. B.

PIGACER; PIGACHIER: crire en formant des lettres maigres, allonges,
enchevtres, peu lisibles.

PIGE (s. f.): oie, femelle du jars. Voyez PIROTE.

PIGEONNER: germer; pousser; pulluler;--faire l'aimable auprs d'une
femme;--convoiter. B.

PIGLER: pousser des cris perants. Voyez PIGNER.

PIGNARD: celui qui _pigne_; qui pleure et se plaint.

PIGNER: geindre; se plaindre  petits cris comme font les enfants. De
_plangere_. Dans le patois Rennais, _pigner_ signifie grogner. Voyez
CUSSER. A.

PIGNETTE (s. f.): fausset au propre et au figur. L.

PIGNEUX: peigneur de laine. S.-I.

PIGNOCHE. Voyez PIGNOCHE. L.

PIGNOLE (TOURNER): tourner le dos; fuir. On dit,  Bayeux: _retrousser
pignole_.

PIGNONNER: percer.

PIGNOTER; PIGNOCHER: manger peu,  petits morceaux, avec dgot.

PIGRAS; PIGRAT (s. m.): boue visqueuse. De _pied_ et _gras_; gras au
pied.--A PIGRAS: en grand nombre. O.

PIGUENETTE: fillette acaritre, mchante.

PIHOUE: femme dbauche.

PILAGE: brassage du cidre.

PILAUDER: marcher sur; fouler sans prcaution. A.

PILE (s. f.): vole de coups. Patois Berruyer. L.

PILCHE; PILGE: farine d'avoine torrfie; gruau; grain pil et _gru_.
(Manche.)

PILER SUR: marcher sur; effacer avec les pieds.

PILER: pressurer des fruits au pressoir.

PILETTE: ancienne pice de billon de 10 centimes.

PILORI: lieu o l'on a long-temps stationn, o l'on a long-temps
march, _pil_.

PILTETE: pistil de la fleur de l'_Arum_ ou pied-de-veau. Ce pistil
ressemble  un _pilon_.

PIMAILLER: chicaner; s'agacer comme des _pies_ qui ont _maille_ 
partir.

PIMENT (s. m.): mlisse ou citronnelle (_Melissa officinalis_). L.

PIMPERLOTT: tachet de points divers. Ce mot vient de _pimpant_. O.

PINCES; PINCHES: pincettes de chemine. L.

PINCHARD: pinson.

PINCHE: pince;--PINCHIER: pincer.

PINELLES: bas, chausses. S.-I.

PINGE: propre, lisse. A.

PINGER: plonger; mouiller; puiser. A.

PINGEON: pigeon. H.-N.

PINGET; PINGEOT: sillage circulaire que fait la chute d'un corps sur la
surface de l'eau.

PINGRE: avare sordide. En patois des Vosges, _pingre_ signifie
acaritre, sournois, railleur. A.

PINGUIER: tui pour dposer les _pingues_ (pingles).

PINGUIER: plonger. PINGUET: plongeon.

PINTON: sorte de cruche  cidre. Du mot _pinte_. Du grec [Grec: pinein]:
boire. Du latin _potus_. L.

PINVOLE (s. m.): hanneton. Les enfants, en faisant voltiger un hanneton
attach, chantent:

                   Pinvole,
                 Vole, vole!
       Fais trois tours, et puis t'envole,
                 Tintaribaud!         L.

PION: ivre. De _potus_.

PIONE (s. f.): pivoine (_Poeonia officinalis_). On dit en anglais
_piony_. Voyez PIAUME.

PIOT: ivre;--boisson. De _potus_. A.

PIOT: pivot d'un dvidoir.

PIOTER (SE): s'enivrer.

PIOU: poussin, le plus petit de la couve.

PIPER: aspirer avec un chalumeau; boire; aimer  boire.

PIPERNEAU; PIMPERNEAU; PIPERNET: anguille de mer.

PIPET: chalumeau employ pour aspirer un liquide;--sorte de sifflet.
C'est dans ce dernier sens qu'en patois Walon, on dit: _pip_ pour
siffler.

PIPIE: ppie.

PIQU: debout comme un piquet. A.

PIQUER: planter non avec la bche, mais en faisant des trous pour
planter avec un _piquet_.

PIQUERAI: terrain couvert de galets rouls.

PIQUERE: ce qu'enlve une fourchette en s'enfonant dans un plat de
comestibles.

PIQUEREULE; PIQUEROLE: petite vrole.

PIQUET: dard de l'pine du rosier, etc.; pieu.

PIQUETONNER: raccommoder une vieille toffe qui l'a dj t plusieurs
fois. Voyez RABOUNER. A.

PIQUETTE: lait caill et spar du _srum_, dans lequel on met du lait
frais et de la crme. Voyez BATTU (LAIT).

PIQUETTE: mouillette. OEufs  la _piquette_ ou oeufs au _pic_: oeufs 
la mouillette.--PIQUETS, dans la Haute-Normandie.

PIQUETTES (s. f. pl.): dettes criardes, qui font l'effet des _piquets_
enfoncs dans les chairs.

PIQUOIR: outil pour _piquer_ ou mettre en terre les plantes qui ne
peuvent pas y tre places  la bche.

PIQUOUX: celui qui _pique_ les plantes. Voyez PIQUER.

PIRE: pis. _Tant pire_: tant pis. _Aussi pire_: aussi mal; aussi
mauvais.

PIRETTE: jeune oie. A.

PIRIPI: marionnette. A.

PIRLI: petit bton pour jouer. A.

PIRO: petite lessive. MM. Dumril.

PIROT: jeune oison. A.

PIROT: eau ou sang qui coule  gros filets. Suer _ pirots_: suer
excessivement. Le sang lui coule du nez _ pirots_: comme le lait du
_pis_ de la vache.

PIROTON: petit oison. A.

PIROTTE: oie. Dans la Mayenne, on dit _pire_ et _pirette_. A.

PIRVIRE (s. f.): sorte de tabatire longue, en forme de _poire_. A.

PIS; PITS: puits.--PIS: puis. DU DEPIS: depuis.

PISCALE (s. f.): terme de mpris, en parlant d'une femme.

PISCANTINE. Voyez BISCANTINE et CLACASSE.

PISQUE: puisque. L.

PISSAT; PISSON; PISSOT: urine. On dit proverbialement: rouge comme
_pissat_ d'ne. L.

PISSE (s. f.): urine humaine. A.

PISSE-VINAIGRE: acaritre, aigre. De _vinaigre_, liqueur sure. Voyez
MARIE-SURELLE. L.

PISSOUIN (s. m.): urine humaine. L.

PITANCHIER: s'impatienter. De _dpit_. B.

PITER. Le fil ou la toile _se pitent_ quand ils blanchissent
ingalement. O.

PITIEUX: qui excite la _piti_; sensible. A.

PITOIS; PITOU: putois. Patois Lorrain. L.

PITONNER: pitiner;--vtir; orner; rechercher les moyens de fixer
l'attention d'autrui.

PIVAT: boue liquide. S.-I.--Urine. Voyez PISSAT.

PIVELLIER: fourreau du _penis_ d'un verrat. A.

PIVOLETTE (s. f.): papillon. Voyez BAVOLETTE. M.

PLACE (s. f.): le plancher, l'aire d'un appartement. Balayer la _place_.
L.

PLACHE; PLACHER: place; placer.

PLACHEUX: offrant des places o il n'y a rien. Ce bl est _placheux_. M.
Decorde.

PLAFIER; PLAFRIER: celui qui prpare les peaux de mouton, les tanne, les
blanchit, etc.

PLAIDEUX: plaideur.

PLAISI (AU): au plaisir (sous-entendu: de vous revoir)!

PLANCHE DU PIED: plante du pied. H.-N.

PLANCH: planchi.

PLANCHET; PLANTIAU: coquelicot (_Papaver rhas_).

PLANCHON: sauvageon; branche de saule ou de peuplier propre  pousser de
bouture. De _plant_.

PLANITRE: place o l'on s'assemble; esplanade; lieu plane en avant d'une
glise, d'un chteau, etc.

PLANQUE; PLIANQUE: planche; pont de bois. On dit aussi PLANQUETTE.

PLANTE (s. f.): haie vive.

PLANT (A): en abondance.

PLANTIRE: noeuds coulants, en crin pour prendre les oiseaux.

PLAQUE (s. f.): pice de 2 liards. Je n'en donnerais pas une _plaque_.

PLAQUER: mettre; _placer_. S.-I.

PLATNE: patne.

PLATINE: langue qui ne cesse de parler.

PLAUDE; PLAUDER. Voyez BLAUDE; PIAUCER.

PLEIGER: protger; excuser; faire fort pour.

PLEIN (TOUT): beaucoup.

PLESSE: branche  moiti coupe et que l'on garnit de terre pour faire
paissir une haie, ou boucher une brche.

PLESSER: entrelacer des branches pour faire une clture. Du latin
_plexus_. A.

PLESSIS (s. m.); PLESSE (s. f.): clture faite de branches
entrelaces;--bois taillis; fort.

PLEU-PLEU (s. m.): pivert, parce qu'on prtend que son cri annonce des
_pluies_ prochaines. L.

PLEURE; PLEUVER; PLOUVER: pleuvoir.

PLEURMICHE. Voyez PLEURNICHE.

PLEURMICHER: pleurnicher. Voyez MICHER.

PLEURNICHE: pleurnicheur; qui fait semblant de _pleurer_, ou qui pleure
pour peu de chose.

PLEUROUX, SE: pleureur, se. A.

PLEUTRE: homme de mauvaise mine; misrable sans considration; indigne
d'gards. De _pel_.

PLIACOUX: sol humide.

PLIE: pluie. S.-I.

PLICHE: place. L'_l_ se mouille et fait entendre le son de l'_i_, et
mme d'_ie_ dans quelques mots dont nous citerons les suivants: _plien_
pour plein; _plieume_ pour plume; _plieurer_ pour pleurer; _pliomb_ pour
plomb.

PLICHERON: ouvrier qui se loue, sur la place, pour la journe,
principalement au temps de la moisson.

PLION: pice de bois qui sert  maintenir le coutre d'une charrue dans
la position ncessaire. On change le _plion_ de ct  chaque sillon. M.
Decorde.

PLOMBE, PLOMME: machine pour peser, compose d'une verge en bois,
d'anneaux, d'un crochet et d'un _plomb_ mobile;--instrument o se trouve
une balle de plomb suspendue  un fil pour dterminer l'aplomb.

PLOQUER (en parlant d'une fleur): la fatiguer au point de l'effeuiller.
A.

PLOUFRE: bouffi. S.-I.

PLOUTRE: pne d'une serrure.

PLUC: ce que l'on peut plucher. On dit aussi: _pluquette_ pour
pluchure; _plucoter_, _pluchoter_ pour plucher. MM. Dumril.

PLUMAS: plumeau. A.

PLUME. Voyez PLOMBE.

PLUQUETTE. Voyez PLUQUETTE.

PLURER pour PELURER: ter la _pelure_; peler.

POCANE (s. f.): mot pour rire. L.

POCHARD (s. m.): pt d'encre sur le papier;--ivrogne.

POCHARDER (SE): s'enivrer habituellement d'une manire ignoble.

POCHAS: pt d'encre. A.

POCHER (v. n.): faire un pt d'encre. L.

POCHER: espce de jeu de pair ou non, o l'on gagne des noix et du pain
d'pice aux ftes de village. M. Decorde.

POCHET: pt d'encre. L.

POONNET: petit pot. _Possinet_, en patois Walon.

POCRAS: gchis.

POCRASSER: manier avec des mains crasseuses. Voyez POQUE. A.

POCRASSIER: qui pocrasse. A.

POE; PO: peur. Autrefois, _paour_.

POET: puissance, autorit.

POLE A LAIT: terrine o on le verse pour l'y laisser laborer sa crme.
L.

POGNAFLER; POGNASSER; POIGNASSER: manier salement  _poigne_; ptrir
avec les poings.

POGNE; POIGNE (s. f.): poignet; main; main qui serre. Patois Walon.

POGNE; POGNIE: poigne.

POICRINIER; POUCRINIER (v. a.): coiffer mal; mler les cheveux.

POIGEAT; POUGEAT. Voyez POUJAS.

POINE: peine.

POINTE DE COT: point de ct. L.

POIRE DE TERRE: topinambour (_Helianthus tuberosus_).

POIRETTE; PORETTE: poireau; jeunes poireaux  repiquer.

POIRIONS: verrues.

POIS. On confond gnralement sous ce mot unique les pois (_Pisum
sativum_) et les haricots (_Phaseolus_). On appelle les haricots pois
blancs, et plus communment pois de mai ( Alenon, pois de mer); on les
nomme encore petites fves. Confusion fcheuse et ridicule, tandis qu'il
est si simple de dsigner par leur vritable nom les _fves_, les
_haricots_ et les _pois_. Voyez FVES.

POIS ANGLAIS: haricot grimpant ou  rames. En Dauphin, on appelle les
haricots pois lombards. B.

POIS CHAUD: pois _Michaux_. Par aphrse.

POIS DE MAI; POIS DE MER: haricot, soit nain, soit grimpant. _Mai_ est
le mois o on les sme.

POIS DE PIED: haricot nain. L.

POIS A RAMES: haricot grimpant.

POIS ROND: pois.

POISON (s. f.): chose ou personne mauvaise, capable de produire les
pernicieux effets du poison. _C'est de la poison_: ce mets, cette
boisson est dtestable. _C'est une poison_: c'est une femme dont le
contact est dangereux.

POISSON DE St.-PIERRE: dorade commune. B.

POITIT, E: petit, e. A.

POITRINER: vtir, habiller sans got

POIVRIER (_Daphne mezereon_): parce que ses fruits ont le piquant du
_poivre_.

POLACRE (s. f.): gilet.

POLETTE: courroie de cuir, servant  maintenir le chargement d'une bte
de somme.

POLITEMENT: poliment, proprement. S.-I.

POLITIQUE: dissimul. L.

POLON: Napolon. POLYTE: Hippolyte.

POMMAGE: espce, nature, qualit de _pommes_ ou de poires  pressurer.
Ces fruits sont d'un mme pommage: sont d'une mme varit. Voyez
SOLAGE.

POMMELIRE (s. f.): ellbore noir, pied-de-griffon (_Elleborus niger_).

POMMEAU; POMMET; POMMIAU: gras de jambe; mollet. Cet homme n'a _jou_ de
_pommiau_: cet homme n'a gure de mollet. A.

POMMEROLLE; POMEROLE: primevre jaune, non rameuse. Voyez COUCOU. L.

POMON: poumon.--POMONIQUE: pulmonique.

PONCEL; PONCHET: coquelicot. De _ponceau_.

PONCER; PONSER: presser; exprimer. _Poncez_ ce citron dans l'eau pour en
obtenir le jus.

PONCEUX: sorte de petit pressoir en plein air.

POND: pondu. La poule _a pond_ pour a pondu.

PONE: ventre, bedaine.

PONICHER: ajuster sans got.

PONNELE: fumier de _poule_, et, par extension, des autres volailles.

PONNELER: pouliner.

PONNENT: pondent;--PONNU: pondu. Au figur ironiquement: _bien ponnu_
pour mal invent, mal arrang! On dit: Les poules _ponnent_ pour
_pondent_. _Ponnu_ est dans Rabelais; _ponnent_, dans Amyot.

PONSOUX: petit pressoir facile  changer de place.

POPOT: poupon; petit garon. Fminin, _popote_.

POQUARD, E; POQUET; POQUETON: celui ou celle qui a la main estropie;
qui se sert difficilement de ses mains. De _poque_.

POQUE (s. f.): grosse et vilaine main. _Pocre_, dans la Mayenne et dans
l'Ille-et-Vilaine. A.

POQUER: pocheter (Valognes.)

POQUETON: qui a des _pocres_, de grosses mains maladroites.

POR: pour.

PORCHET: morceau de porc frais, ou rcemment sal. _Pourchet_, dans le
patois de Grenoble. L.

PORCHIN; PORCHAIN: cochon d'un an.

PORE (qualif.): pauvre. Ce _pore fant_: ce pauvre enfant. Du Celtique
_paur_. L.

PORE (s. f.): lgumes. Jardin  _pore_: potager. A.

PORSINE: poix-rsine.

PORFRIRE: enduire de mortier. Voyez POULFRIR.

PORICHINEL: polichinel. De l'italien _pulchinello_.

PORIE: bouquet de porions.

PORION: narcisse jaune. Du latin _porrum_, poireau; parce que cette
plante ressemble par sa feuille  celle des poireaux.

PORJET; PORGET: revtement, avec du mortier, des interstices d'un mur.

PORJOLER (SE): prendre ses aises, ses bats.

PORMAIS QUE: lorsque, aprs que.

PORQUER; PORCHER: celui qui garde les porcs.

PORQUERIE: porcherie, table  porcs. Voyez SOU.

PORRETTE (s. f.): jeune porreau pour transplanter. L.

PORSUIVRE: poursuivre. D'o _porsuisi_, _porsueusi_: poursuivi.

PORTAIL: porte-cochre. Patois Rouchi. A.

PORTE-COS: espce de joug qui sert aux servantes de ferme  porter des
seaux. M. l'abb Decorde.

PORTEMENT: manire dont on se porte; tat de la sant. Il lui a demand
le _portement_.

PORTER A: ressembler . L.

PORTEUX: porteur. _Porteux_ de lettres: facteur.

POT: pice de charpente qui supporte les sommiers. H.-N.

POT, TE: engourdi de froid. Main _potte_: main qui a l'ongle. Il a la
goule _potte_: il ne sait que dire. L.

POT-BOUILLE (s. f.): petite et mauvaise cuisine, compose ordinairement
d'un chtif pot-au-feu et de quelques lgumes. C'est l que je fais ma
_pot-bouille_: c'est l que je prpare mes aliments. L.

POTABLE: praticable, en parlant d'un chemin.

POTARE; POTICHE (s. f.): _potage_ fait sans soin; cuisine de pauvres
gens; mauvaise bouillie. L.

POTAYE: pote.

POTIN (s. m.): fonte de fer pour ustensiles de cuisine, etc.

POTIN (s. m.): babil, rabchage. L.

POTINE: pot de terre  bords rentrants, qui sert de chaufferette. De
poterie.

POTINER (v. n.): rabcher; faire des remontrances  contre-temps. L.

POTINIER, RE: qui potine. L.

POTONNER (v. a.): manier salement. A.

POTS: trous que les pieds des gros animaux font, d'enjambe en enjambe,
dans les mauvais chemins.

POTTE (s. f.): sorte de chaufferette en terre cuite comme les
pots;--petite fosse. O.

POTUIT: porte d'une cour place entre deux pots, et surmonte d'une
petite couverture par laquelle on ne passe qu' pied. M. Decorde.

POU: peur. _Pour_, dans les _Chansons du roi de Navarre_. Du Latin
_pavor_; du Roman _paour_. _Po_, dans le patois de Grenoble. L.

POU: pour. S.-I.;--lvation. De _podium_.

POUACRE: sale, dgotant Patois Lorrain. De _pouah_.

POUAMMENT: puissamment.

POUANT: puant; faiseur d'embarras; malpropre.

POUAS: noyau, parce qu'il est souvent rond comme un pois. B.

POUCEROT: doigtier de cuir pour contenir un pouce malade.

POUCHE (s. f.): sac. Du vieux mot _poucha_: pou-d'avoine. _Pouch_, en
anglais.

POUCHIN: poussin. _Puzi_, _piouzi_,  Grenoble.

POUCHINE (s. f.): couve d'une poule; poussinire. L.

POU-D'AVOINE (s. m.): balle d'avoine. De _poucha_, qui, dans les anciens
monuments de notre langue, signifie une poche. En effet, le _pou_ dont
il s'agit ici est une sorte de petit sac ou poche qui renferme le grain
d'avoine. A.

POUEIL (s. m.): poil. A.

POUEILLU: poilu, velu. A.

POUFFI: bouffi. C'est le _p_ pour le _b_, comme dans _pnancire_,
_pque_ et _piscantine_. L.

POUI, IS: pou, poux. L. On disait autrefois _pouils_; on a retranch
l'_i_, et l'on a dit _pouls_; enfin on a retranch l'_l_, et l'on a trop
arbitrairement substitu l'_x_  l'_s_.

POUILLARD, E: pouilleux; misrable; vaurien:--perdreau trop jeune pour
tre tu.

POUILLER: vtir. A.

POUILLERIE: misre profonde, sale et dgotante. De _pou_, insecte. On
appelle aussi _pouillerie_ un taudis habit par des _pouilleux_, et, par
extension, tout logement pauvre et sale.--_Pouillerie de gueux_: objets
de nulle valeur.

POUILLES: injures. Chanter _pouilles_, comme il arrive dans un
_pouillis_ ou _pouillier_ (mauvais cabaret).

POUILLOT: petit vtement de laine pour enfant; sorte de
corset;--l'oiseau troglodyte.

POUILLU: nonchalant, fainant. Voyez POUILLARD.

POUJAS (s. m.): poix noire, non pure.

POULAILLES: volailles.

POULAIN. On nomme ainsi ce qui s'chappe d'un oeuf cuit dans les
cendres, quand la chaleur fait crever la coque. M. Decorde.

POULAIN: chssis en bois, sur lequel on fait glisser les tonneaux pour
les changer de place.

POULENE (s. f.). Voyez PONNELE.

POULET: noyau; amande du noyau; pepin. M.

POULETTE AU BON DIEU: roitelet. Voyez REBETTE.

POULETTE: petite ampoule. L.

POULETTE (GRASSE-): arroche sauvage; arroche puante (_Chenopodium
vulvaria_).

POULFRI: enduit d'argile, de chaux, etc. De _poul-pri_ (fosse d'argile),
mots bretons, cits par Lobineau, dans son _Hist. de Bret._, t. II, p.
1814.

POULFRIR: enduire. De _poulfri_, ou du verbe latin _perfricare_.

POULFRISSEUR: plafonneur.

POULGINE (s. f.): poussinire. De _poule_ et de _gnration_: famille
de poulets; ou de l'italien _pulcinello_: poulet.

POULIER: poulailler.

POULIER (v. a.): lever au moyen d'une _poulie_.

POULIER (v. a.): promener mal  propos. Voyez CHIBOLLER.

POULINE: fiente des poules. H.-N.

POULIOT: pice de bois mobile, place  l'extrmit d'un chariot ou
d'une charette, sur laquelle s'enroule la _liache_. M. Decorde. Voyez
LIACHE et COMBLE, au _Supplment_.

POULOT, TE: jeune enfant. De _pullus_.

POULS; POULCES; POUSSES (s. m. pl.). Dans l'arrondissement de Cherbourg,
on appelle de ce nom la bouillie faite avec de la farine de sarrasin et
cuite  l'eau; et, dans les environs de St-Lo, surtout vers Torigny, une
bouillie faite avec de la farine d'avoine et cuite  l'eau ou au lait.
On donne aussi  cette dernire bouillie le nom de _craolle_. Feu
Lamarche.

POULTON: poltron. S.-I.

POULTRAIT: portrait. L.

POULTRE (s. f.): pouliche qui n'a pas encore port.

POULTRON: poltron. Du Celtique-Breton, _pouilltron_: lche. L.

POULVAIS: couvert de pustules.

POUMON: terrain fangeux, mou comme le poumon.

POUMONIQUE: pulmonique; malade du _poumon_. L.

POUPE (s. f.): chanvre peign et prpar en cordons pour tre fil.

POUPINEMENT (adv.): avec affectation. La Fresnaye disait, dans ses
_Foresteries_:

       Et fris par devant assez poupinement

POUPINER (v. a.): attifer comme un _poupin_, caresser comme un _poupon_.

POUPRE: humide.

POUQUE (s. f.): sac. Dans le XIIIe sicle, on appelait _pouqueteurs_ les
marchands de sacs.--_Faire la pouque_ (en parlant des oiseaux): laisser
tomber et traner les ailes et hausser le dos; ce qui annonce la
maladie, le dprissement de l'animal. De l'islandais _poki_: sac,
poche. L.

POUQUET: petit sac.

POUQUETTE: petite poche; poche d'un vtement. Faire _pouquette_: cacher
dans sa poche.

POUQUIE: le contenu d'une poche.

POURCACHER: poursuivre. En franais, _pourchasser_ signifie rechercher
ardemment. Il se dit, dans la S.-I., des animaux qui poursuivent les
autres pour les empcher de manger.

POURE. Voyez PORE.

POUREUX: peureux. Autrefois, _paoureux_.

POURFRIS. Voyez POULFRI.

POURGUILLER: promener un enfant. O.

POURJET: bcher. O.

POURJOLER: porter mal  propos quelque chose d'un lieu dans un autre.
Voyez CHIBOLLER et POULIER. L.

POURLQUER (SE): se lcher les lvres, aprs avoir mang quelque chose
de bon. M. Decorde.

POURPE: pourpre, suette miliaire.

POURPORTE (SE): se comporte; se trouve; est ou existe.

POURVANNE (s. f.): ration d'avoine ou de son pour un animal. De l'ancien
mot _provende_, employ dans une ordonnance royale de 1317: Deux
provendes d'avoine.

POUS (s. m. pl.): bouillie. _Pous lavs_: gruau et coulis d'avoine. Du
latin _puls_; de l'italien _pulta_. A.

POUS: balle sche du sarrasin.

POUSSE: pouvante. Donner une _pousse_: inspirer de l'pouvante. A.

POUSSIER (s. m.): poussire; ordures sches.

POUTRAIT: portrait. S.-I.

POYER; POUIER: payer. Ancien franais.

PRAE: proie; charogne; personne trs-dgotante. Terme d'extrme mpris.

PRANNE; PRANNEZ: prenne; prenez. L.

PRANSEU: pressoir.

PRASSE (s. f.): mauvais poir. A.

PRAT; PRATON: petit pr.

PRATICIEN, NE: laborieux, se. L.

PR: poir. _Chenu pr_: excellent poir.

PRCHEUX: prdicateur.

PRCHIER: prcher;--parler.

PRCI (en parlant du bois): gt, pourri. B.

PRFRER: tre plus lev en naissance, en dignit, etc.

PREMIER: avant, auparavant.--PREMIER QUE: avant que.

PRENRE: prendre.

PRS A PRS: rapprochs. Ces arbres sont trop _prs  prs_: trop prs,
trop rapprochs les uns des autres.

PRESSES; PAIRE DE PRESSES: espce d'armoire, pourvue d'un tiroir
au-dessus de chacune de ses deux portes.

PRESSEUX; PRESSOUX; PRINSEUX; PRINSSEUX: pressoir.

PRESSIM, ou PRINCIMI: trs-prs, bientt. Du latin _proxime_. O.

PRSUMER (SE): s'enorgueillir.

PRTE: prtre.

PRTROT: rossignol de muraille.

PREUCHE: proche, voisin, parent.--PREUCHE: prs, auprs.

PREUMIER: premier. S.-I.

PREUNE; PREUNIER: prune; prunier. L.

PREUX: prs.--AUPREUX: auprs.

PRIMEROLLE; PROMEROLLE; PRUMEROLLE: primevre des prs. Voyez COUCOU et
POMMEROLLE.

PRINRENT: prirent.

PRINS, E: pris, e. On dit qu'une fille est _prinse_, quand elle est
enceinte. M. l'abb Decorde.

PRINSE: cluse. De _prise_ d'eau.--PRINSE: prise (de tabac).

PRINZURE (s. f.): rhume. A.

PROCULTEUX: procureur. H.-N.

PROGNER; PROGNER: laguer. Voyez PROGNE.

PROMETTRE: assurer. Je vous _promets_: je vous assure.

PRONONCHIER: prononcer.

PROUSTER: pter. A.

PROUVABLE: probable. B.

PRUNELLE; PUNELLE: petite prune sauvage.

PRULER. Voyez PELURER.

P'TTRE: peut-tre. En rponse  quelqu'un qui annonce son doute par ce
mot, celui qui affirme dit, pour confirmer son allgation: C'est tout
_p'ttr_.

P'TIOT; PETIOT; PIOT: enfant.

PU: plus. _Pu ch_ (plus cher): beaucoup plus. L.

PU: pour. S.-I.

PUANT, E: d'une avarice sordide; que l'on fuit  cause de l'odeur
dtestable que sa passion rpand autour de lui.

PUCETIER: qui a des puces et ne s'en dbarrasse pas. A.

PUCHER; PUCHIER: puiser. _Pucher la lessive_: verser de l'eau bouillante
sur le linge plac avec ordre dans une cuve, et sur lequel on a mis une
couche de cendre.

PUCHE: puce.

PUCHERIE: lieu o l'on _puche_.

PUCHET; PUCET: pot de terre contenant un  deux litres. Voyez PICHET.

PUCHOIR: lavoir; partie des pices d'eau o l'on puise.

PUCHOT: lieu o l'on puise de l'eau dans une mare;--altise, coloptre
funeste au colza. L.

PUERVE: poulpe. Au figur, femme mprisable.

PUET (s. m.); PUETTE (s. f.): fausset de tonneau. A.

PUETTE: chandelle de rsine; lampe qui claire mal. Voyez ORIBUS;
PTOCHE. B.

PUFINE (s. f.): excrments humains. L.

PUINE (s. m.): trone (_Ligustrum vulgare_). L.

PULENTIN: petit _puant_. Du Roman _pulent_. A.

PUMEROLE (s. f.): primevre des prs. Voyez POMMEROLE. B.

PUPU (s. f.): huppe, oiseau. Onomatope, comme dans le latin _upupa_. En
patois Walon, _boud-boud_. A.

PUR: pus d'une plaie. L.

PUR; PURE: peur.

PURE (PORTER LA): tre grond pour un autre, sans l'avoir mrit. M.
Decorde.

PURER (v. a.): presser pour faire goutter;--(v. n.): couler doucement,
goutte  goutte.

PURIN: suint.

PURIN, E. On appelle,  Rouen et  Lisieux, _purins_ les ouvriers en
laine.

PURINERIE (s. f.): corps des ouvriers en laine. S.-I.

PUROTER (v. n.): s'couler par gouttes dont l'intervalle annonce un
complet puisement.

PUS: plus. Patois Bourguignon, et autres.

PUTEAU; PUTET: mare qui reoit l'got du fumier.

PUTEL (s. m.): petite mare, forme par le liquide coul d'un fumier.
S.-I.

PUTIER: homme dbauch. M. l'abb Decorde.

PUTOT: plus tt; plutt. L.

PUTTE-PUTTE: huppe. Du cri de cet oiseau.


Q.


QUAI: quoi; quelque chose. J'ai de _quai_. V. QU.

QUAILOQUE (s. f.) (_Sinapis arvensis_). V. SANVRIN.

QUAIRE; QUERRE (s. f.): cordeau servant  attacher les bestiaux au
piquet dans les ptures. B.

QUAIRE: chaise, chaire. De _cathedra_.

QUAIRE: tomber; choir. S.-I.

QUAIS: chu. De _quaire_. Nous trouvons dans le ms. de M. Lepingard cette
phrase singulire, dont le sens est difficile  saisir quand on l'entend
prononcer pour la premire fois: _Qu'est qu'est quais?--Ch'est l'ais
qu'tait quais, qui r'est aco quais_: Qu'est-ce qui est tomb?--C'est
l'ais qui tait tomb, qui est encore tomb de nouveau.

QUANT ET QUANT: en mme temps. On trouve cette locution dans Amyot. En
Roman, _catacan_ signifiait incontinent. L.

QUANTE: quand, lorsque.

QUANT ET: avec. On dit aussi: _A quant et moi_: avec moi. Voir les
auteurs du XVIe sicle.

QUAPENDU: espce de poire;--espce de pomme grosse, un peu plate et de
couleur vert fonc.

QUARQUELOT: maigre; de mauvaise mine. O.

QUARSONNIER: mesure pour les grains. Du vieux mot _quartonnier_: quart
de boisseau.

QUART-D'HEURE: un moment quelconque. _Pour le quart-d'heure_: pour le
moment.

QUARTE (s. f.): mesure de six verres. B.

QUART-MOINS. Le quart-moins de minuit, de deux heures: minuit moins un
quart, deux heures moins un quart.

QUAS. Voyez CAS.

QUASIMENT: presque. De _quasi_. Patois Walon.

QUATE: quatre.

QUATRE FERS D'UN CHIEN (NE PAS VALOIR LES): ne rien valoir.

QUATRE-VINGT-DIX-NEUF COUPS (AVOIR FAIT LES): avoir men une vie
bruyante et drgle.

QU: quoi.--GRAND QU: beaucoup. _Qu qu'ous avez_: qu'avez-vous? _Qu
qu'o dites_: que dites-vous?

QUDOLE (s. f.): horloge.

QULETTE: petite queue.

QULOT: moutarde (_Sinapis arvensis_).

QUMAND: mendiant L'Acadmie admet _qumandeur_.

QUEMENCER; QUMENCHER: commencer.

QUEMIN; Q'MIN: chemin.--QUEMINER: cheminer. Q'MINAYE: chemine.

QUEMINEL: chemineau, sorte de ptisserie. Voyez CHEMINEAU. S.-I.

QUNAIE: chnaie. S.-I.

QUENAILLE: canaille. L.--QUENAILLES: enfants. M.

QUENAILLEAU; QUENAILLON: enfant. L.

QUENASSES (s. f.): troupe d'enfants pauvres, mal levs; mauvais sujets.
_Quenasse_ s'emploie aussi comme substantif singulier: _c'est de la
quenasse_: c'est de la populace. Feu Lamarche.

QUNE: chne.--QUNEAU; QUNOT: jeune chne. QUNE: chnaie, lieu
plant de chnes.

QUNEAU; QUNOT; QUENAU; Q'NAU ou Q'NOT: jeune chien. L.

QUENELLE: cannelle en bois pour tirer les liquides. L.

QUENET: chenet.

QUENOLLE: gosier. Voyez CHENOLLE, et CAGNOLLE.

QUENOTTER: faire ses _quenots_ (chiens); mettre bas.

QUENOTTES: petites dents d'enfant;--oreilles de _quenot_ ou chien.

QUENOUILLETTES (s. f. pl.): palets entours de torchis, en forme de
quenouilles, qu'on place en travers sur les chevrons pour
l'tablissement d'une aire ou d'un plancher. M. Lepingard.

QUOLLES; QUIOLES: jambes contrefaites.

QUQUE; QUQU'UN; QUQUEFOIS: quelque; quelqu'un; quelquefois. Dans le
XIIIe sicle, _queque_ signifiait quoique. L.

QUERAS: guignon.

QUERAUT: rsine.

QUERBON (_Chrysomica tenebrica_), insecte. B.

QUERBON: charbon.--QUERBONNIER: charbonnier.

QUERBONNETTE: charbonnette.

QUERCAN: carcan.

QURE: personne ou animal maigre ou sale. MM. Dumril.

QUERELLOUX: querelleur.

QURMONIES: monitoires. L.

QURIATURE: crature; femme ou fille. Elle est en effet la _crature_
par excellence. L.

QURIER: charrier.

QUERIR: trpaner. (Vire.)

QUERMINE: mauvaise viande. Au figur, canaille.

QUERPENTIER: charpentier.

QUERQUE (s. f.): torchis compos d'argile et de foin, pour la
construction des maisons en bois. B.

QUERRAI: trace que laissent les roues des charrettes.

QUERRETERIE; QUERTRIE: charretterie; lieu o l'on remise les charrettes.

QUERRETIER; QUERTIER: charretier.

QUERRETTE: charrette.--QUERRETE; QUERTE: charrete.

QUERRIAGE: charriage.

QUERRIER: tranche de boeuf dans le haut de la fesse. On dit ailleurs:
_talon de queue_. De _queue_.

QUERRIRE: chemin que suivent pour aller aux champs d'une mme ferme les
_querrettes_, _querrues_, etc.

QUERRUE; QUIRUE: charrue.

QUERTER: attifer; parer. Voyez CRET. O.

QURU: vigoureux; capable de faire un travail trs-pnible.

QU'EST-CE QUE C'EST: qui est-ce? qu'est-ce?

QUTER: ruiner; ne rien laisser; mettre  sec par le jeu. D'o QUETTE:
qui a tout perdu au jeu. Il est _ quette_.

QUETILLER ou CATILLER: rosser; frapper. Du latin _quassare_.

QUTINES (s. f.): fruits  pressurer, recueillis sous les arbres o ils
sont tombs avant leur maturit.

QUTONNER: bgayer. A.

QUETOU: porc.--QUETOUS! QUETOUS: cri pour appeler les porcs.

QUETTE: jambe; partie infrieure d'un animal.

QUETTES: point, nullement. Je n'entends _quettes_.

QUEU: quel, quelle. Au pluriel, _queus_, _queues_: quels, quelles.

QUEU; QUEUX: chez. S.-I.

QUEUE: pierre  affiler. Du latin _cos_.

QUEUE AU LOUP (A LA): l'un derrire l'autre.

QUEUE DE COQ (_Lolium multiflorum_). B.

QUEUE DE RENARD: prle (_Equisetum fluviatile_). L.

QUEUE DE RENARD (_Amaranthus rubens_).

QUEULE: assemble de gens qui font _queue_; famille.

QUEUQUE: quelque. L. QUEUQU'UN: quelqu'un.

QUEUQUEFOIS: quelquefois. L.

QUEURIE (s. f.): proie, _cure_; personne trs-dgotante.

QUEUSSE: cuisse. L.

QUEUTINER: remuer de la queue.

QUEUTRE (s. m.): mauvais couteau. De _culter_. O.

QUEVEU: cheveu.--QUEVS; QU'VS: cheveux.

QUVRE; QUIVRE: chvre.

QUVRON: chevron.

QUI: qu'il, qu'ils.

QUIACHE: chiasse; scories. S.-I.

QUIAFFE (s. f.): mauvaise chaussure. A.

QUIAULE, qui se prononce _t'chiaule_. V. AQUIAULE.

QUIAULOGIE; QUIOLOGIE: gnalogie.

QUIBOLLE: jambe mal faite. De _quille_.

QUIEN, QUIENNE: chien, chienne. S.-I.

QUIENQUIEN: pinon. B.

QUIENS DE TERRE: mans, larves des hannetons.

QUI QUE C; QUI QUE C ou QUI QUE S: quoi que ce soit; quelque chose.

QUIEU: cuir. L.

QUIEUS: quel? lequel?

QUIGNON DE PAIN: morceau du coin du pain. Du Roman _cuin_, _cuignet_:
coin. Voyez CHIGNON.

QUILLEBOCHE: jeu d'enfants, qui se joue avec un bouchon et une grosse
pice de monnaie. De _quille_ et de _bouchon_. Voyez GALLINE.

QUILLERE: cuillere.

QUINJOURS: quinze jours. L.

QUINOCHE (s. f.): bquille. Voyez CRIOCHE.

QUINQUEUX (mot normand, suivant Roquefort): dguenill. Du Roman
_chincheux_. De _quinqueux_ vient _requinquer_.

QUIOLE: diarrhe. H.-N.

QUIOLLE (s. f.): jambe mal faite. De _quille_, pris, comme _flte_, pour
jambe sans mollet.

QUIORON (s. m.): chose chtive. S.-I.

QUIOT, QUIOTE. Voyez PIOT.

QUIQUAMPOIX (sorte d'adverbe). Altration de _quoi qu'en poie_ (paie):
quoi qu'il en cote.

QUIS: fruits tombs avant leur maturit, mais dj bons  recueillir
pour le pressoir, et qu'on va _qurir_ sous les arbres. Du verbe latin
_qurere_. On trouve l'expression _quis_ dans les _Chansons du roi de
Navarre_. L.

QU'O: que vous. _Je veux qu'o partiez._ _O qu'o-z-allez?_ La
conjonction est rgulire. Toute la contraction est dans _o_, qui aurait
d tre plac  l'article O avec la signification de _vous_ qu'il a ici.

QUOI: quelque chose; quelque fortune; quelque argent.

QUOI (s. m.): poigne de filasse peigne.

QUOIQUE-A: malgr cela. L.

QUOUANE (s. f.): galon. C'est le mot franais _couenne_, pris au figur.
Quant  _quouanne_: imbcile, nigaud, usit  Caen, ce mot est
l'altration de _coion_. _Coglione_, en italien.

QU'VA; Q'VA: cheval.--QU'VAS: chevaux.

Q'VEUX: cheveux.--Q'VILLE: cheville.


R.


RABABOUINER (v. a.): frotter la figure  contre-sens; rabattre le
_babouin_;--rabcher. Du mot _babouin_, employ par Marot dans le sens
de sot babillard. L.

RABAUBINER: rpter drisoirement les paroles de quelqu'un. De _balbus_.
Voyez DGANNER.

RABETTE (s. f.): espce de choux dont la graine contient de l'huile;
littralement, _petite rave_. MM. Dumril.

RABIBOCHER: rajuster; rtablir la concorde.

RABIENNER: rconcilier.

RABILLEUX: rabcheur.

RABIS (s. m. pl.): rvrences et compliments affects et exagrs.

RABISTOQUER: raccommoder.

RABLET: petit couteau.

RABOTER: rpter les mmes choses  satit.

RABOTTE (s. f.): masse d'un bton.

RABOUDINER (v. n.): se recoquiller; se recroqueviller.

RABOUNER: raccommoder grossirement. En patois Rennais, _dabonner_.
C'est toujours rendre  peu prs _bon_. A.

RABOUNEUSE (s. f.): mauvaise couturire. A Rennes, _dabonneuse_. A.

RABOULER: renvoyer une boule vers son point de dpart.

RABUQUER: remuer une chose mal  propos et la heurter. Au figur,
traiter quelqu'un rudement. L.

RABUSQUIER; RABUSCHIER: gronder vertement et ouvertement.

RACACHE; RACACHIE: bande nombreuse et sans ordre.

RACACHER; RACACHIER: faire revenir un animal au point de dpart, en le
chassant devant soi; _rechasser_.

RACATER: racheter; acheter de nouveau.

RACCOURCI; RACCOURCHI: chemin qui accourcit. Prenez par le _raccourci_.

RACCROC; RECROC: repas  la suite d'un plus grand, et presque toujours
compos des restes de celui-ci. Faire le _raccroc_ des noces; des repas
de confrrie.

RACE (s. f.): canaille. Petite _race_: enfant.

RACHICOT (s. m.): grosse racine sortant de terre et donnant des rejets.

RACHINE: racine.

RACLE; DRACLE: vole de coups.

RACLER (v. a.): rosser; battre. L.

RAC'MODER: raccommoder.

RACOIN: coin, recoin. L.

RACOQUILLER (SE): se resserrer comme certains animaux dans leur
coquille.

RACOUET: chaume.

RACRAMACHI, E (en parlant d'un visage): chiffonn, disgracieux et
difforme.

RACRAMPIR. Voyez CRAMPIR (SE). L.

RACRO (s. m.): coude d'un chemin, dtour, circuit, crochet. Ce chemin
fait un _racro_  tel endroit. Ce livre a fait un _racro_, c'est--dire
un circuit; il est revenu prs du lieu d'o il tait parti. Feu
Lamarche.

RADAS (s. m. pl.): chiffons, guenilles. O.

RADOUBLER: redoubler; revenir sur ses pas; parcourir de nouveau le mme
chemin. O.

RADRECHER; RADRESSER: redresser;--recommencer.

RADRESSES: endroits qu'il faut connatre dans la distribution d'une
maison ou d'une localit; ses tres. L.

RAFAITS: objets vieux, uss et gards en tas. Voyez RAFUT.

RAFALER: ravaler; ruiner.

RAFFILER: redonner le fil; aiguiser de nouveau.

RAFISTOLER: raccommoder  la hte. En Roman, _affistoler_ signifiait
tromper; plus tard, ce verbe a t employ pour _se parer_. L.

RAFOURE: portion de fourrage pour un repas.

RAFOURER: donner  manger aux vaches et aux moutons dans l'table. M.
Decorde.

RAFULER: coiffer; donner un soufflet. H.-N.

RAFLIER: rfler.

RAGEUR, EUSE: qui fait rage; qui est d'un caractre difficile.

RAFECILLER: chercher parmi les _rafaits_; fureter.

RAFOI: Raphal.

RAFOUER: chasser; gronder. C.

RAFOUET: feu follet. Voyez FOURLORE.

RAFOUGUER: examiner minutieusement.

RAFREUX: objet de rebut. B.

RAFUT: vieux meuble. Presque toujours employ au pluriel pour des
vieilleries de toute espce, restes de linge, d'habits, etc.

RAFUTER: raccommoder.

RAGACHE: qui agace, menace, provoque.

RAGACHER: agacer. S.-I.

RAGOT: bavardage; balivernes; propos; conte sans suite.

RAGOT; RAGOTE: cheval, jument, aux jambes courtes,  la taille moyenne,
au cou fort,  la croupe large, trs-capable d'un bon service.

RAGOTTER: rabcher; dire des sornettes.

RAGOUASSE (s. f.): mauvais ragot. A.

RAGRIBONNER (SE): se rassembler; se raccourcir en boule.

RAGUCER; RAGUCHER: ragoter; exciter l'apptit, l'_aiguiser_. En langue
romane, _agucher_, _aigucher_: aiguiser.

RAGUNER. Voyez RAGUNUCHER.

RAGUNU (s. m.): fruits rests aux arbres aprs la rcolte. Du
substantif _regain_. A.

RAGUNUCHER: recueillir les fruits rests aux arbres aprs la
cueillette.

RAGUIN: insolent; emport; vif, fort, portant au cerveau. Cidre
_raguin_: qui enivre promptement.

RAGUISER: aiguiser.

RAHOUER (SE): se rendormir.

RAICHER. Voyez RQUER.

RAIDILLON (s. m.): partie de terrain difficile  gravir, raide  monter.
L.

RAILE: raie; sillon de charrue.--RAILE DU DOS: pine dorsale.

RAILER: faire des raies; rayer.

RAILES (s. f. pl.): branches disposes pour former une clture sche. De
l'anglais _rail_: barrire. B.

RAILETTE: raie des cheveux spars sur la tte.

RAIMBINIER: fainant; mauvais ouvrier; littralement qui s'amuse avec
des btons; _rains_, en vieux franais. MM. Dumril.

RAINCE; RAINCHE: rosse.--RAINCER; RAINCHER: rosser.

RAINCIE: collation, goter.

RAINE; RENNE (s. f.): grenouille. Une commune de l'arrondissement de
Domfront s'appelle Raines-en-Grenouilles. Du latin _rana_.

RAISONNER: gronder; mettre  la raison.

RAISONNERIE: mauvais raisonnement. S.-I.

RAISONS: propos dplacs; altercations. Patois Lorrain. L.

RAITON (s. m.): petite raie;--poisson de rebut. L.

RALE: rare. L.

R'ALLER: aller de nouveau. H.-N. Je _r'vais_; je _r'allais_; j'ai
_r't_; je _r'irai_, etc. M. Decorde.

RALLIAS: runion de plaisir entre gens qui se conviennent.

RALLONGE (s. f.): allonge.

RAMACHARD (s. m.): sorte de chasse aux oiseaux, qui se fait la nuit, 
deux personnes ordinairement, avec une couline ou brandon de glui
enflamm. Celle qui porte la couline va le long de la haie o sont
juchs les oiseaux, et les effraie par du bruit et par la flamme de la
couline. Les oiseaux s'enfuient du ct oppos; mais ils y trouvent
l'autre chasseur, arm d'une _rame_ ou _rame_, qui les _machacre_,
c'est--dire les assomme et les tue. _Ramachard_ vient de l'acte et de
l'instrument. M. Lepingard.

RAMARRER: rejoindre par un noeud les deux bouts d'une
corde;--rconcilier; rapatrier.

RAMASSE (s. f.): vole de coups. Du verbe _ramasser_.

RAMBU: Rambures, sorte de grosse pomme acide qu' Paris on appelle
_Rambour_, mal  propos, puisque ce fruit tire son nom de la commune de
Rambures. (Somme.)

RAMENDER (v. n.): amender; s'amliorer; se mieux porter; diminuer de
prix.

RAMENDEVER: rappeler. Mme sens que _ramentevoir_.

RAMENER: mettre  sa place un arrogant. V. REMENER. L.

RAMENTIR: remmorer.

RAMERRA: ramnera. H.-N.

RAMIAULER: amadouer. Se _ramiauler_: se refaire; rparer ses pertes; se
raccommoder avec quelqu'un. Du verbe _rendre_ et du substantif _ami_. L.

RAMICHER: regagner au jeu ce qu'on y avait perdu.

RAMIR: brandir. _Ramir_ son bton sur: lever son bton sur; menacer de
son bton.

RAMON: grondeur; rabcheur;--RAMON: fracas; tapage. C.

RAMONER (v. a.): traiter quelqu'un rudement, comme la chemine qu'on
_ramone_; gronder. L.

RAMOUCHELER: mettre de nouveau en _mouchet_.

RAMOUDRE: ramoner;--aiguiser.

RAMOULEUX: mouleur;--ramoneur.

RAMPONER (SE): se vtir sans grce, _ la Ramponeau_.

RAMPOS: rameaux.

RAMPRONER. Voyez RAPRONER.

RAMUCRIR: rendre mucre.

RAN: blier. Du Celtique-Basque _arra_: mle, ou mieux du grec [Grec:
harrn], qui a la mme signification.

RANCANGN: qui regarde en dessous.

RANCE. Voyez RAUDE.

RANCER; RANSER: avoir la respiration gne;--flchir sous un fardeau.

RANCLE (s. m.): fivre occasionne par un rhume, accompagne de mal de
gorge.

RANCOEURIR: tre presque pourri par la salissure, en parlant du linge 
blanchir. De _rancoeur_. C'est ce qu'on appelle, en Lorraine, du linge
_encueugn_.

RANDIR: rder; tourner autour.

RANDOIN; RANDOUIN: randon.

RANDON: babil qui a toujours le mme objet;--graillon brl, gratin par
l'excs de la cuisson.

RANDONNAGE: action de randonner.

RANDONNE (s. f.): abondance. L'auteur du _Vocabulaire_,  la fin de la
_Danse aux aveugles_, drive avec raison ce substantif du mot _randon_.
A grand _randon_: avec violence, avec imptuosit, Se plaindre  fire
randonne, c'est--dire hautement et avec aigreur. _Randonne_ signifie
aussi tourne, petit voyage.

RANDONNER: aller et venir dans le mme lieu;--bouillir jusqu'
l'puisement;--prendre got de _randon_.

RANDOUILLER; RANDOUINER; RANTOUINER. V. RANDONNER.

RANGAIS (s. m.): terre, champ, sillon, o les lignes des charrues sont
mal ranges, mal rabattues.

RANGER; RANGEAIS: labour prparatoire.

RANGUIE: range.

RANIRE: masure; vieille maison habite par les _rats_.

RANQUEUX: animal de rebut.

RAPAPILLOTER: rajuster des papillottes; raccommoder ses affaires.

RAPAPIOLE (s. f.): passage rapide de la main sur un visage, en montant
et en descendant. C'est une sorte de pnitence que l'on inflige, dans
les petits jeux innocents. V. RABABOUINER.

RAPARAT: fantme qui _apparat_. B.

RAPAREILLER; RAPARILLER: trouver un objet _pareil_  un autre; assortir.

RAPARPOINTER: rparer; remettre bien en point. B.

RAPASSER A (SE): se borner . L.

RAPENSER (SE): se rappeler; se souvenir.

RAPIAMUS (FAIRE): emporter tout ce qu'on veut enlever. De _rapere_,
ravir.

RAPIN: homme qui vit de _rapine_, Du latin _rapere_.

RAPINEUX. Voyez RAPIN.

RAPOILER: s'occuper de choses de la valeur d'un poil; de riens, de
bagatelles.

RAPOUSSER: rendre ce qu'on avait reu. M. Decorde.

RAPPORT A: par rapport ;  cause de.

RAPRONAGE: rabchage.

RAPRONER: blmer; gronder; rabcher. De l'ancien verbe _ramposner_, ou
_remprosner_: injurier; blmer; quereller.

RAPSAUDER: rapsoder.

RAPTI: tiges de colza dont on a enlev la graine. M. l'abb Decorde.

RAQUILLON: reste d'herbe, rebut des bestiaux; trognon de poire ou de
pomme.

RASE: rez. A _rase_ de terre. L.

RASEUX: rasoir.

RASI (qual.): cur; nettoy.

RASIRE: sorte de boisseau; mesure d'un demi-hectolitre.

RASSEROTER: rconcilier; rapatrier.

RASSIER; RASSIR: rasseoir.

RASSOTER: raffoler.

RASSOAUTER: rapetasser. O.

RATABEU; RATANBEU: arrte-boeuf (_Ononis spinosa_).

RAT-A-RAT: rez. Coupez cette branche _rat--rat_ du tronc: rez le tronc.
L.

RATATIBOUNER: raccommoder grossirement.

RATATOUILLE (s. f.): viande de rebut, telle que la _rate_, les poumons,
etc. A.

RAT-BAILLOT: lrot.

RATELLE: rateau pour recueillir les pis perdus.

RATER: mesurer ras. C'est le contraire de COMBLER.

RATIER: ruisseau des rues. Corruption de _radier_. B.

RATIER: qui fait mtier de dtruire les rats.

RATIER: radier, ligne du chemin que suivent les animaux et qui est la
plus sre.

RATILLON. Voyez RAQUILLON. B.

RATIMITI: ras; ras de trs-prs. (Valognes.)

RATIRE (s. f.): lieu o l'on serre, o l'on cache;--lieu o l'on se
retire, o l'on est dans la retraite.

RATIRER: attirer chez soi. Presque toujours en mauvaise part.

RATOIRE (s. f.): ratire. On ne trouve ce mot ni dans Nicot, ni dans
Monet; mais il a t admis dans le _Dictionnaire des rimes_ de La Noue,
et dans le _Dictionnaire espagnol_ d'Oudin. L.

RATOUR: dtour, au propre et au figur.

RATROTTER: revenir sans cesse sur ce qu'on a dit ou fait; rabcher.
(Manche.)

RATROTTOUX: ratrotteur, celui qui _ratrotte_. La vieillesse est
_ratrottouse_.

RATRUCHE: ratissoire.--RATRUCHER: ratisser.

RATUANGE (s. f.): rabchage; redites ennuyeuses. A.

RAT-VAIRET: sorte de mulot, de couleur brune et fauve.

RAUCHER: hausser; _rehausser_. S.-I.

RAUCOUER: rder;--observer avec une indiffrence qui n'est qu'apparente.

RAUDE (s. f.): amas de branches, ranges en attendant qu'on les emploie.
L.

RAUT (s. m.): _rut_ des chats. L.

RAVALER: ruiner. Voyez RAFALER.

RAVAT: gaule ou long bton avec lequel on _ravage_, on agite la vase, on
trouble l'eau, etc.

RAVAUDER: fouiller; remuer une chose sans utilit et dsagrablement.
L.--Travailler. H.-N.

RAVEIGNE (s. f.): la tte. Ce mot se prend en mauvaise part. A.

RAVEINDRE: ratteindre; retirer de.

RAVELUCHE: rave sauvage, qui crot surtout dans le sarrasin.

RAVENELLE (s. f.): violier ou girofle jaune. De _rave_, parce que la
feuille et les tiges de la _ravenelle_ ont la saveur des _raves_. Dans
le patois de Grenoble, _ravenella_ signifie _radis_ et _petites raves_.

RAVENET: filet pour prendre les oiseaux.

RAVER: sauver; retirer. H.-N.

RAVEUGLER: confondre; bouleverser en cherchant.

RAVEUGUIER: _ravauder_; ennuyer par les mmes propos; revenir sur le
pass, etc.

RAVIGOUREY: remise, consolide. M. Chassant, dans son _Glossaire de la
Muse Normande de Louis Petit_.

RAVILER (v. n.): baisser de prix. Voyez RAMENDER.

RAVILLER: brouiller; mettre sens dessus dessous. De _ravager_. (Manche.)

RAVIN-COQUIN: coquin consomm. Corruption de _raffin_. A.

RAVIRES (PAR LES): de temps en temps.

RAVIRER: se raviser; revenir sur son assertion. De _virer_. O.

RAVISION: changement d'avis; action de se raviser.

RAVOIR. Ce verbe n'a que l'infinitif. Le patois Normand le conjugue dans
tous ses temps: je _rai_, je _ravais_, j'ai _reu_ ou _ru_, je _rerai_,
je _rerais_, que je _raie_, etc.

RAVOUER: rparer la voie, le chemin; remplir avec de la terre, des
dbris, etc.

RAYE (en parlant du soleil): apparition momentane de quelques rayons
de cet astre.

RAYONNOIR; RAYONNEUX; RAYONNOUX: sorte de petite houe on binette pour
ouvrir les _rayons_ qui doivent, dans le jardin, recevoir certaines
semences. L.

R; REY: roi.--R: ruisseau.

RBARBARATIF: rbarbatif. Patois Lorrain.

REBARBER (v. rfl.): se montrer _rbarbatif_.

REBECCA (s. f.): femme revche. Ce mot vient de _bec_, comme
_bcancire_, et n'a nul rapport avec l'pouse d'Isaac.

REBETTE (s. f.): roitelet; troglodyte. L.

REBETTIN: petit roitelet L.

REBIFFER (SE): se dfendre vivement; regimber.

REBINDER; REBLINDER (v. n.): recommencer. L.

REBINGER (v. rfl.): se venger.

REBLOT: roitelet.

REBOGNE (A):  ttons. Voyez BONE-BONE.

REBOISSER: contredire; contrarier.

REBOUILLEUX: rejeton. C.

REBOULER: redonner, renvoyer une boule. Voyez ABOULER et RABOULER.

REBOUQUER: repousser; rebrousser. Il se dit d'un outil dont le tranchant
rebrousse; puis de l'homme qui renonce , qui cesse par satit. On dit,
en patois Troyen: _ rebouque-nez_:  satit. _Rebouquer_ signifie
aussi cder; flchir, dans la Seine-Infrieure.

REBOURS (A LA):  rebours.

REBOURS, E: revche; rtif. Cheval _rebours_. Marot, dans ses
_pigrammes_:

       Madame, je vous remercie
       De m'avoir t si rebourse.

REBOUTER: rduire une fracture. L.

REBOUTEUR; REBOUTEUX: empirique qui remet les membres disloqus. De
_bouter_: mettre. A.

REBRASSER: revtir les bras.

REBROQUER: rparer un toit, un vtement.

REBROUER: rabrouer; rudoyer.

REBULET: recoupes de farine. L.

REBUS (CHEMINS): raffermis aprs la pluie, _rebus_ par le sol.

RECACHER: chasser; poursuivre. S.-I.

RECAT (s. f.): assemble qui se tient dans la huitaine d'une fte. C'est
en quelque sorte le _rchauff_ de cette fte.

RCART: cart, rebut. Mettre au _rcart_.

RCAUFFER: rchauffer.

RECAUSER: parler de nouveau.

RCENT: qui a son bon sens; qui n'est point ivre. Reprendre son
_rcent_: reprendre connaissance aprs une syncope.

RECPER (v. a.) (Orne): scier un morceau de bois; littralement
_recouper_. On le dit ailleurs des arbres  moiti morts, qu'on est
oblig de couper pour leur faire repousser des _cpes_. MM. Dumril.

RECHARGEAGE (s. m.): action de recharger. Patois Lorrain.

RCHER; RQUER: faire tomber les fruits  pressoir,  coups de gaule.
Voy. RQUER; RQUET.

RECHEU: reu, participe pass de RECHEVER: recevoir.

RECHEVEUX: grand cuvier qu'on place sous le canal de la _faiselle_, pour
recevoir le cidre nouvellement brass. M. Decorde.

RECHINCHER: revendeur.

RECHIPPER: pousser de nouveau en _cpes_.

RCIPER: recevoir. C'est le verbe latin _recipere_. O.

RCLER (v. n.): recueillir les fruits oublis dans ou sous les arbres.

RCOMPRER: ne pas conserver le respect d aux suprieurs; leur parler
comme  un compre.

RCOPRER: rcuprer.

RCOPILL (TOUT): tout _crach_. Voyez RCOPI.

RCOPI; RCOPIT: peint trait pour trait; parfaitement ressemblant. Du
verbe _copier_. Voyez COPIR.

RECOQUET: oiseau de la seconde ponte.

RCOQUILLER: rendre la sant. H.-N.

RECOUER (v. a.): sauver; conserver. A.

RECOUPER: mlanger. _Recouper_ du cidre: y mettre moiti d'eau;--du bl:
le remuer  la pelle pour l'empcher de se gter;--de la chaux: remuer,
pellete  pellete, une masse de terre o l'on a mis de la chaux 
s'teindre pour former un bon engrais.

RECOUVRIR: recouvrer. _Recouvrir_ la sant.

RECROCHILLER: rendre croche; courber; tordre.

RECUIT (BL AU): bl qu'on n'a pu vendre et qu'on a mis dans un coin 
l'cart.

RECULE (FEU DE): grand feu qui force  se _reculer_.

RCURER: curer; curer; fourbir.

RDE (adv.): trs; tout--fait; vite. _Rde_ bon: trs-bon. Courir
_rde_: courir vite.

RDILLON: sentier escarp. H.-N.

REDINGUER: rebondir. (Valognes.)

REDOT: enfant n long-temps aprs celui qui l'a prcd, et quand on ne
s'y attendait plus.

REFAIRE: tromper; attraper.

REFAITS: rcits sans importance. Voyez RAFAITS.

REFALX; REFAUX: regain, herbe de la premire pousse aprs la fauchaison.

REFILER: refendre au moyen de la scie.

RFORCEMENT: renforcement. Cet homme est bte par rforcement, imbcile
_renforc_, bte  l'excs. L.

RFORCER; RFORCHER: engager  manger; presser avec instances ritres
de manger, de boire. _Rforcez-vous_: mangez donc; excitez-vous 
manger. L.

RFOUI: usufruit. O.

REFREINDRE (v. n.): baisser de prix, en parlant des objets de commerce
courant. Voyez RAMENDER. B.

REGADER: regarder. L.

RGALER: payer la goutte.

REGARDANT: intress, un peu avare. L.

REGAUDIR: rjouir. De _gaudere_. S.-I.

RGENCE: petit pain au levain de bire. H.-N.

REGENCER: rajuster. D'_agencer_. Voyez GENCER. L.

REGINGUER: regimber.

RGLER: avoir la respiration gne et faire du bruit en respirant. M.
l'abb Decorde.

RGNON: lger bruit du chat avant de s'endormir. H.-N.

RGOLICE, ou RGOLISSE. Voyez RIGOLICE.

REGRACIER: rendre grces; remercier. C'est l'ancien mot franais.

REGUCER. Voyez RAGUCER.

RGUISER: aiguiser.

REHAUCHE (s. f.): accroissement de qualits; avantage. S.-I.

REIDERIE: engouement pour certaines choses.

REIDEUX: qui a des _reideries_.

REINE-BOITE (PORTER A LA): porter quelqu'un,  deux personnes, qui
entrelacent leurs mains pour en faire un sige.

RELANNER: rosser. De _lanire_.

RELANQUIR: renoncer . De _relinquere_. S.-I.

RLE (s. f.): raie trace sur le papier, le bois. On appelle parfois
l'arc-en-ciel la _Rle-St.-Martin_.

RELICHE: rosse.--RELICHER: rosser.

RELICHER: lcher de nouveau; savourer en mangeant; chercher ce que les
autres ont laiss; courir aprs un objet que l'on convoite.

RELIE: rosse.--RELIER: rosser.

RELINGUER: redresser; remettre quelqu'un  sa place, le rappeler 
l'ordre.

RELIPPER: boire la part d'un autre.

RELIQUER; RELIQUIER. Voyez RELICHER.

RELIRE; RELURE: reluire.

RELUQUER: regarder en clignant les yeux. Du latin _lux_.

REMAIT (IL): il reste; il _demeure_.

REMANCER; REMANCHER; REMANCHIER; ROMANCHIER: gronder.

REMBRAILLER: donner suite  une fte le lendemain de cette fte ou le
jour de l'octave; peut-tre remettre ses _braies_ de fte. M. l'abb
Decorde.

REMBRAILLER (SE): remettre ses _braies_. Id.

REMEMBRAME (s. m.): reste; petit morceau. O.

REMEMBRANCE: souvenir.

REMEMBRER: se souvenir.

REMENER: rabrouer. On dit  quelqu'un dont on a sujet de se plaindre:
D'o viens-tu, que je te remne?

REMETTOUX: _rebouteur_. Voir ce mot.

REMEUIL: commencement de dgel. L.

REMEUILLER (v. n.): commencer  dgeler. L.

RMIAGE (s. m.): action de _rmier_, de pressurer un marc dj travaill
et treint. Le _rmiage_ est aussi la liqueur qui provient de cette
seconde pression. D'_mier_ pour la deuxime fois. L.

RMIER (v. a.): excuter l'opration du _rmiage_. L.

REMINER A: songer . Du verbe _ruminer_. L.

RMIOUX: ouvrier qui _rmie_.

REMIRER: regarder avec attention. H.-N.

REMONTE: aprs-midi. H.-N.

REMONTER: reprendre son travail aprs midi.

REMOTTER: former une motte de terre au pied de certaines plantes, telles
que la pomme de terre. H.-N.

REMOUDRE; REMOULER: repasser sur la _meule_.

REMOULETTE: petite meule pour moudre. O.

REMOUTI (s. m.): miroton. L.

REMPICETER: rapicer.

REMPITER: refaire le pied d'un bas.

REMPLI: repli.

REMPLIER: replier.

REMUCRE; REMUQUE: _mucre_. Sentir le _remucre_. V. MUCRE.

REMU DE GERMAIN: issu de germain. Cousin _remu_ de germain.

REMUER: replanter, en parlant de jeunes plantes.

RENAFLER: respirer bruyamment par le nez.

RENALLER (SE): s'en aller de nouveau.

RENARD: nause, vomissement. Dans le patois Walon, on dit _renard_ pour
vomir. De _nasus_. A.

RENARDER: vomir. Patois Berruyer.

RENAR: fin comme un _renard_. (Vire.) tre _renar_: trouver plus rus
que soi. H.-N.

RENASELLE: grenouille. De _rana_, _raine_, dans l'ancien franais.
Patois Troyen. En patois Walon, _rane_, _ranotte_.

RENASQUER: renifler. En patois Walon, _naque_ signifie excrtion du nez.
A.

RENCEINT; RENCHEINT: ligne qu'on dcrit en marchant, pour enceindre dans
un espace de plus en plus resserr l'animal ou l'objet dont on veut se
saisir.

RENCHAINT: surcrot. S.-I.

RENCHARGER: recommander.

RENCHIN: circuit de manire  revenir au point de dpart. Faire un
_renchin_.

RENCOIGNER: pousser un animal dans un _coin_, o il est plus facile de
le saisir. L.

RENCONTRE: sorte de coiffe dont les barbes, disent MM. Dumril, sont
faites de dentelles, cousues par le pied, qui se rencontrent.

RENCONTR: pourvu. Cette fille, qui s'est marie, est bien _rencontre_.
BIEN RENCONTRER: faire un mariage sortable.

RENDOUBLE; RENDOUBL: double. _Rendouble-coquin_: double coquin.
_Rendouble-catin_: coureuse consomme. L.

RENDOUBLER (v. a.): redoubler; replier de manire  former un double. Ce
linge, ce papier est _rendoubl_. L.

RENDUIRE: enduire.

RENDUIT: enduit. Voyez POULFRI. L.

RENELLE: ruelle d'un lit. H.-N.

RENEUCHIER: renouveler un repas de noce.

RENEUCHON: renouvellement du repas et des ftes d'une noce. L.

RENTIR: nettoyer.

RENFILER: redonner le _fil_; affiler.

RENFRAICHIR: rafrachir. De l'italien _rinfrescare_.

RENFRAICHISSEMENT: rafrachissement.

RENGAGNE (s. m.): esprit irritant. Voyez ENGAGNER.

RENHAITER: exciter; encourager. H.-N.

RENLARGIR: largir de nouveau.

RENMESSER: faire dire une messe d'actions de grces, le lendemain de son
mariage. M. l'abb Decorde.

RENONCHER; RENONCHIER: renoncer.

RENOUVIAU: renouveau, printemps.

RENOUVELE (VACHE): vache qui vient de vler.

RENTIQUES: reparties; rpliques.

RENTRAITE: reprise des mailles d'un tissu perc.

RENTRAIT: effray. S.-I.--Vtement _rentrait_: auquel on a fait des
_rentraites_.

RENVERSER: vomir. (Mortain.)

REPAIRER (v. n.): habiter un lieu, s'y retirer habituellement. Le roi de
Navarre fait usage de ce verbe, dans ses _Chansons_, et La Ravallire,
dans le _Glossaire_ qui les accompagne, cite ces vers d'un vieux pote
anonyme:

             J'ai un joli sovenir
       Qui en mon coeur maint et _repaire_.

Wace avait donn  ce verbe le sens de revenir; retourner:

       Quant j'eu de France _repairai_.

Dans le patois de Grenoble, se _repair_ signifie se retirer; rentrer
chez soi. De _repaire_. L.

REPAISSANT: dont on se dgote promptement; dont on est promptement
_repu_.

RPANDOUX, SE. Voyez NOUVELLIRE, qui a probablement le masculin
_nouvellier_.

REPARAPOINTER; REPARPOINTER: _pointer_ du glui dans une couverture pour
la rparer.

REPASSE D'AOUT: repas que le matre donne aux ouvriers qui ont concouru
 faire sa moisson.

REPASSEUX; REPASSOUX: mouleur.

RPER: avoir des rpets.--RPET: rot. H.-N.

REPILE (s. f.): pied d'arbre arrach, spar du tronc. L.

REPIMPER (SE): faire toilette.

REPLUMETTE (s. f.). Voyez REPASSE D'AOUT. L.

REPOISSU: repu. A.

REPONNEZ; REPONNU; REPONNANT; REPONNONS: rpondez; rpondu; rpondant;
rpondons. Dans les _Chansons_ du roi de Navarre, on lit _reponnez_ pour
rpondez. L.

REPOSETTES (s. f. pl.): loisir, _repos_. Vous m'crirez  vos
_reposettes_: dans vos moments de loisir. L.

REPOUILLER (v. a.): rhabiller; _pouiller_ de nouveau. A.

RPREUME (s. m.): rflexion; retour au principe, au premier point de la
question. _Au rpreume_, je suis d'avis de. M. Lepingard.

RQUE: d'un got pre. Air _rque_: air revche.

RQUELER: recueillir les fruits oublis aux arbres. Du verbe _rquer_.
B.

RQUER; RQUIR: gauler des fruits  pressoir;--frapper.

RQUET (s. m.): petite gaule  _rquer_.

REQUILLER: renvoyer la boule vers les joueurs de quilles. Au figur,
_requiller_ quelqu'un, c'est le tancer, le rabrouer. L.

RQUILLONS; RQUILLONS: restes.

REQUIR: _requrir_. H.-N.

RESAN: serein, air du soir.

RESAQUER: retirer. H.-N.

RSIPLE: rysiple. H.-N.

RSOLU; RSOU: dispos. L.

RESSASSIER. Voyez SASSAIRE.

RESSE (s. f.): sorte de panier long et peu profond, sans anse. C'est ce
que, dans l'Ille-et-Vilaine, on appelle _grelle_. O.

RESSERRE: serre; lieu o l'on _serre_ des objets. L.

RESSOURCE: source. L.

RESSOURDRE (v. a.): relever; activer; rveiller;--se gonfler; se
dvelopper. Ces pois, ce vin, ce pain ont beaucoup _ressourd_ en
cuisant: ont beaucoup augment de volume. De _surgere_.

RESSUER; RESSUYER: cesser d'tre humide. Il se dit aussi des murs qui se
couvrent d'eau, par suite de l'humidit de l'atmosphre.

REST-CHE: est-ce de nouveau?

RESTILLON (s. m.): petit _reste_ de peu de valeur. A.

RSURRECTIONNIER: celui qui, la veille de Pques, va de porte en porte
chanter la Rsurrection.

RESSUSER: aller  reculons.

RTAMER: tamer de nouveau.

RETAPER (SE): s'habiller mieux qu'auparavant.

RTILLER: agiter les membres convulsivement. L.

RETINTON: petit reste. De _retentum_.

RETIRE (s. f.): lieu o l'on place les objets dont on n'a plus ou dont
on a rarement besoin. De _retirer_, ou plutt de l'adverbe latin
_retro_. Ce substantif est masculin dans le patois des Vosges. L.

RETOQUER: faire de nouveaux efforts pour soulever un poids. M. l'abb
Decorde.

RETOQUET: bavard et entreprenant.

RTOUPER: boucher; rparer.

RTRE: tre de nouveau. Il _rest_ parti.

RETRUC: expdient. Voyez TRUC.

RTU, E: en bonne sant; bien conserv; actif, en parlant d'un
vieillard.

RETUIT: lieu o l'on dpose le grain non vendu, pour l'exposer au march
suivant. On dit, en patois Troyen, _retuyer_: serrer pour le march
prochain. De _rduit_.

REUE: roue.--REULIRE: ornire.

REUNGE (s. m.): action de ruminer; rflexion. Revenir au _reunge_:
revenir  la pense par rancune.

REUNGER: ronger;--ruminer, en parlant des animaux. En patois Walon,
_rouingi_. A.

REUNGIS. Voyez REUNGE.

REUX: confondu; tonn. B.

REVALIN: reste. B.

REVANGE: revanche. Patois Lorrain. S.-I.

REVANGER: remuer; brouiller. A.

REVANGER (SE): prendre sa revanche.

RVE (s. m.) (en parlant du miel). Un _rve_ de miel: un rayon de miel.

REVCU: ressuscit. A.

RVEILLE-MATIN: tithymale (_Euphorbia_). B.

RVEILLONNER (v. n.): faire _rveillon_; et, par extension, faire aprs
minuit un repas extraordinaire.

RVRENT, TE: respectueux, se. L.

REVERTERIS (AVOIR UN): changer de rsolution. H.-N.

REVEUGER. Voyez REVANGER. A.

REVVRE: ressusciter; _revivre_. A.

RVOIL; REVOUIN: regain. Voy. VOUIN.

REVOLIN: reste. B.

REVOUINER: repousser comme le _vouin_ (regain);--pulluler. Voyez VOUIN.
L.

RHABILLER: rtablir; remettre en bon tat. _Rhabiller_ un chemin: le
rparer.

RHEUME; RHIME: rhume.

RHINOCROS (_Oryctre nasicornis_) insecte. Voyez CAPUCIN. B.

RIAL; RYAL: royal. S.-I.

RIBALET: bord d'un ruisseau; petit sentier qui s'y trouve. De _ripa_:
rive, bord. B.

RIBAN: ruban.

RIBLE (s. m.): vent froid et pntrant. B.

RIC (TOUT): tout prs. (Mortagne.)

RICHOINE: homme joyeux, comme un _riche_  qui rien ne manque.
(Avranches.)

RICHOLER: _ricaner_; rire en secret.

RIDELER: produire de petites rides; fltrir.

RIDIAUX: rideaux.

RIE: rayon du soleil qui semble, en paraissant, rire ou sourire  la
terre.

RIEN-QUI-VAILLE: vaurien.

RIEU: ruisseau. De _r_.

RIFAU: canal. Du latin _rivus_, ruisseau.

RIFLE: morceau de bois qui se place au bout du _hanse_, et dont les
faucheurs se servent pour aiguiser leur faux. M. Decorde.

RIFLE (s. f.): gourme des enfants.

RIFLER: rafler; voler; enlever;--se servir du _rifle_; effleurer.

RIFOUR. Voyez RIFAU.

RIGNALER: _rognoner_; murmurer.

RIGNON: rognon.

RIGOLET: grand gobelet. Du vieux franais _se rigoler_; se rgaler.
Vire.

RIGOLET: rigole;--harin, mauvais cheval.

RIGOLICE; RINGOLISSE (s. m.): rglisse. Patois Walon, _rgolice_.

RIGOLLER: railler. Ce verbe a t employ en ce sens par l'auteur d'une
ancienne chanson normande, que nous avons publie  la suite de notre
dition de Basselin, p. 182:

       Ne venez plus ainsy m'y _rigoller_.

J.-B. Rousseau donne un autre sens au verbe _rigoller_. Il dit:

       Se _rigollant_, menant joyeux dduit,
       Et jusqu'au soir faisant le diable  quatre.

RILE; RILETTE: restes rissols de lard, que l'on dcoupe et frit pour en
tirer le saindoux, et que l'on conserve sals et poivrs en pot pour
l'hiver. A.

RILE (s. m.): hle.

RIMOUSQUETTE (s. f.): fille dgourdie, qui agace les garons. A.

RIME: gele blanche.--RIMER: geler blanc.

RIN: rien.

RINBIN: objet de peu de valeur (_rien_ de _bien_). A.

RINBINER: revendre des objets de peu de valeur. L.

RINBINIER: celui qui _rinbine_. L.

RINCE; RINCHE; RINCHIE: vole de coups. L.

RINCER; RINCHIER; battre quelqu'un; le rosser. L.

RINCER; RINCHIER: aiguayer; rincer du linge.

RINCETTE; RINCHETTE: verre d'eau-de-vie ou de liqueur qu'on prend aprs
le caf.

RINCHI: rinc, nettoy. Des bouteilles bien _rinchies_.

RINCHURETTE: verre qu'on prend aprs la _rinchette_.

RINGARD: fourgon du four. Voyez NAS.

RINGLER: glisser sur la glace. A.

RINGLOIR: eau gele propre  _ringler_. A.

RIO: petite raie, poisson;--petite rigole. H.-N.

RIOCHER; RIOCHINER: rire  petit bruit, en se moquant.

RIOCHEUX: qui _rioche_.

RIOLET: bord ou trottoir. De _rivus_ ou de _ripa_. Voyez RIBALET.

RIOLET: petit ruisseau. De _rivulus_. B.

RION: _rayon_; petit sillon. L. Un _rion_: un brin. H.-N.

RIOTER. Voyez RIOCHER.

RIOTEUX: instrument qui sert  faire des _rios_ pour planter des pois,
des fves, etc.

RIPER: tourner un objet bout pour bout. _Riper_ un tonneau: le placer en
quilibre sur un chantier et lui faire faire volte-face. M. Lepingard.

RI-PIERRE; RI-TERRE: rez-pierre; rez-terre.

RIQUET: mesquin, _triqu_.

RIQUIEU: troglodyte de l'ordre des Sylvains, roitelet.

RIQUIQUI (Famille de): compose d'un grand nombre de membres.

RIQUIQUI (s. m.): eau-de-vie. De _rikiki_: toute liqueur spiritueuse
chez les Arabes, qui appellent kiki le ricin, que M. Pierquin de
Gembloux croit tre le kikajou de Jonas.

RIRIE (s. f.): ris continus, aux clats; partie de rire.

RISQUATOUT: animal qu'on _risque  tout_, qu'on puise, sans craindre
que mort s'ensuive.

RISQUIPTE (A LA):  la coque; oeufs cuits dans les cendres, _ la
risque qu'ils pettent_. M. Decorde.

RISTOURAS: mauvais _restes_ d'toffes, de linge. A.

RITELET: roitelet.

RIVE: ct extrieur d'un lit.

RIVER: parer la _rive_ (d'un lit); arranger le bord de la couverture, la
replier sous le matelas de manire que ce bord ne soit point aperu. M.
Lepingard.

RO! RO! haro. De Hrolf (Rollon), premier duc de Normandie. S.-I.

ROBERDE (s. f.): herbe--Robert (_Granium Robertianum_). B.

ROBIN: taureau. H.-N.

ROBINIRE (VACHE): qui tourmente les autres et est impropre  la
reproduction.

ROC: rprimande, semonce. Donner un _roc_  quelqu'un. B.

ROCHIER: rocher.

ROCHER. Voyez BUCHER.

RODEUR: celui qui _rde_ pour voler; et, par extension, voleur.

ROE (s. f.): roue.

ROGATONNER: parler entre ses dents, en revenant sur des faits accomplis,
en grommelant.

ROIGNER: rogner.

ROGNONEMENT: action de rognoner.

ROINCER: grogner. Dans l'arr. de Mortagne, il exprime le cri des chevaux
qui veulent se battre. MM. Dumril.

ROISNER; ROUESNER; ROINASSER: murmurer entre ses dents, de manire 
rappeler un peu le bruit d'une roue mal graisse.

ROITER: tourner; dcrire en courant des traces circulaires. Terme de
chasse.

ROMACHER; ROMANCHIER: murmurer; grommeler.

ROMANCER: raconter.

ROMATIQUE: rhumatisme.

ROMPUMENT: rondement. Travailler _rompment_: sans s'interrompre.

RONCE COCHONNIRE: glantier (_Rosa canina_).

RONCEUX: noueux.

RONCHAILLES: lieu o il y a beaucoup de _ronches_, ou ronces.

RONDEAU: rondin.

RONDIR L'OEIL: ouvrir les yeux d'une manire remarquable, en tmoignant
de la surprise et du mcontentement. A.

RON, E: enlumin; rouge, en parlant de la figure. A.

RONSSE (s. f.) (Orne): chne dont on coupe la tte tous les ans pour
l'empcher de donner de l'ombre. On dit aussi _rosse_ et _rousse_. MM.
Dumril.

ROPIDOLLER: _roupiller_; sommeiller. A.

ROQUELAURE; ROQUELAUSE (s. f.): houppelande. L.

ROQUES: mottes de terre.

ROQUET: jupon court. De l'allemand _roke_: robe en gnral;--pomme 
cidre tardive.

ROS: roseau commun;--lame du mtier de tisserand, dont les dents sont en
roseau.

ROSEAU: glui. De la ressemblance des tiges ou chalumeaux du bl avec les
tiges des roseaux. L.

ROSELET; ROSELEU: belette.

ROSIRE (s. f.): terrain plant de roseaux; o ne poussent gure que des
roseaux. Titres de 1361.

ROSSE: vole de coups. Du verbe rosser.

ROSSOLI, E: rissol, e.--ROSSOLIR (v. n.): rissoler.

ROTE: corde qui retient la charge d'une voiture.

ROTE (s. f.): sentier. De _route_, mot qui vient du verbe latin
_rumpere_, au participe pass _ruptus_, parce que les routes ne sont que
des terrains _rompus_. Patois Rouchi. A.

ROTER: _ter_; reprendre ce qu'on a donn. On dit proverbialement:

       Donner et roter,
       C'est pis que voler.       L.

ROTEUX: lieu qui reoit l'gout du fumier. H.-N.

ROTILLON (s. m.): ppinire de jeunes arbres  cidre, poiriers ou
pommiers;--petit _rton_.

ROTON (s. m.): trognon de choux, de pomme, etc.

ROTTE: cordeau.--ROTTER; lier avec une _rotte_.

ROUAGE: rouge.

ROUAG: dfonc par les roues des voitures.

ROUANER: manger dsagrablement, malproprement. Du verbe _ronger_. A.

ROUAUDER (v. n.): crier, en parlant des chats en _rut_. Voyez RAUT. O.

ROUCE (s. f.): buisson, hallier. De _ronce_, parce que les buissons se
composent principalement de cette plante. C'est l'_u_ substitu  l'_n_,
comme dans _mouceau_ pour monceau, couvent pour convent.

ROUCHAS. Voyez ROUCHON. A.

ROUCHE: glaeul, dont on fait de petits liens.

ROUCHE-CROUTE. Voyez BADOCHET. A.

ROUCHER: ronger. Patois Rouchi.

ROUCHON: reste d'un morceau rong. A.

ROUELLE (s. f.): petite _roue_. Civire  _rouelle_: civire monte sur
une roue. Se coucher en _rouelle_: en rond, comme le chien. Du latin
_rota_. Feu Lamarche.

ROUET (s. m.): solive. A.

ROUFLE. Faire la _roufle_ ou roue, comme le dindon: se pavaner.

ROUGE-BRIERE: pomme  cidre tardive.

ROUGE-POUQUE (s. f.): rouge-gorge. L.

ROUGET: grondin, poisson.

ROUGET (s. m.): dartre des chiens. B.

ROUGEULE: rougeole. L.

ROUGNE: teigne. Glossaire de M. Chassant.

ROUIL (s. m.): rouille. On trouve _rouil_ pour rouille, dans _Lucrce_,
tragdie de Filleul, au milieu du XVIe sicle.

ROUINASSER: grommeler; grogner. Voyez ROISNER.

ROUINCER (v. n.): crier d'une manire importune et vibrante, en parlant
du cheval (_ross_, en allemand); et, par extension, des autres animaux,
mme des hommes. A.

ROUINE (s. f.): soliveau.

ROULE: vole de coups de bton;--ce que l'on peut rouler de fil sur un
fuseau.

ROULER: donner une _roule_;--Se moquer de quelqu'un en le _roulant_
entre les extrmes; abuser de sa folle confiance ou de sa sotte
crdulit.

ROULET: rouleau pour craser les mottes de terre appeles
_roques_;--rle des agonisants.

ROULIRE: blouse de roulier.

ROUIPIAUX. Voyez ORIPEAUX.

ROUOLOUX: rouleau.

ROUPIEUX: qui baisse le nez, comme s'il avait la _roupie_; dcontenanc;
honteux. S.-I.

ROUPILLER: pleurnicher;--rabcher;--faire le moins de bruit
possible;--avoir la roupie.

ROUQUELOUSE: espce de houppelande.

ROUSE: rose.

ROUSINE: _rsine_ de mlze, dont on fait des chandelles. Voyez PETOCHE.
A.

ROUSSE (s. f.): tte d'arbre soumise  un mondage priodique,
ordinairement tous les six ans.

ROUSSI (s. m.): _Roussin_, par apocope. Pter comme un _roussi_. De
l'espagnol _roncino_.

ROUSSOL: rissol.

ROUTER: vomir.

ROUTOUX: _routoir_.

ROUVIEU: maladie de peau qu'ont les chiens.

ROUVROUX (s. m.): dartre des chiens. Voyez ROUGET.

ROUX: glui. Voyez ROSEAU. (Vimoutiers.)

ROUX-VENTS: vents qui,  l'poque de la _lune rousse_, brlent les
jeunes pousses des plantes.

ROYALE; HERBE ROYALE: mche (_Valeriana locusta_). Voyez BOURSETTE. L.

ROYAU: fuseau sur lequel le fil s'enroule. O.

RU; RU: ruisseau. Du grec [Grec: rusis]; de [Grec: re], couler.

RUCHE: panier;--plante. Voyez RAVELUCHE.

RUCHEAU ou RUCHOT; RUCHETTE: petit panier. L.

RUCHER: ruer; lancer, en parlant des pierres et autres projectiles.
Marot s'exprime ainsi, dans une ptre au roi sur la mort de son pre
(Jean Marot):

       Par plaiderie on peut manger son bien,
       Par mdecine on se peut bien tuer:
       Mais ton bel art ne peut tels coups _ruer_.       L.

RUCHI: cheval qui rue. MM. Dumril.

RUDE: entrav dans ses mouvements par l'ge, ou par la fatigue.

RUETTE: petite rue.

RUFLE: fort, vigoureux.

RUISS; RUSS: ruisseau. Voyez RU.

RUN: surpris, tonn, abasourdi.

RUNGE; RUNGER. Voyez REUNGE; REUNGER.

RUPIN: rus; fcond en joyeux tours. tre _en rupin_: tre en gat;
faire le goguenard.

RUQUE: ruche.--RUQUER: rucher.

RUQUER: sommeiller; dormir  demi.

RUSE-CROCHE (s. f.): croc-en-jambe.

RUSSE (s. m.): navet sauvage.

RUSTIQUE: grossier; solide.

RUTAFIAN: paysan dbauch.


S.


SABIET: pou.

SABOT: chaussure fragile. Se prend mtaphoriquement pour l'honneur d'une
fille. Celle qui _casse son sabot_, faillit, perd son honneur.

SACCAGE (s. m.): grande quantit. De _sac._ L.

SACCOUTER: chuchoter; parler bas  quelqu'un. Vauquelin de La Fresnaye
emploie ainsi ce verbe: Luy saccouter souventefois en l'oreille.
(_Oraison de ne croire legerement  la calomnie_, page 13) Caen, Jn. Le
Bas, 1587, in-4.

SACLER: sarcler. H.-N.

SACQUE-SA-VIE: mendiant; parasite obstin.

SACQUESONNER: tirer; agiter par saccades continuelles.

SACQUIER: tirer brusquement, avec secousse violente.

SACRELOTTE! juron. L.

SACREMENT DE LA MESSE: l'lvation de l'hostie. L.

SACRESTI! SACRISTI! jurons.

SADE: savoureux. A. _Sado_, dans l'Isre.

SADOT (s. f.): femme sale et de mauvaises moeurs. En patois des Vosges,
_sadrouille_ signifie une fille ou une femme malpropre. A.

SAFREMENT: goulument. De l'adj. _safre_, vorace.

SAFRET (s. f.): gourmandise; voracit. L.

SAGOUIN: malpropre. L.

SAI (s. m.): soir;--(s. f.): soif;--pron.: _soi_.

SAIE: soie, poil; _saie_ de cochon. Du latin _seta_. Se coucher sur la
_saie_ du dos: s'aliter par maladie.

SAINE: filet de pcheur.

SAINT-CRPIN: argent en rserve. _Prison de Saint-Crpin_: souliers trop
petits. L.

SAINT-FRUSQUIN: argent rserv. En patois Lorrain, _Saint-Frisquin_. En
Argot, _frusquin_ signifie habit. L.

SAINTIR: _suinter_. Les mains _saintissent_ par l'effet des gerures
produites par les engelures. De l le sens de dfaillir. Ses mains
_saintissent_: faiblissent et ne peuvent plus garder ce qu'elles
tenaient.

SAIR ou SER (s. m.): soir.

SAIRANGE (s. f.): chute du jour, soire.

SAIS; SINS: chez. Mortagne.

SAIT: soit.

SALADI! juron.

SALAINE: saline; salaison.

SALEBUTE. Voyez CANNE-PTOIRE.

SALEUX; SALOUX: saloir; _saleu_, en patois Walon.

SALOPIN: enfant malpropre. _Salop_: sale, en Walon.

SALS; SAS: saule.

SAMSONNET: maquereau, poisson;--tourneau. L.

SAN: son. Pronom possessif. L.

SANG-DE-DRAGON (_Rumex sanguineus_).

SANGLEAU (s. m.): petite sangle. De l'ancien franais _cengliau_, venant
du latin _cingulum_.

SANG-MLER: troubler fortement. _Sang-mler de peur_. _Peur sang-mle_:
peur  bouleverser le sang. L.

SANGLE; SANGLIE (GLI se mouille): pur, seul. _De l'iau sanglie_: de
l'eau pure; de l'eau seule. De _singulus_.

SANGUINE (s. f.): pus ml de _sang_ corrompu.

SANGSURE; SANSURE: sangsue.

SANGSURER (quelqu'un): l'puiser, comme ferait une sangsue.

SANS (DE): priv de. As-tu de l'argent?--Je suis _de sans_.--Moi je ne
suis pas _de sans_. L.

SANVRE; SANRIETTE: sarriette.

SANVRIN ou SENVRIN: snev, graine de moutarde. Voyez QUAILOQUE.

SAONNER: recuser; reprocher.

SAP: _sapin_. Ce mot tait encore d'usage dans le XVe sicle. Le bourg
du _Sap_ tire, suivant Orderic Vital, son nom d'un antique sapin. Patois
Walon.

SAPAIE; SAPE: sapinire, lieu plant de _sapins_.

SAPAS: sale, malpropre.

SAPAUDER: se salir.

SAPE (s. f.): rgal  profusion.

SAPER (la parole): couper la parole; interrompre. On dit aussi: _saper
dur_ pour boire beaucoup. C'est _saper_ pour _super_. Voyez SUPER.

SAPERLOTTE! juron. Voyez SACRELOTTE.

SAPRE: safre, glouton, gourmand, vorace.

SAPREMENT: avec ardeur et voracit.

SAQUE-FEU: briquet. De _saquet_ et de _feu_. Voyez FOISIL.

SAQUER: tirer brusquement. De _saccade_.

SAQUET (DE) ou DE SAQUE: tout  coup; par un effort brusque. De
saccade. Du Roman _assacquier_: tirer dehors. En patois Rennais,
_sacquer_ signifie arracher. L.

SARCET (s. m.): gaule. Voyez RQUET.

SARCHE (s. f.): trpied en bois pour placer le cuvier  lessive.

SARCIR: desscher, en parlant de la viande que l'on fait cuire, soit 
la broche, soit au four. Ce morceau est _sarci_. Du Roman, _charci_:
dcharn.

SARCLES (s. m. pl.): plantes parasites dans les cultures, et qu'il faut
sarcler. B.

SARRER (v. a.): meurtrir. (Vire.)

SAS; SAT: saut. De _saltus_.

SAS: saule. _Sa_, en patois Walon. L.

SAS: ivre, _saoul_.

SASSAIRE; SASSIER; SASSIRE: fabricant ou marchand de _sas_, de tamis.

SASSONNER. Voyez SACQUESONNER.

SATAN: diabolique, endiabl.

SATANN-QUIEN! juron. De Satan et de chien. S.-I.

SATIDI! juron. _Sacredi!_ S.-I.

SATIDIENNE! juron. _Sacredienne!_ S.-I.

SATROUILLE: poulpe de mer. Au figur, femme sale et dgotante.

SATYRE-CHIEN! juron.

SATYRE-MATIN! juron.

SAUC: bien mouill par une grande pluie.

SAUCUBLETTE; SAUSSUBLETTE; SAUTUBLETTE: cabriole que font les enfants.
De _saut_ du _cu_ sur la _blte_.

SAUFFETIER: psautier.

SAUGE (MENUE-): sauge (_Salvia officinalis_). L.

SAUGRENE: mlange sans apprt.

SAULER: _saouler_, enivrer. S.-I.

SAULX; SAUX: saule.

SAUNIER: saunire, bote o l'on met le sel.

SAUTE (s. f.): _saillie_ d'une femelle. L.

SAUTELICOT: sauterelle. (Coutances.)

SAUTER (v. a.): saillir une femelle. L.

SAUTEROLLE: engin pour prendre les oiseaux. Voyez ARJETOURE.

SAUTICOT: petite sauterelle des champs;--crevette grise. De _salicoque_.

SAUTIER: psautier. Roman.

SAUVADIN; GOUT DE SAUVADIN: got trange; saveur d'animal _sauvage_. A.

SAUVAGINE: lieu o se retire le gibier sauvage.

SAVENIAU: verveux, espce de filet qui sert  prendre le poisson. M.
l'abb Decorde.

SAVER: savoir.

SAVETER: user dsagrablement, comme une vieille _savate_. Cet habit est
tout _savet_.

SAVIGNI; SAVIGNIER: sabine (_Juniperus Sabina_). L.

SAVIN: bedeau. S.-I.

SAVOUS: savez-vous? Cette contraction se trouve dans l'pitaphe de Guyon
Prcy par tienne Forcadel:

       Savous qui repose ceans?
       C'est Guyon mort assez vieux d'ans.

SCANDI: candi. Sucre _scandi_. Voyez ESCANDIE.

SCIAU: seau.

SCIENCE; SCHIENCE: feinte, dissimulation, semblant. Faire des
_sciences_: dissimuler son dsir; affecter de refuser, en laissant
entrevoir qu'on finira par accepter.

SCIONNE: coups de _scion_, de verges. L.

SCIONNER: frapper avec un scion;--couper avec difficult.

SCIO; SCIOT (s. m.): petite scie.

SCOLTE (s. f.): secours d'escorte. L.

SCOLTER: secourir. L.

SCORNES: scories. A.

SCORPION. Cet insecte, qui n'a pas de rapport avec le vritable scorpion
qu'on ne rencontre que dans les pays chauds, est la taupe-grillon ou
courtillire (_Grillo talpa_). B.

S: sel.

SCHE: sec. SQUE: sec, sche.

SCHE (s. f.): sou-marqu, vieille pice de monnaie.

SECOUE: quantit de fruits qu'une secousse a fait tomber d'un
arbre;--fustigation; rprimande.

SCRAN: homme trs-maigre, sec de corps, ou d'esprit, ou d'argent. On
appelle aussi _scran_ un veau qui a tt sa mre.

SEIGLERI: champ o l'on a rcolt du seigle.

SEIGNEUR. Voyez DIABLE. B.

SEIGNEURERIE ou SEIGNEURIE: surnom, sobriquet; parce que les _seigneurs_
avaient plusieurs noms et qualits.

SEILLE (s. f.): seau. En Roman, _seigle_. A.

SEILLE: plein une _seille_. B.

SLIAIS: flau pour battre le bl.

SLIEUSET: sifflet. (Manche.)

SLIOT: champ. (Manche.)

SLIOUSIR: souffler; siffler. (Manche.)

SEMEUX: homme qui sme;--espce de nappe qu'il passe en bandoulire pour
porter la semence. M. Decorde.

SEMIN: sorte d'chaud, fait de fine fleur de froment.

SEMON: invit.--SEMONER: inviter.

SEMOUILLE: semoule. L.

SENGLES (s. f. pl.): ruelles qui entouraient la ville de Bayeux, comme
une ceinture (_cingula_).

SEN; S'N: son. _Sen_ bton: son bton. _S'n_ ami: son ami. _S'n_ aller:
s'en aller. Patois Walon.

SNILLE; CNILLE: fruit de l'pine. Voyez HAGUE.

SENRIETTE: sarriette (_Satureia hortensis_).

SENT-NAVET: parasite. L.

SENTE (s. f.): sentier. Patois Walon.

SENTEUX de filles: libertin, qui court aprs les filles.

SENTINE (s. f.): baie de l'airelle. Voyez MORET. A.

SENTU: senti. On trouve ce participe dans une chanson de Henri III, duc
de Brabant, au XIIIe sicle:

       J'ai _sentu_
       De quel manire ele fu.   L.

SENVRE (s. f.): crucifre  fleurs jaunes, qui crot dans les bls.
Voyez BOURBITON.

SPEAU (s. m.): serrure de bois. A.

SEPTEMBRESSE: fte de Notre-Dame de septembre (la Nativit de la
Vierge). Voyez MARCHESSE. L.

SQUERESSE: scheresse. _Secchezza_, en italien.

SQUER; SQUIER: scher.

SERAINE (s. f.): vase de terre pour recevoir le lait dans la laiterie.
De _serum_. A.

SRANGE: chute du jour, soir, soire.

SERCELLE: sarcelle. En Roman, _cercle_.

SERCHER; CERCHER: chercher.

SERCI: gerc.--Lvres _sercies_: gerces.

SERCLER: sarcler. Patois Lorrain. L.

SERCLEUR, SE: sarcleur, se. Patois Lorrain. L.

SERCLOIR: sarcloir. Patois Lorrain. L.

SRE: soire.

SERENCE: soire. B. Du latin _serus_.

SERGALE (s. f.): fille qui court aprs les garons.

SERGAUT (s. f.): fille vapore et inconsquente. A.

SERGE; CHERGE: charge. S.-I.

SERGE (s. f.): couverture de lit. De la basse latinit _sargia_. Dans le
XIVe sicle, il s'en fabriquait beaucoup  Caen. Cette couverture, dit
M. Lepingard, est maintenant en droguet (trame en fil remplie de laine);
la doublure en toile, garnie de laine, de coton ou de filasse, est
pique de manire  ce que cette garniture ne puisse se dranger.

SERGENT: le carabe cuivr, insecte. B.

SERGOLE: mauvais couteau.

SRINGLE: seringue;--SRINGLER: seringuer.

SERPER: interrompre brusquement; couper le fil d'un discours. De
_serpe_, instrument tranchant. B.

SERRER: cueillir; rcolter.

SERT-FEMME (s. f.): sage-femme, accoucheuse. L.

SERTE (s. f.): poque des termes du service des domestiques; leur dure.
L.

SRUGIEN: chirurgien.

SERVANTE (s. f.): sorte de grille en fer, attache momentanment  la
crmaillre et qui sert  supporter la pole  frire. On l'appelle aussi
_chambrire_. L.

SERVIR: saillir. Se dit des taureaux et des talons.

SET (s. f.): soif. _Se_, en patois de Grenoble; _seu_, en patois Walon.
L.

SET (s. m.): tamis, _sas_. De _seta_, soie. B.

SEU; SEUE: sien; sienne.

SEU; SEUS: sureau (_Sambucus nigra_). En patois de Grenoble, _seu_; en
patois Walon, _sou_. B.

SEULLE (s. f.): magasin. Du latin _cella_. (Caen.)

SEUR: sr, certain;--SEURET: sret.

SYANT: sant.

SIAU: seau. Voyez SEILLE.

SIDONE (s. m.): linceul, suaire. M. Travers nous a fait connatre, dans
son dition des _Vaux-de-Vire_, une pice indite, dans laquelle est
employ le mot _sidone_.

SIEN (LE); LA SIENNE; LES SIENS; LES SIENNES: celui; celle; ceux;
celles. Souvent avec __: c'est _le sien _ un tel: c'est celui d'un
tel.

SIERGETTE. Voyez SERGETTE.

SIESSER (SE). Voyez ASSIESSER (S'). L.

SIENCE (s. f.): sens, ct. Aller dans une _sience_: aller dans un sens.
A.

SITEZ-VOUS; SIEUSEZ-VOUS: asseyez-vous.

SIEU: suis. Je _sieu_, ou _sieus_: je suis.

SIEU: suif, graisse. (Valognes.)

SIEUTE: suite.

SI FAIT: _si_ affirmatif, oppos  une ngative. Vous n'avez pas
djen?--_Si fait_. Si: au contraire. MM. Dumril ont remarqu que,
dans les pomes de _Roswitha_, _si_ est une particule ngative.

SIGNE (s. m.): seing, signature.

SILE ou SCILE (s. f.): coups de _scion_;--SILER: frapper avec un
_scion_; et, par extension, avec un fouet. L.

SIMENET. Voyez CHEMINEAU.

SIN: son de cloche, pour appeler aux offices religieux. De _signum_,
cloche.

SINAT: plancher d'une grange. Voyez CENAS.

SINE (s. m.): signature;--SINER: signer. L.

SINELLE. Voyez SNILLE.

SINS: chez. O.

SIQUENON: sinon. L.

SIROTEUX: qui a la consistance du sirop. H.-N.

SIS: participe pass du verbe _se seoir_.

SISSITE (FAIRE): s'asseoir; terme enfantin. H.-N.

SIT: suint. Laine en _sit_.

SLEAU, prononc _esseleau_: pice de la charrue en forme d'S.

SLIAQUETER: parler  grand bruit; clabauder. Du verbe _claquer_.
(Manche.)

SNQUEUX: scrupuleux, _sens_.

SOEU: soeur. BONNE-SOEU: bonne-soeur, religieuse. L.

SOEURETTE; SOEUROTTE: petite soeur. Patois Walon. L.

SOIFARD; SOIFFEUR: ivrogne; qui a toujours soif. L.

SOINIR: flairer; chercher avec grande attention. A.

SOIRANTE (A LA): vers le soir.

SOLAGE (s. m.): espce, varit, en parlant des fruits. Ces pommes sont
d'un bon solage. Cr. De _solum_: sol. L.

SOLDAR: soldat. Vieux mot qu'on rencontre dans Du Bartas (_Semaine_, Ve.
journ., v. 813):

       ...........et montrer aux _soldars_
       Par son beau rglement le dur mtier de Mars.

SOL; SOLAI: soleil.

SOLIER: galerie, porche, premier tage, dernier tage ou
grenier.--SOLIERS (VENTRE A QUATRE): trs-gros ventre; ventre  quatre
tages. Du Celtique _solier_: grenier. En patois des Vosges, _solier_ et
_soulier_ signifient tage suprieur. L.

SOLINAGE: maonnerie qui se trouve sous la sole.

SOMMLER: effrayer. H.-N.

SOMPTIER: psautier. L.

SONGEARD; SONGEAT: songeur, proccup, taciturne, dangereux.

SONNU, E: tach, e, sur la figure, de rousseurs qui ressemblent au son
du bl. Voyez BRANN. L.

SORCILGE: sortilge.

SOROBINER: regarder; chercher sans en avoir conscience.

SOTTISES: injures, outrages.

SOTTISIER: qui dit des injures sanglantes ou des paroles obscnes.

SOU, LE: seul, seule. Il est tout _sou_.

SOU; SOUE; SOUILLE: table  porcs. En Champagne, une _seu_. Voyez
SOUETTE. A.

SOUANER: prendre du tabac malproprement. O.

SOUATER: emprunter d'un voisin des boeufs pour le labourage,  charge de
revanche.

SOUBAUD: triste; abattu; sournois.

SOUCER: flairer. O.

SOUCILLE (s. f.): sourcil. _Sourcille_, dans l'Isre. L.

SOUCISE: soucie. Ce n'est pas que je m'en _soucise_. A.

SOUDRE (FAIRE): faire partir; lever. Il a fait _soudre_ un livre. Vient
peut-tre de _surgere_. M. Decorde.

SOUEF: doux. Du latin _suavis_, suave.

SOUETTE (s. f.): table  porcs. Voyez SOU. L.

SOUFFAQUER: _suffoquer_; oppresser.

SOUFFLE (s. f.): soufflet. Voyez JAFFE.

SOUFFLIER: souffler.--SOUFFLIET: soufflet.

SOUI, E: malpropre. A.

SOUIL (s. m.): ordure, cochonnerie. A.

SOUILLE (s. f.). Voyez SOU.

SOUIN: sournois.--_En souin_ se dit d'une truie en chaleur.

SOUINER: fureter comme la truie qui est _en souin_.

SOULARDISE: habitude de l'ivrognerie.

SOULAS (s. m.): consolation. Du latin _solatium_.

SOULASSER: pousser de gros soupirs. O.

SOULAU; SOULOT; SOULOUX: soulard, ivrogne.

SOULE, ou SOLE, ou CHOULE (s. f.): sorte de jeu, autrefois en usage 
l'poque du Mardi-Gras. C'tait une sorte de mle (_sull_, en
islandais); une lutte brutale entre jeunes garons qui se disputaient
une balle ou _teuf_. Il en rsultait de graves blessures, qui
dterminrent l'autorit  interdire cet amusement dangereux. Il fut
dfendu, en Normandie, par arrt du Parlement, du 27 janvier 1494, sous
peine de 100 livres d'amende pour la premire fois, et du carcan en cas
de rcidive. On courait la _soule_, encore pendant le sicle dernier, 
la Lande-Patri et autres communes de l'arrondissement de Domfront et de
son voisinage.

SOUL: soulier.

SOULER; SOULOIR: avoir coutume.

SOULEUR (s. f.): saisissement; frayeur subite.

SOULEVIDER: ter le trop plein d'un vase. L.

SOUM: sommeil.

SOUPAU. Voyez SPAU. A.

SOUPIRETTE (s. f.): petite quantit de liqueur spiritueuse. Goutelette
que l'on _aspire_.

SOUPLE: moite. M. l'abb Decorde.

SOURBIQUET: sobriquet. Des Perriers crit _soubriquet_. L.

SOURCIER: lieu o l'eau _sourd_ constamment.

SOURCIN: nom par lequel on dsigne les souris, les mulots, les rats,
etc. M. l'abb Decorde.

SOURCONNAITRE: reconnatre  peu prs quelqu'un.

SOURCOUER. Voyez SURCOUER.

SOURGE (en parlant de la terre): souleve, gonfle  sa surface, comme
il arrive aprs une gele.

SOURGER. Voyez SURGER.

SOURGUER (v. a.): surprendre. De _surgere_. B.

SOURIS-CHAUDE; GAUDE ou GAUGUE: chauve-souris. B.

SOURMITE: sournois. Air _sourmite_: mine sournoise; figure hypocrite. Du
latin _sub_: sous, et de _mitis_: doux. A.

SOURVIDER. Voyez SOULEVIDER.

SOUS (votre respect): _sauf_ votre respect. Patois Lorrain.

SOUSE; SOUZE. Cet adjectif s'entend du trousseau d'une femme, et veut
dire bien nippe. C'te fille tait bien _souse_ en se mariant. Feu
Lamarche. MM. Dumril disent que _sous_ signifie, littralement, qui a
un cochon.

SOUTINT: soutenu.

SOUTON: dissimul, sournois. B.

SPARSIER: estafier. De l'italier _staffiere_.

SPCIAUT: beaut remarquable; raret. Se construit ordinairement avec
_par_: _par spciaut_.

ST': ce, cet, cette devant un mot commenant par une voyelle.

STASERAN, ou plutt ST'ASSERANT: cet assoirant; ce soir. Voyez
ASSOIRANT.

STE: cette, celle.--STELA: celle-l. Du latin _ista_. En italien, _sto_,
pour _questo_. _Stu_, en patois Bourguignon. L.

STABULER: taler sa marchandise en plein vent.

STICHI; STICHIN; STICHITE: celui-ci.

STI-LA; STILO: celui-l. L.

SU: ce. _Su_ chien; _su quien_: ce chien. L.

SUBLER: siffler. Le _sibler_ de Des Perriers (Nouv. LXXI) est plus
rapproch du verbe latin _sibilare_. La Monnoye dit _subler_, dans les
notes de ses _Nols bourguignons_. _Sibla_, en patois de Grenoble;
_subier_, en patois des Vosges. A.

SUBLET: sifflet. _Subicot_, en patois des Vosges.

SUBOUT; SURBOUT: debout. De _sur_ et de _bout_. A.

SUBRECOT (s. m.): au-del de l'_cot_. De _super_ et d'_cot_.

SUCHES (s. m.): chvre-feuille, dont la fleur est sucre et que les
enfants aiment  _sucer_. B.

SUCRER (SE): mettre du _sucre_ dans sa boisson. Patois Lorrain.

SUE: ce qui produit l'apparence de la sueur et la sueur elle-mme;
onde; vole de coups.

SUELLE: cigu. Voyez CHUE.

SUER: subir. Il faut la _suer_: il faut subir cette perte, cette
condamnation.

SUET: seuil. A.

SUTINER: pier; se placer sur son _seuil_ pour guetter.

SUEU: suif;--seuil.

SUEURE: suivre.--SUEUSI, E: suivi, suivie.

SUEUTIN: homme qui vous suit et dont il faut vous dfier comme
dangereux.

SUEUTINER: agir comme le _sueutin_.

SUFFLER; SUFFLIER: siffler.--SUFFLET; SUFFLIET: sifflet.

SUI: suivi.--SUIRE: suivre.

SUIN (TRE): tre priv de tout. Du latin _sine_.

SUIN: ruin par le jeu, ou autrement.

SUINER: enlever tout  quelqu'un au jeu, ou autrement.

SULARD, E: enfant qui a l'habitude de tter, de _sucer_ son doigt.

SULER (en parlant des enfants): tter, ou sucer son doigt ou sa langue.
Comme cette action produit quelque bruit, il y a lieu de croire que, si
_sler_ ne vient pas de _sucer_, il a pour source _subler_: siffler. On
trouve _sler_ dans le _Dictionnaire_ d'Oudin. L.

SUMELLE: semelle. L.

SUMENCE; SUMENCHE: semence. SUMER: semer. L.

SUMETIRE; SUMITIRE: cimetire. V. CEMITIRE.

SUMEUR; SUMOUX: semeur;--tablier du semeur.

SUP (s. m.): jus, suc. Onomatope. De l'anglais _sup_.

SUPER: boire en aspirant vivement et en resserrant les lvres de manire
que l'aspiration produise une espce de sifflement que le mot exprime.
Dans le patois Troyen, _super_ signifie sucer, et humer, dans le patois
des Vosges. _Super_ vite sa fortune, c'est la manger promptement.
_Super_ la parole se dit, comme _saper_, pour interrompre, empcher de
parler.

SUPERIO (s. m.): terme extrme. Le dernier _superio_: la mort.

SURANGE; SURANGIE: rapport aigre de l'estomac; dboire. De _sur_:
acide, et d'_angi_: souffrir.

SURCOU: dont la queue est coupe.

SURCOUER (v. a.): couper la queue; la _coue_, en ancien franais. L.

SURCOUPER se dit d'un animal qui mange la nourriture des autres. M.
Decorde.

SURCROISSEMENT (de chair): excroissance. V. PPION.

SURE: sureau.

SURELLE: oseille (_Rumex acetosa_). De _sur_: acide. En patois Rouchi,
_surielle_; en patois Walon, _sural_.

SURELLE (MARIE-). Voyez PISSE-VINAIGRE.

SURET: pommier non greff qui ne donne que des fruits _surs_,  ce qu'on
croit  tort.

SURETIRE: ppinire de _surets_, destins  la greffe. B.

SURGER; SURGUER; SURQUER: surveiller; tre aux aguets. Se dit du chat
guettant la souris. De _surgere_.

SURGET: espce d'ourlet.

SURGETTE; SURGUETTE; SURQUETTE (s. f.): petite machine garnie de trous
avec lacets  ressorts pour prendre les souris; _quatre-en-chiffre_.

SURIAUX: aigreurs.

SURIN: plante de _suret_, propre  passer de la ppinire dans la
_suretire_.

SURIR: devenir aigre.

SURLURINE: femme acaritre, _sure_.

SUROT: espce de tumeur au pturon des chevaux.

SURPETER: saisir quelqu'un qui cherche  nous viter. Du latin _petere_,
ou du franais _surprendre_.

SURPRINSE: surprise.

SURQUETTE (PRENDRE UNE): marcher sur un terrain spongieux, de manire 
faire jaillir l'eau dans les chaussures. M. Decorde.

SUR-SEMAINE ou SOUR-SEMAINE: aprs coup; dans le courant de la semaine.
L.

SURVEILLE: avant-veille. L.

SU; SUS: sur; ; au. _Su_ ou _sus_ le moment: au moment.

SUS: sureau. Voyez SEU. L.

SUSER: reculer.

SUSON: Suzanne.

SYNCOP: bahi, stupfait.


T.


TA (s. m.): larve du hanneton.

TABELLIER: tablier.

TABIER: _tablier_ d'un pressoir o l'on dresse le marc.

TABLER (SE): se mettre  table.

TABUT: tapage. (Valognes.)

TAC: ancienne maladie pidmique, qui tait presque toujours mortelle.
On dit proverbialement: On meurt comme du _tac_. De l'islandais _tac_:
pleursie.

TAC: chenille du _Sphynx Atropos_. B.

TACOTER: tapoter.

TAFE (s. f.): peur. (Argentan.)

TAFETIN: caquet. Onomatope comme taffetas, qu'on crivait autrefois
_tafetaf_. L.

TAFETINER: marchander outre mesure. B.

TAFETINER: babiller. L.

TAFETINEUX; TAFETINOUX: celui qui _tafetine_.

TAGNARD, E: teigneux, se.

TAGNE (s. f.): teigne. _Tigne_, en patois Lorrain. L.

TAGNE: cuscute, plante parasite qui pousse dans les prairies
artificielles. M. l'abb Decorde.

TAI: te; toi.

TAIAUDER: brailler. Du cri des chasseurs, _taaud!_

TAIE! TAIE! appel  un chien. D'o est venu _taaud!_

TAIGNER ou TGNER: tousser.

TAILLE (s. f.): baguette sur laquelle on marque les coches ou entailles.
L.

TAILLEUSE: couturire. L.

TAION: aeul, grand-pre.

TAIOO (s. m.): mou de boeuf.

TAIS! TAIS! TAIS! Cri pour appeler les chiens.

TAISI, TAISANT: tout doucement;  bas bruit. Du verbe _taire_.

TAISOIR. Voyez TRAISOUET.

TALANDER: frapper.

TALBOT: noir ou suie qui s'attache aux marmites, poles, chaudrons, etc.

TALBOTER: noircir; tacher. _Se talboter_: s'enivrer.

TALER: prendre du dveloppement; pousser en _cpes_.

TALIARD: sale.--TALIAUDER: salir.

TALOCHER (v. a.): frapper; donner des _taloches_, des tapes. Dans le
patois des Vosges, _taler_ signifie meurtrir. L.

TALVASSER: se heurter rudement. Du vieux mot _talvas_: sorte de
bouclier. Guillaume, comte de Bellesme, tait surnomm Talvas,  cause
de sa duret, disent les historiens du moyen-ge.

TAMPONNE (s. f.): aliments qui nourrissent bien et  bon march. L.

TAMPONNER: remuer sans cesse; manier sans utilit. De _taper_,
_tapoter_, dont on a fait _taponner_, _tamponner_, _tauponner_. Du latin
_tangere_. A.

TAN: ton. Prends _tan_ bton. L.

TANGUE; TANQUE: sable de mer propre  l'_engrais_ des terres. On value
 1,500,000 mtres cubes la quantit de _tangue_ extraite annuellement
sur le littoral du dpartement de la Manche. La valeur de cette _tangue_
est d'au moins trois millions.

TANGUIRE: lieu o l'on trouve la _tangue_ en abondance.

TANN: tourment; accabl de chagrin.

TANNER: frapper  coups de poing. Je vais te _tanner_ la peau; je vais
te rosser.

TANOUIS: clair-sem. Du latin _tenuis_.

TANTALIQUE (MOUCHE): mouche cantharide. Mot altr. L.

TANT A TANT; TANT QU'A TANT: quitte  quitte;  galit. S.-I.

TANTET; TANTINET: un peu et son diminutif. De _tantum_, _tantillum_.

TANTINE: tante. Terme d'enfant. Dans le patois Walon, _tantin_ (s. f.).

TANTOT (LE): l'aprs-midi.

TANTOUILLER: agiter d'une manire dsagrable dans un liquide. Voyez
TOUILLER. L.

TANVE (s. f.): galette cuite  la bouche du four. Du Celtique-Breton
_tan_: feu. Voyez FALUE. A.

TAPE (s. f.): grande quantit; surabondance. L.

TAPI (EN):  l'abri de la pluie, en parlant des hommes et des animaux.

TAPIN (A): en tapinois.

TAPINER: frapper sans cesse et  petits coups.

TAPON (s. m.): petite masse en dsordre. Dans le patois Walon, _tapon_
signifie une bonde, un _tampon_. L.

TAPONNER. Voyez TAMPONNER.

TAQUE: pelote o l'on attache les pingles.

TAQUET: empltre. B.--Jallon; verrou.

TAQUETTE (A LA):  la tche au point de ne pouvoir se distraire un
moment de son travail. L.

TAR: goudron. Mot anglais. B.

TARABUQUER; TARABUSQUIER: tarabuster.

TARALE: femme vapore. (Vire.)

TARANE: sorte de revenant qui, dans le Pays-d'Auge, effrayait beaucoup
les paysans et surtout les jeunes filles. Ce nom vient de celui d'un
ancien Dieu des Gaulois, dont parle Lucain, dans la _Pharsale_, l. I, v.
446:

       Et Taranis Scythic non mitior ara Dian.

Nous avons parl de Tarane, dans nos _Recherches sur la Normandie_, p.
311.

TARDILLON: volaille close  l'arrire-saison; enfant n long-temps
aprs les autres. M. Decorde.

TARGER; TARGIER; TERGIER: tarder.

TARGINER: mettre de la lenteur dans les affaires. De _tard_. A.

TARIBONDIN: homme gros et court. L.

TARINER: marchander; hsiter.

TARINER: tarder; _flner_. O.

TARINIER: employ du _Tarif_;--qui veille tard.

TARISETTE (s. f.): pain de sarrasin.

TARLARIGO (A):  tire la Rigault, et non _ tirelarigot_, comme l'crit
le _Dictionnaire de l'Acadmie_.

TARLATANER: babiller bruyamment pour dire des balivernes. C'est, en
quelque sorte, _charlataner_.

TARL (en parlant du bl): avari. De _tare_: dfaut, altration.

TAROUFLE; TAROUPE (s. f.): jonction des sourcils, difformit que les
anciens regardaient comme une beaut. L.

TAROUFL: personne dont les sourcils se joignent.

TARUCHE: taloche.

TASSE; TASSE: cpe; touffe des plantes. Une _tasse_ ou _tasse_
d'oseille, d'oeillets. De _tas_. L.

TASS (s. m.): tasseau.

TASSERIE: partie de la grange o l'on entasse les gerbes.

TATANT (s. f.): tante, terme enfantin. V. TANTINE.

TATE-MINETTE (s. m.): qui s'amuse  des riens. V. NIGON.

TATIN: tape. On lit, dans la _Dposition de Richard II_:

       Par eux fut l mainte buffe donne
       Et maint _tatin_...

TATINER. Voyez TAFETINER.

TATOUILLER: salir; barbouiller. _Tatouiller_ de boue.

TATON: lent; lambin; qui hsite, comme celui qui _ttonne_.
_Marie-Tton_: pithte des lambins de l'un comme de l'autre sexe.

TAUDION: taudis. L.

TAULOCHER. Voyez TALOCHER.

TAUNIQUE: femme insipide. MM. Dumril.

TAUPETIER: taupier; qui prend des taupes. A.

TAUPIN; BOEUF-TAUPIN: boeuf noir; ainsi nomm  cause de cette couleur,
qui est celle des _taupes_.

TAUPONNER. Voyez TAMPONNER.

TAURE: femelle du taureau, vache; jeune vache qui cherche le _taureau_.

TAUR; TAURIAU: taureau.

TAUR: mal vtu; vtu dsagrablement. Voyez TORER.

TAUREAU: criocre merdigre, insecte. B.

TAURELIRE (vache): attaque de fureurs utrines et qui est infconde.

TAUTAU: sabot grossier. Voyez BOITON. O.

TAVEL: tach, piqu, en parlant de la chair de certains fruits altrs.

TAVELURE: tache dans l'intrieur des fruits.

TAVYOLLE (s. f.): le pole que l'on tend sur la tte de ceux qui se
marient  l'glise. A.

TAYAUD: braillard.--TAYAUDER brailler; crier _taaud!_

TAYON: aeul.

T'CHIEN: chien. Dans quelques contres de la Normandie, beaucoup de mots
commenant par ch ont cette sorte de prononciation qu'on retrouve dans
la langue anglaise: _t'chiboler_; _t'chivre_, etc.

T: toi; te.

TGLER; TGUIER; TEIGLER: tousser frquemment.

TGOT: tte de poterie. O.

TEIGUER; TEIQUER; TEUQUER; TEUQUIER: tousser; tre oppress. H.-N.

TLE; TLE; TELLE: toile.

TELIER; T'LIER: toilier.

TEMPLE: tempe.

TENTE: sorte de filet de pcheur.

TENUE (s. f.): renoue (_Polygonum maritimum_). B.

TENVRE: mince. Du latin _tenuis_.

TPE: peut-tre. B.

TQUE: balle pour jouer; teuf; paume. L.

TQUER: tousser. B.

TRAGNE; TRAIGNE: petit lzard, qui fait dire d'un enfant toujours en
mouvement: il remue comme une _tragne_.

TRASPIC: thlaspi. C'est l'_Ibride ombellifre_.

TERDAME! Voyez TREDAME!

TERGER; TERGIER: tarder.

TRIRE (s. m.): tarire. _Ter_, en patois Walon.

TERLING: pomme un peu acide, qui se conserve long-temps.

TERLOT: sabot. C'est aussi une espce de galoche, ayant le dessus en
cuir et la semelle en bois. M. Lepingard.

TERLU (s. m.): hallucination.

TERLUIRE (_ter lucere_): luire triplement; briller.

TERMER: fixer; dterminer un _terme_.

TROITE; TRUITE: truite.

TROUIE: truie.

TERPENNE: dvidoir.

TERQUE: espce de brai ou goudron.

TERQU: sali, crott.

TERQUER: faire une croix avec du _terque_ sur la porte des tables, dans
la pense de prserver les bestiaux des maladies contagieuses et
pidmiques. M. Decorde.

TERQUER; TEURQUIER: tordre. S.-I.

TERRAGE: inhumation; enterrement. O.

TERRASSIS (s. m.): argile dtrempe et mle avec du foin hach, pour
faire des cloisons dans les constructions en charpente.

TERRINE (s. f.): sorte de flanc, cuit au four dans une terrine. B.

TERTOUS; TRETOUS; au fminin TERTOUTES: tous, toutes, sans exception. On
dit, dans les Vosges, _tortous_, _tortoutes_.

TERVE: mince. On retrouve ce mot dans le Maine et dans l'Anjou. Voyez
TENVRE. A.

TESI (TRE): avoir l'estomac plein. H.-N.

TET, toit. Du latin _tectum_. A.

TT (s. m.): choc. Faire _tt_: donner un baiser.

TTARD: arbre _tt_ que l'on soumet  des coupes priodiques. Voyez
ROUSSE. L.

TTE: tte.

TTE-BCHE (adv.): en sens inverse. V. BJUEL. L.

TTE-D'ANE (_Jacca pratensis_). B.

TTE-DE-CAPE: capuchon noir des femmes.

TTE-DE-CHAT (_Dactylis glomerata_). B.

TTE-DE-LOUP: scabieuse. B.

TTE-D'OREILLER: taie d'oreiller.

TTET: tton. Mot enfantin.

TTE; TTOS: tton; ttons. M. l'abb Decorde.

TTEUX: chien. Mot enfantin. Voyez TAIE! TAIE! L.

TETIN-DE-SOURIS (_Sedum minus_). B.

TEUMBER; TUMBER: tomber.

TEUNE: mauvaise maison. De _tectum_, toit. A.

TEURDRE; TEURTRE: tordre. Je _teursais_, _teursant_, _teurs_.

TEURQUE ou TEURQUETTE: lien de foin _tordu_ pour les bottes de ce
fourrage.

TEURQUET: manche de fouet, fait de branches _tordues_.

TEURQUETTE: torquette. Sorte de pain ou de ptisserie qui ressemble  un
collier. En latin, _torques_.

TEURS, E: tors, e; tordu, e.

TEURSER: tordre.

TEURTE; TEURTRE (s. f.): tourterelle. Autrefois _tourtre_.

TH-DES-JARDINS: herbe aux perles (_Lithospermum officinale_). B.

THRSE (s. f.): calche;--sorte de coiffe noire, signe de deuil. L.

THIERS: pieu auquel on attache les animaux pour les faire pturer. H.-N.
Voyez QUAIRE.

TIBI A TABA (A):  tort et  travers. _Ab hoc_ et _ab hac_. L.

TIC. Voyez TIPE. B.

TI: tide. Le bouillon est _ti_. L.

TIPE. Voyez TYPE.

TIESSER: tisser.

TIESSRAND; TIESSERAND: tisserand. En ancien franais, _texerrant_:
tisserand.

TIESSEUX: tisserand.

TITRE: tisser. Voyez TISTRE.

TIEUL, LE: tel, telle. S.-I.

TIFAIT: crote de lait. MM. Dumril.

TIGNASSE: chevelure malpropre.

TIGNON: acaritre. S.-I.

TIMONER: remuer sans cesse.

TIN: ton. H.-N.

TINETTE: vase ou petit coffre dans lequel on met du sel ou du lard sal.

TINS: glas; coups de cloche isols. Pour annoncer la mort d'un homme, on
sonne 9 ou 13 _tins_; pour la mort d'une femme, on n'en sonne que 7 ou
11. M. Decorde.

TINSONNER: presser; activer. O.

TINT: tenu. Jean ne m'a pas _tint_ parole; je _li_ ai _retint_ ses
gages.

TINTARIBAUT. Voyez PINVOLE.

TINTENELLE; TINTERELLE: clochette d'glise. De _tintinnabulum_. Souvent
c'est une petite cloche annexe  une horloge publique, et qui fait
entendre un tintement  des intervalles rgls. Voyez CAMPUNELLE. L.

TINTON: petit fausset avec lequel on bouche l'orifice du bas des
terrines  lait, dans les cantons o elles sont perces. De _tenere_:
tenir; retenir; au participe pass, _tentum_. A.

TIOT; TIOTE: petit; petite.--TIOT! TIOT! en certains endroits; TIAS!
TIAS! dans d'autres; TIOU! TIOU! dans d'autres; TITS! TITS! mots dont on
se sert pour appeler les porcs. De _petiot_: petit. Par aphrse.

TIPONNER: attifer avec recherche.

TIQUER: avoir une toux sche.

TIRANDER: tirailler. H.-N.

TIRE: extraction. Avant nos grandes routes, la _tire_ de nos
productions tait trs-difficile.

TIRER: peindre. En patois Lorrain, on dit _retirer_. De l'italien
_ritratto_: portrait.

TIRER: traire.

TIRER AU COEUR: avoir des nauses; vomir.

TIREUX: tiroir.

TIRLITANTAINE: jeu o l'on se tiraille les uns les autres.

TISANE DE MARIN-ONFROY: cidre. Voyez MARIN-ONFROY.

TITI: petit, par mignardise. _Tittie_ est un nom familier qu'en cosse
on donne  une soeur.

TITONNER. Voyez TIPONNER.

TITOUX: lent, _ttillon_. MM. Dumril.

TIU! TIU! TIU! cri pour appeler les vaches. H.-N.

TISTRE (v. a.): tisser. On lit, dans Marot:

       Ains en sauras meilleur ouvraige _tistre_.

T'N: ton. _T'n_ oncle; _t'n fant_: ton oncle; ton enfant.

T'NIN: tenez.

TOAILLE; TOUAILLE: linge de table; torchon. Du latin _tela_.--TOAILLON;
TOUAILLON: torchon.

TOCSON: vieux radoteur; homme grossier et mal lev; vieille femme mal
btie, mal vtue, malpropre. Patois Rennais.

TOIGNE: vole de coups; peigne.

TOIN ou TOUIN: tratre, perfide.

TOINE; TOINOT: Antoine.

TOINETTE: Antoinette.

TOLLIR: enlever. Du latin _tollere_.

TOMBE: chute. Faire une _tombe_. H.-N.

TOMBES: arbres fruitiers qui tombent ou sont tombs. On laisse
ordinairement, dit M. Decorde, les _tombes_ au fermier, qui est tenu de
les remplacer par de bonnes _entes_.

TONDELIER: tonnelier. H.-N.

TONDRE (s. m.): amadou. De l'islandais _tundr_: allumer.

TONIQUE: femme ennuyeuse. (Vire.)

TONTON: oncle. Terme enfantin.

TONTURE: lagage des arbres.

TOQUANT; TOQUARD: ttu; qui a la tte assez dure pour en frapper ce
qu'il rencontre, pour _toquer_. On dit aussi du cidre qui porte  la
tte, qu'il est _toquard_.

TOQUE: coup  la tte, comme on dit aussi _calotte_.

TOQUE: vieille femme qui est _toque_, qui radote.

TOQU: qui a le cerveau drang. Il est _toqu_: il a une ide fixe; il
est un peu fou.

TOQUER: frapper de la tte. L'Acadmie admet _doguer_, qui est
l'altration de _toquer_, et lui donne la signification de toucher.
N'approchez pas de ce blier; il _toque_. L.

TOQUET: _toque_, casquette, bonnet.

TORCHE: selle de femme. Voyez MANIQUET.

TORCHER: mettre la _torche_ sur le cheval.

TOREAU: salisson. _Marie-Treau_: Marie-Salope; Marie-Torchon. Elle est
faite comme _treau_.

TORER: habiller mal et ridiculement. Voyez-vous comme elle est _tore_.
_Se torer_: s'ajuster, n'est pas _s'torer_: se pourvoir de.

TORQUE. Voyez TEURQUE.

TORQUETTE: petite branche qui porte des fruits en grande quantit.

TOSSER: souffler; teindre. _Tosse la luque_; teins la lampe. En terme
de maonnerie, fixer; assurer. _Tosse_ cette pierre: assujettis-la;
frappe dessus de manire  la fixer solidement. M. Lepingard.

TOTE: rtie. Du latin _tostus_.

TOTON (s. m.): tige ou tronc de chou. Voyez TROU. On appelle aussi
_toton_ une personne qui tourne et remue beaucoup sans rien faire.

TOTTE: morceau de toile qui enveloppe du sucre et de la mie de pain, et
qu'on donne  sucer aux enfants, pour les empcher de pleurer. H.-N.

TOUBAC: tabac. H.-N.

TOUFFLETTE: houppe. H.-N.

TOUIGNER: battre; donner une _peigne_.

TOUILLER: frotter; barbouiller; salir; mler dans un vase.

TOUIN: marmot, petit enfant. De _ouen_, prononc _ouin_. De petit _ouen_
on a fait petit _touin_. A Bayeux, un _touin_ est un homme sale et
dgotant.

TOUINE: tabatire de bois, faite en forme de petite fiole aplatie. De
_petun_: tabac, on a d'abord fait _petouine_; puis, par aphrse,
_touine_. A.

TOUINE: vieille perruque; chevelure en dsordre.

TOUINTOUIN: petit morceau qui chappe au _toucher_. O.

TOULAID; TOUTLAID: homme d'une grande laideur.

TOUNIEUX; TOURNIOUS: coureur, vagabond. B.

TOUO; TOUOR (s. f.): tour, clocher.

TOUONIER. Voyez TOURNIER.

TOUONIERESSE: femme qui _tounie_.

TOUORNOUX: tourneur.

TOUORTILLER: tortiller.

TOUPIN (s. m.): petite toupie;--sorte de sabot.

TOUPINER: tourner en rond comme un _toupin_. Sa tte _toupine_: il a des
vertiges.

TOUQUER; TOUQUIER: toucher.

TOUR (FICHER LE): donner le dessous  quelqu'un; l'attrapper, le
vaincre, le battre, etc. L.

TOURNE (s. f.): retourne; carte qu'on retourne.

TOURNE (s. f.): vole de coups. L.

TOURNE (s. f.): linge du dessus dans le cuvier  lessive. Voyez BLEUS.
A.

TOURNER (en parlant des cartes): retourner. L.

TOURNERESSE: petite pelle avec laquelle on tourne la galette sur la
tuile; ou plutt ustensile qui tourne ou avec lequel on tourne quelque
chose. On dit, en effet, _barette_ (baratte) _tourneresse_; _tourneresse
 galette_. M. Lepingard.

TOURNETTE: dvidoir. L.

TOURNIER: tournoyer;--aller perdre son temps  courir,  flner, prt 
faire de mauvais coups.

TOURNIOLE; TOUORNIOLE; TORNIOLE: coup, taloche, soufflet;--espce de
panaris. O.

TOURNIRESSE: femme dsoeuvre, qui va tuer le temps  courir et flner.

TOURNOUS: rouet.

TOURNURE: prsure. L.

TOURTE: pain de six kilogrammes, rond, aplati, et de pte ferme. L.

TOURTEL (s. m.): tourteau, sorte de pain. S.-I.

TOURTILLER: tortiller. H.-N.

TOUSER (v. a.): tondre; couper les cheveux ou le poil.

TOUSERIE: tonte de moutons.

TOUSEUX: celui qui tond.

TOUS LES JOURS: jours ouvrables. Vtement _de tous les jours_; il est
habill _ son tous les jours_. L.

TOUSSAILLER: tousser trs-frquemment.

TOUSSOTER: avoir une petite toux trs-frquente.

TOUT (Il est joli COMME): il est joli comme tout ce qu'il y a de plus
joli. L.

TOUT DRAIT, DREIT ou DRET: prcisment,  l'instant, etc.

TOUT (EN): du tout. _Poinentout_; _point en tout_: point du tout. A.

TOUT (N'): non; non plus.

TOUT-PARTOUT: partout.

TOUT-PLEIN; TOUT FIN PLEIN: beaucoup. L.

TOUTON; TOUTONS; TOUTONT: oncle. V. TONTON.

TOUTRE: tousser.

TOUYAU: partie du chou qui touche  la pomme.

TRABUQUER: mettre une bche en travers; faire obstacle; traverser une
entreprise.

TRAC (TOUT A); TOUT A TRA; TOUT A TRAS: tout au travers.

TRACHER; TRACHIER: chercher. _Tracher_ sa vie: mendier. C'est l'ancien
verbe _tracer_. L'auteur du _Roman de la Rose_ dit, en parlant des
hypocrites:

       Ils vont _traant_ les grands pitances.

TRACNASSER (v. n.): trotter mal, d'un pas dsordonn.

TRACULER: diffrer trop. Voyez CULOINER. L.

TRADA; TRADAT: portion; ce qu'on reoit pour un travail; ce que l'on
peroit comme commission dans une affaire de commerce. De _tradere_:
livrer.

TRAIE: truie. _Troe_, en patois Walon.

TRAIL: cylindre sur lequel s'enroule une corde pour tirer de l'eau d'un
puits, ou de la marne d'une marnire. M. l'abb Decorde.

TRAIME: trame de tisserand. Patois Lorrain. Dans le XIIIe sicle, on
appelait _tremeur_ l'ouvrier qui disposait les trames.

TRAIN (s. m.): pis de la mamelle des vaches.

TRAINE: fille de mauvaise vie, tout--fait crapuleuse.

TRAIRE: tirer en avant. De _trahere_.

TRAISONNER: prendre, gagner par des caresses perfides et de tratreuses
flatteries.

TRAISOUET ou TRESSOIR: vase  traire les vaches. De _trahere_.

TRAITE (s. f.): le lait qu'on trait en une fois.

TRAITRE: brutal; cruel. A.

TRAITRISE (s. f.): trahison, perfidie.

TRAMER: aller et venir. Voyez TRIMER.

TRAN. Voyez TRAIN. B.

TRAPIN: sorte de grand panier  deux anses; _trapu_ en quelque sorte,
car il n'est pas plus haut que large. Le _trapin_ est un panier
grossier, solide, qui sert  porter des objets lourds et peu dlicats:
de la terre, du sable, etc.

TRAPINE: le contenu d'un _trapin_.

TRAPINER: transporter  _trapines_.

TRAQUET: oiseau de l'ordre des passereaux.

TRAQUETTE: crcelle. O.

TRASONE; TRAVONE: dvidoir.

TRASQUER: marcher dans l'eau sans prcaution.

TRAT: culbute. Faire le _trt_: culbuter.

TRATTES: jambes. (Pont-l'Evque).

TRAU: ptrin.

TRAULIER: enrouler le fil, le mettre en pice au moyen du _traut_.

TRAUT; TRAS: petite machine, sorte de dvidoir pour enrouler le fil, la
laine, etc., et les mettre en chevaux.

TRAVERGUER; TRAVEUCHER: traverser; embarrasser. O.

TRAVERS (s. m.): sillon _transversal_. (Eure.)

TRAVIAU: incommode; turbulent; qui se met en travers et agit dans un
sens oppos.

TRAVOUET ou TRAVOUIL: dvidoir. A.

TRBAR: carcan pour empcher les porcs de traverser les haies.

TRBARDER: chanceler; aller en zig-zag, comme font les ivrognes.

TRB: trs-bien; beaucoup. O.

TRCIR; TRESSIR: tressaillir; frmir; trembler.

TRDAINE: refrain populaire, conserv par la tradition; bagatelle, etc.

TREDAME! (exclamation): pour Notre-Dame!

TRDAME: ancre de secours qu'emploient les pcheurs.

TREDANCHE! Voyez TREDAME. S.-I.

TREDEUX; TREDEX: entre deux; entre vous deux.

TREPLE: cloporte.

TREF: poutre. Du latin _trabs_.

TRFEU: bche de Nol.

TRFLERI: terre o vient d'tre faite la rcolte du trfle. H.-N.

TRFOUET: grosse bche, qui autrefois tait mise au feu pour y servir
pendant les _trois_ ftes de Nol. Le _triforcalium_ tait un sige o
_trois_ personnes pouvaient s'asseoir pour se chauffer au _foyer_. L.

TRIAN. Voyez TRAN.

TREIZEAU; TREZET (s. m.): runion de _treize_ gerbes, runion de
_treize_ batteurs de bl.

TREIZELER: placer les gerbes par tas de treize.

TRJE (s. f.): sentier pratiqu dans la neige. De _trace_; ou mieux, de
_trajectus_, passage.

TRJOT: tige ou trognon de chou. O.

TRMAINE (s. f.): trfle. _Trinblaine_, dans le patois Walon.

TREMAIS: travail et ensemencement de la terre, au printemps, pour les
semences qui viennent en tres _mais_ (trois mois).

TREMBLEMENT (s. m.): grande quantit. Dans sa _Troisime journe de la
Rvolution_, M. Barthlemy a donn ce mme sens au mot _tremblement_:

       Il fait trembler le sol sous un _tremblement_ d'hommes.

TREMBLERIE: frisson.

TREMBLOT: tremblement; frisson caus par le mal physique ou par une vive
motion de l'me.

TREMS: espce de bl, qui se rcolte au bout de _trois mois_.

TREMEUR: effroi. Du latin _tremor_.

TRMONE: grosse cloche. De _tremere_, _tremendus_.

TREMONTADE (s. f.): tramontane. Patois Lorrain. _Tramontance_, en patois
Walon.

TREMPETTE: pain que l'on trempe dans sa boisson.

TREMPETTE DES MARIS: rtie qu'on donne aux nouveaux poux, le jour de
leur noce.--En patois Walon, _trempotte_, _trempusse_.

TRMUE: trmie.

TREMUER: trembler. Du latin _tremere_.

TRPONSER: presser avec une triple force, c'est--dire trs-fortement.

TRSAL: piqu, en parlant du linge moisi. L.

TRESLE: tresse.

TRESSAT; TRESSAUT: vif et fort tressaillement.

TRESSAUTER: tressaillir.

TRESSELER: tresser.

TRESSIR: frmir; prouver un lger tressaillement. L'eau qui _tressit_
est prs de bouillir.

TRESSOIR: sceau. MM. Dumril.

TRESSUER: suer extrmement. (Valognes.)

TRETINS: bottes de paille formes de petites tiges de bl produites par
le _gluage_. M. Decorde.

TRETOTE: toute, dans les _Chansons du roi de Navarre_. En patois Walon,
_tretous_ et _tretui_.

TRETOUS: tous, sans qu'il en manque. Du Roman _trestuit_. En patois
Bourguignon, _tret_.

TREU: ptrin.--TREU: trou.--TREUER: trouer.

TREULER: faire un vent en point d'orgue. M. Decorde.

TREULIER: qui _treule_ souvent.

TREULLARD: lambin, flneur.

TREULLER: perdre son temps  courir de porte en porte pour babiller,
pour flner. Ce verbe signifie aussi mendier, vagabonder.

TREULLIER. Voyez TREULLARD.

TREUNER ou TRANER. Se dit de la poule qui annonce, par son cri, qu'elle
va pondre ou qu'elle vient de pondre.

TREUTER: pter.

TRIAS: embarras. Voyez TRIORI. B.

TRIBOL; TRIBOUL: tomb; affaiss par ngligence. Bas _tribouls_: mal
tirs, ravals.

TRIBOUIL (s. m.): tribulation.

TRIBOUILLER: brouiller; troubler;--prouver des
tribulations;--gargouiller.

TRICOTER: marcher vite;--frapper d'une _trique_ avec la rapidit des
aiguilles qui _tricotent_.

TRICOUSE; TRICOUSSE (s. f.): gutres de toile. En Roman _trique-houses_.
Dans les Vosges, les _tricouses_ sont, suivant M. Richard, une espce
de gutres ou de bas de laine _tricots_, sans pieds, et qui descendent
depuis le genou jusqu' la cheville du pied. Ce sont les _traque-houzes_
ou bottines de drap, encore en usage dans la Flandre. A.

TRIEFFE: poutrelle. Voyez TREF.

TRIFOIRE; TRIFOUET. Voyez TRFOUET.

TRIFOUILLER: fouiller mal  propos; _farfouiller_. _Trifoui_, en patois
Walon. L.

TRIGALLE; TRINGALE: bureau de page[16].

[Note 16: _Trigale_ (_tres calles_) est la rencontre de trois chemins. On
trouve dans le bois de Queverue un carrefour de ce genre, appel la
_Trigale_. On nomme _Tringale_, sur la route impriale de Paris 
Cherbourg, un lieu o se rencontrent les routes de St.-Lo, de Carentan
et d'Isigny.]

TRIGOT: trognon. _Trigot_ de chou: tronc. L.

TRIGOULIS: mauvais bas. De _tricot_.

TRILAIS: cloison, haie, _treillis_.

TRILLER: teiller;--trier.

TRILLEROT: loriot. B.

TRIMAUD, E: tratre, tratresse. De _trigaud_.

TRIMBOLE ou TRIMBOUELLE: cabriole.

TRIMBOUELLER: culbuter.

TRINGUE: srum, petit-lait.--TRINGUE: tringle.

TRINGUET: moyen qui russit, comme le _tringuet_ du marin. Basselin dit,
p. 52 de l'dition de 1821:

       N'ayant plus rien, sinon
       Le _tringuet_ qui soit bon.

TRIOLE: grand nombre.

TRIOLLIER; TRIOLLY: tribune au-dessus des fonts baptismaux, dans
quelques glises de campagne.

TRION: trayon, pis.

TRIORI: embarras, dsordre. En patois Bourguignon, _trigori_. Le
_trihori_ est une danse bretonne, vive et gaie, dont Jean Tabourot a
parl, dans son _Orchsographie_.

TRIPE: entrailles pour prparer les tripes.

TRIPER: danser; trpigner;--faire des plis; ne point prendre  juste, en
parlant d'un vtement.

TRIPHANER: faire le beau parleur; se moquer et se rire de tous et de
tout.

TRIPHANOUX: celui qui _triphane_.

TRIPOT: halle au bl; march; change; mnage; cuisine.

TRIQUE (s. f.): bton. Au figur, jambe sans mollet.

TRIQUEFARER: agir tourdiment; dranger. (Vire.)

TRIQUENIQUE: noise; dbat pour des riens.

TRIQUER: btonner;--courir; jouer des _triques_ ou jambes sans mollet.

TRIQUOT: gros bton; gourdin; grosse _trique_.

TRISON: trahison.

TRITE: tratre.

TROCHE (s. f.): groupe de cercles  futaille, d'ordinaire au nombre de
six.

TROCHE: bouquet d'arbres; par extension, _htraie_. Voyez FOUTELAIE.

TROGNE: ventre.

TROIS-PIEDS (s. m.): trpied.

TROITE: truite. H.-N.

TROMPE (s. f.): erreur, mprise.

TRONCHE (s. f.): tte;--tronc d'arbre.

TROP A COUP: trop tt. (Valognes.)

TROQUE (s. f.): change. Faire une _troque_.

TROS: trois, _tros quatre_: trois ou quatre.

TROS: ptrin. Voyez TREU.

TROTTERIE: place o l'on fait _trotter_ les chevaux, dans les foires,
avant de les vendre. M. l'abb Decorde.

TROTTIN: petit trottoir. A.

TROU; TROU DE CHOU: _tronc_, ou tige de cette plante potagre. Patois
Lorrain. Patois Troyen.

TROUBLE: eau trouble, sortie du lit des rivires, et qui, en inondant
les prairies, y laisse un dpt vaseux qui les engraisse.
(Pont-l'vque.)

TROU (FAIRE UN): boire un petit verre d'eau-de-vie entre deux services.

TROU-FIGNON: anus. A.

TROUIE; TRUE: truie.

TROUIL; TREUIL; TROUS: dvidoir. Voyez TRAUT.

TROUILLE (s. f.): grosse femme, mal tourne.

TROUILLER: salir; souiller; chiffonner en pressant.

TROUINE (s. f.); TRUIN (s. m.): peau de cochon tanne. De _truie_.

TROUSSEPIN: gamin. Voyez GOUSPIN.

TROUTER: Voyez TRUTER.

TROVER: trouver.

TRUBLE: pelle de bois, ordinairement garnie de fer, employe pour remuer
le marc du pressoir, et le porter sur le tablier o on le dresse en
motte. Le _truble_ est aussi une forte bche pour fouir la terre.

TRUBLER: troubler.

TRUC (s. m.): savoir-faire; habitude de bien faire; habilet astucieuse.
Dans le Celtique-Breton, _trok_ signifie change, ainsi que _truck_, en
anglais.

TRUCHER: mendier;--TRUCHEUR, SE: mendiant, e.

TRUCIEN: trusquin, instrument dont se servent les menuisiers pour tracer
des parallles.

TRUE-BRE (s. f.): jeu d'enfants. L.

TRUFFE; TRUFLE (s. f.): pomme de terre.

TRUMUTU: vacarme. Du latin _tumultus_.

TRUPER (NE PAS): ne pas demeurer long-temps dans le mme lieu. H.-N.

TRUSCAIN; TRUSCAN: qui a l'air de faire tout; qui se mle de tout mal 
propos. A.

TRUT (LAIT): caill; lait dont on a enlev la crme. Voyez FRETELAIT,
au _Supplment_.

TRUT, E, pris au figur: fou, folle, parce qu'alors la cervelle est
considre comme tourne ou _truite_. A.

TRUTELER. Voyez TRUTER.

TRUTER (v. n.): tourner en petits grumeaux. Il se dit d'une sauce ou de
lait cuit. De _truite_, parce que le lait _trut_ offre, dans le mlange
de son srum et de son caill, diverses nuances, comme le dos de la
truite.

TRUTRU (s. m.): brouillon; vapor, dont la cervelle est _trute_. A.

T'S: tes. _T's fans_: tes enfants.

TUAT; TUT: tuyau de roseau ou tige de fve, dont se servent les
fileuses pour enrouler leur laine sur la canette.

TUE-TACHE (A):  la boule-vue. On dit, dans d'autres provinces, _
dpche-compagnon_. L.

TU; TUET: tuyau qui conduit l'eau de lessive de la cuve o est le linge
au vase qui est sur le feu et dans lequel elle se rchauffe;--extrmit
extrieure d'une chemine.

TUER (SE), en parlant du cidre: noircir dans le verre.

TUETTE (s. f.): pe. De _tuer_. S.-I.

TUILE (s. f.): sorte de pole  frire, forte et vase; _galetire_ pour
cuire les _galettes_ (crpes) de sarrasin. En Bretagne, on dit _tle_.
De _tle_: fer battu. Voyez GALETOIRE; HAITIER.

TUILE: ce que contient la tuile pleine ou du moins couverte d'un mets
qu'on y apprte.

TUIT: tous.

TUL: tu. S.-I.

TULMUTE (s. f.): tumulte.

TUMBER: tomber.

TUNDRE (s. m.): amadou. Voyez TONDRE.

TURBENTINE: trbenthine. L.

TURELURE! Exclamation ironique et ngative.

TURELURER: fredonner. Du vieux refrain: _Turelure_. Dans le patois de
Grenoble, _turlura_ signifie jouer de la flte.

TURET: pilon pour battre le beurre. Voyez BARATTON.

TURLUETTE: cornemuse, musette.

TURLUTER: fredonner. En patois Lorrain, la serinette s'appelle une
_turlutaine_. Des vieux refrains: _Lanturelu_ et _Turlututu_. L.

TURNE (s. f.): mauvaise cabane. Voyez TEUNE.

TUTAYER: tutoyer.

TUTE: longue et abondante libation.

TUTER: boire  l'aide d'un ftu; boire  longs traits.

TUTEUX; TUTOUX: chalumeau avec lequel on _tte_;--celui qui _tte_.

TU! TU! appel aux vaches. C'est aussi le nom que leur donnent les
enfants. L.

TYPE: dpareill. Ne s'entend que des choses qui vont par paires. J'ai
un bas de _type_; les blanchisseuses m'ont perdu l'autre bas.
Corruption probable de _type_, parce que, lorsqu'il ne reste plus que
l'un des deux objets qui forment la paire, celui qui reste peut servir
de type. Feu La Marche.


U.


U remplace EU, dans la prononciation d'un grand nombre de mots: _Ugne_,
_Urope_, etc., pour Eugne, Europe, etc.

U; US: oeil, yeux.--UEUILLIE; EUILLIE: oeillade.

URES (s. m. pl.): yeux. (Valognes.)

URSLINE: ursuline, religieuse. L.

US: porte. De huis. _Guette--l'us_: curieux qui est toujours  sa
porte. Du latin _ostium_.

USAG A: accoutum ; qui a l'habitude de. L.

USAI: us.

USANCE: usage, habitude, coutume.

USIBLE: prcoce. Voyez AORIBLE. O.

USTUCE; USTUCE POT-A-L'EAU. Sorte de sobriquet drisoire.

UVER (v. a.): mouiller. Du qualificatif latin _uvidus_. humide.


V.


VACA; VACAT; TERRAIN EN VACAT: terre vaine et vague, inculte. Du verbe
latin _vacare_. B.

VACABOND; VACABONDAGE; VACABONDER. C'est le _c_ pour le _g_.

VACHICOTER: barboter. On dit aussi _bachicoter_.

VACHIER: salir; couvrir de fange.

VACHOT; VACHOTTE: gnisse. Terme d'affection.

VADELER (SE): se mouiller et se crotter. V. BADER.

VADET: bton des chantepleures de bois. Du latin _vado_.

VAIANCE: faence. L.

VAICHE, 3e per. sing. subjonctif prs. de _voir_.

VAIE: _voie_; sentier chemin. De _via_. _Tire-te de ma vaie_: tire-toi
de mon passage.

VAILLANT: qui travaille avec courage. H.-N.

VAIN: loupe; enflure molle.

VAIN: mou, sans nergie. Dans le XIIIe sicle, _vains_: maigre, dfait.
L.

VAIROUILLER: labourer grossirement.

VAIS: voir. Tu vas _vais_: tu vas voir. L.

VAISCHE: aille. Veux-tu que j'y _vaische_, ou _vache_: veux-tu que j'y
aille. M.

VAISIN; VSIN: voisin.--VAISINER: voisiner.

VAISS: vaisseau; plat; soupire; objet quelconque de la vaisselle.

VALANDIER: pivert. (Manche.)

VALENTIN: galantin, petit galant. En Angleterre, les amoureux ftent la
saint Valentin. B.

VALETER: tre toujours  courir.

VALIANCE: vouloir, volont. S.-I.

VALISSENCE (s. f.): prix, _valeur_. L.

VALOT: gaule, long bton.

VALOTER: gauler; btonner;--lancer des _valots_  un coq, dans ce jeu
barbare o la mort de cet animal est le but des concurrents.

VANNET: vanneau.

VANQUIERS BEN: volontiers bien; volontiers. A.

VANTIERS: volontiers. A.

VA-NU-PIEDS: pauvre diable dguenill et sans ressources, qui est forc
d'aller les _pieds nus_. En 1639, quelques rvolts, ruins ds
long-temps par les vexations du fisc, avaient, en Normandie, pris ou
reu le nom de _Nu-pieds_. A ce sujet, le Parlement de Rouen fut
interdit pour n'avoir pas svi assez cruellement contre ces malheureux.

VANVOLE: futilit; objet sans valeur.

VAPAIL: pice de bois, en forme de vole,  laquelle on attache les
_baculs_ ou les _traciers_ des deux derniers chevaux d'un chariot. M.
l'abb Decorde.

VAPIER: bourbier. L.

VA QU'C'EST? VA QU'EST? o est-ce? _Va qu'c'est qu'ou va chiboler 'te
chibtree d'fants?_ o va-t-elle mener mal  propos cette bande
d'enfants? L.

VAQUE: vache.--VAQUETTE: petite vache.

VAQUER: vacher.

VAQUER: agiter un liquide dans un vase.

VAQUETTE (s. f.): le pied-de-veau (_Arum vulgare_). B.

VAQUETTES (FAIRE DES): laisser de la boisson au fond de son verre. H.-N.

VAQUIE (s. f.): bouillie ou soupe trop claire. B.

VAR; VARR: gris fonc, gris-blanc pommel comme le _vair_ du moyen-ge.
On dsigne ainsi, par leur couleur, les boeufs attels, que l'on excite
au travail par ces mots: _D'gia_ ou _dia_, _var_.

VARAND: vaurien.

VARET: guret. De _warectum_. Voyez VORET.

VARETAGE: action de _vareter_; l'opration elle-mme.

VARETER: faire du _varet_.

VARIBOT: bourbier. Voyez VARVOT.

VARI-VARA: en dsordre. B.

VARLOPURE (s. f.): ruban de bois que produit la varlope du menuisier. L.

VAROQUE: gros bton qui sert  entourer la _liache_ d'un chariot ou
d'une charrette autour du pouliot, afin de serrer les gerbes sur la
voiture. M. l'abb Decorde.

VAROQUER: serrer au moyen de la _varoque_.

VAROU: loup-garou. _Garval_, en ancien franais. L.

VAROUAGE (s. m.): course du loup-garou. Au figur, rut. En parlant des
chats en rut, on dit qu'ils sont en _varouage_, en _garouage_. Voyez
RAUT. B.

VAROUILL: crott et mouill comme on suppose que doit l'tre le
loup-garou, le _varou_. L.

VAROUILLER (SE): se crotter comme un _varou_. L.

VARPOT; VERPOT: petit bourbier. H.-N.

VARVA; VERVA (s. m.): boue claire; eau sale. Feu Lamarche rapporte que
le savant Huet ayant dit qu'il composerait une phrase entire, sans
qu'il y entrt un mot de franais, et qui serait intelligible pour un
paysan de Basse-Normandie, rcita celle-ci, dans laquelle entre le mot
verva: _Cliaque ilo u guerb d'train por supper u verva_: jette l
cette gerbe de paille pour asscher cette boue.

VARVASSIER: bourbier, endroit fangeux. A.

VARVOT; VARVOTER. Voyez BARBOT. C'est le _v_ pour le _b_.

VARVOTER: chercher dans le _varva_.

VAS-JE (QU'IL): qu'il aille. L.

VASPASIAN: mauvais sujet. Cette expression vient probablement de quelque
vieux _mystre_ du moyen-ge, dans lequel l'empereur Vespasien jouait un
rle fcheux. L.

VASSAU (s. m.): valet; vassal. Pour tre ainsi  ses ordres, est-ce que
je suis son _vassau_? De _vassal_. L.

VASTIBOUSIRE: servante sale, _gte_ par les _bouses_ de ses vaches;
fille dbauche.

VASTRIGUER: courir de ct et d'autre.

VATON: garrot, sorte de levier ou de gros _bton_.

VATONNER: serrer une corde avec un _vaton_.

VATRE (s. f.): boue, fange. De l'anglais _water_: eau. B.

VATRER (SE): se crotter  l'excs; se rouler dans la _vtre_. C'est de
l qu'est venu notre verbe _vautrer_. B.

VATRERIE: lieu o la _vtre_ abonde.

VATROUILLER (SE): se couvrir de _vtre_, de boue.

VA-T-Y-EN: vas-y.

VAUBOIRE (s. f.): varech (_Fucus_). B.

VAUCRE (s. f.): crue subite d'un cours d'eau; eau dborde; inondation.

VAUCRUER: faire cuire  demi des substances qui restent presque _crues_.

VAU-DE-VIRE. Ce titre de chacune des chansons d'Olivier Basselin, qui
les composa dans le _val_ de la rivire de _Vire_, a donn son nom au
vaudeville.

VAUDOISE: trombe.

VAUDRE (s. f.): fourgon du four. Voyez NAS.

VAULE (s. f.): gaule. Du Celtique-Breton _gwalen_. B.

VAULER (v. a.): gauler.--VAULETTE: gaulette.

VAULIARD: qui chancelle en marchant. Parce qu'il est comme une _vaule_
ou gaule. B.

VAULIER: chanceler. B.

VAULOT: petite _vaule_. Aller au _vaulot_: recourir  la gaule contre
les animaux qui font tort aux rcoltes.

VAULOTER: gauler lgrement,  petits coups.

VAUPAS: balle des crales. B.

VAUPILLER: inventorier; scruter; examiner.

VAUQUIER. Voyez VANQUIERS.--_Vauquier_ ou _vautier_; adverbe, signifie,
d'aprs MM. Dumril, vraisemblablement, peut-tre, dans l'arrondissement
de Mortagne.

VAUSSIR: valoir.

VA-VITE (s. f.): diarrhe. L'auteur du _Testament de Pathelin_, p. 125,
appelle cet accident la _va-tost_; il fait dire Pathelin:

       N'apportez point de vin nouveau;
       Car il fait avoir la _va-tost_.     L.

V: gu. Du latin _vadum_. En patois Walon, _w_. B.

VECHI; VECHIN: voici.

VCINER: rder autour d'un objet. De _vicinus_. B.

VE: veau. Du vieux franais _vel_.--VELLE: gnisse.

VEIGE (QUE JE); QU'ILS VEIGENT; QUE VOUS VEIGIEZ; etc.: que je voie;
qu'ils voient; que vous voyiez. L.

VEILLATIF: qui _veille_ avec soin; vigilant.

VEILLERI: table o l'on se runit le soir pour _veiller_ et travailler.
De _veille_.

VEILLIE (s. f.): liseron (_Convolvulus arvensis_).

VEILLON (s. m.): poupe compose d'argile et de foin pour garantir
l'aire des jeunes greffes. B.

VEILLOTTE (s. f.): foin ramen en petits tas pour passer la nuit, la
_veille_.

VELA ou V'LA: voil.

VELADE: surtout, blouse. (Manche.)

VELIN: venin. De l'italien _veleno_. Froid comme _velin_.

VLIN: point ou dentelle d'Alenon et d'Argentan. Faire du _vlin_. De
vlin, peau de _veau_ prpare en parchemin, sur laquelle on dessine le
modle de cette belle dentelle, et qui sert de guide  l'ouvrire. A.

VELIMEUX: venimeux.

VLINEUSE: ouvrire qui fait la dentelle appele _vlin_. A.

VELOPER: battre. Voyez FLOPER.--VELOPE en est le substantif; on dit:
donner une _velope_. M.

VELOUSSEUX: libertin, dbauch. B.

VELOUSSER: s'accoupler pour la reproduction.

VELOUX: velours.

VENAILLES; VANAILLES: criblures du _van_;--herbes parasites, qui ne
viennent que trop vite et trop abondamment.

VENANTISES (s. f. pl.): permission qu'obtient un aspirant  l'hymen, de
_venir_  la maison de celle qu'il recherche en mariage. A.

VENASSE: mou; sans force et sans nergie. M.

VENDUE: vente publique  l'enchre. L.

VNE: vesse. L.

VNER: vesser. L.

VENETTE: diarrhe; grande peur qui la donne.

VNEUX; VNOUX: qui vesse.

VENTRE (TRE SUR SON): tre gourmand. L.

VENTRIRE: soubassement d'appui d'une fentre.

VENTRILLONS (A): sur le _ventre_. Se mettre  _ventrillons_.

VENUE (s. f.): abondance.

VPE; VPRE: gupe. Du latin vespa. Le _doux-aux-vpes_ (et non pas
_doux-au-vque_ ni _doux-vque_) est une pomme que les _vpes_ ou
gupes attaquent  cause de sa _douceur_ sucre. B.

VPRE: soir.--VPRE: soire; veille. De _vesper_.

VQUIR: vivre. _Je vquis_, _tu vquis_, _il vquit_, _nous vquissons_,
_vous vquissez_, _ils vquissent_. _Je vquissais_... _Je vquirai_...
_Vquis_, _vquissez_, _qu'ils vquissent_. _Vquissant_.

VER: voir. H.-N.

VRARD: verrat. H.-N.

VERASSE (s. f.): mauvais lit.

VERCOUET: jeune porc chtr. _Vercout_, en patois de Grenoble. Au
figur, petit homme sans nergie.

VERDALLER: agiter bruyamment.

VERDANSE: bastonnade; fustigation o l'on fait _danser_ avec du bois
vert.

VERDAUX: faiseur de mariages. Voyez BADOCHET. O.

VERDE; VREDE: correction avec les verges.

VERDER; VREDER: battre; frapper; fustiger.

VERDOT: fausset.

VERDRIX: le bruant de plaine, oiseau. B.

VRE: oui. De _verum_. Voyez VOIR. L.

VRETTE (s. f.): petite-vrole; variole. Ces noms viennent des boutons
de couleur _varie_ que produit cette ruption cutane. Suivant Turnbe,
on appelait _vari_ toutes sortes de pustules qui s'lvent sur la peau
et principalement sur la figure. A.

VRETTE (VACHE): vache noire et blanche. H.-N.

VREU (s. m.): sorte de broche de fer que l'on fait rougir au feu pour
percer quelque pice de bois. Du latin _veru_, broche. A.

VREULE (s. f.): variole, petite-vrole. L.

VREUL: marqu de petite-vrole. L.

VERGANDIER: fragon, ou houx-frelon (_Ruscus aculeatus_). B.

VERGE (s. f.): sorte de d  coudre, qui n'a pas de fond.

VERGE; VERGIE: mesure agraire d'environ 20 ares.

VERGONDER; VERGONGNER; VERGOUGNER: grogner; gronder; disputer; faire
honte; faire _vergogne_. De _verecundia_.

VER-GOUTTE (A):  ttons. H.-N.

VERGUE: verge, branche.

VERGUIE. Voyez VERGE.

VERGUES: verges.

VERHAULE: le courant, le fil de l'eau. B.

VRILE: reptile. B.

VERJUS-AU-DIABLE: la brione (_Bryonia alba_), et aussi la douce-amre
(_Solanum dulcamara_). B.

VERME: paquet de vers au bout d'une ligne, pour la pche, surtout pour
la pche de l'anguille.

VERMEIL (s. m.): vers et vermisseaux. Les volailles recherchent le
_vermeil_. L.

VERMINE.: amas de vermine.

VERMINER: produire de la vermine.

VERMINEUX: min par les vers; vermoulu.

VERMINIER (s. m.): vermine; souris, rats, etc. Il y a dans cette pice
beaucoup de _verminier_: les rats et les souris y abondent. L.

VERNAILLER (v. n.): s'agiter; bondir comme les animaux au printemps
(_vernali tempore_). A.

VERNAT: verrat. Du latin _verres_. L.

VERRINE (s. f.): verre de montre; petite vitre d'horloge, de placard, de
bote, etc.

VROLE: variole.

VROT: ver de terre. H.-N.

VROU: verrat.

VROUILLER: donner un lger labour; remuer la superficie de la terre
comme avec un _vrou_ qui fouille. M. Decorde.

VERROT: verrat. A.

VERSAINE: chacun des deux versants d'un sillon.

VERT-DE-POMMIER: gui. Voyez VI. B.

VERTE-BONNE: Reine-Claude, excellente prune. L.

VERTEVELLES: chanes en fer qui attachent les unes le _joug  coue_ 
l'_esseleau_ de la charrue, les autres l'_esseleau_ lui-mme  la
_haie_. M. Lepingard.

VERTOT: bonde de futaille; cheville avec laquelle on bouche le trou o
se met la chantepelure des tonneaux que l'on entame.

VERT-SUCR: sucr-vert, sorte de poire excellente.

VERTUEUX: _fort_, vigoureux, vert. De _virtus_, driv de _vis_.

VERVARD: grondeur. L.

VERVE: gronderie. L.

VERVER: gronder. L.

VERVETTE (s. f.): grondeur, grondeuse. L.

VERVETTE: petit espigle. O.

VERVOUSTER: tourner bout pour bout.

VESCHE; VEUCHE: vesce.

VSE: force. Tu n'as pas plus de _vse_ qu'une puce.

VSILLANT: alerte, remuant.

VSINER; VESSINER: voisiner; rder dans le voisinage.

VESON: femme dbauche.

VESONNER: s'agiter; se remuer sans faire beaucoup de besogne. Du latin
_vesanus_. S.-I.

VESOUS: objet de raillerie; jouet. S.-I.

VESPASIEN. Voyez VASPASIAN.

VESSAI; VESSIAU: futaille;--vase de cuisine.

VESSARD: qui vesse. H.-N.

VESSE: tisserand.

VESSE DE COQ: baliverne. _Vesse_ de coq, probablement pour _vessie_ de
coq, organe dont cet oiseau n'est point pourvu.

VESSIAX (s. m. pl.): vases, vaisseaux.

VESSICATOIRE (s. m.): vsicatoire.

VESSI: couvert de pustules ou petites vessies. L.

VTU-DE-SAIE; VTU-DE-SOIE: cochon.

VEUE: vue; lampe; lumire quelconque. Atteinds-_m_ la _veue_: donne-moi
la lampe.

VEUVIER: veuf.

VESTE: abondance; quantit. Une _veste_ de pluie, de grle. Voyez
GESTE.

VESTON: corset. De veste. Du latin _vestis_.

VESTONNER: courir  et l. Voyez VROUSTER.

VETTE (s. f.): le pnis. De _veretrum_. S.-I.

VEULE: grle; frle; tiol; sans consistance.

VEULER: mugir. De _beugler_.

VEUVE: veuf. C'est un homme _veuve_. H.-N.

VEY. Voyez V.

VEYOUX; VOYOUX: cheval qu'on emploie pour reconnatre si une jument est
en saison;--l'homme qui espionne et cherche  connatre ce qui ne le
regarde pas.

VIAGE: voyage. De _viagium_, mot de la basse latinit qu'on rencontre
dans une charte de 1298, que Lobineau a recueillie dans son _Histoire de
Bretagne_. _Viageo_, dans le patois de Grenoble. L.

VIAGE: fois. C'est une crse de voyage, disent MM. Dumril, et, au lieu
de: la premire fois que j'irai, on a dit:  mon premier voyage.

VIAGER (v. n.): faire de frquents et inutiles _voyages_.

VIAIS; VIONS: voyez; voyons. H.-N.

VIAR: harle hupp. Voyez GIVRE. B.

VIAU: veau.--VIAULER: vler.

VIC; VI: gui. Du latin _viscum_. V. VERT-DE-POMMIER.

VICE: libertinage. Il est du _vice_: c'est un libertin.

VICOT: bcasse.

VIDANGES: dblais. (Avranchin.)

VIE (FAIRE LA): faire du tapage.

VIELLEUX: joueur de vielle.

VIEILLOCHE; VIEILLOTTE. Voyez VEILLOTTE. Ici nous emprunterons de
prcieux dtails  M. Lepingard: Les _vieillottes_ sont des amas de
foin en forme conique. Ces tas de foin sont de diverses grosseurs selon
leur tat de siccit, et prennent diffrents noms: _ondin_, quand
l'herbe qui vient d'tre fauche est reste par rangs, comme la faux l'a
place; _cabot_ ou _boisson_, quand l'herbe a t tendue, qu'elle a t
expose une premire fois  l'air; _bastard_ ou _btard_, quand elle est
bientt sche; _vieillotte_ enfin, quand l'herbe est tout--fait sche
et en tat d'tre mise au fenil.

VIENGE (QU'IL): qu'il vienne. L.

VIENRA; VIENRAIS; VIENREZ: viendra; viendrais; viendrez. S.-I.

VIENT (QUI): prochain. La semaine _qui vient_; l'an _qui vient_: la
semaine prochaine; l'an prochain. Patois Lorrain. L.

VIS: vieux; _vieil_. On trouve _vis_ pour vieux dans les _Chansons du
roi de Navarre_. L.

VITOU! VITOU! VITOU! pour appeler les vaches: _viens tt_. M. l'abb
Decorde.

VIETTE (s. f.): petit chemin pour les pitons. Diminutif de _voie_,
_via_. B.

VIEUILLARD: vieillard.--VIEUILLE: vieille.--VIEUILLESSE: vieillesse. L.

VIEUILLE: trombe de poussire. H.-N.

VIEUTURE (s. f.): vieilleries, en parlant de meubles, d'habillements. A.

VIVE: Genevive.

VIGNE (s. f.): jomarin (_Ulex Europus_). B.

VIGNET; VIGNETTE: lieu couvert de jomarins. B.

VIGNOLEMENT: action de _vignoler_.

VIGNOLER. Se dit d'un assemblage mal joint, dont les tenons jouent dans
les mortaises. Voyez OINSIGNOLER.

VIGNON; VIGNOT: ajonc pineux  fleurs jaunes; jomarin. Voyez
VIGNE.--_Vignot_ est aussi le nom d'une coquille du genre des sabots.

VIGNON: le siffleur, sorte de canard sauvage.

VIGUETTE: petite cheville. Voyez PIGNETTE.

VILANNER: faire souffrir. Mon soulier me _vilanne_. H.-N.

VILER: crier. Se dit du cri des porcs.

VILLAS; VILLIAS: veille.

VILLE. Ce nom (qui n'a pas de rapport avec ville, cit) vient de la
basse latinit _villa_, et, comme en cosse, signifie une maison, une
habitation. Ainsi, Plainville est une maison en plaine; Ouville, une
habitation sur l'eau, etc. C'est de ce mot _villa_ qu'est venu
_village_: runion d'habitations.

VILL (BOEUF): boeuf gras que les bouchers promnent solennellement 
l'poque du Carnaval. On disait autrefois  Paris le boeuf _viell_,
parce que, le jeudi-gras, il tait conduit au son de la _vielle_; et
c'est de l, et non pas de ville, qu'en Normandie on a, par une crse,
fait le mot _vill_ pour _viell_.

VILLONNER: mettre un _veillon_. Voyez VEILLON.

VILLOTTE. Voyez VEILLOTTE.

VILVOQUER: ballotter. D'o _bilboquet_.

VIMBLET: vrille, tarire. Voyez GUIMBELET.

VINETTE: oseille (_Rumex acetosa_).

VINT: venu.

VIOGE: violent, irritable, dont la colre sourde parat dans
l'altration de ses traits.

VIOLONNEUX; VIOLONNOUX: joueur de violon.

VIONDIR. Onomatope du bruit du vent, d'une toupie, d'une balle lance,
etc.

VIONE (s. f.): clmatite des haies (_Clematis sepium_).

VIONNE: chtiment violent, inflig d'abord avec des scions dont le
bruit, en dchirant l'air, a pu faire donner le nom  la correction.

VIONNER: donner une _vionne_;--faire entendre le bruit sifflant d'une
pierre lance par une fronde.

VIPARD; VIPEUX; VIPOUX: qui _vpe_.

VIPEMENT: substantif du verbe VIPER.

VIPER (v. n.): produire avec la voix, et mme avec un instrument, un son
trs-aigu, qui siffle dsagrablement aux oreilles, qui perce le tympan.

VIPILLON: goupillon. De _vulpes_: goupil ou renard, parce que, pour
donner l'eau bnite, on se servait autrefois d'une queue de cet animal.
L.

VIQUET: guichet; ouverture faite  l'un des bouts d'un tonneau et par
laquelle on peut s'y introduire pour le prparer  recevoir le cidre. B.

VIRARD: petit brochet.

VIRET: jouet d'enfants, garni de plumes. B.

VIRLI: petite _vive_, poisson. B.

VIRON: environ. Par aphrse.

VIROUSSE: _vire_, jet d'eau ou de tout autre liquide, lanc avec
force;--diarrhe.

VIROUSSER: lancer de l'eau. Frquentatif de _viret_.

VIRVOUCHER: tournoyer dsagrablement. De _virer_, tir du latin
_gyrare_. En Roman, _bireboute_ signifie dtour, volte-face. A.

VIRVOUSSER: aller de ct et d'autre. Voyez VIRVOUCHER.

VISI: louche. De voir, _viser_. L.

VISQUES, pron. _vques_: mauvaises ides.

VITAILLE: victuaille.

VI-T-EN: viens-t-en.

VITOUARD: source d'eau. Suivant Huet (_Origines de Caen_), _vitouard_
vient de l'anglais _white water_: eau blanche.

VIVAGE: terrain pierreux. M.

VIVATURE (s. f.): vivres. L.

VLA: voil. On disait autrefois _vela_ et _veci_.

VLAUDE: vole de coups. M.

VLAUDER: donner une _vlaude_.

V'LER: vouloir. _V'lais_; _v'lait_; _v'lous_: voulais; voulait;
voulez-vous? Il ne s'agit que de _v'ler_: il ne s'agit que de vouloir.
L.

VLO: voil.

VOCHER: appeler. On a d prononcer _voquer_. De _vocare_.

VOICHE (QUE JE): subjonctif prsent des verbes _voir_ et _aller_.

VOIDERIL: partie graine, grossire et pulvrulente de la surface des
carrires de pierre. B.

VOIR; VOIRE: vrai! On lit, dans les _Posies du roi de Navarre_: pour
_voir_, au lieu de: pour le vrai; et, dans _Pathelin_, p. 74:

       Par le corps bieu! a dire _voir_
       Vous y avez trs-bien ouvr.

Wace dit, dans le _Roman de Rou_:

       Ne sai c'est _voir_; mais ce dit-on.

VOIRAI (JE): je verrai. C'tait le futur rgulier de _voir_, qui s'est
conserv pendant une partie du XVIIe sicle.

VOIREMENT: vraiment.

VOIRRE: verre. H.-N.

VOIS (JE M'EN): je m'en vais. C'est par une sorte de compensation que
l'on dit: _vais_-tu pour vois-tu. Malherbe, qui tait Normand, crit,
dans ses _lettres_: je _vois_ pour je _vais_.

VOISE: aille. Il faut que je m'en _voise_: il faut que je m'en aille.
_Pathelin_, p. 50:

       Dictes, afin que je m'en _voise_.

VOIT-D'UN: borgne; qui ne _voit_ que _d'un_ oeil. A.

VOITON: levier. Voyez VATON.

VOLET (s. m.): nnuphar (_Nympha alba_).

VOLET: ruban.

VOLETTE: tirasse, filet.

VOLIER: partie de la tte du rouet  filer qui forme les deux ailes
tournantes. Voyez AILETTES.

VOLONT (A): en grande abondance. L.

VORET: guret. Voyez VARET.

VOS: vous.--VOT': votre.

VOSTER; VOUSTER: courir de ct et d'autre, sans motifs plausibles.
Voyez VROUSTER. B.

VOTRER: _vousoyer_; le contraire de tutoyer. _Votrez_-vous? vous
servez-vous de _vous_ pour _toi_, dans vos relations?

VOU: o. _Vou_ que c'est: o est-ce? Patois Bourguignon et Lorrain. L.

VOUDER: enrouler; mettre en peloton; manger avec avidit. H.-N.

VOUGE (s. f.): serpe, croissant.

VOUI: oui.

VOUIN; VOIN: regain. _Waen_, en patois Walon. L.

VOULENT: volont.

VOULEVARI (corruption de _boulevari_): bouleversement, tumulte. De
_volvere_, d'o est venu bouleverser. Voyez HOULEVARI. L.

VOUSOYER; VOUSSETER: ne pas tutoyer.

VRA; VRAC: varech. C'est une crse.

VRA ou VRAC (EN): en masse; en monceau confus, comme le varech, que l'on
entasse au moment de la rcolte. B.

VRAI; VR: varech.

VRAI (DE): vritablement; en vrit.--_vrai-d_: oui-d.

VRAMENN: vraiment. S.-I.

VRDINE: homme de peu de tte.

VRDINER: s'exalter trop facilement; ne pas tre matre de soi.

VPRES: gupes.

VRONDE: fronde.

VRONDER: agiter une _vronde_ ou fronde. Le bruit d'une pierre lance par
la fronde fait dire que cette pierre _vronde_.

VRONDRE (v. n.): bourdonner. M.

VRONNER: faire rsonner une _vronde_; lui faire rendre un bruit rpt
de _vron_, _vron_. _Vronde_, _vrondre_, _vronder_, _vronner_ sont des
onomatopes.

VROU (s. m.): eau qui sourd d'un rocher. On lit dans Pluquet: Les
_vrous_ de Port (Port-en-Bessin) fournissent de l'eau douce aux
habitants. Par figure sans doute, disent MM. Dumril, on donne le mme
nom  la diarrhe.

VROUSTE: course inutile. L.

VROUSTER: entreprendre des courses inutiles, pour aller flner;--marcher
vite, d'un pas leste et dlibr.

VUER: enrouler. _Vuer_ de la laine: l'enrouler sur un _tut_. Du latin
_volvere_.

VUEUDIER; VUEUGUIER: vider. Jadis on crivait _widier_.

VUEUILLE: vieille.--VUEUILLESSE: vieillesse. L'abstrait se prend parfois
pour le concret. On dit: c'est une _vueuillesse_, pour une personne
ge.

VUEUILLIR: vieillir.--VUEUX: vieux.

VULGUER, RE ou VULGAI, E: vident. Apocope de _vulgaire_. Du verbe
divulguer. L.


X.


XALBI. Voyez HALBI.

XUEU ou SUEU: graisse pour faire de la soupe. De _xeu_ qui, en vieux
franais, signifiait suif, graisse de porc ou de mouton.


Y.


Y. C'est mal  propos qu'on prononce quelquefois comme _i_ l'_y_ entre
deux voyelles; il n'a rien de grec, et reprsente deux _i (i-i)_ qui se
partagent entre les deux syllables qu'ils divisent. Ainsi on doit
prononcer: _ai-iant_, _citoi-ien_, _moi-ien_ (ayant, citoyen, moyen) et
non pas _a-ant_, _cito-en_, _mo-en_.

YAUSAUX; YAUSOUX; YOUSOUX: aqueux; satur d'eau; ayant got d'eau. Voyez
IAULOUX.

YETTE. Voyez LIETTE.

YEUXTRME: extrme. H.-N.

YMAGIER: qui fait ou vend des images; enlumineur; modeleur en pltre ou
en terre cuite.

YTEL; INTEL: tel, pareil, semblable. _Ytal_, dans le vieux franais.

YU (s. m.) (arr. de Coutances): vtement raccommod avec un morceau de
couleur diffrente. MM. Dumril.

YVRER: enivrer. Il s'est _yvr_.


Z.


ZIGUER: faire jaillir de l'eau avec une seringue. Voyez JILER.

ZIGUET (s. m.): diguet.

ZIGUEZONNER: faire des zigzags en marchant.

ZOZO: bouffon. De Joseph (_Joso_).




SUPPLMENT.


L et D sont placs aprs un grand nombre d'articles. D indique ce que
nous avons pris dans le _Dictionnaire du patois du pays de Bray_, par M.
l'abb Decorde, cur de Bures (Neufchtel, 1852, in-8.); L, une partie
de ce que nous avons emprunt aux _Notes sur quelques mots usits 
St.-Lo ou dans les environs de cette ville_, par M. Lepingard, ancien
chef de bureau de la prfecture de la Manche. Nous avons laiss de ct
beaucoup de mots qui n'offrent que des diffrences de prononciation.
Quant  ceux du GLOSSAIRE qui se retrouvent dans notre SUPPLMENT, ils y
figurent pour des additions plus ou moins importantes, des sens
particuliers, des acceptions nouvelles, qu'il nous a sembl utile de
recueillir. Nous n'avons toutefois accept aucun des mots populaires
enregistrs par Bescherelle. Leur admission dans son Dictionnaire les
exclut d'un glossaire spcial du patois normand.

       Julien TRAVERS.


A: elle. A veut: elle veut.--A: aux. Dites __ charretiers de dteler.
D.--_A_ pour _de_ trs-frquemment: la maison __; le cheval __, etc.

ABAISSE: assiette en terre cuite. L.

ABANDER: courber.--ABAND (D'): dtendu, courb, n'ayant pas la force de
se soutenir. Aller _d'aband_. L.

ABAT: (Pluie d'): grosse pluie abondante et verticale.

ABATAISON.: inclinaison donne aux murs par les lois de l'art.

ABCHER; ABTER: tendre des _abets_. Voyez ce mot.

ABIBOCHER. Mme sens que RABIBOCHER. Voy. ce mot.

ABILLOTER (S') se dit de la bouillie qui s'agrge en se dlayant.

ABIMER: gronder; rouer de coups; salir. L.

ABIVALER: descendre; mettre en pente douce. L.

ABLO: diffrence entre la valeur des anciennes pices et leur cours. 5
sous taient l'_ablo_ des cus de 3 livres.

ABLOTIS (s. m.): lot d'objets qu'on prend au hasard et sans compte.

ABOLIR: salir;--perdre de rputation. L.

ABOMIR: affadir; exciter au vomissement. Cela m'_abmit_ le coeur: cela
me rend le coeur malade.

ABRIAS: grand paillasson qui sert d'_abri_ contre le soleil. On dit
encore: _s'abrier_, qui est plus prs de sa racine que le franais
_s'abriter_.

ABUTIR: abrutir.

ACABOUILLIR: mettre en bouillie, en pte; craser par un effort, par un
mouvement subit. L.

ACAMASSER: entasser;--craser, au propre et au figur.

ACANTER: incliner; pencher.

ACCLAQUER (S'): s'affaisser en s'aplatissant. L.

ACCLATRER: aplatir par une pression subite. L.

ACCOINGNETER; pousser; serrer dans un _coin_. L.

ACCOUFLER (S'): s'accroupir; s'affaisser sur soi-mme.

ACCOURSER: courir sans cesse; n'tre jamais chez soi.

ACCOUT: cale; ce qui sert  _accoter_.

ACHABRIR: accabler. _Achabrir_ de coups. L.

ACHEVALER (S'): se mettre  cheval,  califourchon sur.

ACHITRER: assener un coup de poing. (Granville.)

ACIMENTER: unir par le _ciment_;--unir fortement, au figur.

ACONNAITRE (SE FAIRE): se faire reconnatre de.

ACONDUIRE (SE FAIRE): se faire conduire.

ACRANQUI: atteint de la _cranque_ (crampe); ds-lors, arrt dans ses
mouvements et ses dveloppements. D'o enfant _acranqui_; lgume
_acranqui_; etc.

ADIRER (S'): s'garer. Du latin _ire ad._ H.-N.

ADVINER: deviner.

AFFAITEMENT: assaisonnement. AFFAITER: assaisonner.

AFFAITIR: faire ; accoutumer ; rendre propre .

AFFECTER A (S'): se livrer avec _affection_ ; s'appliquer .

AFFLATER: flatter; caresser avec la main. D.

AFFUBER: envelopper. Cette liqueur m'_affube_ le coeur. D.

AFFULER (S'): mettre son bonnet. D.

AFROQUEMENT: compagnie. H.-N.

AGA: vois; regarde; voyez donc! D'[Grec: agamou]: j'admire.

AGAI (_Gai _): bonne mine. _Fais agai_: souris.

AGALTRER: exciter; irriter.

AGERS: distribution, places. Je connais les _agers_ de la maison. D.

AGSINER: donner des soins comme  une femme en _gsine_; traiter avec
sollicitude.

AGNAI; AGN: agneau. _Ognai_, en Walon.

AGRABATAIRE: grabataire.

AGRAPPINS: espce de grappins, qu'on s'ajuste aux jambes pour monter aux
arbres et les brancher. D.

AGRIPPER: prendre en secret. H.-N.

AGUIGNTES. Voyez HAGUIGNTES.

AHANIER: laboureur, homme de peine. D'AHAN.

AHI: mot par lequel on excite les animaux de trait.

AHOQUER: accrocher.

AIGACHER; GACHER: mousser un tranchant.

AIGUCHER; GUCHER: aiguiser.

AIGUE; AINGUE: aide.--AINGUIER: aider.

AINCHAIN: ainsi, de mme.--AINLA: ainsi, aussi bien.

AIRER: faire de _l'aireure_, terre laboure pour froment.

AISSAI; AISSEAU; AISSIAU: bardeau;--vanne place sur un dversoir pour
arrter l'eau.

AJET: achat. D.

AJETER (S'): se jeter; se rfugier; prendre l'habitude d'aller  ou
chez.

AL:  la. _Al_ St-Jean.--AL: elle, elles. D.

ALAS! hlas!

ALLE: partie de jeu; tourne. Faire une _alle_; jouer encore une
_alle_: faire une partie, jouer encore une fois, faire une dernire
_tourne_, de faon que les cartes soient successivement donnes par
tous les joueurs. L.

ALLIER: chafaudage destin  porter les ouvriers en btiments et leurs
matriaux, lorsqu'ils sont obligs de s'lever au-dessus du sol. L.

ALLIQUIER: allcher. On a dit encore: _allachir_.

ALLOTIR: faire des lots et les assigner aux ayant-droit.

A MAIS:  moins.

AMARI: maladie de langueur. H.-N.

AMBLECHINER: marcher difficilement.

AMENUCIER: amincir.

AMTRER: mettre des cailloux par monceaux d'un mtre cube. D.

AMICABLE; AMICABLEMENT: amical; amicalement.

AMIGNARDER: apprivoiser par des mignardises. Roman.

AMITIEUX: caressant. D.

AMITOUFLER (S'): s'envelopper la tte pour se prserver du froid. D.

AMONT: parmi, dans, au milieu de, aux environs. Ils sont l _amont_.
_Amont_ la journe. _Amont_ les champs.

AMUNITION: munition. Pain d'_amunition_.

ANATER; ANNATER (S'): se runir comme en nattes; s'agglomrer.

ANDIER: grand chenet. H.-N. On a dit: l'_andier_, puis _le landier_,
usit en Basse-Normandie.

ANGE: espce. Donnez-moi de l'_ange_ de vos pois. D.

ANGER DE: pourvoir de; fournir.

ANGLIOUSE: sensible  la douleur corporelle. L.

ANGUSTER: placer une pice de bois dans la mortaise d'une autre pice;
l'y ajuster. L.

ANGUYNANES et HOGUYNANES. V. HAGUIGNTES.

ANIEUTONNER: attarder mal  propos. L.

ANNE: hlas! H.-N.

ANNELE: vole qu'on sonne pour les dfunts. D.

ANNELER: agneler.

ANNOU: priv de dveloppement. Enfant _annou_: qui n'acquiert ni
force, ni taille. De _nodus_.

ANNOUILLRE: vache qui n'a pas conu dans l'anne, et qui continue 
donner du lait. Du latin _annus_. Feu Lamarche.

ANNOUS-EN: allons-nous-en. (Pays-d'Auge.)

ANTE: tante. H.-N.

ANTAN: veau de l'anne prcdente.

ANTENOIS (Moutons): gs de moins d'un an. D.

ANTOMI: engourdi. Se dit substantivement d'un squelette humain. D.

APATELLE: nourriture que les oiseaux portent  leurs petits.--APATELER:
porter l'_aptelle_. D.

APLGER: cautionner; garantir.

APPELOTER (S'): se disposer en pelote. L.

APPENSER: rflchir profondment.

APPESONNER: surcharger de poids, afin d'aplatir, ou de prvenir tout
drangement. L.

APPIAT; APPUAT: appui. L.

APPIPER; APIPER: attirer; sduire.

APPOYAS: longues fourches de bois qui soutiennent les branches trop
charges de fruits. D'_appui_.

APPROISIER: apprcier; estimer; valuer. L.

ARASER: passer tout prs de. Sa voiture a _aras_ la muraille. D.

ARANCER (S'): s'appuyer en arrire; s'appuyer avec son fardeau sur, ou
contre, pour se reposer.

ARCAIL (FIL D'): fil d'archal.


BANNETTE: berceau en osier pour les nouveaux-ns. H.-N.

BANONNIER: public, commun. Le taureau _banonnier_ tait celui que les
seigneurs avaient le droit de laisser parcourir les terres de leurs
vassaux. L.

BANQUIER: faire ou rparer une _banque_ (paulement, revers, crte d'un
foss);--publier des bans de mariage;--installer un nouveau mari dans
son banc  l'glise, le premier dimanche aprs la noce. L.

BARBOUQUET: bouton aux lvres. H.-N.--_Faire un barbouquet_: remplacer
la bride d'un cheval au moyen de sa longe qu'on lui passe dans la
bouche, et dont on lui entoure la mchoire infrieure. D.

BARER: donner. H.-N.

BARETE: quantit de lait mise dans la _barette_ (baratte); quantit de
beurre qu'on en a obtenu. L.

BARRE: barrire.--BARRETTE: petite barrire.--BARRURE: barrage. D.

BASENCUL; BASSET: de petite taille. D.

BASSURE: valle. D.

BASTANT: suffisant. L.--Personne agile et vigoureuse. D.

BATARD. Voyez VIEILLOCHE.

BATISTRE: acte de baptme extrait des registres. D.

BATTE: seconde pice du flau, qui sert  battre le bl.

BATTEMARE: bergeronnette. H.-N.

BATTEUX: battoir;--batteur.

BATTIRE. Voyez BATTERIE.

BATTRE: grener le bl, en frappant les pis.

BAUBE: engourdi par le froid. L.

BAVAROISE: pont de culotte ou de pantalon.

BAYETTE: baguette. H.-N.

BAYOTTE (Vache): rouge et blanche. H.-N.

BATILLES: petits morceaux de viande, rejets dans l'apprt des mets, et
dont tire parti une conomie bien entendue.

BEBAIS: moutons. BEBTE: bte (termes enfantins). D.

BEC (Donner un): baiser. D.

BECAR: pou. H.-N.

BCHON: boisson. H.-N.

BCU: qui a du bec, grand parleur, mauvaise langue.--Truite _bcue_:
truite saumone. L.

BECVCHIER. Voyez BCHEVCHER.

BDAN: espce tardive de pommes  cidre. H.-N.

BDON: espce de tambour;--gros ventre;--femme de mauvaise vie.

BDONNE (S'en donner une): manger avec excs. D.

BGIN: dentelle troite dont on garnit les bonnets d'enfant. L.

BGU; BGU: personne dont la mchoire infrieure s'avance plus que la
suprieure. D.

BGUER: bgayer.

B HASARD: probablement, peut-tre. D.

BEILLE: ventre. Percer la _beille_. (Avranchin.)

BEL (s. m.): cour.

BELINER se dit de l'acte du _belin_ qui saillit. L.

BELLE HEURE (A): trs-tard. D.

BELLENE. Voyez BANNELE.

BNONI: favori, particulirement chri.

BQUETTES. Voyez BCHETTES.

BERCAILLES: moutons maigres et de mauvaise qualit.

BERLAFE: coupure. H.-N.

BERLANDER: flner.

BERLIFUMER; BERLUFUMER; EMBERLIFUMER: s'emparer captieusement de
l'esprit de quelqu'un.

BERLIN; BRELIN; VERLIN: petit limaon de mer.

BERLINGOT: petit panier.

BERLINGUER: vaciller aux yeux. H.-N.

BERLUBERLU: par change ou don rciproque. L.

BERNEUX: petit enfant qui ne sait pas encore tre propre. D.

BERS: ridelles d'un chariot. H.-N.

BESINDE: ivresse gaie et lgre. L.

BESOQUE (ALLER DE SOQUE ET DE): aller d'une chose  une autre, sans
esprit de suite et comme au hasard.

BESOT. Voyez BDOT.

B SU: bien sr; certainement.--BTOT: bientt.

BTONNER: dire des btises. D.

BEUCHONNER: aimer  boire.

BEUGUER: roter; rendre un vent de l'estomac. L.

BEULONNER: pousser des cris sourds, des beuglements rauques, comme le
taureau qui s'irrite.

BEUVE: breuvage.

BI; BIT (s. m.): grosse corde qu'on place au point des roues le plus
rapproch de l'arrire d'une charrette, pour contenir le tonneau qu'on
en veut descendre. L.

BIBER: boire; avaler sans goter. L.

BIBOT: propre  rien, comme si l'on avait les deux pieds bots, les deux
mains lies. L.

BIDELER (SE): se reposer; se tranquilliser aprs des tourments, des
soucis de toute espce. L.

BILAUDES: gros et longs btons servant  divers usages,  faire des
cercles, des barrages, etc. D.

BILLARD: boiteux, qui marche la pointe des pieds en-dedans. D.

BILLETTE: petite cheville pour fermer un bissac.

BILLOCHE: grosseur, durillon.

BILLOT: agrgation de grains pulvrulents. L.

BINGUE: huche en paille.

BINGUER: rouler comme une _bingue_ par suite d'ivresse. L.

BIROQUE: double rosse.

BISCOIN: opposition des coins. _De biscoin_: d'un coin  un autre, de
biais, en travers. On dit, dans la Haute-Normandie, _de bisc-en-coin_.

BITER: toucher; mordre. M. Chassant.

BLAI BIS: mteil. D.

BLAIRER: regarder.

BLAIRI: champ o l'on a rcolt du bl. D.

BLANCHET: _apolon_, brassire, camisole. L.

BLASER: panser une plaie avec un liquide. D.

BLASPHME: blme. H.-N.

BLINDER; BLINGUER: action de jeter des palets pour voir lequel des
joueurs sera le plus prs du but et jouera le premier. D.

BLO: pice de bois qu'on met sous une autre pour l'loigner de terre. D.

BLOUGUE: boucle.--BLOUGUER: boucler. H.-N.

BOBOS: sabots (terme enfantin). H.-N.

BOTER; BOTER se dit d'un chemin dont la _boe_ (boue) s'enlve par
plaques en marchant.

BOILLONNIRE: lieu dangereux par les _boillons_ ou _bouillons_; endroits
du sol o l'eau bouillonne et sourd.

BOISE: gros morceau de bois; poutre. H.-N.--Petite rgle ou bton de
bois, mince et large. _Doler la boise_: chercher  capter les bonnes
grces  force de souplesse. H.-N.

BOISIQUIER: faire du menu bois; en chercher. L.

BOISSONNER: s'occuper de _boissonneries_.--BOISSONNERIES: choses de peu
de valeur, de mince importance. L.

BONETTE: coiffure de femme. De la partie antrieure s'avance une sorte
de visire, souvent garnie de dentelle.

BOQUILLON: bcheron.

BORDILLER: tre prs de. _Bordiller_ 60 ans. D.

BOUCANE: maison de chtive apparence. D.

BOUCAR: bocal, carafe. H.-N.

BOUCHEROT: mauvais boucher. H.-N.

BRIQUET: tte, cervelle. H.-N.

BRONGNES: ttins de truie. D.

BROQUE-A-Z-YEUX (NE VOIR): tre dans une obscurit complte. H.-N.

BROSQUIN: brodequin.

BROSSE: effet mtaphorique de la _brosse_ qui enlve et fait
disparatre. a fait _brosse_: c'est une affaire manque ou une
esprance due.

BROTILLONS: petites broutilles.

BROU: gui H.-N.

BROUACHINAGE: bruine.--BROUACHINER: bruiner.

BROUAS: Enfant qui a la figure sale. D.

BROUASSE: _broue_ passagre. BROUASSER en est le verbe.

BROUET: pidmie. D.

BROUILLARDER: bruiner. H.-N.

BROUIR: aller trop vite. H.-N.

BRUCHER: broncher. H.-N.

BRUILLE. Voyez BREUILLE.

BRUILLOT: oiseau qui n'a que la _bruille_.

BRULE (s. f.): rosse.

BRULEUSE: diarrhe.

BU: qui a beaucoup bu. Homme _bu_: homme ivre.

BUETTE: petite ouverture dans un mur, dans un toit.

BUEUILLIER: beugler.

BUIE. Voyez BIE.

BUNE: bouchon qui sert de but au petit palet.

BUQUETTE: courte paille. H.-N.

BUQUILLE; BUQUILLIE: amas de bchettes sans consistance. Tomber comme
une _bquillie_: tomber sans soutien.

BUQUILLIER: ramasser des _bquettes_ (des bchettes). L.

BUTIN: mobilier de peu d'importance. D.

BUTTE: bouchon qui sert au jeu de la _butte_. H.-N.

BUTTE: argent plac sur la _butte_ ou _bouchon_.


CABEUIL: crasse produite par la graisse et l'huile qu'on met entre
l'essieu et la roue d'une voiture. D.

CABO: ttard. Feu Lamarche.

CABOCHARD: entt. H.-N.

CABORET: espce de pois nomme _cabot_.

CABROUET: espce de petite charrette sans ridelles. D.

CABUS: espce de choux assez fades. L.

CACHE: avenue;--troupe d'animaux;--_touche_ d'un fouet;--rut des vaches.

CACHE-MONE: garon meunier qui va chercher les _mones_. Voyez MONE.

CACHE-MOUTE. Voyez CACHE-MONE.

CACHE-POUQUE: garon meunier qui conduit les mulets chargs de grains,
ou qui porte la farine chez les particuliers. _Cache-pouque_ est la
corruption de _chasse-poche_: nos villageois disent _cache_ pour chasse,
et _pouque_ pour poche. Feu Lamarche.

CACHES (N'tre pas au bout de ses): avoir encore beaucoup  faire ou 
souffrir. D.

CACHETTE: petite avenue, petit sentier qui conduit de la cour  des
pices de terre de la ferme. L.

CACHEUX: chasseur; _cache-moute_. D.

CACHOIRE (Coup de): dernier verre de liqueur qu'on offre  ses convives
au moment o ils partent. D.

CADELER: se donner du bon temps; vivre sans soin. L.

CADESSIME: catchisme. D.

CAFIGNONS: corne qui termine les pieds des vaches, chvres, porcs, etc.
D.

CAFOURET: petit appartement sale. H.-N.

CAFUTER: loigner, chasser un animal. H.-N.

CAGE: casanier, apathique, maladif. Il est _cage_: il est souffrant. L.

CAGNE (Vache): de couleur gris-clair. D.

CAGNOLE: espce de carcan pour les jeunes porcs. D.

CAHOUETTE: petite corneille. H.-N.

CAILLARD: caille trop jeune pour tre tue. D.

CAILLOUER; CALOUER: jeter des cailloux .

CAIRDRON: chardon.--CAIRDRONNET: chardonneret. CAI est pour CHA au
commencement d'un grand nombre de mots.

CALE (s. f.): projectile dont on menace de frapper quelqu'un, en lui
criant: _Fi de cale!_ mets-moi au dfi. L.

CALEFESSIER: homme dcid, toujours prt pour les parties de plaisir. L.

CALER: faire ses petits.

CALEUSER: se livrer  la paresse.--CALEUSET: paresse.--CALEUX:
paresseux. H.-N.

CALIBERDAS: grand bruit. H.-N.--Aller  _caliberda_: aller 
califourchon. B.-N.

CALIHOISNE: assemble vers le mois de mai. L.

CALIMACHON-A-HOTTE: limaon  coquille. H.-N.

CALIN: lieu o les vaches _calinent_.--CALINER se dit des animaux qui se
reposent  l'ombre, dans les grandes chaleurs. D.

CALINAGE: action, effet du _calin_. L.

CALIT: mauvais lit dans les curies, les tables, etc. D.

CALLIBRISTIS: mot vague, employ d'une manire quelque peu grivoise,
comme le _coeur_ de Boufflers.

CALOGE: loge  chien. H.-N.

CALOT: brou de la noix.

CAMAILLER (SE): se culbuter en jouant. H.-N.

CAMBRE: chanvre.

CAMO: tasse de caf. _Mi-camo_: demi-tasse.

CAN pour CHAN au commencement de beaucoup de mots.

CANETTE: petite bobine, originairement de _canne_ ou roseau. L.

CANGEON: enfant cagneux, dont le dveloppement physique est
prmaturment arrt. L.

CANGNON (s. m.): chane qui attache le _bacul_  la _haie_ de la
charrue. L.

CANIVET: petit canif. L.

CANNEBUTE. Voyez CANNE-PTOIRE.

CANNER: pleurer fort. D.

CANT: chanteau.

CANTELLE: ruse, tromperie. Du latin _cantus_, ensorcellement. L.

CANTER: perdre l'aplomb; tourner.

CANTINETTE: criocre, espce de coloptre. D.

CAPELER: se couvrir d'un _capet_ ou chapeau, en parlant d'un liquide
dont la surface s'paissit par suite de la fermentation. L.

CAPPE: cuiret qui retient la _batte_ et le _maintient_ du _flais_. Jean
de Garlande mentionne ainsi les parties du flau: _flagellorum partes
sunt manutentum, virga et cappa_. D.

CARAS: bergers. D.

CARCAILLOT: appeau pour appeler les cailles. D.

CARDINER: s'impatienter jusqu' perdre la raison. L.

CARLUSER: parler de tout; babiller continuellement. L.

CARNAGE: charogne. H.-N.

CAROTTER: attraper; tromper. CAROTTIER en est le substantif.

CAROUGE (CRIS DE): cris fortement profrs.

CARPELOUSE; CAIRPELOUSE: _charpeleuse_, chenille.

CARRABIN: sarrasin.

CARREAU; CARRIAU: carr; portion de jardin consacre  un
lgume;--obstructions des enfants que certaines familles, d'aprs
l'opinion, ont le privilge de gurir par l'attouchement.

CARTE: le quart du boisseau. L.

CARTELER: fendre; gercer. L.

CARTI: corps d'un chariot sans ridelles. D.

CARTIER (Faire): diriger les chevaux de manire  ce que les roues de la
voiture ne suivent pas les ornires. D.

CASSETTE: ustensile en bois qui sert  retenir la crme dans les
terrines, tandis qu'on laisse couler le petit lait. D.

CASSIS: caniveau dcouvert pour l'coulement des eaux.

CASSISIER: cassis, arbrisseau. H.-N.

CASTELOGNE: couverture de lit, tissue en laine.

CASTILLE: querelle, dispute;--chaux qui donne le blanc le plus pur.

CASTUIS: case d'_huis_; rduit prs de l'_huis_ ou la porte.

CATAS; CATAUD: timide, cach, fourbe, sournois. L.

CATCHISSE; CATQUISSE: catchisme.

CATINER: caliner; flatter. L.

CATIR: baisser; coucher. _Catir_ les oreilles: les abaisser comme les
_cats_. Ses oreilles _catissent_ (l'effet pour la cause): son impatience
est prs d'clater. L.

CATONNER (SE): se ramasser  la faon du chat prt  s'lancer sur sa
proie. L.

CATONNIER: qui aime beaucoup les chats. L.

CATONS: chatons, fleurs du saule. L.

CATREUX: mauvais couteau;--homme qui chtre les porcs. D.

CATUNAS: sournois, hypocrite.--CATUNER: froncer le sourcil; regarder
en-dessous; mditer quelque ruse. L.

CAUD: lieu chaud. Se mettre au _caud_: l o il fait chaud.

CAUDRE: bouffe de chaleur;--contenu d'une chaudire.

CAUDROLE: pluie d'averse par un temps trs-chaud. L.

CAUFFE: _chauffe_, quantit de bois ncessaire pour chauffer pendant un
temps dtermin. L.

CAUQUE: portion, surface. Tourner une _cauque_ de terre. L.

CAUQUIN: talon, pied. _Tiens-t bi sur tes cauquins_: tiens-toi bien sur
tes pieds. De l'italien _calcagno_, talon. L.

CAUSAIR: fabricant, marchand de chaux. L.

CAVE: chemin creux.

CAVILLEUX: dfiant, souponneux. L.

CEINTEINE: centaine, le fil qui _ceint_, lie une pice de fil. On dit,
au figur: j'en ai trouv la _ceinteine_: j'ai trouv la solution de la
difficult. L.

CELLERIER; CELLERI: cellier.

CRAINE: Voyez CHAIRAINE.

CERNE: cercle. H.-N.

CHAFETER: mal appliquer une couleur; y faire des taches plutt que des
teintes rgulires.

CHAFOUINER: travailler intrieurement  la sourdine, comme les fouines
et les chats. L.

CHAINETTE: ligature d'une pice de fil. Il s'applique  d'autres
ligatures: _chanette_ de cotillon. L.

CHAIRAINE; CHAIRENNE: vase en terre dans lequel on conserve de la crme,
du lard sal, etc.

CHAISIER: percepteur de la location des chaises, dans les glises.

CHALEMIE: chalumeau. H.-N.

CHALETTES: chaussure aplatie par l'usure. L.

CHANDELIER: partie circulaire du pressoir o l'on dpose les pommes 
brasser. L.

CHANNETTE ou CANNETTE: pot de terre long et de petit diamtre, dans
lequel on met le miel. L.

CHAOLER: pousser; aller d'un coin et de l'autre. L.

CHAPIN: pied;--ancienne chaussure. L.

CHAPOTER. Voyez CHACOUTER. Toutefois _chapoter_ indique un bruit
continuel, comme celui de l'eau agite qui _clapote_. L.

CHARLOT; CHARLOT-GOURAS: geai.

CHARME: cerne; cercle dcrit par la toupie.

CHASSER: aller; _chasser_ droit (au propre et au figur).

CHAULAIR: marchand ou fabricant de chaux. L.

CHAULATTE: volige, planche mince sur laquelle on cloue l'ardoise. L.

CHECHITTE: ceci. H.-N.

CHEIGNEUX: tablier de femme. De _cheindre_ pour ceindre.

CHELEAU; CHELO: cela qui est l o vous tes.

CHELOQUE: cela. H.-N.

CHEN: ce. M. Chassant.

CHNE: lieu plant de chnes.

CHENELLES: fruits de l'pine-blanche. H.-N.

CHENNE-CHIN: celle-ci.--CHENNE-LA: celle-l.

CHENIOMAINS: ce nanmoins. H.-N.

CHER: enceinte de pieux fichs en terre pour courber les gaules 
cercles. L.

CHRNE: syrne. _Chrne de m_: syrne de mer. L.

CHS: ces, CH'EST: c'est.

CHEUR: choc.--CHEURQUIER: heurter.

CHEURAQUE: femme de mauvaise vie.

CHEVERE: charge d'une _chevire_ (civire).

CHEVILLE: mesure de 12 pouces de bois cubes. D.

CHIBOULER: marcher sans prcaution et renverser ce qu'on trouve sur son
passage. D.

CHICON: gros morceau de pain. D.

CHIFFETIRE: discussion vive et serre.

CHIFFETIRER: ne se faire aucune concession, pas plus que ceux qui
_tirent_  eux la moindre _chiffe_, dans un partage.

CHICOTER: marchander; importuner. D.

CHICOTIN: blague  tabac. H.-N.

CHIEN DE TERRE: larve du hanneton. H.-N.

CHIGORNE: grosse souche. L.

CHILE: grande quantit. _Chle_ d'eau, de coups, etc.

CHILER: pleuvoir en fouettant. La pluie nous _chlait_ le visage: nous
fouettait le visage.

CHIMETTES: pousses des choux, aprs que les premires, la tte surtout,
ont t coupes. L.

CHIN: ci;--cinq.

CHINCHE: qui n'a que la peau; flasque.

CHINCHRE: mendiant. L.

CHINCHORI: homme qui nglige sa tenue;--dont la conduite et la capacit
sont de mince valeur. L.

CHIPOTER: se jeter d'une affaire dans une autre pour loigner le
dnouement de ses embarras;--mlanger des liquides sans rgle et sans
raison.

CHIPOTOUX: celui qui _chipote_. L.

CHIQUE: gros morceau de pain ou de viande. D.

CHIRE: caresse du chien. Faire la _chire_: faire bon accueil, souvent
par hypocrisie et pour trahir. L.

CHIRE-POIX: poix qui sert aux cordonniers pour cirer leur fil. D.

CHIRETTE: rire gracieux des petits enfants.

CHIS: ciseau de menuisier. L.

CHOEURET: petit enfant de choeur. L.

CHO: cela. L.

CHOISNOLE: manivelle.

CHOLE: chopine. CHOLETTE: petite _chole_.

CHOQUE: petit vase. L.

CHORBER: broncher. H.-N.

CHOUAIR: marchand de choux.

CHOULE: fte populaire qui se tient, pendant le carme, dans les
communes rurales. D.

CHOULER: remuer; faire avancer. D.

CHOUQUE; CHOUQUETTE: petite souche.

CHU: ce.--CHUEUR: choc.

CHUT; CHUTEAU; CHUTIAU: rayon de miel.

CIVELLE: lanire de cuir pour attacher un manteau  la selle d'un
cheval.

CLAPER: branler dans le manche. On dit aussi d'un homme maigre ou
malade: il _clape_ dans ses habits. D.

CLAPOT: petite lessive hebdomadaire. H.-N.

CLAPOTER: faire un _clapot_. D.

CLAQUER: jeter avec force, de manire  faire aplatir ou s'vaser la
chose ainsi lance.

CLAQUETER se dit du bruit que font les dents par suite du froid. Les
mchoires, en se rapprochant convulsivement, rappellent le _claquet_
d'un moulin.

CLATRI: couch, cach dans l'herbe. H.-N.

CLATRIR (SE): se coucher dans l'herbe en s'effaant. H.-N.

CLAVETTE: mauvaise langue. On dit, en parlant d'une femme bavarde:
Quelle _clavette_! D.

CL (AVOIR PERDU LA): avoir la diarrhe. D.

CLERGEAU: enfant de choeur. H.-N.

CLIAIRIBOT (s. m.): substance trop dlaye. C'est du _cliairibot_. L.

CLICHARD: habitant de la ville.

CLICHER: frapper rudement. H.-N.

CLIERGI: clerg.--CLINCHIER: cligner. L.

CLIOCHIER: clocher.--CLIOQUE: cloche. L.

CLIOUSETS: soufflets. L.

CLIOUSSER; CLOUSSER: souffler.

CLIQUETER: agiter la _cliquette_ ou les _cliquettes_. H.-N.

CLIQUETTE: _clinche_.

CLIQUETTES: clochettes des frres de Charit. D.

CLONGNE: quenouille  filer. H.-N.

CLOQUETEUX: celui qui marche en tte de la procession, en agitant les
_cloquettes_ (clochettes). D.

CLOTIGE: hermtiquement ferm. La porte n'est pas
_clotige_.--CLOTIGEMENT: hermtiquement. L.

CLOUPPER: glousser. H.-N.--CLOUQUETER a le mme sens, et se dit aussi du
cri du crapaud.

COCAR: oeuf (terme enfantin). D.

COCATRER: chanter comme le coq. L.

COCHONNIRE (RONCE): glantier.

COCOTIER: coquetier, soutien de l'oeuf qu'on mange  la coque.

COEUR DE JOUR (A): du matin au soir; sans relche.

COFFI: gauchi, djet.

COFFRAILLE: le corps sans les membres.

COFFRER: cercueil.

COFICHE: coquillage bivalve. L.

COING: cri de certains animaux que l'on maltraite. L.

COIP; COIPEL; COIPEAU: copeau. Au pluriel, _copis_.

COISME: fiente du cheval.--COISMER: fienter. L.

COLRER: exciter la colre de.

COMPOST: engrais mlangs.

COMPTES (RENDRE SES): vomir. D.

CONDOS: accident du sol entre deux pices de terre. H.-N.

CONTENS: qui est en contestation, en procs.

CONTEPET: rapporteur de nouvelles. H.-N.

COPIN: anciennement fabricant de serges,  St.-Lo;--dindon, dans la
Haute-Normandie. D.

COPINIER: celui qui garde les _copins_ ou dindons.

COQUENNE: espce de viorne;--rable. H.-N.

COQUERON: petit _coquet_. D.

COQUET: petite veillote; petit coq. D.

CORAPRENANT: _carme-prenant_, crpes. H.-N.

CORET: entrailles. M. Chassant.

CORPE: quantit d'aliments propres  bien remplir le corps.--SE CORPER:
se gorger.

CORNAILLES: pommes  cidre prcoces, de mauvaise qualit;--toute espce
de corneilles et de corbeaux. D.

CORNOITE: sorte d'chaud. H.-N.

CORPOR: qui a du corps, fortement constitu. L.

COS: cou. _Tirer du cos_: vomir. D.

COSNARDISE; COSNES: excs de luxe dans l'habillement.

COSNER: prendre une mise trop recherche pour sa fortune.

COSNIRE: coin, morceau.

COSSART: colza. H.-N.

COTIRE: mur latral d'un btiment, qui supporte le _larmier_. Ce mur
est ordinairement plus long que le _gable_ ou mur de chaque extrmit,
termin gnralement en pointe. L.

COTIR: _ctoyer_; se tenir prs de. _Ctir_ une personne: chercher 
gagner ses bonnes grces. L.

COUCHETTES: langes. D.

COUCOU (BRAN DE): gomme qui dcoule du mrisier. Les enfants s'imaginent
que c'est l'excrment du coucou. D.

COUENNE: sot, abasourdi, stupfait. L.

COUTINER: remuer; agiter la _couette_ (la queue).

COUIER: coon. Par une association de significations opposes, un _bon
couier_ est,  la campagne, un fort gaillard, prt au travail, fidle 
sa parole. L.

COUILLON; COUYON: coon, capon.--COUILLONNER; COUYONNER: caponner;--en
imposer; mentir. Tu me _couyonnes_: tu me dbites des mensonges.

COULANT-D'EAU: foss pour l'coulement des eaux. H.-N.

COULEUX: toile de crin ou de chanvre  travers laquelle on fait passer
le lait qu'on vient de traire. H.-N.

COUOTAGE: cot, ce qu'une chose cote. Le _coutage_ retient: la dpense
empche. L.

COUP: portion, avantage. Grand _coup_ de terre: grande tendue. Cela
fait un bon _coup_: cela est avantageux, ou vient  point.--A _coup_: en
temps opportun. _Si  coup_: si tt. _Tout--coup_: tout d'une fois. L.

COUR: enclos dans lequel se trouvent les btiments et les bestiaux d'une
ferme. H.-N.

COUREUX: porc en libert avant l'engraissement. H.-N.

COURIACHE; COURIAS: coriace, fort, vigoureux. D.

COURIANTE: courante (danse). M. Chassant.

COURIETTE: lanire de cuir qui sert de cordon aux souliers, ou qui se
trouve  la poigne d'un bton. D.

COURIR: laisser chapper un liquide. Le pot _court_.

COURTE: pnis de l'homme fait.--COURTINE: celui de l'enfant. L.

COURVASSER: aller courir de tous cts, cherchant le plaisir, la
dissipation et s'y livrant sans mesure. L.

COURVASSOUX: celui qui _courvasse_.

COUTELER: scher  demi le linge d'une lessive. L.

COUTEUX: irritable, d'une humeur difficile. D.

COUTIAUX: rayons de cire et de miel. H.-N.

COUTRE: coude; sacristain.--COUVETTE: chaufferette.

COUVAIS-VOU: croyez-vous? M. Chassant.

CRACHE: crasse.--CRACHOUX: crasseux.

CRAILLER: cracher pais.--CRAILLOT: crachat pais.

CRAIRE: croire.--CRAYABLE: croyable.

CRAITRE: crotre.

CRANQUI: atteint de la _cranque_ (crampe). Enfant _cranqui_: celui
dont le dveloppement est arrt.

CRAPE: salissure.--CRAPEUX: sale. H.-N.

CRAPU: trapu.--CRASSETTE: pomme  cidre.

CRAULER: balancer; donner, prendre le plaisir de la balanoire. L.

CRAVACHONNIER: prunier non greff, dont les fruits s'appellent
_cravachons_.

CRMET (s. m.): premire couche de crme.--CRMEUX: qui se couvre d'une
couche ayant l'apparence, sinon la couleur de la crme. L.

CRMILLON: petite _crmillie_ (crmaillre).

CRPETTES: pte trs-dlaye, compose de farine, d'oeufs et de lait,
qu'on fait cuire dans une pole,  l'poque des Rois et du Mardi-Gras.
D.

CRQUES: fruits de l'pine-noire. H.-N.

CRTONNER: raccornir; gaufrer. L.

CRVON: chevron, pice de charpente.

CRVONNER: placer des _crvons_. L.

CRIGNIE: poigne de cheveux; crinire. L.

CRIQUES: paupires, yeux.

CROCHER: se donner le bras  la promenade. D.

CROCHILLER; CROCHUIRE: rendre croche; devenir croche. H.-N.

CROULE: quantit de fruits qui tombent en secouant l'arbre. L.

CROULER: faire commerce de pigeons. L.

CROULER (SE): se balancer.--CROULEUSE: balanoire.

CROULEVER: lever; boursoufler; se dtacher.

CROUTTE: passage dtourn, cach. L.

CRUCHE: croissance. Cet enfant a fait sa _cruche_ trop vite. D.

CRUCIR: crucifier; torturer (au moral). L.

C'T: cette.--C'T-CI; C'T-CHIN: celle-ci.--C'T-LA:
celle-l.--C'TI-CHIN; C'TI-CHITTE: celui-ci, celle-ci.--C'TI-LA:
celui-l.

CUIROT: morceau de cuir qui supporte le battant d'une cloche. D.

CU; CUEU: chez.--CUIT: cuir, peau.

CULAS: btiments  usage de granges. H.-N.

CULE: chute sur le cul.--CULIRE: croupire.

CULOTTE: ivresse. Se donner une _culotte_: s'enivrer.

CUMBELI-BORDAINE (adv.). Expression par laquelle on indique un dsordre
qui dpasse toutes les bornes. L.

CUMBELOTER; CUMBLOTER: culbuter.

CURAILLE: produit du nettoyage des grains.

CUREAU: melle en cuir dans laquelle tourne la broche en fer du rouet. L.

CURINS; CURURES: produits du curage. L.


DA: Dieu. _Men Da_: mon Dieu. S.-I.

DALINE: querelle, dispute.--DALINER: quereller.

DAMAGE: dommage.

DANDELINER; DAUDINER: dandiner; se dandiner.

DARDILLON: aiguillon d'une boucle. D.

DARRE-DARRE (Aller): se presser sans rflexion.

DARRE: le contenu de la _darre_ ou bedaine.

DARU: qui a de la _darre_ ou du ventre.

DATER: pisser.

DAUBE: vole de coups.--DAUBER. Voyez CABLER.

DBAGOULER: vomir; dire; conter. H.-N.

DBALLER (SE): se dcourager. D.

DBATISER (SE): se donner beaucoup de peine pour faire croire ou
comprendre une chose. D.

DBILLER: dshabiller.--DBISTRAC: en mauvais tat.

DEBLOUGUER: dboucler. D.

DBREULER; DBREULIER: enlever le _bre_; dgager l'essieu. On dit d'un
homme dont la culotte ne tient pas qu'il est _dbrel_. L.

DBRICOLER: ter la bricole d'une vache. D.

DBUCHER: transporter les _composts_ dans les champs qu'ils doivent
fertiliser.

DCALIFOTER; DCALOTER: ter une noix de son enveloppe.

DCANNETER: dplacer, au jeu de la _bune_, le palet de son adversaire.
L.

DCARCANER: ter un _carcan_. H.-N.

DCARPILLER: sparer; dmler. D.

DCAUCHER; DCAUCHIER: dchausser.

DCENAILLER: dguerpir au plus vite et contre son attente.

DECHIBOLER: porter  et l, sans prcaution.

DCLAQUER: tomber rudement; parler sans mnagement. D.

DCLAVER: ter la clef d'un tombereau et le dcharger par ce moyen.

DCOMPOTER: changer le temps de l'engrais des terres et le mode des
semences. D.

DCONFORTER (SE): s'affliger outre mesure. H.-N.

DCRAMPIR (SE): se dlasser. H.-N.

DCRAP: nettoy.--DCRAPER: nettoyer. H.-N.

DCRET (EN) se dit des terres mal cultives, comme celles qui, dans
l'ancienne jurisprudence, taient _en dcret_, c'est--dire _saisies_.
Le propritaire les ngligeait.

DCULER: faire quitter  quelqu'un sa place, et s'en emparer par force,
adresse ou ruse. L.

DEDANS: en prison. Il est, on l'a mis _dedans_.

DDRAGUER: dlayer; rduire en marmelade. D.

DFAIRES: habits de rebut et qu'on donne. H.-N.

DFAISIBLE: susceptible d'tre dfait. L.

DFECTI; DFECTIF: espigle, ingnieux en ressources, en _dfaites_.
L.--Dissimul, qui a des dfauts. D.

DFI, DFI, DFI: de file, de suite et trs-rapidement. L.

DFICELER: dlier ce qui est li par une ficelle. D.

DFILOQU: us jusqu' la corde ou jusqu'au _fil._ H.-N.

DFONCER (une rente): l'amortir.

DFOUR: lieu attenant  l'habitation rurale, qui sert de cour, et
trs-plant, o circulent librement les animaux domestiques. L.

DFOURURES: gerbes pluches par les moutons. D.

DFULER: dcoiffer; ter; dfaire. H.-N.

DGAILLER (SE): prendre ses bats. L.

DGANCER: tirer de l'argent de sa bourse. D.

DGOULER: vomir. H.-N.

DGOULER (SE): se ddire; manquer  sa parole,  _ce que sa goule_ a
promis. L.

DGOULINER: rendre par la bouche. Se dit d'un flux de paroles qui
ressemble  un vomissement involontaire. L.

DGOUTINS: eau qui tombe d'une couverture. D.

DGRAIS: objets de laine qu'on va laver ou qu'on a lavs dans de l'eau
de lessive. L.

DGRDOUILL: parti, dlog. H.-N.

DGRILLER: dgringoler; glisser. D.--Glisser involontairement. L.

DGRILLOUSE: trace faite en _dgrillant_. L.

DGUILGAND: dgingand. L.

DHAGNOLER: disloquer. Membre _dhagnol_; barrire _dhagnole_. L.

DEHAIT: indisposition, malaise. L.

DHALLER (SE): se tirer d'affaire. L.

DHOQUER: dcrocher. H.-N.

DHOUSILLER (SE): sortir d'un lieu. H.-N.

DJOUQUER: faire descendre du juchoir, et, par mtaphore, faire sortir
du lit.

DLOUS; DLOUSEY: triste, afflig. H.-N.

DEMANDE (A LA):  mesure.

DEMANDER APRS (quelqu'un): demander quelqu'un.

DEMAQUER: vomir. H.-N.

DMARRE: manire d'aller; tournure, etc.

DMEMBRER (SE): se donner un grand mouvement des bras en marchant L.

DMENCE (EN): en ruine.

DMEN (s. m.): mnage villageois; travail et soin qu'il
entrane.--Participe pass, il signifie excit par. On dit: _dmen_ du
Diable; _dmen de la poule  Simon_. Tous ceux qui appelaient cette
poule agissaient, se _dmenaient_, sans avoir conscience de _ce_ qu'ils
faisaient.

DEMEURANCE: abattement: espce de paralysie.

DEMIANNE: demi-aune. H.-N.

DEMIARD: quart de chopine. H.-N.

DEMI-GROS: quatre muids. H.-N.

DEMOISELLE: petite _veillotte_. Voyez VEILLOTTE.

DNOQUER (SE): se dvelopper; grandir. H.-N.

DOINSIGNOLER: disjoindre. V. OINSIGNOLEMENT.

DORN: mal coiff; mal vtu; nglig.

DPATICHER: dfricher un _ptis_. D.

DPENDANTE: runion de faisceaux destins  tre
appendus.--DPENDANTER: dtacher d'un faisceau destin  tre appendu.
L.

DPENSE: lieu o l'on serre le laitage. D.

DPIAUCER: corcher.

DEPIS: depuis.--DPIET: dpit.

DPIT; PIT: priv de l'usage des pieds.

DPIQUIER: soulever la charrue; la dgager quand elle est arrive au
bout de la raie, ou quand elle pntre trop dans le sol. L.

DPITAY: fch. H.-N.

DPOITRAILLER: dcouvrir la poitrine avec affectation.

DPORTER DE SA PAROLE (SE): se ddire. H.-N.

DPOTEUX: grosse chantepleure pour _dpoter_.

DEPUEUS; DEPUEUX: depuis.

DPURER: couler; tomber. V. PURER.

DERLIND: bruit de la vaisselle qui se brise en tombant.--DERLINDER:
faire ce bruit en se brisant;--agiter une sonnette.

DERRIRE (EN): en cachette.--DERRIRE (FAIRE DU): dpenser en secret;
tromper ses matres. D.

DSAILLS (Habits): uss. H.-N.

DSEMPENDANTER (SE): se dtacher d'un ensemble _empendant_.

DSENNUER: dsennuyer.

DSENQURAUDER: dsensorceler. L.

DSIGNALEMENT: signalement. H.-N.

DSORCEL: dsensorcel. N.-N.

DESSAISONNER: changer l'assolement. H.-N.

DESSAQUETER: tirer d'un sac. D.

DESSENAILLER: descendre; s'enfuir effray. L.

DTENIR: mdire; mal parler de. Feu Lamarche.

DTOMBIR (FAIRE): faire chauffer un liquide jusqu' ce qu'il soit tide.
D.

DTREINDRE: desserrer; diminuer l'treinte. L.

DTRIER: trier; choisir. H.-N.

DEUGIR (SE): s'user; s'altrer par l'usage. L.

DEULER: souffrir; languir. D.

DEVAI; DEVER: dette; devoir.

DEVALAISON: avalaison.--DEVALOUX: descente.

DVARUBLE: qui dvore, use promptement ses habits.

DEVENIR (BIEN OU MAL SE): se dvelopper. D.

DEVRAQUE: ce qui est bris, dlay, en _vra_.

DEVRAQUER; DEVRAQUIER: mettre en _vra_. L.

DVUER: dvider. L.

D'HEURE: temps opportun. Il est _d'heure_; il n'est pas _d'heure_: il
est temps; il est trop tard. H.-N.

DIGONNER: piquer (au propre et au figur). B.-N.--importuner; travailler
lentement. H.-N.

DIGUE: petite dague. Les menuisiers qui mettent une pointe _en digue_,
la chassent obliquement de manire  unir deux planches, deux morceaux
de bois, etc. L.

DIGOUX: qui digue. DIGUSSER: exciter avec le _diguet_. L.

DINDAN: bruit des cloches _avoles_. Aller  _dindan_: aller aux offices
(terme enfantin). L.

DIOT: idiot, simple.--DIOTISE: btise, simplicit. H.-N.

DISCOMPTE: escompte. DISCOMPTER: escompter. H.-N.

DODELINER. Voyez DODINER.

DOGUE; DOQUE. Voyez DOCHE.

DOLICHE: petite _dolure_ trs-mince.

DOLOROUX: douloureux.

DOLU: bris par la douleur physique ou morale.

DOLURE: ruban de bois enlev par la doloire, la varlope ou le rabot. L.

DORMAILLER; DORVAILLER; DORMASSER: dormir  demi.

DOTOUT: avec lui ou avec elle. L.

DOUBLIER: grande nappe de table.

DOUCETTE: mche, bourse.

DOUCHINER: entourer de petits soins. H.-N.

DRAGIE: mlange de vesce et d'avoine qu'on sme au printemps. D.

DRAGUE-DRAGUE (ALLER): aller hardiment, sans prcaution, sans rflexion.

DRAISNER: parler beaucoup et inconsidrment. L.

DRAME: prise. DRAMER: priser; aspirer par le nez. D.

DRAQUIER: manger goulment. L.

DRIAN; DRIEN: Adrien. H.-N.

DRISSER: foirer; avoir la diarrhe. L.

DROUILLE: boue;--sauce trop claire. D.

DRUIRE: pousser, en parlant des premires plumes des oiseaux. H.-N.

DUIRE: coter. Il lui en _duit_.--Amener; rduire. Je l'ai _duit_: je
l'ai contraint; je l'ai soumis. L.

DUM; DUN. Voyez DUMET.

DUR: foie et coeur de cochon tu. On donne au poumon le nom de _mou_. L.


BAQUER: effondrer. D.

BCHETTES: petites pinces dont les mchoires ressemblent  un bec. L.

BERDOUILLER: craser entirement. D.

BERLUCHER: lever. D.

BERNER: nettoyer un enfant _berneux_. H.-N.

BIVAL: boul. Terres _bivales_.

BIVALER: mettre les terres en glacis.

BLAIRER: regarder avec une sotte curiosit ce que font les autres. D.

BLUER: blouir; s'chapper sans tre vu. H.-N.

BOIRE: extraire ce qui a t bu. Mettre du linge  _s'boire_, c'est le
mettre  _s'purer_. L.

BONDE: cluse;--barrage de l'eau.

BOUDINER: presser de manire  faire sortir les _boudins_.

BOUILLI: trs-chauff. D.

BOUQUETER: rompre le bout. _bouqueter_ une branche: enlever l'oeil qui
la termine. L.

BRAIHOLER (S'): crier haut; s'emporter contre. L.

BRANCAGES: branches coupes en _branquant_. D.

BRDIN; VRDIN: vapor; qui a le vertige. Courir comme un
_vrdin_: comme un homme qui n'a pas sa tte.

BREUILLER: craser; faire sortir les _breuilles_. D.

BREULER: ter le _bre_.

BROUER: renvoyer; chasser; effrayer. D.

CABOCHER: donner un coup  la tte. D.

CAILLER: chasser; renvoyer. _caillez_ ces gamins. D.

CALES: cosses.--CALER: cosser.

CALIFOTER: ter les noisettes de leur cale.

CALIN: petite coquille. L.

CALOT: petite cale; petite coque. L.

CALOTER: enlever l'cale. Voyez DCALOPPER.

CALUER: ter les cailloux d'un champ.

CALURE: dchirure.

CARBOUILLER: tendre la braise et les charbons de l'tre pour mieux se
chauffer. Le temps qui _s'carbouille_ se couvre de nuages menaants.
H.-N.

CARDONNER: arracher les _cardons_ ou chardons.

CARDONNETTE: chardonneret. D.

CARFOUILLER: carquiller. L.

CARPILLER: dmler, diviser des flocons de laine, de crin, etc. D.

CAUDR: chauff, brl par le soleil. Bl _caudr_: frapp de
scheresse avant sa maturit. L.

CHARPE: charde. H.-N.

CHERTER: essarter.--CHETER: parpiller. H.-N.

CHETTE: chose chue par hritage ou par donation. L.

CHIGN; S'CHIGNER: chiner; s'chiner.

CHIMER: essaimer. H.-N.

CLIER (S'): se disjoindre par la chaleur. H.-N.

CLETTES. Voyez CHELETTES.

CLINCHIE: cluse; claboussure.--CLINCHIER en est le verbe.

CLIODRER: rpandre. L.

CLIPE: clipse, clisse. L.

CLIPER: clipser;--clater;--enlever une clisse. L.

COCHETTE: casse-noix.

COCHIER: _cacher_; craser. L.

COEUR (Bois): auquel on a enlev l'aubier. D.

COEURER: ter le coeur, dans le sens d'exciter un grand dgot.

COEURPER: extirper de la gorge, en toussant. L.

COLETER: dcolleter.

CONDIRE: nier ce que dit une personne; _dire contre_. D.

CORE: cte  pic. L.--CORER: tayer. _S'corer_: employer toutes ses
forces  une chose. D.

COSSINS: bottes de paille formes des tiges de bl qui ne sont point
propres  faire des gerbes. D.

COUCHER: briser le chanvre ou le lin. H.-N.

COUE: rprimande svre.

COUER: secouer; fustiger; excuser. L.

COUETTE (s. f.): petit balai pour pousseter.

COUTOUX; COUTERESSE: couteur, euse.

CRANCHIER: chancrer. CRANCHURE: chancrure.

CRMILLONS: vestiges de crme qui restent sur le lait crm et qu'on
enlve  part.

CREUL: cuit ou cru  moiti. L.

CRIGNI: qui a les cheveux mal peigns, en dsordre.

CRI: cri perant.

CRIN: grand coffre ou l'on met ses hardes et son linge,  la campagne.
Feu Lamarche.

CROITRE: accrotre; agrandir.

CURFAIRE: lancer de la salive en parlant.

CURINS; CURAINS. V. GROUAINS.

ED: de.--EDPIS: depuis.--EDSOUS: dessous. D.

DOUCE: correction. Donner une _douce_: fustiger. L.

DUMER: ter le _dum_;--fustiger;--laguer.

EFFARFAILLER: effrayer; dissminer par la peur. On dit d'un homme dont
les vtements sont en dsordre, qu'il est _effarfaill_. L.

EFFILOTER: effiler.--EFFORCHIER: efforcer.

EFFONDRE: effondrement. H.-N.

EFFOUQUER: effaroucher. H.-N.

EFFOUTAILLER: chasser; effrayer. H.-N.

EFFRONTER: intimider pour obtenir un aveu. H.-N.

EFFROUER: mietter. D.

GALIR: unir; aplanir. D.

GASILLER (S'): carter les jambes. D.

GRDINER LA VIE: ne pas donner le ncessaire. L.

GRNOTER; GUENOTER: grener lentement. L.

GRINCHER: gratigner.

GROUAINS: grains qui se sont d'eux-mmes dtachs de la gerbe;--rebut
du battage, de l'cossage, plus souvent dsign par le nom d'_curins_.
L.

GROUER: grener.

GUAIRER; GURER: garer.

GUENILL: en guenilles, trs-nglig dans sa mise.

HOUPER: battre le bout d'une gerbe sans la dlier;--enlever la
_fleurette_ ds qu'elle est forme sur le lait. H.-N.

EJ': je. _Ej'_ veux: je veux.

LACR: amaigri; long et fluet.

ELON: leon. H.-N.

LIGNIER: laguer; lancer. Un homme bien _ligni_ est long; il a fil
comme une ligne. L.

LINGOIRE: fronde.--LINGUIE: jet de la fronde.

LUNER: perdre sa raison par l'ivresse;--aboyer  la lune.

MACHOQUER: meurtrir en mchonnant.

EMBAGUEMENT: action d'_embaguer_.--EMBAGUER: faire les achats de bagues
et autres joyaux pour sa future. H.-N.

EMBARQU se dit d'un animal qui a trop mang. H.-N.

EMBERNQUER: salir; encombrer; couvrir. H.-N.

EMBLAYER: embarrasser; emplir. H.-N.

EMBOISSONNER (S'): s'enivrer habituellement. H.-N.

EMBOUCH (MAL): qui tient des propos grossiers. H.-N.

EMBOUGRIR: impatienter au dernier degr. L.

EMBOURBANDER: mettre ou tomber dans la _bourbe_, dans l'embarras, sans
pouvoir en sortir. L.

EMBRELUCOQUER (S'): s'embarrasser. H.-N.

EMBRENASER: enthousiasmer. _Embrenas_ de. L.

EMBU: imbib. Terre _embue_: sature d'eau. L.

M; MOUET. Voyez MET.

MEU: excrment des oiseaux de proie. L.

MEUCHER: pointer. H.-N.

MEULETER: enlever, crever la mulette; ventrer. L.

MEUTIR: rendre des excrments.

MIE (s. f.): pain miett dans un liquide.

EMN': mon, ma. _Emn'_ homme, _emn'_ pouse.

MOLENTER: branler. Se dit des constructions.

MOQUIER: _moucher_; enlever la partie carbonise d'une mche de
chandelle, de lampe, etc. L.

MOULETTE: meule d'mouleur monte.

MOUTURAGE: produit que le meunier retire des grains ports au moulin.
D.

MOUTURER se dit du grain que prend le meunier pour se payer en nature
des droits qui lui sont dus par ceux qui font moudre  son moulin. D.

EMPAFFER (S'): manger au point d'en avoir la respiration gne.

EMPALER: rendre noir. D.

EMPANCHER (S'): remplir sa panse outre mesure. L.

EMPAR (s. m.): empltre. L.

EMPAROL (MAL): qui dit de mauvaises paroles. D.

EMPAT (Coq): auquel on a donn la pte. H.-N.

EMPENDANTER: faire une _empendante_.

EMPOCHEMENT: trou dans un mur pour l'extrmit d'une poutre. L.

EMPOUQUIER: mettre en poche; engloutir dans son estomac. L'animal
_empouqui_ a le ventre si plein que ses fonctions semblent arrtes.

EMPREUX: aprs; auprs.

EMPUNANTE: remplir de mauvaises herbes. H.-N.

ENASER: couper le nez. _Enas_: enchifren. L.

ENBONNEMENT: en vrit; avec sincrit. L.

ENCAGNOLER: mettre aux porcs une _cagnole_. H.-N.

ENCARVALER: mettre  califourchon. D.

ENCAUCHUMER; ENCHAULER: chauler. H.-N.

ENCHERVELEY: hbt. M. Chassant.

ENCORNAILLER: encorner. _S'encornailler_: pouser une femme de mauvaise
vie. On dit des animaux qui se donnent des coups de cornes qu'ils
_s'encornaillent_ ou qu'ils _cornaillent_.

ENCORSER: manger ou boire avec rpugnance; se mettre en _corps_. Il n'a
pu _encorser_ sa mdecine. D.

ENCRAPER: rendre crasseux. D.

ENCROUE: runion d'objets placs les uns sur les autres et que le
moindre choc peut faire tomber. L.

ENCROUETTE: petite _encroue_, encore moins solide que l'_encroue_. L.

ENDIZELER: mettre en dizeau. H.-N.

ENDODINER: affubler, coiffer comme une _done_. L.

ENDOS: sillon bomb, en forme de _dos_. H.-N.

ENFENOUILLER: envelopper; enfoncer dans. D.

ENFRONNER: passer un _fron_ dans le groin. H.-N.

ENFILOQUER (S'): pousser en tige menue comme un fil.

ENFIQUER: ficher en terre. H.-N.

ENFIQUES: branches sches pour foire une haie. H.-N.

ENFISTOLER: habiller sans got. D.

ENFOND: profond. Vase _enfond_. Il y a _enfond_ dans cet tang.

ENFONDRER: tomber ou faire tomber dans une fondrire. L.

ENGAGNE: contrarit; chagrin ml de haine. D.

ENGAGNER: endver. D.

ENGLIOUSE: engelure. L.

ENGUERGOTER: faire entrer de force dans le _guergt_. L.

ENGUEULER: dire des injures. D.

ENGUILGANDER: entortiller; emptrer. L.

ENHAIR: prendre en haine. Souvent l'oiseau _enhat_ son nid quand on y a
touch.

ENHEULIER: oindre d'_huile_ bnite; administrer. H.-N.

ENHOQUE: accroc.--ENHOQUER: accrocher. H.-N.

ENJERQUIER: jucher; placer haut. L.

ENLEVE: bruit, renomme, enlvement des suffrages. L.

ENLICOTER: mettre un licou.

ENNERSER: irriter un chien contre. H.-N.

ENNUEU: ennui.

ENQUAIRER; ENQUERRER: mettre au _quaire_. Voy.

ENQUILFTRER: embarrasser; emptrer. L.

ENRAQU: embourb. H.-N.

ENROUTER: mettre en route. H.-N.

ENSOUILLURE: enveloppe de lit, de matelas, de fauteuil, etc. L.

ENSURMONTER: _monter au-dessus_ de ce qui est raisonnable. Il est
_ensurmont_ de faire: il est dtermin, malgr la raison,  faire. Il
m'a fait _ensurmonter_: il m'a fait perdre toute patience.

ENTAME: entamure.

ENTAUPINER: enterrer; mettre avec les taupes.

ENTER: entre, au milieu. _Enter_ deux: entre deux.

ENTINCHER. Voyez ATTICHER. L.

ENTIQUE: manire de russir.--ENTIQUER: jeter dans; adresser. D.

ENTOMBI; ENTOMMI: engourdi. D.

ENTOUR: autour.

ENTREVQUIER: enchevtrer. L.

ENVALOIRE: partie du harnais qui sert au cheval pour retenir la voiture,
dans les descentes. D.

ENVASER: jeter; tomber dans la vase. L.

ENVOICHE (QUE JE M'): que je m'en aille. H.-N.

ENVOL: aventurier, tranger. H.-N.

PAIGNE; PEIGNE: pargne.

PALER: mettre  part le lait d'une vache pour savoir combien elle
produit de beurre par semaine. D.

PAMPILLER: pandre avec un certain ordre. L.

PARER: laguer; couper des branches, des broussailles. L.

PARTIR: parpiller. H.-N.

PATONS: grosse filasse; ce qui reste aprs avoir obtenu la 1re et la 2e
qualit de la filasse en la passant au peigne. Feu Lamarche.

PAUPILLER: parpiller;--arracher le poil des paupires.

P; PEU: pivert.

PERSINGLER: frapper dans l'eau, pour mouiller ceux qui en sont
rapprochs. D.

PQUETER: effiler. L.

PQUEVINER: donner  regret, morceau  morceau.

PERLUQUIER: nettoyer; approprier. L.

PEUTER: effrayer. H.-N.

PIAUTER: enlever la peau.

PIFFRER: gratigner; railler lgrement.

PIGACHIER: _piloguer_ sur tout; taquiner sans relche. L.

PIONS. Voyez BRICOLI.

PLTER: travailler vite. Travail _pltant_: qui se fait vite. H.-N.

PLINGUER: clabousser. H.-N.

PORT: qui a t port. Habit _port_. H.-N.

POUFFER: essouffler.

PRE: cloison.--PRINS: pris.

PRIVIER: pervier.

PUQUIEURES: pluchures.

PURER (S') se dit du linge qui s'goutte.

PURINS: dernires gouttes d'un mlange dont on croyait avoir obtenu
tout le liquide. L.

QUARRE: ouverture; encadrement d'une porte, d'une croise.

QUERDER: carder.

QUERMUCHER: escarmoucher; chercher noise. L.

QUTE: boulis; masse _quaie_ (chue).

QUIBOQUIER: quivoquer.

QUIBOT: outil d'un usage quivoque; mauvais outil.

QUILBOURDIE: humeur, fantaisie. H.-N.

ER pour RE au commencement de plusieurs mots.

ERBOURQUIER ou REBOUQUIER: refuser davantage. _Erbourquier_ sur le
travail, sur la mangeaille. L.

RAIGNE: gobe-mouche, ainsi nomm parce qu'il se sert de toiles
d'_raigne_ (araigne) pour faire son nid. H.-N.

ERCHEVER: recevoir. Participe pass, ERCHU.

ERDRE: adhrer; s'attacher; saisir; se cramponner .

RE: aile. H.-N.

R pour ERDR: attach ; appliqu . L.

RIEN: rien. Je n'en sais _rien_.

ERLAND: chauff, faisand.

ERLISER: reluire.

ERMONTER: remonter.--ERMETOUX; ERBOUTOUX: qui remet les membres
fracturs.

ERRE: dame, matresse. H.-N.

ESCLOTS: sabots. L.

ESSAVEURE: corchure de l'piderme.

ESSELEAU: pice de la charrue tenant  l'essieu. L.

ESSENAILLER: se disperser comme un essaim.

ESSEU; ESSI: essieu.--ESSEUL: isol. H.-N.

ESSOMMELER: effrayer. D.

ESSUER; ESSUEURE: essuyer.

ESTAMPERCHE: perche tayant l'chafaudage d'un maon. L.

ESTIMATION: estime.

ESTOMAC (Mettre dans son): entre sa chemise et sa poitrine. H.-N.

ESTRAMONTADE: tramontane. H.-N.

TAMPI: couch  terre. H.-N.

TAUPINAGE: dispersion de la terre des taupinires.

ET'CHUELLE: cuelle.--ET'CHURER: curer. L.

TENTE: toile carre aux coins de laquelle sont de forts cordons. On
s'en sert pour transporter du linge, de la pte, etc.--_tente_ se dit
encore pour tendue, et pour le lieu o l'on tend la lessive.

TEURSE: treinte, crise;--farine que l'on dlaie. L.

ETN': ton, ta, devant une voyelle.

TOQUIER: faire disparatre les _tots_, en les enfouissant par un
labour aprs la rcolte;--se servir de l'_toquoir_. L.

TOQUOIR: tamis de grande dimension, avec lequel on spare le grain des
pailles ou balles les plus grosses. L.

TOQUOUX: _toquoir_;--ouvrier qui _toque_.

TOUPE. H.-N. Voyez TOUPAS.

TRAMILLER: parpiller.

TRPINES (s. f. pl.): dvidoir.

TREQUILLONNER: faire recueillir, enlever des _trequillons_, restes de
peu de valeur d'une rcolte. L.

TREULE: chute peu dangereuse, dont on se rit.

TREULER: tomber; renverser; _traller_.

TRILLONS: herbes sches; branches mortes; _trequillons_. L.

TRILLONNER: enlever les _trillons_.

TRIPER: gratigner.--TRIQUER: extraire; traire.

EUCHE: cl de l'essieu. H.-N.

VACUERESSE: dbauche, qui a _vacu_ la vertu. L.

VAN: lan. Prendre _s'n'van_: prendre son lan.

VERTUER (S'): reprendre du vif; surmonter son accablement. _vertu_ se
dit des vieillards verds et bien conservs.

VILLOT: veill, espigle. H.-N.

VIPILLON. Voyez VIPILLON.

VRDER: effrayer. Courir comme un _vrd_: comme un homme qui a perdu
la tte.

VRDIN:  peu prs le mme sens qu'_vrd_.

EXPECTER: tablir par un essai prliminaire l'ordre des joueurs.

EXPOSOIR: reposoir.

EXTREMONTER: mettre hors de soi-mme. C'est plus qu'_ensurmonter_.

EYER: regarder; voir; remarquer. _Eyez_: regardez. L.


FAICHIEZ (QUE VOUS): que vous fassiez. L.

FAILLANT: menteur; qui fait une _faille_ envers la vrit.

FAILLE: dfaut, faute, tromperie. Vieux franais.

FAILLES: herbes; pailles de nulle valeur.

FAISIBLE: faisable.

FAIT: capacit. Il n'est pas d'un grand _fait_: propre  grand'chose, ou
faisant beaucoup de besogne.

FAITIPOE: _fait-il peur_; homme de mauvaise mine, qui relve de maladie
et dont le seul aspect effraie. L.

FALE ou FALLE: extrieur de la gorge ou de la poitrine. Pour rchauffer
un oiseau dans sa _falle_, on le place entre sa chemise et sa poitrine.

FALLE: ce que contient la _falle_ ou l'estomac.

FALX; FAS: faux, dont l'Acadmie supprime  tort l'_l_ tymologique.

FAMELOTTE: petite femme. H.-N.

FAMEUX: gros. Voil un _fameux_ fruit. D.

FANCHON: Franoise.

FANGES: fanes. H.-N.

FAQUENIT: faguenas, odeur d'chauff insupportable.

FARIGAND (s. m.): inutilit; objet de nulle valeur. Conversation pleine
de _farigands_: de riens. Boisson pleine de _farigands_: de corps
trangers. L.

FAUGARD: serpe plus grande que le FAUQUET.

FAUDE: lieu o se fait le charbon de bois. D.

FDRISER: fter; fraterniser; faire une fdration. L.

FNOQUE: dbris de foin, de paille, etc. Un homme _dans les fnoques_
est un homme qui commence  draisonner par ivresse. L.

FENTE: terrain qui reste  labourer entre deux _endos_. D.

FERLE: gele-blanche. H.-N.

FERLOQUS. Voyez DSAILLS.

FERMILLE: fourmi. H.-N.

FRON: fil de laiton. H.-N.

FESSU: _Fru_. N'tre pas _fessu_: tre faible et souffrant H.-N.

FTUER: s'amuser en quelque sorte avec des ftus; tuer le temps en
niaiseries.

FEUILLOT: rouleau de laine prpar sous la forme d'un cylindre, au moyen
de cardes, pour tre fil au rouet. Feu Lamarche.

FEUILLOTER: feuilleter;--faire des _feuillots_ de laine.

FEUMIRE: fume qui sort du _tuet_. H.-N.

FIAUT: confiance dans la parole de.

FI DE CALE. Voyez CALE.

FILER (v. n.): frapper contre. Une porte _file_, _cable_, _daube_. V.
CABLER.

FIRAUT; FIROT: un peu fier.

FIERCIR (SE): se mettre en colre. H.-N.

FIREMENT: beaucoup.

FIESME (BATTRE SA): aller de coin et d'autre au hasard.

FIVES (Avoir, trembler les): avoir une fivre intermittente.

FIFOLET: feu-follet.

FIGNOLER: viser  un fini recherch dans son travail.

FIGUIER: figer.

FILEAU: petit bout de fil; fil des cosses de pois.

FILER DE BAS: s'chapper furtivement. H.-N.

FILLOLE: filleule. FILLOT: filleul. H.-N.

FINER: ruser; faire le fin. H.-N.

FINITE: finie. Ma tche est _finite_. D.

FINOIN: poire  manger excellente. D.

FINOTER: tricher au jeu; tre fin et rus dans les affaires. L'habitude
d'un finaud, c'est de _finoter_. L.

FIQUET: espce de cheville pour _ficher_.

FIQUIER: ficher.

FISE: fuse;--espce de poire.

FISQUER: fixer.

FLABIN. Voyez CONTEPET. H.-N.

FLAC: vent H.-N.

FLACHE: dprim, peu serr, flasque. L.

FLACHE (s. f.): dpression; ingalit dans des surfaces.

FLAINDRE: reculer; ne pas aller franchement. _Flaindre du pied_:
l'appuyer avec prcaution, de peur de se blesser. D.

FLAIR: mauvaise odeur. Cette viande a du _flair_. H.-N.

FLAMENCHE; FLIAMMQUE: flammche. H.-N.

FLAMMER: ouvrir un abcs avec une flamme. H.-N.

FLANE: causerie familire.

FLANQUET: portion du bas de la chemise. H.-N.

FLATTER: dnoncer pour faire reprendre ou punir. D.

FLAUDRE: rosse. FLAUDRER; FLOBER: rosser. H.-N.

FLCHIR: dgeler lgrement. D.

FLEURS (d'orage): petits nuages qui l'annoncent. H.-N.

FLIAMME: flamme.--FLIEUR: fleur.--FLIEURIR: fleurir. L'i est souvent
introduit aprs la liquide _l._

FLIOQUE; FLOQUE: petit flocon de laine, de soie, etc.;--objet lger que
l'on met  la ligne, et qui, en _floquant_ (Voy. FLOQUER) indique que le
poisson mord.

FLON: furieux. De _flon_.

FLOTTE: espce d'anneau plat qui se mettait entre la roue et l'anche,
avant que celle-ci ft remplace par un crou. D.

FLOUQUE: surprise, mcompte, malheur, dception, dfaut. Cela fait
_flouque_: cela trompe l'attente. L.

FO: fou. _Fo!_ pour _fi!_ dans l'Avranchin.

FOCHE: fouace. L.

FOIRE (Langue): qui glisse partout ses discours empresss et perfides.
L.

FOIRET: fort. H.-N.

FONU: creux et plus ou moins profond. H.-N.

FONDRE: fondrire.

FORBEURE; FORBCHON: fourbure; courbature.

FORGES: forces qui servent  tondre les moutons. H.-N.

FORGIONS: habitants du canton de Forges. H.-N.

FOSS: masse de terre; portion saillante, aussi bien que la partie
creuse d'une division entre deux champs.

FOUAILLES: petites branches brises; primitivement dbris de _fau_
(htre). L.

FOUAILLIT: bcher; lieu o l'on dpose les _fouailles_.

FOUATIN: quantit d'objets sans valeur et ddaigns.

FOUATINER: fouiller; fureter jusque dans le _foutin_.

FOUAU: four.--FOUAUNET: fourneau.--FOUAUNETTE: petit fourneau. L.

FOUTRAILLER: donner le _fouet_; faire du tapage.

FOULER (SE): s'user; s'affaiblir; s'affaisser. L.

FOUORMENT; FOURMENT: froment. L.

FOUORQU: fourchu. L.

FOURMILLER: chercher comme dans un _fourmil_.

FOURQUEFILE: fourche  deux dents de fer, qui sert  donner les gerbes
ou les bottes au chargeur. H.-N.

FOURQUET: entre-deux des cuisses. L.

FOURQUETTE: fourche de bois pour faner. H.-N.

FOURQUIER: rendre fourchu; travailler avec la fourche. L.

FOURRE: excrment plus solide que la _foire_. L.

FOURRER (SE): _blchir_. Voyez ce mot.

FOUTRE: donner. Il m'a _foutu_ un coup de poing. D.

FOUTRE. Juron. D.

FOUTRE LE CAMP: s'en aller. D.

FOUTU: perdu sans ressource. D.

FOYER (Mouton): agneau d'un an, nourri dans l'herbage. D.

FRAIQUE: frache, mouille.--FRAIQUIR: frachir. H.-N.

FRAIS: mouill par la pluie. H.-N.

FRANQUE: franche. _Franque raie_: sillon qui spare deux proprits et
que doivent laisser intact les deux riverains.

FRAUX ou FROS: sciure de bois. Du frottement de la scie.

FRECHON: frisson. H.-N.

FRMILLER: fourmiller.--FRMILLONS: petites fourmis.

FRESSURE: individu. M. Chassant.

FRTAILLER; FRDAILLER: faire du tapage; en venir aux coups. Il va y
avoir _frdaill_: on va se quereller, se battre peut-tre. L.

FRETELAIT: lait caill.--FRETELER: cailler.

FREULER (SE): se frotter; se gratter contre.

FRIBLE: chatouilleux (au physique ainsi qu'au moral).

FRIGOUSSE (FAIRE): _fricoter_. Voyez ce mot.

FRINE: farine.--FRINAS: meunier, qui fait de la farine.

FRINE: _mie_. Voyez ce mot--FRINER: _mier_; mietter.

FRITEL: hareng saur. H.-N.

FRUITAGER; FRUITAGIER: qui aime  manger des fruits.

FRUMENT: crument, sans mnagement.

FU: feu.--FRU: vif, fort, vigoureux.

FUEULON: frelon.--FUEULONER: bourdonner.

FUEURGON; FURGON: gaule avec laquelle on remue le bois dans le four. L.

FUEURGONER: agiter avec un _furgon_.

FUNQUER (FAIRE): mettre du bois  scher sur le feu, afin qu'il brle
mieux;--faire attendre. H.-N.

FUNQUIRES: fougres. H.-N.

FUROLE: espce de feu-follet, cr par la superstition.

FUTEUX: fcheux dans le boire et dans le manger. D.


GA (s. m.): gage, gain, bnfice. L.

GABILLER: gaspiller. H.-N.

GACHE: galette, tourteau de colza, de lin ou de chanvre, dont l'huile
est extraite. L.

GAGE: gai, joyeux.--GAGEANT: dlicat, difficile. L.

GAGNAGE: gain, profit retir de son travail. D.

GAINER; GAISNER: glaner; ramasser; peut-tre _gagner_.

GALEFRETIAIS: gueux, misrables. M. Chassant.

GALNIE; GALINE: jointe, plein les deux mains.

GALETER: faire de la galette. L.

GALETIER: gril ou corbeille en bois, o l'on dpose la galette au sortir
de la _tuile_. L.

GALI: paresseux  faire le bien et prompt  faire le mal;--sali, gt.
Habits _galis_: souills. L.

GALIBIER: polisson; homme maigre et sans valeur. D.

GALICHON: petite galette, ordinairement la dernire faite avec ce qui
restait de _dtrempe_. L.

GALIGAST: rjouissance dsordonne. Jeter  la _galigast_:  la vole,
au hasard, parmi une foule qui se dispute les objets ainsi abandonns 
sa convoitise. L.

GALLEFESSIER: amateur de ftes, de rjouissances, de ribotes. L.

GALLEFUTIAU: garnement  fustiger. L.

GALOCHE: bouchon sur l'une des extrmits duquel on place de l'argent,
et que l'on cherche  renverser avec de petits palets. Jouer _ la
galoche_.

GALOCHIER (s. m.): sorte de vaisselle en terre, que des colporteurs
changent contre des _galoches_, des savates et de vieux chapeaux. L.

GALOP (DONNER UN): adresser une forte rprimande.

GALU; GALUS. Mme sens que GALUE. Voyez ce mot.

GAMBERGER (SE): prendre des attitudes affectes, assis ou debout, pour
attirer l'attention.

GAMBETTE: pe. M. Chassant.

GAMBETTES: soutiens du linteau d'une chemine. D.

GAMBIER: qui a des plaies aux jambes;--boiteux. L.

GAMBIRES: gutres en cuir pour protger les jambes des faiseurs de
bourres. L.

GAMBR (s. m.): morceau de bois cambr, aux deux bouts duquel on suspend
certains objets, et qui lui-mme est appendu par son centre. L.

GAMEU (s. m.): petite bille.

GANCIR (SE) se dit du bois qui pourrit par l'humidit. H.-N.

GANDOLER (SE): se balancer en marchant. D.

GANGNOUX: celui qui gagne. Les _gagnoux_ (Joinville).

GANNE: jaune. D.

GANNET: renoncule cre, dont la fleur est _ganne_. D.

GAQURES: jachres. H.-N.

GARDE-MESSIER: gardien de la moisson, garde-champtre. De _messis_. D.

GARDINER: jardiner.

GARGAILLETTE (s. f.): gosier, gorge.

GARGAMELLE: bouche.

GAROU: sorcier, coureur de nuit. Voyez VAROU.

GARRER: loucher; avoir la vue incertaine. De _varius_. L.

GARS: jars, mle de l'oie.

GASSEAU; GASSIAU; GASSIOT: petit vase; gamelle de petite dimension.
Gassot, maire de Bourges, au XVIIe sicle, prescrivit l'usage de ce vase
qui prit son nom. L.

GASSIOTE: le contenu d'un _gassiot_.

GATE: jatte.--GATE: le contenu d'une jatte. H.-N.

GATELOT: petite jatte. H.-N.

GATTE (s. f.): jeu o les enfants tracent une figure qui ressemble  une
porte. Le bas est partag en plusieurs divisions horizontales; le milieu
en X; le haut est subdivis perpendiculairement en deux parties. Chaque
joueur,  son tour, jette un palet dans la division du bas, puis dans
celle d'au-dessus, et ainsi successivement, faisant sortir avec le pied,
en allant toujours  cloche-pied, le susdit palet, sans marcher sur les
traces de la _gatte_, etc. L.

GAUDIAMUS: gaudrioles. De _gaudeamus_. D.

GAUGUES: grosses noix.--GAUGUIER: noyer. H.-N.

GAVE: ce que contient le _gavion_. Voyez ce mot.

GAVELLE: javelle.--GAVELER (LAISSER): laisser long-temps en javelles. D.

GAVELOTER: mettre en javelles. L.

GANE: gante.

GEIGNEUX; GNIARD: qui geint et se plaint sans raison.

GEINDRE (s. m.): ouvrier boulanger. L.

GNER; GERNER: germer.

GNICES: gouttelettes de salive qui chappent en parlant. L.

GENOUILLER: presser avec le genou. L.

GRER (v. n.): jener; tre priv d'une chose dsire; tre forc
d'attendre. L.

GERGON: jargon.--GERGONNER: quereller sans raison. D.

GERNER (LAISSER): laisser attendre. H.-N.

GEULU; GUEULU: gourmand. D.

GIBLET: vrille. H.-N.

GIEFFREY; GUIEFFROY: Geffroy; Geoffroy.

GIFFER; GIFFLER, GIFFETER: souffleter.

GIMOUX: qui _gime_ et pleurniche.

GINGEOLER: sauter et foltrer tourdiment.

GINGUIER: enlever; hisser avec effort. L.

GIPOUTRER: jouer; lutter; s'_atticher_; s'agiter, de manire  soulever
force poussire.

GIROFLE ou GROFLE  cinq branches: soufflet.

GLAIMIR; GLMIR: languir. M. Chassant.

GLANES (Rabattre le _feurre_ de ses): rpter souvent la mme chose; en
parlant d'un prdicateur, d'un avocat, etc., oblig  des redites pour
ne point rester muet, semblable  celui qui donne de nouveaux coups de
flau  ses _glanes_, afin de faire jaillir encore quelques grains de
froment. D.

GLEUMER: manger des oeufs crus. H.-N.

GLIAJEU: glaeul. L.--GLAGEUX: glaeuls. H.-N.

GLICHE: glace.--GLICHIER: glacer. L.

GLINNES: excrments des poules. H.-N.

GLORIEUSET: satisfaction orgueilleuse; contentement; situation dont on
aime  faire parade. L.

GLOU DE (TRE): avare de. H.-N.

GLU: glui.--GLUAGE: action de _gluer_.

GLUER: sparer les tiges faibles des gerbes de bl ou de seigle battu,
et rserver les plus fortes pour faire des liens ou des couvertures. D.

GLUIACHES: gerbes faites avec les _dfourures_. D.

GNOGNOTE (_gn_ mouill): rien, bagatelle;--mensonge.

GOBE: grosse bouche. D.

GOBET: diminutif de _gobe_. D.

GOBIER: sot. Tais-toi, grand _gobier_. D.

GOBITONS: petits morceaux d'toffe, de pain, etc. H.-N.

GOBLOT: gobelet.--GOBELOTER: boire avec excs. D.

GODETS: cahots, secousses dans les ornires. D.

GOSILLOT: cartilage thyrode. D.

GOSSE: joie, plaisir. M. Chassant.

GOSSEUX: qui _gosse_. Voyez GOSSER.

GOT (TOUT DE): soudain, brusquement, sans gard.

GOUBELINER: inspirer la peur du _Goubelin_;--sortir soudain d'un lieu
secret, comme un fantme, pour effrayer. L.

GOUGES: gourdes. Avoir les mains _gouges_. H.-N.

GOUIDRON: goudron.--GOUITRON: gotre. L.

GOULET: passage long et troit. L.

GOULIPIAS: gourmand, goinfre.

GOULON: goulot. H.-N.

GOURAUD: gourmand hont. L.

GOURGANE: mauvaise drogue.

GOURGANNES: fves de marais. D.

GOURGOUSSER: grogner; murmurer; _marronner_. L.

GOURIN; GOUORIN: cochon.

GOURMACHIER: gronder entre ses dents. L.

GOUTTE-MILITAIRE: verre  cidre  demi plein d'eau-de-vie. D.

GRABUGE: dsordre dans l'administration d'une maison.

GRAFFIGNER; GRAFFOUILLER. H.-N. V. GRAFFINER.

GRAGEOIR; GRAGEUX: espce de mortier en bois pour craser le sel. H.-N.

GRAILLOT: graillon.

GRAMION: gorge, cou, poitrine. L.

GRANAISON; GRENAISON: rendement des gerbes. H.-N.

GRANDIER: fier, hautain. H.-N.

GRAS-BOUDIN: grande consoude. D.

GRASSET; GRASSI. Voyez GRAISSET.

GRASSETS: repas qu'on donne avant le Carme. H.-N.

GRASSIER: grasseyer.

GRAVACHON; GRVACHON: prune sauvage.

GRLER: griller; rtir. L.

GRMIR (FAIRE): faire frissonner. H.-N.

GRENADE. Voyez GADE.--GRENADIER. Voyez GADELIER. H.-N.

GRENOT: tremblement caus par le froid ou la peur. L.

GRENOTTER: grelotter; avoir le _grenot_.

GRIBLETTE: riblette. H.-N.

GRIBOUILLONNER: gribouiller. H.-N.

GRIGE: peigne servant  dtacher de sa tige la graine du lin.--GRIGER:
grainer le lin. L.

GRIGET: point o viennent aboutir les plis d'un vtement et o la
couture les a fixs. L.

GRIGEUR: ouvrier qui _grige_, fronce, fait des _grigets_.

GRIGNARD: enfant qui pleure sans cesse. H.-N.

GRIGNE: mchoire. _Alloignier la grigne_: allonger la mchoire; faire la
moue. L.

GRIGNER: faire mauvaise mine; pleurnicher. H.-N.

GRIGNOCHE: portion de pte que la chaleur du four a fait saillir, et
qui, par sa couleur dore, semble meilleure que le reste du pain. L.

GRIGNON (Enfant): chagrin et de mauvaise humeur. D.

GRILLETTE A GRILLETTE: petit  petit. H.-N.

GRILLOUSE: glissoire.

GRIMELU: rempli de _grumelots_. Voyez ce mot.

GRIMPLET: grimpereau. H.-N.

GRINDENTS: cornifleur, sournois. L.

GRINDRE: grincer des dents. L.

GRINGOTER: fredonner, chantonner. M. Chassant.

GROLLES: mauvais chevaux. H.-N.

GROSSIER: botte de paille trs-allonge dans laquelle on met le _halot_
pour les chevaux. D.

GROUER: s'grainer par maturit.

GROULER: crouler; bouder. D.

GROUMOULER (SE): grommeler. D.

GRUM: son du sarrasin.

GRUMELOT: petite agrgation d'un volume infrieur  celui du grumeau. L.

GRUMELOT: agrg en _grumelots_.

GUAISNOTER; GUESNOTER: placer grain  grain la semence dans le sillon.
Se dit surtout des pois. L.

GUENADER (SE): se donner des airs d'importance. L.

GUENOLE: jambe paresseuse, infirme;--homme faible, irrsolu, inutile. L.

GUERBIRE: espce de niche dans le _tas_, o se place une personne pour
recevoir les gerbes. D.

GUERGAT: gorge, gosier.--GUERGEOLER: ramager.

GUERNIER: grenier.--GUERNU: grenu.

GURITE: gurie. H.-N.

GUERTIER; GUERRETIRE: jarretire.

GUS: gud, chauff par la boisson. L.

GUESIONNER: dsirer vivement et tmoigner extrieurement son impatience.
Il en _guesionne_.

GUETTE-SI-BOUIT: propre  rien, paresseux,--capable tout au plus de
regarder si l'eau bout.

GUEULETONNER: prendre part  un _gueuleton_.

GUEVEU; G'VEU: cheveu.

GUIAME: Guillaume.--GIAMET: petit Guillaume. H.-N.

GUIFFE: bouche. H.-N.

GUILLE: diarrhe. H.-N.

GUILLEBAUDE (GRANDE): femme haute et maigre, aux manires communes. D.

GUILLEBAUDES: trs-longues jambes. D.

GUILLEFOUTE: plaisanterie, mensonge. L.

GUILLEMUCHER; GUILLEMUSSER: jouer  cacher. L.

GUINCHOUX: qui a l'habitude de _guincher_.


HACHOT (s. m.): petite hache.

HACHOTER: hacher  petits coups avec le _hachot_.

HAGNETTE: morceau de bois flchi en forme de _melle_ dont on garnit
l'extrmit du manche du flau et une extrmit de la verge de ce flau.
Une _couplre_ en cuir, passe dans les deux _hagnettes_, runit ainsi
le manche et la verge. L.

HAGUE: gros bton de bois  brler. D.

HAGUER: hacher. On dit au figur: _haguer_ de sottises. D.

HAGUETTES: petites _hagues_ mises en corde. H.-N.

HAING: manche de la faux. L.

HAINGUE: haine.--HAINGUEUR: haineux.

HAIS: interjection pour appeler de loin.

HALBI: mortier de chaux et d'argile par moiti. L.

HALBRENER: prendre le sec; tre saisi par le sec. L.

HALEISER; HALEISIER (v. n.): souffler; respirer avec force aprs un rude
travail. Se dit surtout des boeufs. L.

HALOT: grains de bl encore couverts de leur paille, qu'on amasse dans
le van, en _halotant_. D.

HALOTER: agiter le bl dans le van pour runir le _halot_. D.

HALLOT: soufflet;--souffle. N'avoir plus que le _hallot_. L.

HALLOTER: souffler;--n'avoir plus que le souffle.

HAMBREQUINER: marcher difficilement, en se portant avec effort d'une
jambe sur l'autre. V. AMBLECHINER. L.

HAMES: mancherons de la charrue. H.-N.

HANIAS: soufflet de chemine. Voyez HALLOT. L.

HANNE: mauvais cheval. H.-N.

HANSE: hampe  laquelle la faux est ajuste. H.-N.

HANN'T'CHINER. Voyez HANNEQUINER.

HANTIMENT: compagnie (en mauvaise part). H.-N.

HAOUTER; HAUTER: chanceler par suite de fatigue, de sommeil ou
d'ivresse. L.

HARACLE; HARAQUE; HRAQUE. Voyez HARRACHES.

HARASSER: aller de foire en foire; faire commerce de _harins_ et
d'autres animaux de peu de valeur, commerce o l'on se _harasse_ 
l'excs.

HARDI (sorte d'interjection): courage!

HARQUE DU DOS: pine dorsale. H.-N.

HARQUES: artes. D.

HARICOTER: commercer sur les _harins_, etc.;--se servir de mauvais
chevaux;--ne point avancer dans son travail. D.

HARICOTIER: celui qui _haricote_.

HARIGACHIER: agacer; taquiner; poursuivre, etc. L.

HARLAND: qui _harlande_.

HARLANDER: russir mal dans son travail. On dit qu'un cultivateur
_harlande_, quand il n'a pas assez de chevaux pour faire ses travaux en
bonne saison. D.

HARNAS: pieds et intestins de mouton cuits dans l'eau. D.

HARRACHES: civires pour porter les morts. H.-N.

HASTIQUER: travailler long-temps sans russir. H.-N.

HAULO: manire d'tre. Il est fait  son _haulo_: il est fait  ses
habitudes,  son humeur,  ses faons.

HAVELER: ramasser; extirper avec un croc, avec un rteau, des herbes qui
obstruent.

HAVENET: filet de pche qu'on fixe au fond de l'eau. L.

HAVIGNOLER: chanceler par suite d'ivresse. L.

HAUVELER: mettre en _hauviaux_. D.

HAUVIAU: javelle d'orge, d'avoine, etc., qu'on runit par petites
portions en _hauviaux_,  l'aide d'un rteau, avant de les mettre en
gerbes. D.

HAYEUR: ouvrier qui fait et rpare les haies. D.

HAYURE: haie. H.-N.

HENNIOT: plaintif, souffreteux, gmissant. L.

HENNIOTER: soupirer; se plaindre; gmir.

HPE. H.-N. A peu prs le mme sens que _jupe_.

HQUE. H.-N. A peu prs le mme sens que _h_.

HQUETER: hsiter; balancer; tre indcis;--avoir une sorte de
bgaiement.

HERBINE: atteinte, lutte, discussion. L.

HERCAILLES: mauvaises brebis. H.-N.

HERCHE-CUL (A): sur le derrire. D.

HERCHELLE: branche de bois torse qui sert  lier les bourres.
H.-N.--HERCHER: herser.

HERDRE: Voyez ERDRE.

HERMON: tracassier, qui _hermonne_.

HERNU: tonnerre. H.-N.

HERPE: harpon.--HERPER: saisir; accrocher. L.

HESQUER: Voyez HNQUER.

HTREAU: petit htre. H.-N.

HEURE (D'): de bonne heure. Il n'est pas _d'heure_: il est tard. D.

HEUR (BIEN): rgulier dans l'emploi de ses heures. H.-N.

HEURIBLE: prcoce;--lev de grand matin. H.-N.

HEUZE: trou d'un mur pour le bout d'une poutre. L.

HEUZON: _han_ qui se plat auprs du foyer.

HIE! exclamation pour faire marcher un animal. H.-N.

HIVE: ruche. H.-N.

HIVERNACHE: vesce d'hiver. H.-N.

HOCSONNER: branler une porte pour l'ouvrir. H.-N.

HOIMBRER. C'est le verbe de l'adj. _hoimbreux_. V. ce mot.

HONEST: honntet.

HOQUER: accrocher; suspendre. H.-N.

HORS: malpropre. D. Probablement pour _ord_. V. ce mot.

HOS! exclamation lente pour faire arrter les chevaux. D.

HOTONNER: branler en secouant. D.

HOTTELE: ce que contient une hotte ou un _hottiau_.

HOTTIAU: banneau. D.

HOUBILLER; HOUBILLONNER: souffler fort; soulever la poussire en
tournoyant. H.-N.

HOUBRESAT; HOUBRESALT; HOUBRESAUT: soubresaut.

HOUGNER: grogner.

HOUPER: appeler de loin en hlant. H.-N.

HOURDER: prendre; saisir. H.-N.

HOUS (MAL): mal habill. H.-N.

HOUSES: grandes gutres. H.-N.

HOUSIAUX; HOUSIAS: houseaux.

HUCHE: grand _hottiau_ pour transporter les fumiers. D.

HUCHE; HUCHIE: mobilier d'une nouvelle pouse, que l'on transporte au
domicile de son mari. L.

HULER; HUQUER. Voyez HOUPER.

HULINER se dit des boeufs, des vaches, des taureaux qui, dans leur
furie, dchirent la terre en mugissant. L.


IAUSOUX; IEAUSOUX: Voyez IOUSOUX.

IDE (UNE): trs-peu.

IMPOSSIBLE (EN AVOIR L'): avoir en grande quantit.

IMPUNANTER: remplir; infester. H.-N.

INCAMO: intelligence. D.

INFIQUER: ficher en terre. D.

INTIAU: linteau de chemine. D.

ISQUE: prononciation de la lettre _x_. H.-N.

IVIRE: ivoire. H.-N.


JAN: ajonc, gent pineux. L.

JAQUARD: qui _jacasse_, bavard. L.

JEAN-CLAIR: poire tardive. D.

JEAN-FOUTRE: mauvais drle; homme peu stable. D.

JIGUER; JOUGLER: ruer; gambader. H.-N.

JOSTOISER. Voyez JOSTER.


KAIRE. Voyez QUAIRE.


LANDIER. Voyez ANDIER.

LARRIS: landes; pturages de mauvaise qualit. H.-N.

LEU: loup.--LVE: louve. H.-N.

LEU (PAURE): pauvre diable. _Paure lve_, en parlant d'une femme. D.

LEUS: leurs.

LIARD; LIART: gris-pommel, gris-brun. Feu Lamarche.

LIBAUDER: geindre; se plaindre pour avoir de meilleures conditions en
faisant un march.

LIGE (FEUILLES DE): feuilles de lierre. H.-N.

LIORNES: lianes.

LIRE: rptition des mmes plaintes, des mmes reproches. C'est toujours
la mme _lire_ avec lui. Feu Lamarche.

LISET: petit ruban de soie. D.

LOQUENCE: voix forte. S.-I.


MACHET. Voyez MACELET.

MAGUETTE: quatrime cavit de l'estomac des veaux, dont on extrait la
prsure qui sert  faire cailler le lait avant de le transformer en
fromage. D.

MAILLARD. H.-N. Voyez MALARD.

MALON: morceau de marne. D.

MARS (LES): ellipse pour: les travaux du mois de mars.

MASIRE: bord d'un bois, d'un foss, etc. D.

MASURE: herbage attenant  une habitation. D.

MASTOQUE: lourdaud. D.

MATTES: lait coagul par la chaleur de l't. D.

MATTONN (TEMPS): temps couvert de petits nuages arrondis. H.-N.

MAUCOEURANT: qui fait mal au coeur. H.-N.

MED'CHIN; MER'CHIN: mdecin.

MME CHOSE: de mme. J'irai _la mme chose_.

MRE-MAQUETTE (BAPTME DE LA): _anglus_ de midi, dont le son annonce
l'heure du dner. D.

METT' pour mettez: _Mett' vot'_ chapeau.

MEUROU. Voyez MEURON.

MI: moi. H.-N.--A MI: parmi. A _mi_ les champs.

MIE. Voyez MIE.

MITON: sorte de poire prcoce. H.-N.

MOLLET (UN PETIT) (locution adverbiale): un peu. D.

MULOT: pomme  cidre, prcoce. D.

MUSETTE: musaraigne. H.-N.


NACHE: morceau de fesse de boeuf ou de vache. D.

NANS ou NANINS: mot vague, rponse pour ainsi dire strotype  toute
demande faite sans discrtion. D.

NAULIRE; NOLIRE: nouvelliste femelle; commre. Feu Lamarche.

NLE: nielle. H.-N.

NEYER: noyer.

NIOMAINS: nanmoins. S.-I.

NIT (DE): de naissance, _a nativitate_. Sourd de _nit_. D.


OMEINS: au moins. M. Chassant.

ORILLRE: perce-oreille, insecte. Feu Lamarche.

OSIRE: osier. H.-N.

OSSIER: chirurgien sans titre, qui a une certaine connaissance de
l'ostologie et une certaine habilet pratique pour les oprations.

OSSITE: aussi. M. Chassant.

OURDON: javelle. H.-N.


PARBOUQUET: coup de poing sous le menton ou sur la joue. Feu Lamarche.

PARMENDA: par mon Dieu. Pardieu! S.-I.

PASCATIZER: faire ses pques. Se trouve dans Huet, vque d'Avranches.

PASSEUX: espce de barrire immobile qu'il faut _passer_. S.-I.

PELLUCHE: pelle en fer. H.-N.

PELOTS; PETOTS; PINOTS: petits pieds.

PERPOINT: pourpoint. S.-I.

PESOU: paysan grossier.

PTIRE: ouverture au haut de la culotte, par derrire.

PTOCHER se dit du bruit que les enfants font en marchant. D.

PEUGUET: fier, cossu. M. Chassant.

PEUS: cheveux. M. Chassant.

PI: puis. M. Chassant.

PIROTTE: femelle du coq-d'Inde. Feu Lamarche.

PISSE: puisse. S.-I.

PITIABLE: digne de piti, H.-N.

PLUCHON. Voyez PELETTE.

PLUCOTER: _pluchoter_. H.-N.

PRTINTAILLES: grelots aux colliers des chevaux. H.-N.

PROMENOLLE: primevre.

PURAIN; PURIN: fabricant de serge; tisserand. Les paysans tendent le
sens de cette pithte injurieuse  tous les habitants de St.-Lo. Feu
Lamarche.

PURGE: purgation. H.-N.


QUEMINET: petit chemin. Diminutif de _quemin_. V. ce mot.

QUERBONNER: charbonner.

QUEUS: chez. M. Chassant.

QUIARD: _berneux_. Voyez ce mot.

QUI QUE SAIT: quelque chose que ce soit; n'importe quoi.


RAFAITER; RAFAITIER. Voyez RAFUTER.

RATON. Voyez CORAPRENANT, et l'tymologie donne par M. Decorde, p. 116
de son _Dictionnaire_.

REGOUME (adv.):  satit. Feu Lamarche.

REMIR: lever le bton en menaant. Feu Lamarche.

RONCHAILLES: lieu o il y a beaucoup de ronces. D.


SANS-CULOTTE: vtement des petits garons, qui comprend la veste et le
pantalon. D.

SAUMELLER: tre saisi, boulevers. M. Chassant.

SELLE A LESSIVE: espce de trteau sur lequel on bat et on laisse
goutter le linge lessiv. D.

S; SER: soir.--S; SES: sois.

SUGRGEON: pautre.

SURBEU: qui a trop bu; compltement ivre.


T'CHUMBLET. V. CUMBLET.

T'CHUMBLOTER: faire des _cumblets_.

TERC: goudron. S.-I.

TERVER: tromper. S.-I.

THRSE: espce de capuchon de deuil. H.-N.

TI (particule interrogative). J'irai-_ti_? D.

TOUQUE-A-TOUT: homme ou femme qui touche indiscrtement  tout, qui
furette partout.

TROUAIS: trois.

TUFFER (s. m.): crasse de la tte, qui ressemble au tuf en poussire ou
au calcaire appel tuffer en minralogie.


VAILLIRAIT: vaudrait.

VARTER: tourner la terre avec la charrue; donner le premier labour. Se
dit partout pour l'orge. Feu Lamarche.

VCHITTE: voici S.-I.

VERRINE: oeil. M. Chassant.

VRPES voir VPRES: gupes. De _vespa_.


WERTAGES: rcolte de la vesce et des pois mls. D.

WOINGNARD: qui _woingne_.

WOINGNER: pleurnicher; crier sans raison. D.

WOUAIRAS: pois et vesce rcolts sparment. D.


ZIUS: yeux. D.


       FIN.



[Fin du _Glossaire du patois normand_
par Louis Du Bois et Julien Travers]
